Mois : juin 2025

  • Pierre et Paul en partenariat

                  Pierre est désigné comme chef des apôtres suite à sa profession de foi. C’est alors que Jésus « commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter ».

    Paul ne s’est jamais élevé contre l’élément institutionnel représenté par l’apostolat historique des Onze apôtres.  Il a reçu l’imposition des mains de ceux qui étaient déjà reconnus comme possédant le Saint-Esprit. Il a soumis à l’approbation de l’église réunie à Jérusalem ses propres méthodes d’apostolat. Mais il n’a jamais admis ni que sa vocation fût inférieure à la vocation des autres apôtres ; ni que sa connaissance de Dieu fût moindre que la connaissance qu’avaient de Jésus ses premiers disciples.

    Une synthèse doit s’établir entre la tradition et l’inspiration. Pierre et Paul ne peuvent pas être dissociés. L’Église a été fondée par les deux apôtres. Le fondement de l’Église, c’est la foi de Pierre, comme la doctrine de Paul en est le soutien. Pierre est un pasteur et un guide. Paul par ses enseignements, nous fortifie et nous anime. Attacher Pierre avec Paul, c’est attacher un bouton avec la mauvaise boutonnière. Mais faire travailler Pierre et Paul en partenariat, c’est notre défi. L’Église dont nous faisons partie, n’est pas une réalité abstraite, mais une communauté faite de personnes, d’être vivants, avec des histoires particulières, des caractères, des défauts aussi. Ce qui est au cœur de la vie de l’Église, ce qui la fait vivre, ce n’est pas une seule personne, ce n’est pas un modèle, mais plutôt la relation, la communion. Il y a Église, parce qu’il existe des relations entre des personnes ; des relations qui sont avant tout une question d’amour.

    Fêter Pierre et Paul, c’est regarder Dieu vivant en eux, dans les Apôtres, dans l’Église, en chacun de nous et de nos frères et sœurs.  Posons un regard neuf sur Pierre et Paul. Ils ne pouvaient garder pour eux ce soleil qui avait illuminé leur vie, ils avaient un feu à partager. Paul comme Pierre ont toujours eu le souci de relier les communautés les unes aux autres. Être chrétien, ce n’est surtout pas être replié sur notre communauté, indifférents à ce que peuvent vivre les autres.

    Toute action parmi les chrétiens qui n’est pas guidée par l’amour et le service ne correspond pas aux intentions de Jésus. Toute action, toute autorité qui s’exprime en termes de prestige, ou de possession matérielle, ou de domination est étrangère et hostile à l’action pastorale de Jésus, telle que Pierre et Paul l’ont menée.

    Le pouvoir de Jésus n’est pas un pouvoir selon les modalités de ce monde. C’est le pouvoir du bien, de la vérité et de l’amour, ce pouvoir est plus fort que la mort. C’est le seul pouvoir que nous pouvons exercer.

     

    P. Modeste MEGNANOU

     

  • Retour sur la visite pastorale de Monseigneur Gonon du 1er au 6 avril 2025

    I/ Un territoire paroissial agréable, largement réhabilité dans les années 90, avec
    beaucoup d’espaces verts et très bien desservi par la ligne 14

    II/ Une implantation paroissiale sobre et cohérente au centre du territoire mais peu visible par manque de signalétique dans les rues avoisinantes


    1/ Une petite église de village, avec de belles œuvres d’art et un parvis accueillant
    2/ Des locaux paroissiaux proches de l’église, simples et fonctionnels

    III/ Une communauté paroissiale à taille humaine, simple, fraternelle, bienveillante et
    dynamique mais vieillissante et manquant de renouvellement

    1/ Une communauté paroissiale fraternelle édifiée par l’eucharistie et la prière

    Nous avons ressenti une bonne ambiance entre paroissiens et une grande bienveillance entre eux. Malgré cela peu de nouveaux paroissiens rejoignent la communauté.


    2/ De – trop ? – nombreuses propositions paroissiales
    Nous avons rencontré des équipes d’animation dévouées et fidèles, heureuses d’éprouver la force de l’engagement, mais parfois fatiguées ou dispersées et en attente de suivi, d’encouragement et de sang neuf. D’où l’importance de favoriser une culture de l’appel personnel, à porter conjointement par les prêtres et les responsables, notamment pour renouveler les équipes. Il serait également fécond de continuer la collaboration ou la mutualisation avec le doyenné en termes de formation, d’échanges d’expérience et d’activités.

    Par ailleurs, nous avons ressenti une certaine nostalgie du temps de l’Emmanuel qui semble s’être réveillée récemment mais que le conseil pastoral ne perçoit pas avec autant de force.

    IV/ Une gouvernance honorant la complémentarité des états de vie

        Sans offices communs et en absence d’espace partagé la vie fraternelle entre les trois prêtres est limitée. Les repas pris en commun ne sont pas réguliers; il serait précieux qu’ils deviennent plus réguliers tout comme des moments de partage d’évangile, de prière commune, de réflexion de fond au niveau spirituel et pastoral.
                En ce qui concerne le conseil pastoral composé d’une douzaine de membres, nous avons noté des souffrances et des incompréhensions qu’il sera important de mettre à plat pour y remédier.
                Enfin le site internet de Notre-Dame de Bercy mériterait d’être retravaillé pour plus de clarté, de convivialité, d’actualisation et de liens notamment avec le diocèse. Les réseaux sociaux semblent absents alors qu’ils constituent désormais un relais d’information et d’évangélisation essentiel.

    Résumé pour vous,

                                                       Jérôme DELHOMME, membre du conseil pastoral

     

  • Le mystère de l’homme dans le mystère de Dieu

               « Tu y crois encore, toi papa, à ces histoires-là ? Explique-moi alors pourquoi la bible dit qu’il n’y a qu’un seul Dieu, qu’un seul vrai Dieu. Cette réaction illustre bien le malaise autour de la Trinité. La Trinité n’est pas un problème de mathématiques. Bien sûr, chaque fois que Jésus est appelé Fils de Dieu, c’est le Père qui est évoqué par le mot Dieu. Jésus prie le Père ; il accomplit l’œuvre du Père, il est la Parole du Père. Quant à l’Esprit, on ne sait pas trop quoi en faire et on le réserve aux manifestations spectaculaires de Dieu, aux dons et aux fruits de l’Esprit. Jésus n’a jamais dit que « trois égalait un ». Il n’a donné aucune « leçon » sur la Trinité, n’a même jamais prononcé ce mot.  Il a tout simplement vécu comme un Fils, il a fait l’expérience de l’amour du Père.

    Dès que nous parlons de Sainte Trinité, nous entendons « mystère », c’est-à-dire quelque chose que nous ne pouvons pas comprendre. Nous sommes victimes du même mal qui nous fait perdre bien de l’intensité pour des détails de la liturgie. Sans comprendre le pourquoi, certaines célébrations sont machinales et routinières. Sans comprendre la Trinité, comment répondre à « Tu y crois encore, toi papa, à ces histoires-là ? »

    Le mot « Trinité » est un mot qui s’efforce de rendre compte le mieux possible de l’enseignement de l’Écriture concernant Dieu et la relation qui existe entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. C’est difficile à expliquer car il y a les limites de notre langage humain pour parler de choses qui échappent à notre compréhension. Plusieurs images ont été utilisées pour illustrer la Trinité et les relations qui existent entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et comment ces trois personnes distinctes forment un seul et même Dieu. Il y a l’image du trèfle à trois feuilles. Il y a trois bouts de bois rassemblés qui brûlent d’un même feu. Mais c’est avec l’image de la famille, que nous nous retrouvons peut-être au cœur de la révélation de Dieu : Dieu est Amour. Tous, nous faisons partie d’une famille, c’est ce qui nous fait vivre. Notre Dieu est comme une famille, une unité de personnes, le lieu pour semer et faire croître notre capacité d’aimer et d’être aimé. Le don de la foi à la base de notre pratique religieuse n’est pas viable sans une certaine forme de famille qui s’appelle communauté. La foi, pour bien se porter, demande à se vivre à plusieurs dans une communauté assemblée et vivante.

    Quand nos relations humaines sont vraiment faites d’amour, Dieu est bel et bien là, il est présent ! Le rôle de l’Esprit est précisément de nous parler de Jésus, de nous enseigner Jésus, et de nous renvoyer à lui. Dieu est unique mais il n’est pas solitaire, c’est un Dieu de communion, un Dieu de relation, un Dieu qui est éternellement amour, car éternellement le Père aime le Fils et le Fils aime le Père, dans la communion du Saint-Esprit.

    « Tu y crois encore, toi papa, à ces histoires-là ? »  Oui j’y crois mes enfants. La paternité ou la maternité va au-delà de l’instinct de survie, c’est l’amour qui nous habite, comme le royaume de Dieu qui est en chacun de nous. À chacun de nous de le découvrir.

    P. Modeste MEGNANOU

  • « Ils furent tous remplis de l’Esprit Saint », qui fait d’eux des témoins

     

               Le temps de Pâques s’achève avec la solennité de la Pentecôte qui nous rappelle le don de l’Esprit Saint sur les Apôtres du Seigneur, réunis au Cénacle avec Marie, la mère de Jésus, et la naissance de l’Eglise en mission jusqu’à la fin des temps.

    Les lectures de cette solennité, à travers la diversité de leur richesse, évoquent l’effusion de l’Esprit. Un violent coup de vent remplit toute la maison. Les Apôtres se mirent à parler en d’autres langues et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.

    Évidemment, l’événement ne se limite pas à la salle du Cénacle. La foule à l’extérieur, attirée par le bruit, était stupéfaite de ce qui se passait. Chacun entendait et comprenait dans sa propre langue les merveilles de Dieu que proclamaient les disciples.

    Affermis dans leur foi, les Apôtres sortent du lieu où la peur les avait enfermés. Ils partagent entre eux et révèlent au monde les admirables fruits de l’Esprit que sont : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur et la maîtrise de soi. L’Esprit reçu demeure pour eux une force face aux adversités.

    Souvenons-nous que Jésus désignait l’Esprit-Saint comme l’avocat qui défend la cause de Jésus en nous. Personnellement, j’aime bien prier régulièrement cette belle prière qu’on appelle « Séquence de la Pentecôte » : « Viens Esprit-Saint … père des pauvres … guéris ce qui est blessé, réchauffe ce qui est froid en nous, assouplis ce qui est raide, redresse ce qui est tordu » dans nos vies personnelles comme celle de la communauté ecclésiale pour que nous soyons les témoins dont tu as besoin.

    Dans la joie de cette fête, demandons à l’Esprit Saint de transformer notre cœur, de renouveler en nous ses précieux dons.

    P. Anatole DEDEGBE