Mois : janvier 2021

  • Édito du 4ème dimanche du temps ordinaire, 31 janvier 2021

    Je ne suis pas seul

    Jésus dans l’évangile de saint Marc qui nous est proposé ce dimanche est à Capharnaüm le jour du sabbat. Il se rend donc à la synagogue où, nous est-il dit, il enseigne mais aussi libère un pauvre homme malade, tourmenté par un esprit impur. 

    Les premiers chrétiens, à sa suite, furent attentifs aux éprouvés de la communauté, tout particulièrement aux malades et aux plus démunis. En témoignent les paroles de Saint Jacques : « Si l’un de vous est malade, qu’il appelle les anciens de l’Eglise ; ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. »

    Dans cette même perspective l’Eglise, encore aujourd’hui, outre beaucoup d’engagements de solidarité à l’égard de personnes en difficultés, propose un sacrement à ceux de ses membres qui sont marqués par la maladie, un handicap ou le « grand âge ». C’est le sacrement de l’Onction des Malades autrefois appelé de manière réductrice l’ Extrême Onction.

    Tout ne se passe pas toujours comme la spectaculaire guérison du possédé. L’action de Dieu en chacun est un mystère mais recevoir ce sacrement de l’Onction des Malades n’est pas sans fruits. Le premier en est sans doute la paix et la confiance qui nous habite au cœur de l’épreuve que nous traversons. Mais aussi c’est le moment où se fait le passage à un certain abandon pour s’en remettre entre les mains du Seigneur et vivre en lui le temps qu’il nous reste à passer sur cette terre. 

    La réception de ce sacrement, qui donne force pour vivre les épreuves que la vie nous fait affronter jusqu’à la mort, peut se faire chez soi mais il peut aussi être célébré en communauté. Au cours d’une messe éventuellement comme nous le ferons le 14 février. 

    La communauté entoure donc de bien des manières ceux qui traversent une épreuve. Les chrétiens, qui vont rendre visite aux personnes malades ou diminués, reçoivent aussi, disent-elles, beaucoup de leurs rencontres. La foi qui habite les plus éprouvés, les malades, les personnes âgées est un témoignage vivifiant pour toute la communauté.

    Au cours des épreuves qu’il endure lui-même, Jésus-Christ nous l’a dit : «  Je ne suis pas seul. Le Père est toujours avec moi. » Avant de partir, il dit à ses Apôtres : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. »

    Cela vaut pour tout chrétien et pour les chrétiens entre eux.

    Père Edouard Bois

  • Édito du 3ème dimanche du temps ordinaire, 24 janvier 2021

    “ Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. “

    Ce dimanche marque un nouveau commencement.

    C’est d’abord, dans l’évangile de St Marc, le commencement de la prédication de Jésus en Galilée après l’arrestation de Jean Baptiste : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

    Jésus inaugure ainsi le temps de l’accomplissement de la promesse, celui de la venue du Règne de Dieu ; le commencement de la fin des temps.

    Mais c’est aussi le commencement d’une aventure pour ceux que Jésus appelle à le suivre : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. “

    Depuis 2000 ans des hommes et des femmes vivent ces commencements en acceptant à leur tour de répondre à cet appel de Jésus à le suivre. Certains, en choisissant de tout quitter, en faisant les vœux de pauvreté, d’obéissance et de chasteté ; ils témoignent par ces choix radicaux que le règne de Dieu est tout proche et que nous pouvons le vivre, en petite communauté chrétienne, dès ce monde-ci.

    Mais ces commencements concernent aussi les catéchumènes qui vivent souvent leur préparation au baptême comme un changement assez radical de vie avec un regard différent sur le monde, les événements, et les gens qui les entourent.

    Pour la plupart d’entre nous, nous vivons plus notre foi sur le mode de l’habitude que du commencement, ou même du recommencement.

    Alors comment nous laisserons-nous interpeller par cet appel de Jésus à la conversion, comme l’ont fait les habitants de Ninive dans le livre de Jonas ? En fait ces appels peuvent retentir d’une manière nouvelle tout au cours de notre vie.

    En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous sommes invités à nous souvenir qu’au-delà des incompréhensions et divisions qui ont marqué l’histoire de notre Eglise, et des différentes manières de vivre notre foi chrétienne, l’essentiel est bien dans l’appel que nous avons reçu de Dieu le jour de notre baptême ainsi que de la manière dont nous y avons répondu dans une réelle démarche de conversion. C’est cela qui a poussé les chrétiens des différentes Eglises, depuis le concile Vatican II, à dialoguer sans concession pour se recentrer sur l’essentiel qui nous unit, notre foi au Christ Jésus.

    Que cet appel nouveau du Seigneur en cette semaine nous pousse de manière toujours renouvelée à retenter un dialogue avec tous ceux qui croient différemment de nous, avec ce souci de nous recentrer toujours plus sur ce qui fait le cœur de notre foi.

    « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

    Père Luc de Saint-Basile.

  • Édito du 2ème dimanche du temps ordinaire, 17 janvier 2021.

    Que cherchez-vous ?

    « Que cherchez-vous ? ». Si l’on posait la question aujourd’hui à une personne, elle répondrait, sans doute et à juste titre : « Je voudrais la fin de la pandémie et de ses conséquences désastreuses » tant cela préoccupe chacun.

    Dans l’évangile de ce dimanche, dans un autre contexte, Jésus pose la même question aux deux disciples venus vers lui sur la recommandation de Jean-Baptiste qui l’avait désigné comme l’Agneau de Dieu.

    « Que cherchez-vous ? » leur est-il demandé par Jésus et non pas « Qui cherchez-vous ? » comme on s’y attendrait  attachés que nous sommes à la personne du Christ. 

    « Que cherchez-vous ? ». On peut comprendre cette question initiale de Jésus comme une invitation aux disciples à exprimer d’abord le sens de leur recherche. Jésus, les rencontrant, se met d’abord à leur écoute comme il le fait souvent dans sa mission. Comme ceux qui accompagnent des catéchumènes le font aussi. 

    Ces deux disciples disent ensuite leur désir de le connaitre :« Où demeures-tu ? » 

    « Venez et vous verrez » leur dit alors Jésus. 

    « Où demeures-tu ? » sera le fil rouge de tout l’évangile de Jean pour qui « demeurer est une des réalités spirituelles des plus importantes : « Si quelqu’un m’aime Mon Père l’aimera et nous viendrons chez lui et nous ferons notre demeure chez lui » (14/23). « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ». 

    Saint Paul dira la même chose, à sa manière, aux chrétiens de Corinthe qui avaient une compréhension déformée de leur corps à l’image de celle de leur temps : « Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint…   Rendez-gloire à Dieu dans votre corps. »   

    Aujourd’hui, outre le covid19 bien des questions préoccupent l’humanité. Les chrétiens se doivent de les partager avec tous s’ils veulent aussi partager leur foi.   

    Le pape François le dira, à sa manière, dans « la Joie de l’Evangile » : « Maintenant que l’Eglise veut vivre un profond renouveau missionnaire, il y a une forme de prédication qui nous revient à tous comme tâche quotidienne. Dans cette prédication toujours respectueuse et aimable, le premier moment consiste en un dialogue personnel où l’autre personne s’exprime et partage ses joies, ses espérances, ses préoccupations pour les personnes qui lui sont chères et beaucoup de choses qu’elle porte dans son cœur. »

    Père Édouard Bois.

  • Édito du dimanche 10 janvier, Baptême du Seigneur.

    « Tu es mon Fils bien-aimé »

    Nous venons de célébrer la naissance dans notre humanité de Jésus de Nazareth. Et chacune des annonces de l’Ange à Marie, ou à Joseph, ont été ponctuées par cette invitation : « Tu lui donneras le nom de Jésus ».

    Aujourd’hui, dans les eaux du Jourdain, ce même Jésus reçoit la révélation d’une nouvelle identité qui lui est donné : « Tu es mon Fils bien-aimé« .

    Désormais il faudra que se réalise sa mission en accomplissant ensemble ces deux filiations : « Jésus de Nazareth, fils de Joseph et de Marie » et « Fils bien-aimé du Père« .

    St Marc est le seul à raconter qu’il n’y a que Jésus qui voit et entend cette manifestation de Dieu. Pourtant, Jean Baptiste a le pressentiment que son baptême n’est que le prélude à un autre baptême : “Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

    Ainsi ce baptême dans l’eau qui ne ponctuait qu’un appel à la conversion, va devenir avec le Christ un baptême dans l’Esprit Saint, c’est-à-dire une plongée dans la mort avec Lui pour renaître avec Lui d’une vie nouvelle. Comme le dit l’épitre de St Jean dans la deuxième lecture : “C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité. “

    De par notre baptême, nous sommes nous aussi nés d’eau et d’Esprit, et nous portons aussi ce double nom : celui donné par nos parents à notre naissance et celui donné par notre Père qui est aux cieux, « Fils bien-aimé« . Même si nous sommes déjà potentiellement enfants de Dieu dès le premier instant de notre vie, dans le rite du baptême chrétien Dieu nous redit la même parole que celle adressée à Jésus sur les bords du Jourdain. Ce que nous croyons que Jésus est par nature, nous le sommes réellement par grâce.

    En célébrant le baptême de Jésus, reconnaissons en même temps notre éminente dignité, comme aussi celle de toute personne humaine. La Parole de Dieu vient nous dire qu’il y a en nous comme une trace divine parce que nous sommes réellement des fils et des filles de Dieu. C’est cette trace qui nous fait reconnaître que toute personne humaine est capable de Dieu, ayant en elle comme un gène divin qui l’apparente à l’éternité de Dieu.

    Comment ne pas changer notre regard sur tous ces frères et sœurs à travers le monde que Dieu nous donne à aimer, et comment ne pas travailler de toutes nos forces à construire une véritable fraternité humaine, comme nous y invite notre pape François dans son encyclique “Fratelli tutti “ ?  Que cela soit au cœur de notre prière en ce jour, en communion avec Jésus, le Fils bien-aimé.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du dimanche de l’Épiphanie, 3 janvier 2021

    « Comme les rois mages… »

    Ces mages venus d’Orient, guidés par une étoile, ont été une source d’inspiration inépuisable pour les poètes, chanteurs ou romanciers. N’est-ce pas un récit féérique propre à enthousiasmer l’enfant qui sommeille en nous ? Et malgré tous les protocoles toujours en vigueur, moult galettes vont encore se partager ce mois-ci en leur honneur !

    En écoutant cette histoire, peut-être nous laisserons-nous à nouveau emporter par les images féériques : L’or, l’encens, la Myrrhe… ? Mais, pour nous chrétiens, il s’agit d’abord de l’entendre comme « Épiphanie » de Dieu ; une « manifestation » de Dieu qui ne peut être de l’ordre de l’imaginaire et du rêve mais bien comme une Bonne nouvelle dans la foi !

    Pour entrer dans le sens caché de ce texte il est nécessaire de l’entendre comme dans un opéra où, avant le lever du rideau, l’orchestre joue les thèmes principaux qui seront chantés par la suite ; ainsi il nous faut lire ce récit à la lumière de toute la vie de Jésus.

    Tous les personnages de cette histoire sont dans l’attente d’un signe : celui de la naissance d’un roi ou d’un messie. Les mages, venant du monde païen, le cherchent dans les étoiles, les grands prêtres et les scribes, habitant Jérusalem et héritiers de la Première Alliance, dans les livres saints qui sont en leur possession. Entre les deux, le pouvoir romain, représenté par Hérode, qui ne peut supporter la concurrence d’un autre roi.

    Tous les évangiles nous racontent les questions, oppositions et conflits qui vont accompagner la vie de Jésus, tout au cours de sa montée vers Jérusalem ; les scribes et les docteurs de la Loi refusant de le reconnaître, alors que les pauvres et les pécheurs lui font bon accueil ; et l’évangéliste St Matthieu n’emploiera plus l’expression « roi  » attribué à Jésus, qu’au moment du procès devant Pilate : “Es-tu le roi des juifs ? “ (Mt 27,11)

    Comme l’annonçait Isaïe dans la première lecture, repris par St Paul dans son épitre aux Ephésiens, ce sont finalement des païens venus d’au-delà du Jourdain, préfiguration de l’Église naissante, qui rencontreront ce Roi annoncé par les prophètes, alors que les autorités juives, enfermées dans Jérusalem, resteront aveugles devant cet événement.

    On pourrait continuer ainsi longtemps le parallèle entre ce récit de l’Épiphanie et tout ce qui suivra dans l’Évangile ; c’est une source inépuisable d’émerveillement.

    Mais ce récit nous concerne toujours aujourd’hui. Il nous rappelle que, même si nous avons une foi limpide et bien enracinée, nous n’aurons jamais fini de chercher Dieu. Resterons-nous comme les scribes et les grands prêtres, à scruter les Ecritures en oubliant qu’ils recèlent une Bonne “Nouvelle“. Où nous laisserons-nous entraîner par tous les chercheurs de Dieu, même s’ils viennent de très loin, pour partager avec eux l’aventure de la foi.

    Père Luc de Saint-Basile