Mois : décembre 2017

  • Edito du 4ème dimanche de l’Avent, 24 décembre 2017

    « Le Seigneur te fait savoir

    qu’il te fera lui-même une maison ».

    (2 Sam 7,11)

     

     

    « Comment cela se fera-t-il ? » demande Marie ;

     

    Elle ne pose la question que pour que lui soit répondu :

    « C’est l’ombre de l’Esprit… »

    ce qui n’est pas une réponse, mais une autre question.

     

    Cette ombre est celle qui, au début du monde,

    plane sur les eaux.

    Marie est donc une nouvelle genèse

    et une nouvelle création ?

     

    Cette ombre de l’Esprit est celle qui marche devant le Peuple,

    en tête comme un drapeau pour traverser les déserts.

    Marie est donc un nouvel Exode, un nouveau départ,

    et en tête d’un nouveau peuple ?

     

    Cette ombre de l’Esprit est celle qui couvre la montagne du Sinaï

    lorsque Dieu parle à Moïse.

    Marie est donc une parole neuve

    et une loi nouvelle,.

    Marie est donc un nouveau livre ouvert,

    et une nouvelle Bible ?

     

    Cette ombre de l’Esprit est celle qui fait irruption

    à l’inauguration du Temple de Salomon.

    Marie est donc un nouveau Temple ?

     

    Désormais, la maison de Dieu

    n’est plus dans l’enceinte du Temple,

    mais dans une femme enceinte,

    et c’est l’Homme

    qui sera le Temple de Dieu.

     

    1. Debruyne,

    « Jésus, sa chair et ses racines » Desclée, pp. 134-135

     

  • Edito du 3ème dimanche de l’Avent, 17 décembre

     Que dis-tu sur toi-même ?

     

    En ce 3ème dimanche de l’Avent notre regard est, encore, orienté vers Jean-Baptiste ici dans l’évangile de Saint Jean.

    Une présentation un peu différente des autres évangélistes.

    Le remue-ménage que provoque Jean-Baptiste aux confins du désert, en attirant beaucoup de monde, inquiète les responsables de l’ordre public et les dignitaires religieux.

    Alors de Jérusalem, on envoie des émissaires mener une discrète enquête.

    « Qui es-tu ? Est-ce toi le Messie, le libérateur que certains attendent ?

    Dis-le-nous ? On doit donner une réponse. Il faut qu’on sache à quoi s’en tenir ! »

    Et sous-entendu prendre au besoin les mesures qu’il faut pour rétablir l’ordre.

    La réponse de Jean-Baptiste est claire : « Je ne suis pas le Christ. Mais il vient et moi je prépare son chemin, sa venue. C’est pour cela que je suis ici dans cette tenue étrange, celle du désert. Cela devrait vous rappeler quelque chose. Notre histoire. La première libération d’Egypte… la traversée du désert avec Moïse, l’Alliance avec Yahvé, l’entrée en Terre Promise. C’était là tout près d’ici, avec Josué en traversant cette rivière, le Jourdain. Celui qui vient, lui, va vous guider, à nouveau, vers une terre promise, un pays de paix et de salut, de lumière et de joie. Préparez-vous. »

    A quelques jours de Noël, à quelques jours de l’anniversaire de la naissance de Jésus, Jean-Baptiste désigne encore pour nous le sauveur, le libérateur, le guide de l’humanité, la lumière. La réalisation d’une promesse immémoriale.

    Une belle figure que ce Jean-Baptiste.

    Un personnage original, atypique, qui retient notre attention.

    Pour ma part j’aime son franc-parler, courageux, risqué.

    J’aime son absence de démagogie. Il dit à chacun sa vérité.

    J’aime son effacement malgré le succès. Il ne se met pas en avant.

    J’aime sa capacité à rassembler sans retenir à lui.

    J’aime sa conviction, sa foi, pour dire le Royaume tout proche.

    Jean-Baptiste est un homme passionnément habité par un secret, une présence…

    Pour tout cela, Jean-Baptiste mérite encore aujourd’hui d’être écouté lorsqu’il nous invite à vérifier nos priorités au moment de Noël, à nous demander ce que nous disons, sur nous-mêmes, ce que nous disons du Seigneur.

    Nous vivrons cette fête aussi dans un monde toujours perturbé comme le fut celui de Jean-Baptiste…un monde qui se cherche…un monde en quête de savoir vivre et de savoir vivre ensemble et qui aspire à autre chose. Un monde parfois loin de Jésus.

    Nous préparer à fêter Noël, c’est, dans la prière, désirer aujourd’hui la rencontre du Seigneur. Nous préparer c’est nous aussi, en cette période, au niveau familial, social, ecclésial, être des artisans de paix, de rassemblement, de consolation, de libération, être ainsi les porteurs d’une bonne et grande nouvelle.

    Et si nous pouvions chacun être les « Jean-Baptiste » de notre temps ?

    Père Edouard Bois

     

  • Edito du 2ème dimanche de l’Avent, 10 décembre 2017

    « Dans le désert une voix crie… »

     

    Comme chaque année au début de l’Avent, la voix de Jean Baptiste nous invite au désert.

     

    Les fêtes de Noël riment souvent avec cadeaux et abondance de biens, et les enfants comme les adultes sont impatients d’y parvenir. La publicité d’ailleurs ne se prive pas, et tout particulièrement en cette période, de promettre tout et tout de suite.

     

    Mais le personnage fascinant de Jean Baptiste nous convoque préalablement au désert, rejoignant ainsi l’expérience du peuple de la Bible au moment où s’est scellée la première Alliance avec son Dieu.

    Quand Pharaon laissa partir le peuple, Dieu ne leur fit pas prendre la route du pays des Philistins, bien qu’elle fût la plus directe. Dieu s’était dit : « Il ne faudrait pas qu’à la perspective des combats, le peuple revienne sur sa décision et retourne en Egypte.» Dieu fit donc faire au peuple un détour par le désert de la mer des Roseaux “

    (Ex 13, 17-18).

    “ Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : allais-tu garder ses commandements, oui ou non ?“ (Deut 8,2).

     

    Pour goûter pleinement la joie de Noël, chacun est donc invité à purifier ses attentes, à se dépouiller en effectuant un vrai travail sur lui-même, comme le disait déjà le prophète Isaïe cité par Jean Baptiste : “Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! Que les escarpements se changent en plaine, et les sommets en large vallée ! “

     

    Quelle route nous faut-il déblayer aujourd’hui, quels sont les ravins à combler et les collines à abaisser ?

    Pour l’un, ce sera d’accepter de se remettre en route, alors qu’il a depuis longtemps baissé les bras devant l’ampleur de la tâche à accomplir. Pour un autre, c’est de reprendre la bonne direction, alors qu’il s’est égaré dans un chemin de traverse ; pour un autre encore, c’est d’enlever les gros cailloux qui encombrent sa route pour se sentir plus libre d’avancer ; pour un autre, c’est d’abattre un mur qu’il a laissé s’édifier entre lui et tel ou tel proche.

     

    Ainsi le temps de l’Avent est un temps de conversion active, une invitation à poser des gestes concrets qui manifestent notre attente. « Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. » (Is. 40, 5).

    Père Luc de Saint Basile