Mois : janvier 2022

  • Édito du 4ème dimanche du temps ordinaire, 30 janvier 2022

    Nouvelle traduction du Missel : Offertoire, Anamnèse et Agneau de Dieu

    Un grand changement de ce nouveau missel concerne l’introduction à la prière sur les offrandes aussi appelée Orate fratres. Dans la version actuelle, le prêtre dit : « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise. » Ce à quoi l’assemblée répond : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde. » Si elle est toujours possible dans le nouveau missel, cette formule est reléguée au second plan. Le président de célébration privilégiera : « Priez, frères et sœurs, que mon sacrifice et le vôtre soit agréable à Dieu le Père tout-puissant. » Et l’assemblée répond : « Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute l’Eglise. » Ce qui nous apparaît ainsi comme une nouvelle version est en réalité antique et actuellement en usage partout dans l’Église. Elle souligne que l’offrande du sacrifice du Christ est en même temps celle du peuple de Dieu (sacerdoce baptismal) et celle du prêtre (sacerdoce de service, dit « ministériel »). Le prêtre invite les fidèles à exercer leur rôle sacerdotal par la prière du cœur pendant la messe. L’assemblée consent à ce que ce soit par les mains du prêtre que ce sacrifice (le sien) soit offert. La coopération de tous les baptisés dans l’offrande sacrificielle de l’eucharistie est donc mise en valeur. Ce texte nous rappelle le cœur de la messe : nous présentons au Père l’offrande qu’est son Fils incarné, crucifié, ressuscité, entré dans la gloire, ce sacrifice puissant qui ouvre le Ciel.

    Pour l’Anamnèse, trois acclamations au choix ; 1- Il est grand, le mystère de la foi : Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ; 2- Acclamons le mystère de la foi : Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous annonçons ta mort, Seigneur ressuscité, et nous attendons que tu viennes ; 3- Qu’il soit loué, le mystère de la foi : Sauveur du monde, sauve-nous ! Par ta croix et ta résurrection, tu nous as libérés.

     Les introductions par le prêtre varient. Si on voulait garder en français le texte latin exact, il faudrait dire simplement, comme un cri : « mystère de la foi ! » Les introductions ajoutées en français (« il est grand », « acclamons », « qu’il soit loué ») appellent à la louange. La nouvelle traduction des réponses des fidèles est plus proche du texte latin. C’est surtout le « nous proclamons » à la place du « célébrons » qui présente une précision du sens ; il s’agit ici non de fêter seulement, mais de confesser sa foi, de l’affirmer, au moment où le Christ est au milieu de nous et que nous participons à cette réalité qui nous dépasse et qui échappe à nos sens. La foi seule nous enseigne, et non l’expérience immédiate (désolé) ! Si nous célébrons en effet ce Dieu merveilleux, il est capital de réaffirmer toujours que c’est par la foi que nous le connaissons, et dans cette foi que nous comptons persévérer !

    L’Agneau de Dieu : Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde, … Dans l’Agnus Dei, on retrouve, comme dans le Gloria, le pluriel pour les péchés (voir l’article sur le Gloria). Une fois encore, cela nous invite à adorer celui qui a voulu se faire lui-même le sacrifice d’expiation pour les péchés de tous les hommes, les nôtres et ceux du monde entier. Les péchés ont été plus forts que nous, mais l’Agneau est plus fort que les péchés !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 3ème dimanche du temps ordinaire, 23 janvier 2022

    On n’est pas chrétien tout seul

    Alors que s’achève la semaine de prière pour l’unité des chrétiens la liturgie de ce dimanche nous propose, en deuxième lecture, un passage de la première lettre de Saint Paul aux Corinthiens où son auteur, prenant la comparaison du corps humain, invite les chrétiens de Corinthe à être attentifs à la manière dont ils vivent leur unité.

    « Frères, dit-il,  prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ…Nous avons été baptisés pour former un seul corps. »

    Ceci concerne bien sûr la recherche de l’unité entre les diverses confessions chrétiennes, mais pas uniquement. Cela concerne aussi la vie et le témoignage de l’Eglise catholique dans sa diversité. Ce n’est pas pour rien que le pape François invite les chrétiens à une démarche synodale pour réfléchir à l’avenir de l’Église et particulièrement aux liens entre tous et la place de chacun. « Vous êtes le corps du Christ et chacun pour sa part est membre de ce corps ». dit encore saint Paul. Le pape François nous invite à vérifier cela en dénonçant le cléricalisme de certains et les abus de toutes sortes auxquels nous avons été sensibilisés.

    Il ne s’agit pas pour chacun de tout faire ou d’être partout. Chacun, pour être à sa place, a un travail de discernement à faire en fonction de sa situation humaine et de ses talents. « Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas à faire des miracles, à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter. » dit saint Paul

    C’est dans l’aveu de ses faiblesses et dans cette complémentarité fraternelle que l’Église sera à la hauteur de sa mission.

    Retenons ces paroles du père de Lubac dans son livre « Méditation sur l’Église » :

    « Envers cette Mère, que nous ne devrions qu’aimer, que de tentations nous assaillent ! il en est de violentes, mais claires. Il en est d’obscures, plus insidieuses. Il en est de toujours, il en est de plus particulières à notre temps. Elles sont trop diverses, voire opposées entre elles, pour qu’aucun de nous se puisse jamais croire à l’abri de leur menace. »

    À chacun, par sa présence active et rayonnante, de contribuer à donner à l’Église son vrai visage et à servir son unité. On n’est pas chrétien tout seul.

    Père Edouard BOIS

  • Édito du 2ème dimanche du temps ordinaire, 16 janvier 2022


    Avec Jésus, la joie en abondance

    Le temps de Noël est terminé, les cadeaux sont déballés, les prochaines vacances peuvent nous sembler loin… et au milieu de tout ça s’ouvre maintenant, dans l’Eglise, le temps ordinaire.  Ce temps n’est-il pas l’occasion pour chacun de nous de laisser la Grâce de la Nativité, la venue du Sauveur, se déployer dans notre quotidien ? N’est-ce pas l’occasion de prendre le temps de déballer le cadeau de Dieu, c’est-à-dire la Grâce qu’il nous a faite à Noël ?

    Ce dimanche, l’évangile nous propose le récit des Noces de Cana. Dans le quotidien de la vie, une noce vient nous rappeler que nous sommes invités à la joie. Cette joie est appelée à grandir avec l’action de Dieu !

    Jésus se retrouve au cœur d’une fête dans laquelle un manque advient. N’est-ce pas une catastrophe ? Non, car la réalité n’est pas inconnue, le manque existe et Dieu vient le combler : sa grâce surabonde… (Rm 5,20). En effet, « cette énorme quantité d’eau (600 litres !) changée en vin excellent est le signe d’une plénitude de vie qui veut se répandre et se communiquer au-delà de toute mesure, d’une manière royale et toute gratuite. Jésus dira un jour : ‘Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance’ Jn 10,10b. Tel est le thème que le récit de la noce célèbre et symbolise. Exubérance d’une vie inépuisable et enivrante, et qui est tout entière don et gratuité. » Eloi Leclerc, Le Maître du désir, DDB, 1997, p.31-32.

    Cette exubérance, cette surabondance est pour nous aujourd’hui. Est-ce que j’y crois ? Est-ce que j’accepte d’être vrai devant Le Sauveur, Mon Sauveur ? Suis-je prêt à lui offrir mes manques pour qu’Il vienne les remplir de bon vin ?

    Là s’ouvre un chemin pour chacun: apprendre à être toujours plus en vérité devant Dieu en lui donnant tout pour qu’Il puisse nous remplir de sa présence, de sa Grâce. Cela pour chaque jour, pour chacun dans sa réalité propre. Ce qui vaut pour nous, l’est aussi pour plus large que nous. En effet, nous rentrons dans la semaine de prière pour l’unité des Chrétiens. Là aussi nous sommes invités à présenter au Seigneur nos manques. Aujourd’hui nous ne réalisons pas pleinement le souhait de Jésus « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. » Jn 17, 21. Offrons à Jésus nos divisions pour qu’Il vienne y mettre son unité :

    Seigneur Jésus,
    qui as prié pour que tous soient un,
    nous te prions pour l’unité des Chrétiens, telle que tu la veux,
    par les moyens que tu veux.
    Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation,
    de voir notre péché, et d’espérer au-delà de toute espérance. Amen

    Prière composée par la Communauté du Chemin Neuf.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du dimanche 9 janvier, baptême du Seigneur

    Jubiler pour Jésus

    Les Évangiles ne s’attardent pas beaucoup sur l’enfance de Jésus et d’ailleurs ils n’en parlent pas tous. Nous un peu plus puisque les crèches sont toujours là dans la plupart des églises et chez soi. Mais les fêtes à peine terminées la liturgie dominicale nous entraine quelque trente ans après, là où commence la vie publique de Jésus avec son baptême par Jean-Baptiste et la belle parole qui clôt cette rencontre : « Celui-ci est mon Fils bien aimé ».

    Mais pourquoi Jésus vient-il recevoir ce baptême ?  Un baptême de conversion où le prophète du désert invitait les gens à changer de vie. 

    Au moment où il va commencer sa mission, Jésus signifie par là son lien profond à son peuple et, qui plus est, en un lieu qui marque l’entrée du peuple de l’Alliance en Terre Promise.

    Notre baptême n’est pas celui de Jean-Baptiste, même s’il nous invite à une incessante conversion. Le nôtre est celui de Jésus qui nous donne part à sa vie et à l’Esprit Saint.

    Encore faudrait-il ne pas oublier que nous l’avons été. 

    Le baptême, dit le pape François, immerge l’homme dans cette inépuisable source de vie qu’est la mort de Jésus, le plus grand acte d’amour de toute l’histoire.  C’est un acte qui touche l’existence en profondeur.  Ce n’est donc pas une formalité ! 

    Connaître la date de notre baptême, c’est connaître une date heureuse. Si on ne le sait pas, on risque de perdre la conscience de ce que le Seigneur a fait en nous, du don que nous avons reçu. Nous finissons alors par le considérer seulement comme un événement du passé – et même pas par notre volonté mais par celle de nos parents – et qui n’a donc plus aucune incidence sur le présent. Nous devons réveiller la mémoire de notre baptême. Nous sommes appelés à vivre notre baptême tous les jours, comme une réalité actuelle de notre existence. 

    Jubiler veut dire joie, exaltation, action de grâce. Un Jubilé nous invite à faire mémoire de la naissance de Jésus Christ mais aussi de notre histoire chrétienne personnelle : baptême et autres sacrements reçus, rencontres importantes et décisives, etc.

    Aujourd’hui, alors que nous fêtons ce dimanche un prêtre jubilaire, jubilons surtout pour Jésus qui se donne à nous. Par ce jubilaire peut-être ? Au moins un peu l’espère-t-il !

    Père Édouard Bois