Mois : décembre 2024

  • NOËL – EMMANUEL – DIEU CHEZ NOUS

              En cette période, nous célébrons l’événement de la venue de Jésus. À la lumière des évangiles, les chrétiens comprennent qu’en Jésus se réalise le désir de Dieu de venir habiter chez les hommes. Il continue à venir dans le monde tourmenté qui est le nôtre aujourd’hui. Avec toute l’Église, nous rendons grâce à Dieu pour cette merveille.

              Nous connaissons le récit de l’Annonciation ou plutôt celui de la vocation de Marie. L’ange Gabriel se rend chez elle pour lui annoncer qu’elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils. Et Marie répond librement : “Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole”. Cet évangile est une réponse au roi David qui voulait construire une grande maison pour le Seigneur. Or, Dieu ne veut pas habiter une maison grandiose. Son grand désir c’est d’habiter le cœur de l’homme. Il est “Emmanuel”, Dieu avec nous. Il nous invite à être en communion d’amour avec lui et avec tous nos frères. Marie a répondu oui à cet appel. Elle a accepté librement d’être la “servante du Seigneur”. Elle a aussi servi l’humanité en lui donnant le Sauveur. Sa cousine Elisabeth la proclame bienheureuse et partage son bonheur et sa joie.

              Oui, le Christ vient habiter en nous ; c’est là tout le message de Noël.  Noël, c’est Jésus qui vient. Il frappe discrètement à notre porte et il attend notre réponse. Le plus beau cadeau de Noël c’est Jésus qui vient demeurer en nous. Il faut l’accueillir et le donner au monde comme Marie. Nous y trouvons une joie que personne ne peut nous enlever.

    Le Seigneur compte sur nous pour toujours lui préparer une place dans notre vie. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Il nous invite à lui répondre positivement pour qu’il soit en nous et nous, en lui.

    En nous rassemblant dans l’église, nous répondons à son appel. Il rejoint les communautés réunies en son nom en nous nourrissant de sa Parole et de son Corps. Il veut être avec nous et en nous pour nous conduire vers le Royaume qu’il est venu annoncer. Nous pouvons lui adresser cette humble prière : “Dieu, qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce, alors tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure. Amen”


    P. Anatole DEDEGBE

  • Soyez dans la joie du Seigneur

               La fête de Noël est proche. Dans bien des domaines familiaux et sociétaux beaucoup consacrent du temps à sa préparation, depuis un moment déjà. Noël est en attente, au plan chrétien aussi !

    Une attente bien particulière puisqu’elle est célébration de la naissance du Sauveur. C’est pourquoi cette attente n’est pas triste mais traversée par une joie et une espérance spirituelle que soulignent les textes de la messe de ce dimanche. Mais quelle place dans nos vies à cette attente chrétienne ?

    Une prière le dit de belle manière : « Dieu merci de venir réveiller notre attente endormie sous les soucis de la bousculade des jours et nos ennuis. Dieu merci de venir réveiller notre attente endormie sous le poids des choses Dieu merci pour ce temps de l’Avent. Merci d’arriver à l’improviste, visiteur inattendu ! Car si Noël est programmé sur nos calendriers Toi Dieu tu n’as jamais fini de nous surprendre. ! »

    A 10 jours de Noël il est donc temps de se demander de quoi est faite notre attente ? La paroisse voudrait aider chacun, ce dimanche, à faire le point en invitant entre les deux messes à un temps de prière silencieuse et d’adoration avec la possibilité de recevoir le sacrement du pardon auprès des prêtres qui seront là.

    Dans l’évangile de ce dimanche Jean-Baptiste invite aussi les gens de son pays à se convertir et à se plonger dans l’eau du Jourdain en signe de volonté de purification et de libération. N’oublions donc pas ceux et celles qui, le jour de Noël seront probablement seuls et se tiendront, amèrement, à l’écart de la dimension chrétienne et humaine des réjouissances.

    N’oublions pas non plus la réflexion du Pape François dans sa dernière lettre : « Quel culte serait rendu au Christ si nous nous contentions d’une relation individuelle, sans nous intéresser à aider les autres à moins souffrir et à mieux vivre ? Peut-on plaire au Cœur qui a tant aimé en restant dans une expérience religieuse intime, sans conséquences fraternelles et sociales ? » 

     

    Bonne fin du temps de l’Avent et belle fête de Noël : « Soyez dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes » (St Paul aux Philippiens).

     

                                                                            Père Edouard Bois

  • La prophétie de Baruc

                  Les puissances du monde, comme au temps de Jésus, sont des pouvoirs de domination, qui s’imposent par la force et la crainte. Du côté des petits, il y a Jean-Baptiste, qui ne vit pas dans des palais royaux, mais au désert. C’est là que la parole de Dieu s’adresse aux hommes. Le désert, c’est aussi le lieu par excellence de la rencontre avec Dieu, mais aussi le lieu du combat spirituel quand nous nous trouvons confrontés avec nous-mêmes.

    Le cri de Jean-Baptiste fait référence au texte du prophète Isaïe, mais aussi au livre plus récent de Baruc. Ces textes sont une annonce du salut à venir, dans une situation qui semble au peuple d’Israël sans espoir. Ils sont une annonce de la fin de la servitude, du retour du Seigneur parmi son peuple, du retour du peuple vers sa terre. Le salut que Jean-Baptiste proclame est un salut qui ne concerne pas que le peuple d’Israël, mais bien toute l’humanité. Quand Jean-Baptiste appelle à « préparer les chemins du Seigneur », « à aplanir sa route », il nous appelle à nous convertir, à changer de vie, à corriger notre conduite mauvaise. Il nous invite nous aussi à choisir notre camp.

    Nous ne sommes plus dans la situation de Jean-Baptiste, il ne s’agit plus de préparer la venue de Dieu. Aujourd’hui nous sommes dans la situation où il est déjà venu, où il est là, mais nous sommes habiles pour imaginer toute une série de détours sur le chemin qui va jusqu’à Dieu. Cela peut prendre diverses formes, par exemple lorsque nous sombrons dans la confusion où nous croyons un peu de tout ce qui se dit. Cela peut consister en un simple aveuglement, au moment où nous comprenons ce qui se passe et ne voulons pas l’admettre. Le cri de Jean-Baptiste dans le désert ne se limite pas à un changement ponctuel. La rencontre avec Jésus est l’affaire de tous les temps. Nos repères, opposent l’intelligence et les sentiments, qui sont plutôt dans le cœur. Mais, pour nous préparer à accueillir Dieu qui vient à nous il faut l’intelligence du cœur. L’intelligence qui quitte son orgueil, et laisse monter la soif de Dieu. Le cœur qui écoute la promesse, discerne les chemins de Dieu, et cherche à comprendre, avec finesse. Nous nous préparons à Noël, mais à proprement parler, c’est Noël tous les jours. Car c’est tous les jours que Jésus nous attend et nous accompagne. C’est tous les jours que nous avons à lui faire une place dans nos vies et dans nos pensées, à lui faire la première place.

    Dieu ne vient pas comme un tyran qui exige mais comme un enfant qui se contente de la place que nous voulons bien lui laisser. Dieu est toujours à naître sur la rugueuse paille de nos vies bouleversées. Nous pouvons vivre l’Avent comme une aventure, celle de l’écoute, celle du murmure qui nous annonce la présence de Dieu dans nos vies, la présence qui nous met en action.

     

    P. Modeste MEGNANOU