Mois : avril 2025

  • « Sois le pasteur de mes brebis »

               Nous sommes encore dans l’attente de l’élection du futur pape par le Conclave qui ne va pas tarder à se réunir. Et voilà que par une curieuse coïncidence l’évangile de saint Jean de 3ème dimanche de Pâques nous présente, outre l’apparition de Jésus aux pêcheurs au petit matin au bord du lac, la désignation par lui de Pierre comme responsable de l’Église à venir. Jésus sait bien pourtant le triple abandon de Pierre par son silence et il n’ignore pas qu’au fil de l’histoire la famille divine qu’il vient rassembler sera pécheresse de bien des manières. Nous ne le savons que trop nous aussi. Cette désignation du futur pape invite à l’humilité, à la conversion et non au spectacle et à la curiosité.

    Ce n’est pas pour rien non plus que ce qui se passe dans l’évangile de ce dimanche c’est au lever du jour que cela arrive. Comme pour les apparitions aux femmes qui ont eu lieu au petit matin au tombeau. Ainsi Jésus est-il le symbole de la lumière qui vient vaincre l’obscurité du monde et donner confiance en un avenir au-delà de toute espérance. « Sois le pasteur de mes brebis » a dit Jésus à Pierre. Il le dira bientôt à celui dont nous ignorons le nom. Cette élection est d’un autre ordre que d’être seulement un évènement médiatique aussi mondial soit-il.

    Puisse notre nouveau pape être au service de la foi que le Ressuscité a voulu partager avec ces premiers disciples en mangeant avec eux un bon poisson au bord du lac rempli de souvenirs profonds. « La foi à la quelle nous sommes invités, dit Éloi Leclerc dans un livre sur saint Jean, n’est pas l’adhésion aveugle à une vérité extérieure qui s’imposerait à nous d’une manière autoritaire, dogmatique et totalement incontrôlable. Croire au Fils unique c’est croire que Dieu aime le monde ; c’est croire que cet amour est la réalité première et absolue, c’est s’ouvrir soi-même à cet amour, l’accueillir en soi, se laisser pénétrer, inspirer par lui. Et du coup c’est en éprouver la force vivifiante et créatrice. » Puisse le futur pape, de quelque origine soit-il, nous aider et aider le monde et l’Église à ce qu’il en soit ainsi comme l’a fait le Pape François de vénérée mémoire.

    Père Édouard Bois

  • Jésus est ressuscité, je l’ai rencontré !

               A Pâques les chrétiens célèbrent l’événement le plus important pour eux : la résurrection de Jésus. Les chrétiens affirment qu’il est, le premier, sorti vivant du tombeau et que cela change radicalement la vie des hommes.  
    Mais admettre qu’un homme, Jésus, ait triomphé de la mort, c’est impensable pour beaucoup, qui refusent d’y croire. Voici ce que rapporte le livre des Actes des Apôtres en évoquant des Grecs, des Juifs et des Romains.

    En Grèce, à Athènes, Paul annonçait Jésus devant l’Aréopage : « Quand ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns riaient, et les autres déclarèrent : « Sur cette question, nous t’écouterons une autre fois ! » (Actes des Apôtres 17, 32).

    Chez les Juifs, le roi Hérode Agrippa évoque : « certaines discussions au sujet d’un certain Jésus qui est mort et que Paul déclarait toujours vivant ». (Actes 25, 19)

    Et devant le tribunal juif : Paul venait d’affirmer : « C’est à cause de notre espérance en la résurrection des morts que je passe en jugement. A peine eut-il dit cela qu’une dispute éclata et que l’assemblée se divisa. En effet les sadducéens prétendent qu’il n’y a ni résurrection, ni anges, ni esprits, tandis que les pharisiens y croient. » (Actes 23, 6-8)                         
    A Rome : « Paul s’efforçait de les convaincre au sujet de Jésus… Les uns se laissaient convaincre par ce qu’il disait, les autres refusaient de croire. » (Actes 28, 23)

     

      Les apôtres eux-mêmes commencent par refuser de croire à cet événement avant que Jésus lui-même se manifeste à eux le soir de Pâques. Et même Thomas, l’un d’entre eux qui n’était pas présent à ce moment, répondit à ceux qui avaient vu Jésus vivant : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je n’y croirai pas ! » (Jean 20, 25) Huit jours plus tard, il vit Jésus et il crut.

     

    Aujourd’hui, si Thomas n’est pas là pour nous faire partager son expérience, il peut nous faire comprendre que croire ce n’est pas admettre un événement ; c’est rencontrer la personne de Jésus. Thomas a pu voir et toucher ses cicatrices. Et Jésus lui a dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » (Jean 20, 29) Les chrétiens d’aujourd’hui peuvent reconnaître Jésus vivant par des signes : la Parole transmise fidèlement au cours des siècles, la vie de l’Eglise par le don des sacrements et l’amour fraternel et enfin l’Esprit-Saint reçu depuis la Pentecôte. C’est là que l’on peut reconnaître Jésus vivant.

     

    P. Anatole DEDEGBE

  • Cela devait arriver

              La manière dont Luc relate l’Entrée de Jésus à Jérusalem et sa Passion est significative. Les différentes réponses de Jésus sont mises en évidence. Les événements tournent rapidement, mais il est toujours au contrôle. Il prononce les mots qui l’envoient à la mort, sans avoir besoin de témoins extérieurs. Bien que tous ses proches disciples l’abandonnent, y compris Pierre, il suit toujours le chemin de la volonté de Dieu. Bien que les soldats l’insultent et le narguent, il va toujours à la croix pour eux. On se moque de Jésus comme d’un prophète qui ne sait pas ce qui se passe, mais il est tout à fait conscient de ce qu’il fait et pourquoi. La scène se déroule avec l’ironie tragique de l’hostilité de l’humanité envers le plan de Dieu et de la ténacité du Fils de Dieu de rectifier ce qui ne va pas chez nous tous. Jésus est si complètement homme qu’il partage la peur naturelle que nous inspire la mort. Il vient à Dieu avec l’angoisse humaine que lui inspire la mort, la grande ennemie. Jésus voudrait rester uni avec Dieu, aussi étroitement qu’il l’a été durant toute sa vie terrestre. Jésus est seul, abandonné sur la croix, mais il prie. Jusqu’au bout il ne casse pas cette relation qu’il a avec son Père, même dans ce moment difficile pour lui, où il pourrait douter de l’amour et de la fidélité de Dieu, il lui parle encore. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’astu abandonné ? » L’espérance dans ce cri n’est pas morte puisqu’il s’adresse à Dieu. Comme l’écrit Paul, Jésus n’a pas revendiqué son droit d’être traité à l’égal de Dieu. Il n’a pas suivi la logique humaine. C’est la foi qui nous permet de saisir toute la portée de ce qui s’est passé. C’est la foi qui doit nous permettre de grandir à travers les situations de détresse, à travers le mal et la souffrance. L’humiliation et la mort de Jésus ne sont pas la fin. Il va ressusciter. C’est là l’essentiel du christianisme.

              Le pouvoir de la croix ne nous aidera que dans la mesure où nous réfléchissons à sa signification. « Faites ceci en mémoire de moi » n’est pas simplement un mémorial vivant, c’est le moyen même par lequel Jésus revigore son peuple en y vivant. Jésus nous entraîne sur un chemin nouveau et nous fait perdre nos repères. C’est à l’ombre d’une croix qu’il faut le trouver et se retrouver.  Mais qui suivra ce sentier ? Croyons-nous comme Jésus que l’amour devrait être le nouveau chemin qui mène notre vie ?

    P. Modeste MEGANOU

  • Bientôt la semaine sainte !

               Nous entamons en ce cinquième dimanche de ce temps de marche vers Pâques la dernière semaine de carême avant la semaine sainte qui arrive dès dimanche prochain, dit des rameaux et de la passion, et passe vite. Nous pouvons peut-être déjà nous réjouir ou au contraire nous désoler un peu de notre route jusqu’à présent. Peu importe ! Avançons résolument vers la semaine sainte ; elle est le sommet de la vie liturgique de l’église catholique : mystère du Christ qui donne Sa Vie pour donner la Vie, mystère de nos renoncements en union au Christ, mystère de notre intercession pour le monde dont nous présentons les fractures et les manques au Père du ciel par les mains percées, mais précieuses, du Christ.

    La semaine entière est consacrée au Seigneur, comme un grand dimanche. De même qu’au cœur du dimanche il y a la messe, au cœur de la semaine sainte, il y a une grande célébration liturgique, qui commence le jeudi Saint par la Sainte Cène, continue le vendredi saint par la Célébration de la Croix et trouve son point culminant le samedi soir dans la Veillée Pascale. Ainsi, une seule et même célébration déploie le mystère du salut chrétien par Jésus : don de Communion (jeudi), renoncement à soi par amour à travers le mal (vendredi), source de vie éternelle (veillée pascale). Une seule et même célébration pour nous faire comprendre que nos eucharisties rendent actuels à la fois la Communion de la Sainte Cène, le Sacrifice de la Croix et la Résurrection du Christ. Ainsi, nous comprenons mieux que recevoir les espèces eucharistiques, c’est à la fois communier (au Christ et à nos frères et sœurs) ; recevoir l’Hostie, c’est-à-dire la Victime du Sacrifice (du latin Hostia), et recevoir le Pain de Vie pour la vie éternelle.

    Puisse la Semaine Sainte nous permettre de contempler davantage la grandeur infinie du don de la vie baptismale et de l’Eucharistie ! Et pourquoi pas, cette année, faire l’effort de vivre entièrement le Triduum Pascal ? L’Eglise nous y encourage, en favorisant le rassemblement de toute la paroisse pour vivre ces jours saints.

     

    P. Anatole DEDEGBE