Mois : juin 2021

  • Édito du 13ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 27 juin 2021

    “Talitha koum, lève-toi“

    En cette fin d’année, avec tous ceux qui ont, ou vont déménager, nous voulons ce dimanche rendre grâce à Celui qui nous a rassemblés et permis de vivre, malgré les confinements successifs, de belles choses ensemble.

    Pour ma part je veux remercier tout spécialement ceux qui ont accepté de prendre leur part de responsabilité dans la vie de la paroisse tout au cours de ces années.

    Arrivé il y a six ans dans des circonstances difficiles, après le départ des prêtres et de la communauté de l’Emmanuel et le passage rapide du P. Norbert Hennique, je me souviens encore des inquiétudes entendues les premiers mois : “Vous êtes là pour combien de temps ? “, “Seul, vous ne pourrez pas y arriver ! “.

    En acceptant ce poste je connaissais les difficultés et je savais pertinemment que je ne pourrai pas y arriver seul ; mais je faisais le pari que la paroisse recelait assez de ressources pour relever avec moi le défi de vivre avec moins de prêtres et plus de responsables laïcs ; une évolution qui a été le fait de la plupart des paroisses ces dernières années, surtout en province.

    Je veux pourtant remercier le P. Edouard Bois et notre diacre François Lalau, ainsi que les prêtres étudiants le P. Christophe et le P. Donatien, de leur présence fraternelle et du soutien apporté tout au cours de ces années.

    Merci à vous qui, avec des charges familiales et une vie professionnelle souvent chargée, avez accepté de prendre avec moi une part de la mission de témoigner de l’évangile sur notre quartier. Que ce soit au Conseil Pastoral ou économique, au service des jeunes dans la catéchèse, le scoutisme ou l’aumônerie, à travers la prière, la beauté de nos liturgies et la préparation aux sacrements du baptême, de la confirmation et du mariage, dans le service des personnes âgées, macadam café et le soutien scolaire au Bastion de Bercy, sans oublier les services du quotidien qui vont de la décoration florale, au suivi des travaux et de l’entretien de nos locaux.

    Je peux témoigner aussi que je n’ai jamais eu le sentiment d’être seul et que le soutien de l’Esprit du Christ vivant a toujours été présent par de petits signes, surtout aux moments les plus difficiles.

    Aussi je pars confiant dans le fait que le P. Anatole trouvera une paroisse vivante et qui saura le soutenir dans l’avenir.

    Aujourd’hui l’évangile de St Marc nous parle d’un double relèvement : la guérison d’une vieille femme victime d’hémorragie et le retour à la vie de la fille de Jaïre – cette dernière scène étant magnifiquement illustrée par le tableau de Charles de la Fosse situé dans le bas-côté gauche de notre église. A chaque étape de notre vie Il continue à nous prendre par la main en nous disant : “Talitha koum, relève-toi“. Avant d’ajouter : “Puis il leur dit de la faire manger“.

    Avec ces enfants qui communient ce dimanche pour la première fois, que cette eucharistie nous permette de tenir debout à son service, malgré la séparation, et de continuer chacun notre route dans l’action de grâce.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du dimanche 20 juin, 12ème dimanche du temps ordinaire

    Lui dormait, sur le coussin, à l’arrière…

    Harassés d’avoir suivi Jésus toute la journée au milieu d’une foule qui ne se lassait pas de l’écouter, et alors que la nuit allait tomber, qu’ont  pensé les apôtres quand celui-ci leur a demandé de reprendre leur barque pour “passer sur l’autre rive“ ?

    Et par quels sentiments sont-ils passés quand le vent s’est levé et que la tempête s’est déchaînée ; sans doute aurait-il été plus sage de rester sur la terre ferme…

    Et à l’arrière du bateau, sur le coussin, Jésus dort !

    Cette impression de solitude dans la tempête, beaucoup l’ont sans doute ressenti pendant ce long confinement…. Sans compter ces flambées de violence dont nous savons malheureusement l’homme capable, et qui endeuillent chaque jour notre actualité.

    Ainsi est-il fréquent de sentir, même chez des chrétiens convaincus, cette peur qui pousse à se demander si Dieu n’est pas en train de dormir dans son ciel dans ces moments difficiles ?

    Ce silence de Dieu, alors que souffle la tempête, reste un mystère que l’on trouve souvent évoqué tout au long de la Bible :

    – C’est Jonas qui dormait profondément sur un coussin au fond de la cale, alors que le navire dans lequel il fuyait faisait eau de toute part ; ce jour-là, pour calmer la tempête, les marins ont décidé de le jeter par-dessus bord.

    – C’est Job, dans la première lecture d’aujourd’hui, qui affronte l’épreuve et qui ne comprend pas ce silence de son Seigneur. La réponse apportée ici, et qui de fait n’en est pas une, est une invitation à s’en remettre à la toute-puissance de Dieu.

    Cette peur des apôtres au milieu des éléments déchainés préfigure déjà cette épreuve ultime qu’ils auront à traverser quand Jésus, sacrifié par les siens et cloué en croix, se sera endormi du sommeil de la mort. Mystère infini du silence de Dieu en réponse au cri de Jésus vers son Père : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

    « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? “ demandera Jésus après avoir calmé la tempête. Etrange question ! La foi nous aiderait-elle à surmonter cette peur ?

    Oui, si nous croyons que Jésus a été définitivement « réveillé d‘entre les morts » par son Père, et que dans cet événement il y a une invitation pour tout homme à croire, même au cœur des tempêtes qui secouent nos vies, à la toute-puissance de l’amour de Dieu.

    «  Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux. » (2ème lecture)

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 11ème dimanche du temps ordinaire, 13 juin 2021

    Nous attendons ta venue dans la gloire

    L’été approche à grands pas et, avec lui, la coupure traditionnelle des vacances. Pour le bien du plus grand nombre, espérons-le.

    Le mois de juin qui précède, est l’occasion pour chacun et les divers groupes sociaux ou paroissiaux auxquels nous appartenons de faire un bilan de l’année écoulée et d’élaborer des projets, fixer des orientations pour la rentrée de septembre.

    Les deux petites paraboles de l’évangile de ce dimanche, que nous connaissons bien, celle du semeur et celle du minuscule grain de sénevé qui devient un grand arbre, peuvent être une aide en cela.

    Elles ne sont pas qu’un outil pédagogique pour l’éveil à la foi des tout- petits à qui les catéchistes font planter de petites graines et en observer la croissance. Leur message s’adresse à chacun dans la situation où il se trouve. 

    Ces paraboles parlent d’abord de diverses réalités de notre vie planétaire autres que celles des  les humains. Ne pas les respecter, mal s’en servir, c’est à nos risques et périls et au mépris des générations futures.

    La semence peut aussi évoquer le mystère de la mort et la résurrection de Notre Seigneur pour notre libération. Quelle place lui faisons-nous dans notre vie ?

    La présence des oiseaux nombreux dans l’arbre qui grandit peut évoquer le rassemblement de l’humanité à la fin des temps mais un rassemblement déjà amorcé. Nous le disons à chaque messe :« nous attendons ta venue dans la gloire ». Saint Paul reprochait aux chrétiens de son temps de se croiser les bras et de ne rien faire en attendant. Et nous ?  Quelle place prenons-nous dans la vie de la famille de Dieu, déjà là, qu’est l’Eglise ?

    Sans doute y a-t-il encore bien d’autres questions que nous posent ces deux petites paraboles pour un bilan d’année. La croissance mystérieuse du Règne de Dieu, ainsi évoquée, était une réponse à ceux qui prenait pour insignifiante l’action de Jésus et de la bande des douze avec lui. Mais Dieu est à l’œuvre dans la vie du monde.

    Sachons cet été trouver le temps de nous souvenir de ces paraboles si riches de sens et soyons attentifs aussi à ce que dit le prophète Ezéchiel dans la Ière lecture avec l’image plus traditionnelle d’un magnifique cèdre. Et si hélas, nous ne pouvons partir cet été, allons méditer ces beaux textes au pied du grand cèdre du Jardin des Plantes. Il m’arrive de le faire.

    Père Édouard Bois

  • Édito de la Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, 6 juin 2021

    « Le premier jour de la fête des pains sans levain

    où on immolait l’agneau pascal… »

    C’est la « Fête Dieu », que l’on nomme depuis le concile Vatican II la « Fête du Corps et du Sang du Christ ». Les anciens se souviennent peut-être de ces belles processions dans les rues pavoisées, avec le Saint Sacrement sous un dais, en tête de cortège.

    Fêter le Corps et le Sang du Christ juste après celle du Dieu Trinité nous rappelle que l’eucharistie est bien le centre de la vie chrétienne, le lieu par excellence de la rencontre du Dieu des chrétiens.

    On parlait autrefois du “sacrifice de la messe“, une expression que l’on a du mal à comprendre aujourd’hui. Il est vrai que le mot “sacrifice“ qui signifie “offrande“ s’est teinté au XIXème siècle d’une connotation doloriste qui n’est absolument pas biblique. En effet, dans l’Ancien Testament, les sacrifices d’animaux étaient l’offrande que l’on faisait à Dieu pour obtenir ses bienfaits, comme ces taureaux immolés par Moïse dans la première lecture de ce jour, mais en aucun cas il n’était question de la souffrance des animaux, comme si elle avait une quelconque valeur aux yeux de Dieu.

    Dans le “sacrifice de la messe“, c’est Dieu lui-même qui s’offre tout entier à l’homme en son Fils Jésus, ce dernier offrant en retour sa vie en sacrifice, par amour pour tous les hommes : “le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut. (cf épitre aux Hébreux – 2ème lecture).

    Cela se passe donc entre Dieu et Dieu, entre le Père et le Fils ; et c’est l’Esprit Saint qui nous invite à entrer à notre tour dans cette communion d’amour trinitaire, pour faire de notre vie “une éternelle offrande à la gloire de Dieu le Père. “

    Ainsi, si nous acceptons de nous laisser entrainer dans ce mouvement d’offrande que nous célébrons, notre vie est transformée, et nous ne ressortons pas de la messe comme nous y sommes entrés.

    Souhaitons à tous ces enfants qui font leur première communion ce dimanche de découvrir petit à petit ce qui se déploie dans le “sacrifice de la messe“, et qu’ils gardent en eux ce désir de rester fidèles à ces rendez-vous avec le Christ qui nous invite à faire de toute notre vie une “eucharistie“.

    Père Luc de Saint-Basile