Mois : avril 2023

  • Edito du 16 avril 2023

    « La paix soit avec vous ». 

    C’est la première parole de Jésus ressuscité aux apôtres et quelques autres enfermés à double tour, à Jérusalem, par peur des représailles politico-religieuses de l’occupant ou des notables religieux. 

    Enfermés, ils le sont sans doute aussi en eux-mêmes dans leur désespoir et honteux de leur manque de courage. 

    Les apôtres ne devaient pas en effet se sentir très fiers de se retrouver devant le Seigneur, après les événements qui venaient de se passer. 

    Ils avaient la plupart pris peur. Ils avaient trahi. Ils s’étaient faits bien discrets. 

    « La paix soit avec vous » leur dit Jésus. 

    La paix, dans la Bible, est un terme très riche de sens où il est question de salut, de justice, de réconciliation. 

    Jésus, leur adressant ce souhait, leur manifeste qu’il ne leur tient pas rigueur de leur attitude lors des événements tragiques qui viennent de se passer. 

    « La paix soit avec vous ». 

    En disant aux disciples, dans l’évangile de Jean ces premières paroles de Ressuscité, Jésus leur partage
    une fois de plus ce qu’il y a de plus profond au cœur de Dieu : la miséricorde à laquelle sainte Faustine et nos papes contemporains nous invitent à être attentifs. 

    La miséricorde, a dit joliment Pierre Talec, n’est pas une qualité de Dieu parmi d’autres. Elle est Dieu au cœur de lui-même. 

    La miséricorde divine se traduit ainsi par le pardon de Jésus à ses bourreaux. 

    La miséricorde de Jésus est présente aussi dans la rencontre de Jésus et des fuyards du Vendredi Saint, les apôtres et leurs proches. 

    Il y a un parfum de miséricorde qui flotte dans les récits des apparitions, dans ces retrouvailles inattendues bien que promises par Jésus. 

    « La paix soit avec vous »
    Ce n’est pas de la part de Jésus une simple consolation à l’égard de gens qui n’ont pas le moral. 

    « La paix soit avec vous » c’est un don de Dieu qui leur est fait. Le don de sa miséricorde et de sa vie. 

    Demandons-nous donc en ce temps pascal ce que nous mettons sous ce mot et quels autres mots nous utiliserions pour exprimer concrètement la miséricorde : bienveillance, compréhension, pardon, réconciliation ? 

    Que ce temps de Pâques nous fasse partager et vivre cette miséricorde et cette paix dans toutes nos relations. 

    « La paix soit avec vous ». Cette parole est dite aussi sur nos vies. 

    Un cadeau qui vaut bien des œufs de Pâques même les plus gros ! 

     Père Edouard Bois

  • Edito du 2 avril 2023

    La semaine dite « Sainte »



    Elle s’ouvre par le dimanche des rameaux et se termine par le dimanche de Pâques. Nous allons, en effet, suivre Jésus pas à pas depuis son entrée triomphale à Jérusalem jusqu’à la découverte de son tombeau vide le matin de Pâques. 

    Cette semaine ne se résume pas à une commémoration historique, elle rend présents les événements qui sont à l’origine de notre vie nouvelle avec le Christ. 

    Il ne faut pas passer à côté de cette occasion qui nous est proposée pour renouveler en profondeur la grâce du baptême que nous avons reçue ou que vont recevoir ceux qui s’y sont préparés.

    La première condition pour suivre ainsi le Christ durant cette semaine est d’en prendre la décision. 

    Cette décision ne dépend que de nous, elle consiste à nous efforcer de faire une place au milieu de nos contraintes extérieures, professionnelles ou familiales pour vivre ces jours pas comme les autres.

    Le dimanche des rameaux et de la passion a la particularité de nous faire entendre deux passages de l’Évangile : l’entrée triomphante de Jésus à Jérusalem et la passion du Christ. 

    Ces lectures nous rappellent l’ambiguïté de l’état d’esprit de ceux qui entourent Jésus.

    Le jeudi saint, nous célébrons l’instauration du sacerdoce et de l’eucharistie.

    Traditionnellement, c’est ce jour où nous célébrons l’instauration du sacerdoce qu’il est prévu que soit célébrée la messe chrismale durant laquelle les prêtres renouvellent les promesses d’obéissance à l’évêque, de fidélité à la prière de l’Église, et d’annonce de l’Évangile. 

    C’est aussi lors de cette célébration que sont consacrées les saintes huiles : l’huile des catéchumènes que l’on peut utiliser lors des célébrations qui accompagnent les catéchumènes qui se préparent au baptême, l’huile des malades qui est utilisée lors du sacrement des malades et le saint Chrême qui permet d’oindre les baptisés, les confirmés et les prêtres. 

    D’un point de vue pratique, l’habitude est prise à Paris de célébrer cette messe le mercredi saint.

    Nous célébrons aussi l’entrée dans le triduum pascal par la dernière cène du Seigneur où nous entendons le passage de l’évangile du lavement des pieds des apôtres. 

    Par ce geste, le Christ donne à ses apôtres la responsabilité de prendre soin des autres. Il instaure l’Eucharistie et demande aux mêmes apôtres de «faire cela en mémoire » de lui. 

    Puis cette célébration se poursuit dans l’adoration eucharistique : temps de veillée qui rappelle la prière des disciples à Gethsémani avec Jésus. 

    Les cloches de nos églises cessent alors de sonner.

    Le vendredi Saint, sachons rendre disponible notre corps par le jeûne et notre cœur par le silence et la méditation. 

    La liturgie de l’Eglise nous propose de suivre et de méditer le chemin de Croix. Le soir, l’office de la Croix nous invite à vénérer « le bois qui a porté le salut du monde ».

    Sachons ensuite entrer dans l’attente du samedi Saint, dans ce temps où le Seigneur repose au tombeau, nous pourrons alors goûter pleinement à la voie de la nuit de Pâques où la lumière a resplendi dans les ténèbres et où la Vie a définitivement vaincu la mort.

    Fructueuse et féconde semaine Sainte à toutes et tous !

    P. Anatole DEDEGBE