Mois : octobre 2024

  • Journée missionnaire mondiale

              En ce dimanche de la mission, notre générosité, sollicitée à la quête, va nous permettre de manifester notre solidarité avec tous les missionnaires chrétiens qui œuvrent de par le monde pour faire connaître le message de l’Évangile. Ces hommes et ces femmes ont besoin de notre soutien aussi bien spirituel que matériel. Ils représentent, dans leur existence quotidienne immergée dans une autre culture que la leur, l’universalité fraternelle du salut apporté par Jésus.

              L’envoi de missionnaires dans des pays proches ou lointains représente pour une Église un signe fort de sa maturité et de sa vitalité spirituelle. C’est dans ce décentrement de soi-même qu’une communauté chrétienne réalise que ce qu’elle a reçu elle ne peut le garder pour elle-seule. Le trésor que lui ont transmis les premiers évangélisateurs, elle a la responsabilité missionnaire de le transmettre à son tour à ceux et celles qui en ont besoin aujourd’hui.

              Cette transmission est un acte de foi dans l’assistance que le Christ Jésus a promise à ses disciples après sa résurrection. Je ne peux que redire ici mon émotion lorsque j’ai pu constater de visu la jeunesse des prêtres et des religieuses enterrés sur les rivages du Bénin et de la Côte d’Ivoire, quelques mois souvent après leur arrivée en ces terres de mission, au siècle dernier. Nous ne pouvons interroger que sur les motivations de ces jeunes gens décédés loin de chez eux à l’âge où d’autres s’insèrent dans leur vie familiale et professionnelle dans leur pays d’origine. Une seule réponse vient alors à l’esprit : le don de soi par amour de Dieu et des autres. Ces « autres » si différents par les mœurs et la langue vers lesquels le Seigneur n’a jamais cessé d’envoyer ses disciples en leur enseignant qu’ils étaient des frères à aimer.

              L’Évangile d’aujourd’hui nous fait souvenir de la véritable révolution que produit l’adhésion sincère à la personne de Jésus. Il ne s’agit de rien de moins que de mettre ses pas dans ceux de Jésus « qui n’est pas venu pour être servi, mais pour donner sa vie en rançon pour la multitude. » Si Jacques et Jean, et les dix autres apôtres, ont eu bien du mal à accueillir cet enseignement et surtout à le mettre en pratique, ne soyons pas attristés de nous sentir nous-mêmes si éloignés d’un tel appel du Seigneur. Il s’agit d’un appel incontournable, certes, mais qui nécessite de notre part, sans aucun doute, un long entraînement.

              En ce dimanche de la mission, prions pour tous ceux et celles qui se donnent, jour après jour, dans le service prophétique et humble de leurs frères et sœurs en humanité.

     

    P. DEDEGBE Anatole

     

  • Décoder le réel pour trouver notre juste place !

               Bientôt nous pourrons revoir la clef de voûte de la cathédrale de Paris mais l’évangile de ce dimanche, par la rencontre de Jésus et de l’homme riche, nous pose la question de savoir quelle est la clef de voûte de chacune de nos vies ?

               Cette question, dans le contexte d’une autre époque, habite cet homme qui vient vers Jésus. On ne sait rien sur lui, sur sa vie, sinon qu’il est riche et semble tenir à ce qu’il possède tout en se posant la question du sens de sa vie. Déjà il observe la Loi mais est-ce suffisant ? : Bon Maitre que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ?

    L’invitation de Jésus à quitter les richesses qu’il a et sur lesquelles reposent sa vie peut être interprétée de bien des manières. Pour ceux et celles qui ont une vocation particulière on la comprend mais tout quitter cela s’adresse-t-il à chacun comme s’il s’agissait de nous désintéresser de notre vie terrestre ?

    D’autres passages des évangiles et le concile Vatican II en particulier ne vont pas dans ce sens sans parler de lettres des papes (cf. Laudato si du pape François).

    Si pour cet homme ce sont ses biens qui l’empêchent de s’ouvrir à la vie supérieure que Dieu lui propose, pour nous cela peut être d’autres réalités dont nous avons à nous détacher ou dont la vie nous détache. Sans parler de notre civilisation fière de son avoir et de son savoir-faire mais qui ne court pas après Dieu en ce moment. Cet homme riche est donc invité par Jésus, non à négliger sa vie mais  à vérifier ce sur quoi il doit lâcher prise, se détacher pour s’unir à Dieu et recevoir déjà la vie éternelle sans négliger de se montrer solidaire de ses frères en humanité.

    La question s’adresse à nous aujourd’hui sachant que se détacher, lâcher prise peut prendre des formes bien diverses dans nos vies et à tous âges au plan humain et au plan chrétien pour prendre appui sur Dieu et être habité déjà par une vie sans mesure. Si on révise régulièrement sa voiture une révision de sa vie n’est pas chose inutile non plus comme Jésus le propose à cet homme riche. Et l’évangile de ce dimanche nous invite à faire cette révision de vie seul ou avec l’aide des fraternités chrétiennes que nous n’oublions pas de créer bien sûr et auxquelles nous participons dans la paroisse ou ailleurs. L’homme est reparti tout triste. Et nous en sortant de l’église ?

     

    P. Édouard Bois