Mois : janvier 2018

  • Edito du 2ème dimanche du temps ordinaire, 14 janvier 2018

    Où demeures-tu ?

    – Venez et vous verrez.

     

    Après avoir fêté l’Epiphanie dimanche dernier et lundi le Baptême du Seigneur, nous reprenons ce dimanche le cours de la liturgie dite “ordinaire“.

     

    Ce dimanche est aussi celui où l’Eglise nous invite à porter une attention toute particulière aux migrants et aux réfugiés. Nous connaissons les appels répétés de notre pape dans ce sens ; et notre diocèse organisait ce samedi une grande rencontre de tous les Conseils Pastoraux avec des migrants ainsi qu’un partage sur les initiatives prises dans les différentes paroisses de Paris pour les accueillir.

     

    Notre vicaire général, Mgr Denis Jachiet, qui est aussi chargé de la Pastorale des migrants au sein de la commission épiscopale, évoque dans un interview les nombreuses réticences naturelles qu’il rencontre sur cette question difficile. Il disait :

    « Face aux migrants, la plupart des gens ressentent un danger. Ils les assimilent, je crois, à des peurs ancestrales liées à la question des invasions et à la peur de l’islam. Mais cette peur n’est pas chrétienne. Une peur chrétienne serait une peur de pécher, de ne pas vivre l’Évangile. La peur païenne, c’est la peur d’être envahi. Et celle-ci nous conduit à ne plus penser l’Évangile comme un trésor à annoncer mais comme une espèce de capital en train de se perdre pour des raisons géopolitiques. C’est triste. C’est prendre l’Évangile à l’envers. »

     

    Et, pour ceux qui considèrent que notre pape François fait preuve de beaucoup de naïveté dans ce domaine, il ajoutait :

    « Le pape n’est pas naïf. Il n’est pas contre le devoir des pays de réguler les flux migratoires. Il rappelle juste le message de l’Évangile, de la doctrine sociale de l’Église, à savoir qu’on ne peut pas être indifférent à son frère. Une fois qu’une personne est entrée sur notre territoire, nous ne pouvons pas la considérer comme une chose. Nous avons le devoir de l’accueillir, de la protéger, de la promouvoir et de l’intégrer. « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » C’est la rencontre avec le Christ qui se joue. »

     

    Nous sommes tous conscients que ces déclarations de notre pape sont dérangeantes et souvent incomprises dans nos pays d’Europe. Mais l’évangile est un appel permanent à la conversion du regard, une aventure à la suite du Christ : “Venez et vous verrez “ répond simplement Jésus aujourd’hui à ceux qui cherchent à le rencontrer.

    Après avoir fait mémoire, en ce temps de Noël, de la sainte famille qui a dû fuir la cruauté du roi Hérode pour se réfugier en Egypte (cf. Mt 2, 13-15), que cette présence sur notre sol de tous ceux qui ont quitté leur pays à cause des violences subies soit une invitation à dépasser nos peurs pour risquer la rencontre.

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito de la solennité de l’Épiphanie du Seigneur, dimanche 7 janvier 2018

    “Or, voici que des mages venus d’Orient

    arrivèrent à Jérusalem…“

     

    Ils viennent de Mongolie, d’Arménie, de Géorgie, d’Algérie, de Côte d’Ivoire, du Congo, d’Albanie, du Cameroun, du Sénégal, du Bénin, de Mauritanie, du Mali, de Guinée, de Bulgarie, de Roumanie, d’Iran, et même du Tibet. Ce sont ces 50 enfants qui sont accueillis au centre d’hébergement de la porte de Bercy et à qui nous avons distribué, en cette veille de Noël, tous les jouets apportés par les paroissiens.

    Et en ce jour où la tradition nous relate l’histoire de ces trois mages, Melchior, Gaspard et Balthazar, qui seraient venus d’Europe, d’Asie et d’Afrique, je ne peux oublier ce moment magique avec ces enfants : une Epiphanie avant l’heure, même si ce sont eux qui viennent de tous les continents et nous qui apportions nos cadeaux. Etrange retournement de situation !

    L’évangile ne nous dit pas ce que Jésus a ressenti à l’arrivée de ces étranges personnages, mais ce qui brillait dans les yeux de ces enfants, ce jour-là, ressemblait bien à une étoile scintillante.

     

    Epiphanie signifie “dévoilement“, manifestation de Dieu. Et St Paul dans l’épitre aux Ephésiens nous révèle le dévoilement du projet de Dieu dans le mystère de l’Incarnation : “Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. “

    Il y a donc dans l’Épiphanie la révélation que toutes les nations pourront un jour véritablement cheminer ensemble et qu’en Jésus Christ une véritable universalité (on dirait aujourd’hui “mondialisation“) est possible !

     

    Mais cette universalité (ou catholicité) n’est pas une uniformité. C’est l’universalité de la Pentecôte quand chacun, dans sa langue maternelle, peut entendre proclamer les merveilles du Dieu de Jésus Christ. Un peu comme un orchestre où chaque instrument, dans sa diversité, apporte une touche indispensable à l’ensemble.

     

    Dans ce concert de louange mettons-nous en route, nous aussi, pour apporter nos propres richesses, en plus de l’or, l’encens et la myrrhe, à celui qui est chemin de communion entre tous les hommes.

     

    Belle et sainte année à chacun.

     

    P. Luc de Saint Basile