Mois : mars 2022

  • Édito du 4ème dimanche de Carême

      Il fait bon accueil aux pécheurs

    Jésus fait « bon accueil aux pécheurs, il mange avec eux ». Pourquoi le Christ agit-il ainsi ? Est-ce pour signifier que le péché n’a pas d’importance pour lui ? Est-ce pour montrer qu’il est indifférent à ses yeux d’être juste ou pécheur ? Non, évidemment. Et la longue préparation du peuple élu dans l’Ancien Testament permet de comprendre à quel point le Seigneur a en horreur le péché parce qu’il abîme son image en nous et contrarie le dessein de vraie joie qu’il a pour nous.

    Ce que le Christ nous apprend aujourd’hui, c’est à quel point notre conversion est précieuse à ses yeux et source de joie pour son cœur. « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ». (Lc 15,7) Cette joie de Dieu est manifestée dans l’Évangile de ce dimanche par l’attitude du père qui fait tuer le veau gras et festoie. Il faut bien se réjouir, car le fils « était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé ». En constatant notre conversion, Dieu ne voit plus en nous un ancien pécheur, mais un enfant qui revient à la maison.

    Le péché, non seulement nous éloigne de Dieu, mais de manière plus grave, nous fait croire que nous ne sommes plus dignes de l’amour de Dieu. C’est l’expérience de l’enfant prodigue. Il s’est éloigné de son père, et l’expérience de sa misère – quoi de plus misérable pour un juif que de garder des porcs, animal impur – l’amène au constat qu’il n’est plus digne d’être appelé fils. Mais si le fils pense ainsi, le père lui, n’a jamais cessé de voir dans cet enfant prodigue son fils bien aimé de toujours.

    La conversion, qui passe par l’acceptation de notre péché, nous permet d’expérimenter à nouveau frais l’amour sans condition de Dieu qui nous rétablit dans notre dignité filiale. Ce qui est abîmé par notre péché, Dieu en fait l’objet de sa miséricorde. Aller manger à la table des pécheurs, ce n’est pas pour le Christ les conforter dans leur péché, mais les appeler de manière pressante à la conversion. Car dans le pécheur, Jésus ne voit pas l’homme perdu, mais il voit le converti potentiel. Sous l’angle de la miséricorde, le péché peut nous remettre en route vers le Père.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 3ème dimanche de Carême, 20 mars 2022

    Si vous ne vous convertissez pas…

    Après le massacre des Galiléens par Pilate et l’effondrement d’une tour qui fit beaucoup de morts, on vient interroger Jésus sur ces drames gravés dans la mémoire collective. Ces victimes devaient être de grands pécheurs croit-on !  

    Ce raisonnement se retrouve tout au long de la Bible. Si Job a bien des ennuis c’est qu’il a dû faire du mal, pensent ses amis. Les proches de l’aveugle de naissance aussi, dans l’Évangile de saint Jean, s’interrogent. Est-ce lui ou ses parents qui ont péché ?  

    C’est Dieu qui t’a puni ! Entend-on dire parfois autour de nous.

    La réponse de Jésus mérite donc toute notre attention. Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres pour avoir subi un tel sort ? Pas du tout ! Et les personnes tuées par la tour de Siloé sont-elles plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Pas du tout ! Mais si vous vous ne vous convertissez pas, ajoute Jésus, vous périrez tous de même. Tout le monde est concerné par le péché et ses conséquences. Pas quelques-uns seulement. Pas seulement les autres !

    Et Jésus d’illustrer son propos avec la parabole du figuier stérile qui ne donne aucun fruit. Le maitre de la vigne, comprenons Dieu, est fort tenté de la couper. Le vigneron, en qui nous reconnaissons Jésus, obtient du Maitre de patienter. Il s’engage à tout faire pour qu’elle en donne. Jésus, de manière imagée, plaide ainsi la cause de l’humanité et s’engage corps et âme pour qu’elle vive. Il dit cette parabole alors qu’il est sur la route de son destin pascal à Jérusalem.

    Le silence de Dieu, bien mystérieux parfois devant les drames de ce monde ne veut pas dire, pour autant, qu’il soit aux abonnés absents et même s’il était tenté de couper le figuier, l’attitude de Jésus le dissuadera de le faire en travaillant à ce qu’il ait des racines plus profondes.

    « Oui j’ai vu la misère de mon peuple » dit Dieu à Moïse.   

    L’appel à se convertir étendu sur chacune de nos vies le Mercredi des Cendres nous est renouvelé ce dimanche. A tous. Cette démarche concerne aussi les futurs baptisés invités à une transformation profonde pour vivre dans la lumière du Christ. Déjà, pour cela, la communauté paroissiale, à la messe de 11h, ce dimanche, les entourera de sa prière fervente et fraternelle. 

    Père Édouard Bois

  • Édito du 2ème dimanche de Carême, 13 mars 2022

    « C’est ta face Seigneur que je cherche »

    Après les 40 jours dans le désert où Jésus fut tenté, nous voici avec le dimanche de la Transfiguration. Nous sommes invités à méditer sur nos peurs face à notre foi.

    C’est sur la montagne et dans la prière que nous trouvons l’intimité avec Dieu. C’est par une lumière intense que Dieu va se manifester. Cette lumière peut nous faire peur à l’image des apôtres et même parfois nous pouvons être découragés, particulièrement à la lecture de l’actualité.

     Cependant nous devons garder confiance.

    Sommes-nous prêts à entendre Dieu nous dire : « Celui-ci est mon Fils que j’ai choisi, écoutez-le » ?

    Oui chers frères et sœurs, le temps du Carême est un temps particulier pour accueillir Dieu. La transfiguration met à l’épreuve notre foi. Pour cette quête du mystère de Dieu, nous avons besoin d’aller à l’écart, nous avons besoin de silence pour nous retrouver et tenter d’entendre notre Seigneur : nous serons tous transfigurés dans la gloire de Dieu. Le Seigneur transformera notre propre corps pour la fin des temps mais aussi le corps de de toute l’Eglise.

    Le temps du Carême est ce temps offert par l’Eglise pour nous retrouver et préparer notre montée vers Pâques.

    Cette semaine, dans notre livret de Carême vendredi, nous avons médité à l’image de St François qui a écouté la voix de Dieu ; l’espérance est une audace qu’il faut entretenir.

    Demandons-nous qui est vraiment Dieu pour nous ?

    Si Jésus est pour nous Fils de Dieu, ressuscité et glorieux, notre existence change nécessairement. La joie nous envahit car nous sommes aimés et sauvés.

    A notre baptême, nous avons revêtu le Christ symbolisé par le vêtement blanc qui rappelle la transfiguration, nous avons reçu la foi. C’est à nous maintenant de la faire grandir et de l’approfondir.

    Les évènements que nous vivons actuellement peuvent favoriser notre assèchement spirituel ; alors écoutons la voix du Seigneur au fond de nos cœurs, plutôt que la simplicité de la tentation.

    Le Malin est à l’œuvre et nous devons lutter avec nos prières, garder espoir et chercher la face du Seigneur sans relâche.

    Dans cette période de Carême, profitons des difficultés que nous vivons pour observer, être plus attentifs et trouver dans nos vies ces petits signes d’espoir, ces petits signes de l’amour de Dieu qui signifient sa présence au milieu de nous.

    Oui chers frères et sœurs dans le Christ, profitons de ce temps qui nous est proposé pour être plus à l’écoute du Seigneur, être plus unis à Lui, prenons le temps d’accueillir ce don de Dieu par la prière et retrouvons ce lien qui nous unit avec Lui pour l’éternité.

    Avec les catéchumènes cheminant vers le baptême, profitons de ce temps pour redécouvrir le sens de notre foi.

    François Lalau, diacre

  • Édito du 1er dimanche de Carême, 6 mars 2022

                         LE CARÊME, TEMPS FAVORABLE DE RENOUVEAU

    Dans l’Église latine, le Carême va du Mercredi des Cendres au Jeudi Saint. “Quarante” est à l’origine de “Carême” : temps symbolique pour accueillir Dieu qui veut renouer son alliance avec nous.

    Le Carême est un temps de pénitence. Mais faire pénitence n’est pas d’abord s’imposer des épreuves, se faire souffrir, amputer ses forces vives : notre Dieu aime la vie et nous veut vivants. Il s’agit moins de se retourner vers soi que de regarder vers ce Dieu qui vient à nous, frappe à notre porte, propose son amour. Faire pénitence c’est peut-être “se frapper le cœur” pour l’ouvrir à l’amour qu’on a méconnu, pour demander pardon à Dieu et le laisser entrer, pour ainsi désensabler les sources de la prière – “tu étais là, et je ne le savais pas”. C’est donc aussi laisser entrer le prochain par qui concrètement Dieu vient à nous : le jeûne et le partage prennent ici leur sens. Il ne s’agit pas des olympiades de mortification, mais de distinguer l’essentiel de l’accessoire, de faire l’expérience d’une sobriété en vue d’une distribution plus équitable des biens ; d’accueillir la promesse réalisée : “voici que je fais toutes choses nouvelles”.

    C’est aussi un temps privilégié de marche pour les catéchumènes, un temps fort pour les adultes qui recevront Baptême, Confirmation et Eucharistie à Pâques. Au début du Carême ( c’était hier à Saint Sulpice), l’évêque accueille les catéchumènes et les appelle officiellement à se mettre en chemin ; des célébrations en marquent les différentes étapes. Le futur baptisé se détermine à faire le choix de Dieu que le Christ nous fait connaître. C’est ce que souligne la liturgie, et ce à quoi elle nous aide : le signe des Cendres ;  le jeûne et la prière, la rencontre “au secret” avec Dieu ; la méditation de la Parole ; le sacrement de son pardon offert, l’ouverture du cœur à nos frères humains.

    C’est ainsi que le Carême prépare les chrétiens à célébrer le “Triduum Pascal” (Jeudi et Vendredi Saints, Nuit de Pâques), où est célébrée notre libération. La Passion du Christ, sa descente aux enfers d’où il nous ramène tous jusqu’au dernier, sa Résurrection et son Esprit répandu sur toute chair nous disent que la mort est vaincue, que le mal n’a pas le dernier mot.

    Père Anatole Dédégbé