Mois : janvier 2023

  • Edito du 29 Janvier 2023

    « Faire entrer Jésus chez nous »

     Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Osée, Amos nous sont des prophètes bien connus. 

    Moins sans doute Sophonie dont la lecture, proposée ce dimanche, peut trouver cependant écho dans le cœur des chrétiens d’aujourd’hui : Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit ; il prendra pour abri le nom du Seigneur. 

    Ce reste d’Israël ne commettra plus d’injustice ; ils ne diront plus de mensonge. 

    Beaucoup d’infidélités du Peuple de l’Alliance, de ses responsables religieux et politiques, avait conduit, en effet, du temps de Sophonie à la création d’un nouveau courant spirituel : les pauvres de Yahvé. 

    On peut penser que Marie et Joseph étaient habités par cette spiritualité et que l’enfant Jésus en a très tôt été imprégné. 

    Cela transparait dans son enseignement et particulièrement dans les Béatitudes que nous sommes invités à méditer, ce dimanche. L’une ou l’autre des Béatitudes a la préférence de chacun. 

    Mais comment prennent-elles forme dans nos existences est une question qui nous est toujours posée. Notamment pour les parents et familles qui ont fait, ces dernières années, baptiser un enfant et pour qui nous prieront  spécialement ce dimanche. 

    Les Béatitudes imprègnent-elles l’esprit familiale ? Comment et lesquelles plus particulièrement ? 

    Bien sûr, dans chaque famille, les parents font tout leur possible pour éduquer leurs enfants en les enseignant à vivre de manière saine, digne, fraternelle et heureuse mais sans oublier que Jésus est notre maitre de vie à tous. 

    Dans l’évangile de Mathieu, les Béatitudes sont en quelques sorte une introduction à l’enseignement de Jésus. 

    La mise en scène en témoigne. Jésus choisit le lieu de sa prédication : la montagne symbole divin par excellence. 

    Il s’assoit comme les sages pour s’adresser aux apôtres et à la foule qui l’a accompagné pour l’écouter. 

    Que cela soit dans la région de Capharnaüm, lieu de brassage des peuples et des cultures, n’est pas non plus sans signification. 

    Cela vaut pour nous aussi particulièrement à notre époque. 

    Jésus vient pour tout le monde. Son message est pour tous. 

    Même s’il y a moins de chrétiens qu’à d’autres époques, on est sans doute loin du petit reste d’Israël dont parle Sophonie et c’est à tous que les chrétiens doivent proposer, sans découragement, le message des Béatitudes.

     Heureux sommes-nous s’il en est ainsi dans nos familles et notre communauté paroissiale. 

    Heureux sommes-nous d’être invité au repas du Seigneur !

    Père Edouard Bois

  • Edito du 22 Janvier 2023

    Des ténèbres à la lumière 

    Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un monde complexe. 

    C’est le cas des territoires de Zabulon et de Nephtali au Nord de la Galilée. 

    Il faut savoir que c’est un lieu de passage proche des régions païennes. 

    On parle de “Galilée des nations” parce qu’elle est influencée et contaminée par le monde païen. 

    Cependant le prophète réagit ; il annonce que ces territoires vont bénéficier, eux aussi, du salut que le Seigneur prépare : “Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. 

    Sur les pays des habitants de l’ombre, une lumière a resplendi.” 

    C’est là, dans ce lieu de honte, que Jésus entreprend sa première évangélisation. 

    Tout commence loin de Jérusalem, dans un monde païen où l’on ne cesse de s’affronter et de se diviser. 

    Sa priorité va donc vers ceux qui sont le plus loin de Dieu, ces terres dites maudites, terres de péché et de ténèbres. 

    Jean Baptiste l’a désigné comme l’Agneau de Dieu, celui qui fait “sauter” le péché du monde.

    C’est un défi lancé au péché, au mal et au prince du mal. 

    Et c’est en même temps un acte de foi extraordinaire en l’homme. 

    Il aurait pu se dire qu’au point où ils en étaient, il ne pouvait pas compter sur eux. Or c’est exactement le contraire qui se passe : il va jusqu’à choisir ses premiers collaborateurs parmi  les habitants de cette région. 

    Il n’appelle pas des champions de la Bible ou de la liturgie mais des gens tout-à-fait ordinaires, de simples pêcheurs. Le Seigneur n’appelle pas les plus capables mais il les rend capables.
    Il nous appartient d’en tirer les conséquences pour notre foi : nous sommes tous appelés tels que nous sommes. 

    C’est la bonne nouvelle de l’Évangile : aucun être, aucune situation n’échappe à la proximité et à l’amour de Dieu. 

    C’est aussi l’appel que nous lance l’apôtre saint Paul à l’occasion de cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens. 

    S’adressant à la communauté de Corinthe, il leur rappelle que les rivalités missionnaires sont sans intérêt : il n’y a qu’un seul Seigneur qui envoie Apollos, Paul et Pierre. 

    Les divisions entre chrétiens restent toujours un contretémoignage. 

    En ce dimanche, nous entendons l’appel du Christ. 

    C’est avec lui et forts de son amour que nous deviendrons pêcheurs d’hommes. 

    Seigneur, « Toi qui es la Lumière du monde, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour. 

    Anatole DEDEGBE

  • Edito du 15 Janvier 2023

    Jésus, Agneau de Dieu 

    Dans l’Evangile de ce dimanche, Jean proclame, en voyant Jésus, que celui-ci est « l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde». 

    Dans la célébration eucharistique nous prions tous « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, prends pitié de nous/donne nous la paix ». 

    Et le prêtre invite les fidèles à la communion en disant «Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde».
    Lorsque Jean a dit «Voici l’Agneau de Dieu…», ses contemporains ont compris exactement ce qu’il voulait dire, puisque « Agneau » est une métaphore à caractère messianique qu’avaient utilisé les prophètes, surtout Isaïe, et qui était connu de tout Israélite.

     Par ailleurs, l’agneau est le petit animal que les israélites offraient en sacrifice pour commémorer la Pâque, la libération de l’Égypte ; le repas de Pâque consistait en un agneau.

     Aussi, les Apôtres et les Pères de l’Église nous disent que l’Agneau est un symbole de
    pureté, de simplicité, de bonté, de mansuétude, d’innocence… et le Christ est la Pureté, la Simplicité, la Bonté, la Mansuétude, l’Innocence. 

    Saint Pierre nous le dit : « Vous avez été affranchis (…) mais par un sang précieux, celui de l’agneau sans défaut et sans tache, le sang du Christ » (1P 1,18.19). 

    Le Christ est vraiment l’Agneau qui enlève le péché du monde, qui a été immolé pour que nous ayons la grâce. 

    Combattons donc le péché pour vivre toujours dans la grâce. 

    La beauté d’une âme en grâce de Dieu est telle qu’aucun trésor ne peut l’égaler. 

    Elle nous rend agréables et dignes d’être aimés. 

    C’est pour cette raison que dans le « Gloire à Dieu » de la Messe on parle de la Paix qui est
    propre aux hommes que Dieu aime. 

    Saint Jean Paul II nous exhortait à vivre dans la paix que l’Agneau a obtenue pour nous : «
    Engagez-vous à vivre en état de grâce. »

    Jésus est né à Bethléem précisément pour cela (…), vivre en état de grâce est la dignité
    suprême, c’est la joie ineffable, c’est la garantie de paix, c’est un idéal merveilleux ». 

    C’est bien Jésus, l’Agneau de Dieu, qui est offert en action de grâce par nos jubilaires pour exprimer leur reconnaissance au Seigneur et recevoir de nouvelles grâces. 

    Nous félicitons et souhaitons les bonnes grâces de Dieu pour nos heureux jubilaires. 

     Anatole DEDEGBE

  • Edito du 8 Janvier 2023

    « Nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui ». (Mt 2, 2). 

    La fête de l’Epiphanie manifeste ce paradoxe : Dieu s’incarne dans une famille humble et cachée, loin du bruit du monde, dans le petit village de Nazareth. On pourrait dire qu’il cache sa divinité derrière son humanité. 

    Cette visite des Mages a dû bien surprendre Marie et Joseph ! En ce début d’année où les vœux sont multiples et traditionnels, adressons nos prières au Seigneur pour obtenir le don de la foi, réponse de l’homme à ce « Dieu caché » qui se révèle. 

    Prions aussi pour que tous les hommes de ce monde soient disposés à connaître le Seigneur. 

    Et nous, frères et sœurs de Notre-Dame de la Nativité, quelle joie ressentons-nous lors de la proclamation toujours nouvelle de l’Evangile ? Sommes-nous émus par l’humilité de Dieu comme les Rois Mages ? 

    Avons-nous conscience du salut apporté par Jésus ? 

    Notre cœur est-il rempli de joie lorsque nous partageons les Ecritures dans les différents groupes de la paroisse ou lorsque nous venons assister à la messe ? 

    Qui n’a pas fait l’expérience de la « résistance » à Dieu ? 

    Ce mystère traverse le cœur de chacun d’entre nous à un moment ou à un autre. 

    Apprenons à recevoir, à écouter, à persévérer dans notre Foi et surtout à nous mettre en marche dans la confiance, à l’image des Rois Mages. 

    Laissons-nous guider dans nos vies par le mystère de Celui qui est Lumière du monde. 

    La naissance de Jésus est à la fois l’accomplissement des signes et le commencement d’une nouvelle époque, celle du temps de l’Eglise, de l’annonce de l’Evangile. 

    Le mystère de l’Epiphanie nous invite à voir dans notre histoire personnelle, dans notre situation actuelle, les signes de la présence de Dieu dans nos vies. 

    En cette année si particulière, que notre communauté se mette en marche car nous aurons de beaux signes : bicentenaire de la 1ère pierre de l’église, retour de notre orgue, …. 

    Alors, chers frères et sœurs, que cette fête de l’Epiphanie nous apporte la vraie Lumière pour nous guider, celle qui émane du visage du Christ, plein de miséricorde et de fidélité. 

    Belle fête à tous ! François LALAU