Le Christ ne se laisse pas enrôler dans nos querelles
La semaine de prière pour l’unité des chrétiens commence ce dimanche. Elle s’achèvera dimanche prochain. La liturgie nous fait entendre en deuxième lecture le commencement de la première lettre aux Corinthiens (1 Co 1, 1-3). Saint Paul y salue « tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre » (1 Co 1,2). Dans le contexte de la prière pour l’unité, ce verset est particulièrement précieux pour notre chemin de cette semaine.
En appelant Jésus « leur Seigneur et le nôtre », il nous invite à prendre conscience que nous ne pouvons pas chercher le Seigneur pour nous-mêmes en oubliant ceux qui l’invoquent ailleurs… dans des régions en guerre, dans des contrées que nous ne connaissons pas, dans des pays où il faut se cacher pour prier. Mais n’allons pas chercher loin. Il y a aussi les nombreuses communautés chrétiennes non catholiques dont les membres nous côtoient au quotidien.
Justement quelques versets plus loin, dans cette lettre, Paul dénonce les divisions de la communauté corinthienne : « Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j’appartiens à Paul… à Apollos… à Pierre » » ; et il ajoute : « Le Christ est-il donc divisé ? » (cf. 1 Co 1,12-13). C’est à la fois triste… et rassurant de savoir que les fractures ne datent pas d’hier. La Parole de Dieu nous rappelle que le Christ ne se laisse pas enrôler dans nos querelles : il a été crucifié pour tous.
Alors, quelle résolution pour cette semaine ? Double ! D’abord, au cœur même de notre communauté paroissiale : si des tensions existent, si certains ne se saluent pas, souvenons-nous que le Christ est aussi – sinon d’abord – le Seigneur de l’autre que nous supportons à peine ; et que nous ne pouvons pas aimer le Christ en le refusant chez l’autre. Ensuite, dans notre regard sur les chrétiens non catholiques : renonçons à la tentation d’exclure. Ouvrons notre tolérance, apprenons à bénir, et prions pour le frère ou la sœur chrétien (ne) qui n’est pas catholique, qui critique le pape, ou qui dénigre notre vénération de Marie, non pas malgré cela, mais parce que notre Seigneur est aussi le leur.
Abbé Romaric Sehlin

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