Mois : septembre 2019

  • Édito du 26ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 29 septembre

     

     


    Il ne s’agit pas seulement de migrants

     C’est ce dimanche la Journée Mondiale des Migrants et Réfugiés.  

    Le message du Pape François, à cette occasion, s’intitule : Il ne s’agit pas seulement de migrants. 

    Le Pape y reprend, à sa manière, le cri d’alarme que nous livrent les textes de la messe qui attirent notre attention sur l’attitude des nantis face aux pauvres.

    Car la question ne date pas d’aujourd’hui. Déjà le prophète Amos (cf.1ère lecture) dénonçait, avec vigueur, l’attitude de toute une classe de riches.  

    Jésus dans l’Evangile, en racontant l’histoire d’un pauvre qui mange les miettes du festin d’un riche qui l’ignore totalement, fait le même constat et dénonce le même penchant. Bien d’autres, les François d’Assise, Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, etc. feront de même au fil de l’histoire.

    Il ne s’agit pas seulement des migrants ,souligne donc le Pape François

    Leur situation concerne aussi notre relation aux plus démunis de notre société quels qu’ils soient. La Société de Saint Vincent de Paul, qui a une antenne dans notre paroisse, et dont c’est aujourd’hui aussi la campagne nationale, attire pareillement notre attention.  

    Mais par ce titre le Pape veut dire plus. L’aide apportée à ceux et celles en difficulté, quels qu’ils soient, n’est pas qu’une question matérielle. C’est une invitation à la rencontre qui souvent déroute et fait peur. Le Pape nous invite à nous laisser transformer, toucher et pas simplement à donner de loin. Une rencontre qui doit être source de joie pour les uns et les autres.

    « Il ne s’agit pas seulement de migrants. » En intitulant ainsi son message le pape nous invite enfin à mesurer l’enjeu ecclésial et mondial de cette attention aux plus défavorisés et aux migrants : « Chers frères et sœurs, la réponse au défi posé par les migrations contemporaines peut se résumer en quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Mais ces verbes ne valent pas seulement pour les migrants et pour les réfugiés. Ils expriment la mission de l’Eglise envers tous les habitants des périphéries existentielles, qui doivent être accueillis, protégés, promus et intégrés. Si nous mettons ces verbes en pratique nous contribuons à construire la cité de Dieu et de l’homme, nous encourageons le développement humain intégral de toutes les personnes et nous aidons la communauté mondiale à s’approcher des objectifs du développement durable qu’elle s’est donnés et qu’il sera difficile d’atteindre autrement. Donc ce n’est pas seulement la cause des migrants qui est en jeu, ce n’est pas seulement d’eux qu’il s’agit, mais de nous tous, du présent et de l’avenir de la famille humaine…A travers les migrants, le Seigneur nous invite à nous réapproprier notre vie chrétienne dans son entier et à contribuer, chacun selon sa vocation, à l’édification d’un monde qui corresponde toujours davantage au projet de Dieu ».

    Père Edouard Bois.

  • Édito du 25ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 22 septembre

    Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête… !

    Voici sans doute l’une des paraboles de Jésus la plus provocante : celle de ce maître qui va faire l’éloge de son gérant malhonnête qui a trafiqué ses comptes “car il avait agi avec habileté“.

    Dans ses paraboles, Jésus part toujours d’une réalité qu’il a observée. Or, en Galilée, à cette époque, les intendants étaient nombreux. Ils géraient de grands domaines au profit des propriétaires qui habitaient dans les grandes villes. Et il arrivait que l’un d’entre eux se fasse prendre la main dans le sac, ou dans le livre de comptes, lors d’un contrôle.

    Jésus décrit l’un de ces filous qui réagit très rapidement, une fois renvoyé. Après avoir écarté plusieurs reconversions dont il se sent incapable (travailler la terre, mendier), il sait comment se faire des amis avant qu’il ne soit trop tard : chaque débiteur de son maître est invité à falsifier sa dette sous le regard du gérant pour la diminuer d’une centaine de journée de travail ; c’est beaucoup !

    Ainsi les débiteurs et l’intendant sont liés par un même secret : les premiers sont trop heureux d’une telle aubaine en échange de leur silence ; le second est assuré de trouver “des gens pour l’accueillir, une fois renvoyé de sa gérance.

    Jésus ferait-il l’éloge d’un magouilleur débrouillard qui trafique les comptes ? Ce serait surprenant.

    De fait Jésus ne loue pas son attitude : il dit bien que ce gérant est malhonnête. Mais il souligne un aspect positif de son comportement : il est habile et manifeste une rapidité exemplaire, en face d’une situation critique, pour assurer malgré tout son avenir. Et en direction de ses disciples, Jésus conclut : Et vous, les fils de lumière, êtes-vous aussi habiles pour le Royaume de Dieu ? Savez-vous faire preuve de la même rapidité de décision et de la même habileté, car le temps presse, il n’y a pas un instant à perdre.

    A sa manière, cette parabole est aussi une formidable désacralisation de l’argent. L’argent n’est pas bon ou mauvais en soi, ce n’est qu’un outil, sans plus : on peut s’en faire des amis comme s’en faire un maître en le pervertissant ; on peut s’en servir ou le servir. Autrement dit, si l’on en fait une fin en oubliant qu’il n’est qu’un moyen d’échange, un outil de relation, il devient alors une idole, ce que Jésus désignera sous le nom de “Mammon“.

     “Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’Argent“, conclura Jésus. Entre le service de Dieu et celui de l’Argent il n’y a pas de compromissions possibles.

    A nous qui sommes souvent très créatifs pour trouver des astuces pour gagner un peu plus d’argent, saurons-nous avoir la même inventivité et la même énergie au service de ce Royaume d’amour et de paix auquel Dieu nous invite et qu’il nous confie ?

    Père Luc de Saint-Basile

  • Edito du 24ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 15 septembre

     

     

    Trouver sa route !

    Nous pouvons encore avoir des souvenirs de vacances et, par exemple, d’avoir parcouru des sentiers de grande randonnée et d’avoir perdu notre chemin pour ne pas avoir tenu compte des signaux qui le balisent, ou ne pas les avoir découvert.

    L’évangile de ce dimanche nous propose, lui, trois paraboles où nous voyons des personnages en recherche, comme si quelque chose ou quelqu’un avait été perdu et demandait à être retrouvé.

    Ainsi de la parabole de la brebis perdue, de celle de la femme qui cherche une pièce dans sa maison et de la célèbre parabole de l’enfant prodigue.

    La plupart du temps, dans la méditation, on s’arrête au dénouement. On se réjouit à juste titre de ces retrouvailles.

    Peut-être est-il bon aussi de s’arrêter à la démarche des chercheurs.

    La recherche est une attitude humaine profondément ancrée dans notre culture : recherche scientifique, technologique, médicale, astrale, etc.

    Et tout simplement au niveau de nos vies ordinaires chacun, d’une manière ou d’une autre, revêt l’habit du chercheur. 

    On cherche ce qui a été perdu mais aussi ce qui n’a pas encore été découvert.

    Chercher fondamentalement pour nous a rapport au sens, c’est-à-dire à la direction et à la signification. On cherche sa route, ou à la retrouver si on l’a perdu. On cherche le sens de sa vie.

    Particulièrement en ce temps de rentrée, nous pouvons nous identifier ainsi à l’un ou l’autre de ces chercheurs de l’Evangile pour donner sens à nos vies et rencontrer Dieu.

    Mais bien sûr dans ces personnages que sont le berger, la femme dans sa maison et le père de l’enfant prodigue, nous y reconnaissons surtout l’image de Dieu, Père de Jésus et notre Père, qui n’a de cesse de chercher et de rencontrer chacun de nous de manière unique et personnelle.

    Pour notre plus grande joie et la sienne quand cela arrive.

    Puisse cette année, pour tous, être riche de découvertes sur les chemins plus ou moins balisées que notre vie en société, et en Eglise, nous propose.   

    Soyons donc cette année, ensemble, des chercheurs de vie et des chercheurs de Dieu.

    « Mon âme n’est pas en paix tant qu’elle ne demeure en toi » (saint Augustin)

                                                                                                      Père Edouard Bois

  • Edito du 23ème dimanche du temps ordinaire,08 septembre 2019

     

     

    Notre Dame de la Nativité de Bercy

    Les hasards du calendrier ont placé cette année la fête de la nativité de la Vierge Marie un dimanche. C’est donc une joie de se retrouver ensemble, en ce début d’année scolaire, pour célébrer notre fête patronale.

    Nous ne savons pas grand-chose de la naissance et de l’enfance de Marie puisque ni les évangiles, ni les lettres de St Paul n’en parlent. Ce ne sont que les évangiles apocryphes, notamment le Protévangile de Jacques, qui nous révèlent le nom de ses parents, Joachim et Anne. Tout ce qu’on peut dire avec certitude c’est qu’elle fut une villageoise de Nazareth, connue comme l’épouse du charpentier Joseph (Mt 13,55), dont Jésus continua le métier (Mc 6,3). Une femme pauvre (Lc 1,48) et “servante“, le seul titre qu’elle se donne par deux fois (Lc 1,38 et 48).

    La petite Thérèse de Lisieux, dans une de ses dernières lettres, avoue que tous les sermons entendus sur Marie l’ont laissée jusqu’ici insensible. Juste avant de mourir, le 23 août 1897, elle écrit :

    « Que j’aurais donc bien voulu être prêtre pour prêcher sur la sainte Vierge. Une seule fois m’aurait suffi pour dire tout ce que je pense à son sujet.

    J’aurais d’abord fait comprendre à quel point on connait peu sa vie. Il ne faudrait pas dire des choses invraisemblables ou qu’on ne sait pas ; par exemple que, toute petite, à trois ans, la Sainte Vierge est allée au Temple s’offrir à Dieu, avec des sentiments brûlants d’amour et tout à fait extraordinaires ; tandis qu’elle y est peut-être allée tout simplement pour obéir à ses parents. […]

    Pour qu’un sermon sur la Sainte Vierge me plaise et me fasse du bien, il faut que je voie sa vie réelle, pas sa vie supposée ; et je suis sûre que sa vie réelle devait être toute simple. On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu’elle vivait de foi, comme nous, en donner des preuves par l’Evangile où nous lisons : “Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.“ Et cette autre, non moins mystérieuse : “Ses parents étaient dans l’admiration de ce qu’on disait de lui.“ Cette admiration suppose un certain étonnement, ne trouvez-vous pas, ma petite Mère ? […]

    C’est bien de parler de ses prérogatives, mais il ne faut pas dire que cela, et si, dans un sermon, on est obligé du commencement à la fin de s’exclamer et de faire Ah ! Ah ! on en a assez. Qui sait si quelque âme n’irait pas même jusqu’à sentir un certain éloignement pour une créature tellement supérieure et ne se dirait pas : “Si c’est cela, autant aller briller comme on pourra dans un petit coin ! “ »

    Alors que nous reprenons le cours de notre vie ordinaire après cette parenthèse de l’été, que la fête de la nativité de Marie nous aide à reconnaître, avec la petite Thérèse, la puissance de Dieu qui agit à travers l’humble service quotidien.

    Père Luc de Saint-Basile