Mois : septembre 2021

  • Edito du 26ème dimanche du temps ordinaire, 26 septembre 2021

    Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de
    prophètes !

    Les mots de Moïse en ce dimanche de notre rentrée paroissiale résonnent
    comme un défi à relever : « Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple
    un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! »
    Voilà ce qu’il nous incombe de restaurer dans la vie de notre paroisse : que
    nous vivions pleinement notre mission d’être au cœur de ce quartier-village
    de Bercy des prophètes, c’est-à-dire des baptisés qui proclament, qui
    annoncent la Bonne Nouvelle qu’est la vie chrétienne par leur vie, leurs
    paroles et leurs actions.


    L’extrait du livre des Nombres, proposé en première lecture, privilégie un des
    aspects de l’Evangile de ce dimanche. Comme Moïse, Jésus se réjouit de voir
    que les dons de Dieu ne peuvent se restreindre à quelques privilégiés, ils sont
    étendus à tous, et donc nous aussi. C’est pourquoi, dès notre baptême, nous
    sommes marqués de l’huile sainte, le chrême (Chrême-Christ, c’est la même
    racine). Et ce geste liturgique est accompagné de cette parole : « Vous qui
    faites maintenant partie de son peuple, Dieu vous marque de l’huile sainte
    pour que vous demeuriez éternellement les membres de Jésus-Christ, prêtre,
    prophète et roi ». Quelle belle vocation !


    Les résistances pour accomplir sa vocation de prophète ne manquent pas et
    les critiques non plus. Sans compter les contre-témoignages qui blessent la
    communauté ecclésiale, perpétrés par des ministres ordonnés et des baptisés
    qui ont rompu, voire trahi, la cohérence et la beauté de la vie chrétienne. En
    dépit de cela, le Seigneur continue de nous regarder avec miséricorde et nous
    invite à accueillir son Esprit et orienter nos regards vers l’avenir. Il nous tend la
    main pour nous pardonner, nous relever, nous restaurer et faire briller sur
    nous l’éclat que nous confère le titre de fils et filles de Dieu.


    Dans cette aventure avec le Christ, le conseil pastoral a encore reconduit pour
    cette année deux axes qui avaient retenu notre attention l’année dernière : la
    fraternité et l’écologie. La récente lettre pastorale de monseigneur Michel
    AUPETIT, « La fraternité au service de la mission » nous donne quelques pistes
    que nous prendrons le temps d’explorer pour trouver les moyens de vivre une
    fraternité missionnaire dans notre communauté et une célébration dimanche
    prochain sur la création nous permettra de réveiller et de maintenir en nous
    notre désir de nous émerveiller devant la création, de ce qu’elle nous offre à
    entretenir dans la durée.


    Que nos paroles, nos gestes et toute notre vie, imprégnés de la force de
    l’Esprit Saint, nous permettent de réaliser au mieux notre vocation de
    prophète pour ce monde qui nous est donné.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 25ème dimanche du temps ordinaire, 19 septembre 2021

    Proposez le caté !

                                                            Animez le caté !

    En ce temps de rentrée, je lance un appel vigoureux pour que partout dans notre quartier la catéchèse soit proposée aux enfants et aux adolescents. Pour être fidèle au cri d’appel de Jésus: « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28, 19-20), la proposition de la catéchèse doit pouvoir être faite à tous. Pourquoi ?

    D’abord, c’est un encouragement aux familles : les parents qui transmettent la vie sont les premiers éducateurs de la foi de leurs enfants, comme ne cesse de le rappeler l’Église. C’est dans les familles que peut se vivre un premier éveil à la connaissance de Jésus, les premiers pas dans la prière et une première expérience de vie chrétienne. Que les parents n’hésitent pas à demander conseil à d’autres familles ou au curé pour parler de Jésus aux tout petits et se lancer dans la prière familiale.

    Ensuite, c’est un soutien à tous les catéchistes : quelle belle mission d’être aîné(e) dans la foi pour des plus jeunes ! Si vous avez répondu oui à l’appel de Jésus pour aider les enfants, merci ! Ne cherchez le moteur de cette action que dans cet appel personnel de Jésus Christ, qui fait grandir aussi votre foi à mesure que vous la partagez aux enfants et aux jeunes. Que du bonheur !

    Enfin, c’est toute la communauté chrétienne qui est concernée par cette proposition de la catéchèse. La présence des enfants lors de nos célébrations dominicales est un cadeau dont il faut prendre soin, par des propositions de liturgie de la Parole adaptée à leur âge. Soyons toujours heureux d’accueillir les enfants ou les collégiens à la paroisse, notre maison commune.

     En ce début d’année, je souhaite que nous soyons tous invitants pour les enfants et les adolescents pour des temps de catéchèse ou d’aumônerie alors que tant d’autres priorités risquent de faire passer à la trappe ce temps essentiel d’éveil et de formation chrétienne des jeunes générations. Le catéchisme, ce n’est pas comme les autres activités : piano, danse, opéra, le sport ou le foot… C’est juste différent.

    Inscrire un enfant au catéchisme, c’est lui permettre de rencontrer Jésus et de découvrir qu’on est aimé de Dieu. Le catéchisme cherche à faire grandir l’enfant dans une vraie relation avec Dieu, en lui présentant qui est Jésus, pourquoi l’Église et pourquoi le monde, en lui apprenant à prier, à vivre des sacrements et à se comporter en chrétien en progressant dans l’amour de Dieu et des autres.

    Il n’y a pas besoin d’être baptisé pour venir au catéchisme. Si le baptême n’a pas encore été reçu, cela permet à l’enfant de se poser la question de sa réception et de préparer avec les autres la première communion et le sacrement du pardon. Le catéchisme se poursuit par des activités proposées à l’aumônerie.

    Venez avec nous, il y a de la place ; il y a de la joie !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 24ème dimanche du temps ordinaire, 12 septembre 2021

    La cérémonie de prise de fonction

    Par décision de notre Archevêque, monseigneur Michel AUPETIT, uni à son conseil épiscopal, me voici désigné et nommé curé à la tête de cette église du 12è arrondissement de Paris : Notre-Dame de la Nativité de Bercy, bientôt bicentenaire.

    Au mot « curé » le glossaire du site de l’Église de France nous dit ceci : « Prêtre catholique placé à la tête d’une paroisse« . Sur Internet, Wikipédia précise davantage : « un prêtre catholique qui est chargé de la cure, c’est-à-dire qu’il a « charge d’âmes » (en latin, cura animarum), ce qui veut dire qu’il a la responsabilité spirituelle de tous les habitants du territoire paroissial. Il est nommé par l’évêque diocésain, dont il est le représentant et le délégué dans la paroisse. » Enfin, le Code du droit de l’Eglise met au clair les trois fonctions importantes du curé et prescrit la cérémonie de prise de fonction par l’évêque ou son délégué : 

    Le canon 519 du Code de droit canonique prescrit que : « le curé est le pasteur propre de la paroisse qui lui est remise en exerçant, sous l’autorité de l’évêque diocésain dont il a été appelé à partager le ministère du Christ, la charge pastorale de la communauté qui lui est confiée, afin d’accomplir pour cette communauté les fonctions d’enseigner, de sanctifier et de gouverner avec la collaboration éventuelle d’autres prêtres ou de diacres, et avec l’aide apportée par des laïcs, selon le droit » . Il y a là la référence explicite des activités légitimes que doit exécuter le curé et veiller avec attention à leur exécution pour le bien de la communauté paroissiale, avec la coopération de prêtres ou de diacres ainsi que de groupes de laïcs selon les prescriptions du droit.

    Le canon 527 § 1  du même Code précise que celui qui est promu à cette charge de curé « la reçoit et est tenu de l’exercer dès le moment de sa prise de possession » ; c’est la célébration qui est désignée sous le terme « installation du curé » que nous vivons aujourd’hui sur notre paroisse.  Le nouveau curé professe la foi catholique, renouvelle ses promesses sacerdotales et la liturgie prévoit des gestes qui symbolisent les trois fonctions.

    Dans cette mission de curé, je me confie à votre prière. Je vous demande de prier aussi, pour le père Edouard Bois qui reste un bras secourable important, malgré son grand âge, pour le curé et pour notre communauté paroissiale. Portez également dans votre prière le diacre François LALAU et sa famille ainsi que tous les responsables à divers niveaux de la vie paroissiale ; c’est avec eux que la communauté témoigne du Christ et accomplit sa mission. Qu’à ce nouveau départ pour la paroisse, chacun, chacune, puisse, avec moi, renouveler son appel à faire une communauté de frères et de sœurs, vivante et missionnaire au sein de ce beau quartier de Bercy à Paris.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 25ème dimanche du temps ordinaire, 5 septembre 2021

    « Ouvre-toi »

    C’est le temps de la rentrée. Un moment où chacun fait des projets, prend des décisions. Un moment aussi de reprise des contacts aussi bien pour les jeunes que pour les adultes. Avec au cœur des souvenirs d’été je l’espère heureux.

    La paroisse va aussi peu à peu retrouver son rythme de vie habituelle avec la joie de revoir des visages familiers et de reprendre la vie des groupes et les célébrations qui jalonnent la vie chrétienne. Avec la perspective aussi d’accueillir fraternellement un nouveau curé, le père Anatole. 

    Mais ce dimanche nous pouvons déjà nous demander comment les textes que nous propose la liturgie de la messe peuvent éclairer cette rentrée pour la vivre chrétiennement.

    Dans la première lecture le prophète Isaïe nous dit que c’est la vengeance qui vient. Dieu se venge !  Il y a de quoi être surpris en entendant cela. On se venge quand on nous a causé du tort, quand on nous a fait perdre la face. Alors on rend : je te le rendrai, je te le vaudrais…tu ne l’emporteras pas au paradis…

    Mais Dieu quand même… et le nôtre ! Il se vengerait ?

    C’est vrai, il a peut-être des choses à reprocher à l’humanité dans la manière dont nous gérons sa création ou son Eglise. On lui fait, à notre Dieu, par moment, perdre la face. C’est probable…mais de là à se venger…de là à rendre… Alors comment Dieu se venge-t-il ? Dieu ne se venge pas en répondant au mal par le mal. C’est tout le contraire nous dit le prophète : les muets parlent, les aveugles voient. Dieu ne se contente pas de promettre.  Il réalise. Il tient sa promesse. Dieu sauve. Dieu libère. Ce qui est annoncé, par Isaïe, Jésus l’accomplit.

    D’où cet appel que Jésus adresse à ce sourd-muet et par lui à nous aussi :« Effata ». C’est à dire « Ouvre toi ! » Il ne s’agit pas là seulement de déficience physique mais de tout l’être…Ce sourd muet représente l’état de l’humanité qui bégaye sa vie. On ne le voit que trop aujourd’hui. Jésus vient la sauver et la libérer.

    De même, dans la deuxième lecture, Saint-Jacques invite sa communauté, et la nôtre, à faire le lien entre sa foi et son agir. Et chacun de nous aussi.  Dans notre vie terrestre mais aussi quand nous nous rassemblons en disciples du Christ.

    Bonne rentrée à tous et à toutes.

    Père Édouard Bois