Mois : juin 2019

  • Edito du 13ème dimanche du temps ordinaire, 30 juin 2019

     

     

    « Suis-moi! »

    En cette fin d’année scolaire, les textes de la liturgie nous décrivent différents appels.

    C’est d’abord Elisée que le prophète Elie vient chercher sur son lieu de travail, alors qu’il laboure son champ. Un appel signifié par un beau geste symbolique : « Elie passa près de lui et jeta vers lui son manteau ».

    Après un court temps d’hésitation en suppliant Elie de l’autoriser à embrasser les siens, Elisée va répondre positivement à cet appel par un autre geste tout aussi symbolique : « il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l’attelage, et les donna à manger aux gens ». Une rupture radicale avec le passé, avec le sacrifice de tout ce qui faisait sa vie jusque-là, scellé par un repas d’adieu comme le fera plus tard l’apôtre Matthieu.

    L’évangile nous décrit Jésus au moment où il fait le choix difficile de monter à Jérusalem, conscient de tout ce qui l’attend (littéralement « il durcit son visage pour aller vers Jérusalem ») ; et il demande à ceux qui veulent le suivre de savoir faire des choix tout aussi définitifs : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume de Dieu ».

    Trop souvent nous vivons les événements du monde en spectateurs critiques, bien calés dans des canapés, comme pour les matchs de foot féminin : « celle-là a bien joué » ou même parfois « elles sont nulles ! ».

    Jésus, lui qui “n’avait pas de pierre pour reposer sa tête“, n’est pas resté spectateur de son temps : il a engagé sa vie, son corps qui est devenu pour nous signe, sacrement de son amour pour tous les hommes.

    Et même si certains aujourd’hui refusent tout engagement sous prétexte qu’il est synonyme d’aliénation de la liberté, il est important de rappeler que la liberté n’existe de fait que le jour où on la met en œuvre dans des choix concrets, sinon elle ne demeure que virtuelle. “C’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés“ (2ème lecture de St Paul aux Galates).

    En priant pour ceux qui sont ordonnés prêtres ce week-end, et pour tous ces couples qui s’engagent en ce moment dans le sacrement du mariage, que chacun puisse profiter de ce recul de l’été, dégagé de la course effrénée de l’année, pour faire un point sur ses engagements personnels concrets à cause de l’évangile.

    Suis-moi ! “ Sachons profiter pleinement de ces vacances pour nous rendre accueillants, à la rentrée, aux nouveaux appels du Seigneur.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Edito du dimanche 23 juin :
    Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ.

     

     

     

     

     

    « Devenez ce que vous recevez »

     

     

    « Si vous êtes le Corps du Christ et ses membres, c’est le sacrement de ce que vous êtes qui est disposé sur la table du Seigneur ; c’est le sacrement de ce que vous êtes que vous recevez. C’est à ce que vous êtes que vous répondez « Amen » et cette réponse est votre signature. Sois un membre du Corps du Christ, pour que cet Amen soit vrai. » (St Augustin, Sermon 27,2)

    Il est bon de célébrer ce dimanche la fête du Saint Sacrement en remerciant le même jour celles qui ont consacré plusieurs années de leur vie au service de notre communauté chrétienne. Un rappel que tout service dans l’Eglise trouve sa source dans ce don que le Christ a fait de sa vie par amour pour tous les hommes, ce que nous célébrons dans chacune de nos eucharisties.

    Car être membre du Corps du Christ ce n’est pas simplement recevoir la communion chaque dimanche, c’est véritablement se donner à la suite du Christ Jésus, en se rendant acteur et responsable de son Corps qui est l’Eglise, signe de sa présence au cœur du monde.

    L’évangile de la multiplication des pains, dans l’évangile de St Luc, nous rappelle à cette responsabilité. Alors que les foules ont faim, Jésus déclare à ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

    Bien sûr, comme les apôtres, nous avons tous conscience de la faiblesse de nos moyens : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons… ». Qu’est-ce effectivement pour cinq mille hommes ! A vue humaine on est toujours tenté de baisser les bras devant la disproportion entre les besoins et les moyens.

    Pourtant, ce peu de choses est indispensable pour que Jésus puisse nourrir la foule. Il nous invite à ne pas céder au découragement mais à commencer quelque chose, petitement, à notre mesure. Et on est toujours surpris de la fécondité que peut produire un geste de partage qui nous dépasse souvent et nous fait, nous-mêmes, grandir. “Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. “

    En cette fin d’année scolaire nous sommes tous invités à nous interroger sur la manière dont chacun, chacune, nous allons pouvoir donner de notre temps, de nos forces au service de notre communauté chrétienne, à la suite de ceux et celles qui passent le témoin.

    Que ce don de Dieu dans nos eucharisties dominicales qui nous fait communier à sa présence nous aide à faire aussi de notre vie un don pour être signes du Christ vivant au sein de notre quartier.

    Père Luc de Saint-Basile.

  • Edito du dimanche 16 juin
    Solennité de la Sainte Trinité

     

     

     

    La Sainte Trinité

    La Sainte Trinité, que nous fêtons ce dimanche, est une réalité souvent difficile à comprendre pour les chrétiens. Pour autant, que notre Dieu soit qualifié de « Trinité » n’est pas une option facultative de notre foi.

    Pour Maurice Zundel, un grand spirituel du siècle dernier, la Trinité divine c’est le grand joyau de l’Evangile, c’est le grand secret d’amour, c’est la découverte la plus merveilleuse.

    En effet, écrit-il, comme Dieu est unique, nous étions tentés de penser qu’Il était solitaire, qu’Il passait son éternité, si l’on peut dire, à se regarder Lui-même, à se louer, à s’admirer et à exiger de ses créatures qu’elles le louent et L’admirent.

    Dieu devenait dans cette perspective, un cauchemar, Il devenait le Narcisse à l’échelle infinie. Il devenait un égoïsme qui s’idolâtre Lui-même ; et voilà que la Révélation de la Trinité dissipe à jamais ce cauchemar en nous apprenant que la Vie de Dieu, c’est une communion d’amour, que Dieu n’a de prise sur son être qu’en le communiquant, que Dieu ne se regarde jamais, parce que Son regard, c’est une personne, c’est le Père qui regarde le Fils, c’est le Fils qui regarde le Père ; et comme son amour ne se replie jamais sur soi, c’est cette aspiration du Père et du Fils vers le Saint Esprit qui respire à son tour de tout son Être vers le Père et le Fils, en sorte que notre Dieu, le vrai, vivant et éternel, est un Dieu qui se désapproprie de Lui-même, un Dieu qui ne possède pas, un Dieu qui ne se contemple pas, un Dieu pauvre comme saint François l’a si profondément deviné et exprimé.

    C’est ce Dieu-là qui est notre Dieu, non pas un Dieu qui nous surplombe, qui nous domine, qui nous écrase et qui nous punit, mais un Dieu qui se donne, qui est Dieu parce qu’Il se donne éternellement et dont le mystère créateur réside précisément dans ce don. C’est parce que l’Amour déborde en Dieu qu’il suscite les créatures, qu’il nous fait naître à l’existence pour nous communiquer ce qu’Il est, pour que nous devenions comme Lui, transparents à sa Lumière, pour que nous devenions comme Lui une pure respiration d’amour… »

    A méditer longuement et à mettre entre toutes les mains !

    Bonne fête de la Sainte Trinité.

    P. Edouard Bois

  • Edito du 9 juin 2019, Solennité de la Pentecôte

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    Moi, je prierai le Père,

    et il vous donnera un autre Défenseur

    qui sera pour toujours avec vous.

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    L’Esprit Saint dont nous célébrons la venue en ce jour de Pentecôte est appelé aussi par Jésus “ le Défenseur “ (le “Paraclet“). Une expression difficile à comprendre ?

    Il ne faut pas prendre le mot défenseur au sens littéral de celui qui vient nous défendre devant un tribunal. Dans la bouche de Jésus, il y a d’abord un lien très fort entre le Défenseur et l’Esprit de vérité (Jn 14,16-17).

    Le Malin dans la Bible est toujours désigné comme le menteur, celui qui trompe, le père du mensonge (Jn 8, 44). Mais ce Malin n’est pas une créature extérieure à nous, nous savons que c’est d’abord en nous-mêmes que demeure cette obscurité. Celle-ci fait que nous nous trompons, soit volontairement par un mensonge qui nous arrange, soit involontairement par un manque de compréhension, d’interprétation des événements ou d’arrangement avec la Parole de Dieu.

    Jésus a été un défenseur comme le bon Berger qui prend soin de ses brebis jusqu’à donner sa vie pour elles, celui qui laisse tout pour aller chercher la brebis perdue. L’Esprit Saint continue à nous défendre en nous indiquant un chemin de vérité et en nous donnant la force de le suivre.

    Il nous donne la force de regarder la vérité en face, même si cette vérité est parfois difficile à accepter. Ce combat spirituel est un combat pour notre libération intérieure afin de retrouver notre véritable identité de filles et de fils de Dieu appelés à la vie, la vie pleine et éternelle en Dieu.

    Il nous aide aussi à surmonter nos peurs : peur d’être jugé, peur de s’exposer dans nos paroles ou dans nos actes, peur d’être marginalisé dans une société où la norme est souvent bien loin des exigences de l’évangile. L’Esprit Saint nous introduit dans la confiance plus forte que la peur (Mc 6,50).

    C’est l’Esprit Saint, notre défenseur, qui nous donne la force d’affronter les difficultés et les épreuves en gardant cette paix intérieure que rien ne peut ébranler.

    Que ce Défenseur accompagne les 450 adultes de notre diocèse qui sont confirmés en cette fête de la Pentecôte, comme les 12 000 collégiens rassemblés ces trois jours pour le FRAT à Jambville.

    P. Luc de Saint Basile

  • Edito du 2 juin 2019, 7ème dimanche de Pâques

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    Viens Seigneur Jésus !

    L’évangile de ce dimanche nous propose la conclusion du discours de Jésus après la Cène au chapitre 17 de saint Jean.

    Des paroles à retenir par cœur ou plutôt en notre cœur car elles vont à l’essentiel de ce que Jésus a à nous dire avant l’ultime et tragique étape de sa mission terrestre qui en manifestera l’accomplissement. Ce pourquoi il est là. Ce qui l’habite qui prend ici la forme d’une prière. Son testament spirituel en quelque sorte :

    « Que tous soient un comme toi Père tu es en moi et moi en toi.

    Qu’ils soient un en nous eux aussi pour que le monde croie que tu m’as envoyé…

    Père ceux que tu m’as donné je veux que là où je suis ils soient avec moi…

    Je leur ai fait connaître ton nom et je leur ferai connaître encore, pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé et que moi aussi je sois en eux. »

    Ici mieux que partout ailleurs Jésus nous fait entrer dans l’intimité de sa relation à  son Père.

    Il nous redit une dernière fois ce qui leur tient le plus à cœur.

    Leurs liens entre eux. Leurs liens avec nous.

    C’est ainsi sûrement que l’a compris le diacre Etienne dont la première lecture évoque le drame qui marque la fin violente de sa vie à la manière du Christ jusqu’au pardon.

    Sans aller jusque – là, même s’il est donné à certains d’y aller, prendre au sérieux ces paroles de Jésus c’est à tout le moins être habité par le désir priant de la présence  et de la rencontre du Seigneur tel que Jean l’exprime si bien en conclusion de l’ Apocalypse : « Marana tha » « Viens Seigneur Jésus ».

    Présence promise à la fin des temps. 

    Mais aussi présence de proximité et d’intériorité promise pour aujourd’hui par le don de l’Esprit.

    « L’Esprit et l’Epouse disent « Viens ! »

    « Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! »   

    Viens Seigneur Jésus. Viens renouveler notre Eglise, sacrement, de ta présence en notre monde !

    « Oui, je viens sans tarder. »

    P. Edouard Bois