Mois : février 2022

  • Édito du 7ème dimanche du temps ordinaire, 20 février 2022

    Des invitations percutantes

    Les textes liturgiques de ce dimanche, offrent à notre méditation des images qui disent de présenter l’autre joue ou de donner son manteau et d’aimer ses ennemis… Ce sont là des invitations, pour ma part, percutantes et dérangeantes. Cette série de recommandations semble cependant s’appuyer sur une règle d’or que Jésus reprend à son compte, qui se trouvait déjà dans l’Ancien Testament (Tobie 4, 15) et dans les cultures profanes comme celle des Grecs. Elle s’énonce comme ceci. « Tu ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent ».

    A cette formulation traditionnelle, Jésus ajoute quelque chose ; il conseille d’être proactif et d’agir en conséquence : « Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux ». Jésus propose ainsi une règle de vie dynamique et active. Il ne s’agit plus seulement de trouver la bonne attitude, mais il s’agit de la vivre concrètement et de la répandre autour de soi. Voilà une règle de vie qu’on a appelée à juste titre une règle d’or. Si tout le monde la mettait en pratique, les relations seraient complètement transformées entre les personnes.

    Mais malgré sa beauté, cette règle reste un idéal jamais atteint. Et Jésus va plus loin encore quand il présente les images du soufflet sur la joue ou de la tunique ainsi que l’amour des ennemis. Est-ce qu’on laisse tomber ces invitations comme des figures de style qui ne sont que des images ? Ou est-ce que ces invitations ont pour Jésus un sens lié à sa mission et, si oui, alors comment les mettre en pratique ?

     S’en remettre purement et simplement aux figures de styles serait, je pense, priver les invitations de Jésus de leur radicalité et de leur nouveauté. En effet, avec les invitations en cause, Jésus veut sortir ses disciples de la dynamique des relations communes et les inviter à se situer sur un autre registre dans leurs relations humaines comme il le fait lui-même lorsqu’il privilégie les pauvres, les personnes méprisées et les petits etc. Ainsi le disciple de Jésus n’abandonnera jamais personne. Il sera prêt à aller au-delà de ce qui est requis et même de ce qui est juste et normal, car il sait que Dieu est présent dans ceux et celles qu’il rencontre. Ainsi l’ennemi ne peut être mis de côté ni le persécuteur. Le disciple est invité à aller plus loin que la réponse habituelle: voilà l’idéal chrétien, le code du chrétien.

      Nous pouvons demander à Dieu de purifier notre regard et de le transformer par sa grâce. Nous avons besoin de cette action de Dieu car sans lui nous ne pouvons arriver à vivre l’idéal du Royaume de Dieu, ni même à nous en approcher car nous sommes toujours de pauvres pécheurs.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 6ème dimanche du temps ordinaire, 13 février 2022

    Confiance. N’ayez pas peur !

    Ce dimanche est traditionnellement, dans l’Église, le dimanche de la santé et des malades. C’est l’opportunité pour les chrétiens de prier pour eux et de se rappeler que penser à une visite et la faire ce n’est pas rien. Occasion aussi pour les malades de se souvenir qu’il existe un sacrement pour cette situation de la vie. Nous n’en sommes plus aujourd’hui à une compréhension de ce sacrement qui a pu prévaloir à une époque et qui faisait peur à tout le monde puisque on le recevait uniquement, une fois, à l’article de la mort. Le recevoir, soi-même ou un proche, n’était pas bon signe ! La fin n’était plus très loin. L’approfondissement théologique et spirituel de ce sacrement a permis d’en souligner l’importance et l’opportunité de le recevoir plusieurs fois dans bien d’autres situations de faiblesse que celle du dernier souffle mais bien sûr un peu plus qu’un rhume quand même !

    Ce sacrement nous invite à une juste compréhension de notre rapport à notre corps et à sa finitude, Il est aussi le rappel de la dignité de tout être que le débat sur les EPHAD vient opportunément de nous rappeler.  

    Sans oublier que ce sacrement renforce notre lien confiant au Christ comme d’autres sacrements comme le Baptême, l’Eucharistie ou la Pénitence. L’Onction des malades invite les chrétiens, mis au pied du mur de l’épreuve, à préciser ce qu’ils disent et croient lorsqu’ils affirment que nous sommes sauvés et que le salut vient de Dieu qui envoie son Fils nous donner la vie et nous libérer du péché.

    Ne perdons donc pas de vue que ceux ou celles qui reçoivent ce sacrement de l’onction des malades comme ce dimanche, sont pour la communauté qui les entoure un témoignage de foi et un appel à être attentif à ceux qui dans notre voisinage auraient besoin d’une visite. Déjà des paroissiens à Notre Dame de la Nativité le sont.  

    Les hasards du calendrier liturgique nous font vivre cette célébration du sacrement des malades avec l’évangile de saint Luc sur les Béatitudes. Heureux êtes-vous nous est-il dit !

    Heureux sommes-nous de prendre l’onction des malades au sérieux et d’entourer fraternellement celles qui vont la recevoir ce dimanche.

    Faisons nôtre cette belle et profonde parole de saint Augustin : « Tu nous as fait pour toi Seigneur, et notre cœur est inquiet tant qu’il ne se  repose en toi ».

    Père Édouard Bois

  • Édito du 5ème dimanche du temps ordinaire, 6 février 2022

    Un Synode pour notre « vivre ensemble » en Eglise

    Le pape François invite l’Église entière à s’interroger sur un thème décisif pour sa vie et sa mission, c’est l’objet du synode ouvert à Rome ce 10 octobre 2021 et qui, passant par différentes phases, prendra fin à la grande assemblée finale des évêques à Rome en octobre 2023.

    Vivre un synode en Église, c’est “marcher ensemble, discerner ensemble, prier ensemble”.

    Et l’objectif de ce synode ? Une Église plus synodale ! Une Église qui favorise communion, participation, mission en se mettant à l’écoute de l’Esprit de Dieu et en avançant ensemble sur les chemins :

    « Chacun à l’écoute des autres ; et tous à l’écoute de l’Esprit-Saint ».

    Le mot synode vient du grec synodos et désigne « assemblée, rencontre », chemin sur lequel le peuple de Dieu marche ensemble. Le synode, c’est un mode de consultation qui permet au Pape – ou à un évêque au niveau diocésain – de prendre des décisions, de donner des orientations. C’est un processus de discernement qui est fondé sur une écoute commune de l’Esprit Saint.

    Pour guider cette consultation, une interrogation fondamentale est formulée et nous est proposée ?

    Comment ce « cheminement ensemble »se passe-t-il aujourd’hui dans notre Eglise locale ?

    Quels pas l’Esprit nous invite-t-il à accomplir pour grandir dans notre cheminement commun ?

    Un questionnaire plus détaillé du pape accompagne cette interrogation fondamentale pour faciliter une plus libre circulation de la parole. 

    J’invite chaque groupe constitué sur la paroisse à consacrer leur réunion de ce mois de février à apporter quelques réponses pour une mise en commun paroissiale le samedi 12 mars à 16h. Je propose une rencontre à ceux et celles qui ne font pas partie d’un groupe constitué le samedi 19 février à 14h30 autour d’un thé dans notre salle paroissiale.

    Voici un synode qui donne la parole à tous les fidèles du Christ. C’est vraiment une opportunité à saisir. A tous, je souhaite une bonne « marche ensemble » en Église.

    Père Anatole Dédégbé