Mois : décembre 2021

  • Édito de l’octave de Noël

    Dieu avec nous, c’est Noël !

    Nous y voilà, Noël est bien là ! Et nous entrons de plain pied dans le cycle de la Nativité-Épiphanie, deux mots qu’on aime à ne pas trop séparer : « Nativité », c’est à dire « advenue », par la grâce de la naissance et « Épiphanie » veut dire « manifestation » car l’enfant qui vient au monde va se donner à connaître à ceux et celles qui vont le suivre ; à ses disciples qui le connaîtront par la foi. Au-delà de lui-même, il va aussi donner à connaître le mystère de Dieu dans un langage inédit : en prenant corps et visage d’homme, en habitant une humanité singulière pour aller à la rencontre de l’humanité entière et de chacun. C’est là tout ce que nous avons à célébrer et à partager en ces jours de fin d’année.

    La nuit de Noël raconte une histoire que tous peuvent entendre : l’histoire d’une naissance. L’évangéliste, à la messe de la nuit, se fait conteur : « En ces jours-là, parut un décret de l’empereur César-Auguste ordonnant de recenser toute la terre… ». Dans le tableau il met les non-gradés aux premières loges : ce sont les bergers, premiers avertis, par les anges, de ce qui arrive. Il donne aussi le texte du chant des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! ». Enfin il conduit son auditeur à l’humble crèche où l’on trouve le cœur de l’histoire, ramené à l’essentiel : l’enfant nouveau-né, sa mère Marie et son père, Joseph…

    L’enfant ! on peut y voir une image de la fragilité ; c’est la première évidence. Mais il ne faut pas manquer d’y voir aussi l’extraordinaire capital de virtualités, de possibles, qui ne sont pas encore révélés mais qui sont bel et bien là. L’enfant – l’Enfant de Bethléem singulièrement – est tout entier avenir. Il n’ignorera personne et ne fera que le bien.

    Jésus entraîne ceux et celles qui croisent son chemin dans un mouvement vers Dieu, vers les autres et vers soi-même, dans une confiance sans cesse renouvelée. A ceux et celles qu’il rencontre, il lance toujours l’invitation : « suis-moi ! ». Chacun en fait ce qu’il peut ou ce qu’il veut.

    Nous entrons donc dans les fêtes :  Noël 2021 et Nouvel An 2022 ! Puissent ces célébrations être pour tous une oasis de paix et, peut-être de réflexion pour retrouver le goût de reconstruire une fraternité, un vivre-ensemble heureux.

     Noël, c’est une brèche dans la nuit, une lumière douce dans les obscurités de l’histoire troublée des hommes. Un moment où terre et ciel se rencontrent et où se donne à voir le Dieu à visage humain. « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant », disait St-Irénée (IIème siècle). Tous les hommes de bonne volonté peuvent le chanter : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! et Paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! »

                      Joyeux et paisible Noël et Belle Année 2022 à tous !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 4ème dimanche de l’Avent, 19 décembre 2021

    Accueillir la Vie

    Quelle belle rencontre que celle de la « Visitation » de Marie à Elisabeth que nous propose, à quelques jours de Noël, ce quatrième dimanche de l’Avent.

    Une rencontre entre deux futures mamans. Une rencontre profondément humaine et divine.

    Que peuvent se dire deux futures mamans qui attendent une naissance et celles-là particulièrement ?

    L’évangéliste Luc nous laisse pressentir qu’elles parlent ici plus que de layettes et il  s’attarde surtout à ce qui touche à un bien grand mystère.

    La rencontre de Dieu et des hommes est en route grâce à la disponibilité de ces deux femmes et , il est vrai , un petit coup de main de l’Esprit Saint.

    La plus grande et la plus mystérieuse aventure de l’humanité est en route : l’humanisation de Dieu et la divinisation de l’homme.

    Comme Elisabeth et Marie, qui se retrouvent pour partager le mystère qui les habite, un immense étonnement et une grande joie nous saisissent à cette annonce.

    Mais aussi une certaine solitude, pour elles comme pour nous, car l’événement, qui est leur secret, passera et passe toujours, à beaucoup , inaperçu. 

    Comme le dit si bien Madeleine Delbrel qui a vécu elle-même cette solitude en milieu incroyant à Ivry : Nous nous sentions devenir étrangers aux autres par la foi qui précisément nous les fait aimer de plus en plus.

    Quoi qu’il en soit, comme ces deux femmes, il nous reste quelques jours pour nous préparer à célébrer encore une fois l’anniversaire de ces naissances, à vivre Noël.

    Cette fête nous ouvre ainsi un chemin en étant l’occasion pour chacun de mettre un peu plus d’amour, de solidarité dans notre monde par ces gestes d’attention à l’autre que sont les cadeaux, un repas de fête et bien d’autres initiatives.

    Mais, comme Marie et Elisabeth, puissions-nous, pour les quelques jours qui nous séparent de cette grande fête de la naissance de Jésus, vivre dans le silence de l’attente, dans la communion de la prière, notre lien à ce surprenant mystère qui nous dépasse mais qui nous est destiné.

    Alors toutes nos paroles et tous nos actes seront nativité en nous et en l’autre. 

    Noël est le temps de la rencontre.

    La rencontre de Dieu et des hommes et la rencontre fraternelle des hommes entre eux.

    Merci à Elisabeth et Marie de nous l’avoir rappelé aujourd’hui.

    Noël, c’est bientôt.

    Père Édouard Bois

  • Édito du 3ème dimanche de l’Avent, 12 décembre 2021

    Déclaration de Mgr Pontier, 2 décembre 2021

    Chers Frères et Sœurs, baptisés du diocèse de Paris,

    La renonciation à sa charge que Mgr Michel Aupetit a remise entre les mains du Pape dans le souci du bien du diocèse et la décision de celui-ci de l’en relever est une épreuve pour votre diocèse, pour Mgr Aupetit tout d’abord et pour vous tous. Prions pour lui et les uns pour les autres. Qu’aucune division, aucun propos inutile n’ajoutent encore à l’épreuve qui est assez lourde ainsi. Que chacun entre en lui-même et redise sa confiance à Celui qui est Maître du temps et des cœurs. Que chacun poursuive sa propre conversion et sa marche à la suite du Seigneur.

    Le Pape François m’a demandé de vous rejoindre pour quelques mois comme Administrateur Apostolique du diocèse. Cela m’impressionne, mais je n’ai pas cru devoir m’y dérober. Je m’efforcerai de servir et de donner le meilleur de moi-même avec l’équipe épiscopale. Je sais que l’Église qui est à Paris est vivante, riche de ressources, de dynamismes de tous ordres. Je sais qu’ensemble à l’écoute du Seigneur, soutenus par le souffle de son Esprit nous allons poursuivre notre route, marqués par cette épreuve, mais conduits à plus d’humilité, de charité et d’espérance.

    Le temps de l’Avent dans lequel nous venons d’entrer est un temps liturgique qui nourrit notre espérance en Celui qui ne cesse de venir, en Celui qui est Maître du temps et de l’Histoire. Il invite à l’intériorité, à la contemplation et appelle à la conversion. La figure de Jean Baptiste nous accompagnera, lui le précurseur. Le 8 décembre nous célébrerons l’Immaculée Conception de Marie et, quelques jours avant la fête de Noël, nous la retrouverons dans son accueil et sa confiance à Celui qui lui demande de mettre au monde le Sauveur, « Le Fils du Très Haut ».

    Hier, 1er décembre, nous avons pensé à Charles de Foucauld. Le 15 mai nous nous réjouirons de sa canonisation. À l’église Saint-Augustin, il a rencontré l’Abbé Huvelin et sa prière, « Seigneur, si tu existes, fais que je te connaisse » a été exaucée dans l’abandon à la miséricorde du Père. Il fut au long du XXe siècle un inspirateur pour beaucoup. Dans son encyclique « Fratelli tutti », le Pape François rappelle son témoignage de fraternité universelle durant toute sa vie et jusqu’à sa mort. Les moines de Tibhirine s’en sont inspirés.

    Enfin, à la demande du Pape François, toutes les Églises du monde sont entrées dans une démarche synodale : « Pour une Église synodale : Communion, participation, mission. » Poursuivons ensemble sur ce chemin déjà ouvert et si important pour que notre Église offre un visage toujours plus fraternel où chacun a sa place, se sente accueilli et écouté.

    J’espère pouvoir vous rejoindre physiquement dès la semaine qui vient. J’ai quelques obligations à honorer.

    Confions-nous à la prière des nombreux Saints qu’a donnés l’Église de Paris depuis son origine, à celle de Marie l’Immaculée, dans l’émerveillement de l’Amour qui jaillit du Sacré Cœur de Jésus.

    À bientôt, prions les uns pour les autres.

    + Mgr Georges Pontier
    Administrateur apostolique

  • Édito du 2ème dimanche de l’Avent, 5 décembre 2021

    Déclaration de Mgr Aupetit,

    2 décembre 2021

                                       « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris.
                                             Que le Nom du Seigneur soit béni ! »


    Cette phrase de Job m’habite, au moment où je reçois cette acceptation de la remise de ma charge de la part du Saint Père. Les événements douloureux de la semaine passée, sur lesquels je me suis déjà exprimé, m’avaient amené à remettre ma mission dans les mains du Pape François pour préserver le diocèse de la division que provoquent toujours la suspicion et la perte de confiance.
    J’ai reçu cette lourde charge du diocèse de Paris en essayant de m’en acquitter avec ferveur et dévouement. Je rends grâce à Dieu, qui m’a fait depuis toujours le don d’un regard bienveillant sur mes semblables et d’amour des personnes, qui  m’avait conduit dans un premier temps à l’exercice de la médecine. Prendre soin est quelque chose de profondément ancré en moi et les difficultés relationnelles entre les hommes ne l’entament pas.
    Je suis heureux d’avoir servi ce diocèse avec des équipes magnifiques, clercs, laïcs, consacrés, totalement dévoués au service du Christ, de l’Église et de leurs frères.
    Il y a trop de personnes à remercier pour que j’en fasse une liste exhaustive.
    Le jour de mon entrée au séminaire, j’ignorais totalement où cela allait m’entraîner, mais la confiance en Jésus-Christ qui m’habitait alors, continue de me rendre totalement disponible, pour le suivre où il voudra.
    J’ai, bien sûr, été fortement troublé par les attaques dont j’ai été l’objet.
    Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu d’avoir le cœur profondément en paix. Je remercie les très nombreuses personnes qui m’ont manifesté leur confiance et  leur affection depuis ces huit jours. Je prie pour ceux qui, peut-être, m’ont  souhaité du mal comme le Christ nous a appris à le faire, lui qui nous aide bien au-delà de nos pauvres forces. Je demande pardon à ceux que j’aurais pu blesser et vous assure tous de mon amitié profonde et de ma prière, qui vous seront  toujours acquises.
    Le diocèse de Paris est habité d’un profond dynamisme. Il est en route pour une nouvelle façon de vivre la fraternité à partir de notre baptême commun, dans une synodalité sans posture entre les différents états de vie. J’ai une totale confiance dans ce qui a été initié avec les vicaires généraux et les différents conseils qui m’entourent. Cet élan ne retombera pas et je demande à tous d’œuvrer pour que  s’accomplisse, dans le souffle du Saint Esprit, ce qui a été commencé.
    Je vous reste totalement uni et marche avec vous vers l’accomplissement du Salut.
    Je ne peux que redire le message de ma toute première homélie : « Ne regardez pas l’archevêque, regardez le Christ ! »

    Mgr Aupetit, 2 décembre 2021