Mois : mai 2017

  • Edito du 7ème dimanche de Pâques

    « Eux, ils sont dans le monde »

    Les jours entre l’Ascension et la Pentecôte sont généralement bien chargés dans nos églises ; neuvaines et autres actes de dévotion personnelle accompagnent notre attente de l’Esprit-Saint. Nous ne doutons pas que Jésus puisse réaliser sa promesse. Bien au contraire, nous restons en cela fidèles à l’une de ses recommandations, celle de prier. Rassemblés autour de Marie, les apôtres peuvent continuer à nous inspirer par leur attitude.

    Le départ de Jésus ouvre pour ses disciples une ère nouvelle. N’oublions pas que, quelques jours avant sa mort, il leur accorde un nouveau statut ; ils ne sont plus de simples serviteurs qui attendent d’exécuter des ordres mais des amis qui partagent avec lui des secrets intimes reçus du Père et qui ont une capacité réelle à prendre des initiatives motivées par l’amour. C’est avec ce sens de responsabilité que les chrétiens s’engagent aujourd’hui dans le monde.

    Nous attendons l’Esprit avec nos désirs pour nous-mêmes et pour notre monde comme nous pouvons le constater à travers les différentes intentions que nous formulons aussi bien de manière personnelle qu’en communauté. Par nos prières et par nos actions, nous attendons que le monde change, qu’il se renouvelle. En même temps, nous devons accepter que l’Esprit vienne avec une mission qui lui est propre, celle de continuer l’œuvre de Jésus.

    Nous comprenons pourquoi, l’Église nous recommande de nous laisser d’abord envahir par les dons de l’Esprit : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la science, la piété, la crainte de Dieu. Et les fruits seront bien plus nombreux que nous ne l’imaginons.

    Père Christophe Idrissa

  • Edito du 6ème dimanche de Pâques

    Jésus-Christ présent à notre vie dans les sacrements

    Ce dimanche, douze jeunes du catéchisme et de l’aumônerie communient pour la première fois. Tout au cours de cette année, avec leurs catéchistes et leur “compagnon d’Emmaüs“, ils ont approfondi le sens de ce sacrement de l’eucharistie. Le P. Henri Denis (100 mots pour dire la foi), à travers un commentaire de l’évangile de ce jour, peut nous aider, même si nous communions depuis longtemps, à entrer un peu plus profondément dans ce mystère.

    « Au cours de son dernier entretien, Jésus affirmait : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. » (Jean 14, 18-19).

    J’ai le sentiment que cette dernière parole résume tout le sens des sacrements dans la vie de l’Église. Le monde ne peut voir Jésus dans le sacrement, car il y faut de la foi. Mais le croyant, lui, y découvre les faits et gestes de Jésus : les faits, c’est à dire la mémoire vivante du Seigneur (la liturgie de la Parole) et les gestes, les actes sacramentels (« je te baptise », « je te pardonne », « ceci est mon Corps“) … Il ne faut pas demander aux sacrements ce qu’ils ne sont pas : des gestes magiques ou encore des gestes merveilleux qui forceraient à croire. Non, les sacrements sont les gestes privilégiés par lesquels – en épousant les aspects essentiels de notre existence : la vie, l’amour, la mort… – Jésus nous offre sa présence et son action sanctifiantes…

    Sans la Parole de Jésus, nous serions sourds au message de Dieu. Sans les sacrements, cette Parole n’aurait pas de chair.

    Parole et sacrements, c’est le Verbe fait chair qui continue son œuvre jusqu’à la fin des temps. »

    Père Luc de Saint Basile

  • Edito du cinquième dimanche de Pâques

    Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ;

    sinon, vous aurais-je dit : ‘Je pars vous préparer une place’ ?

    Entre cette promesse très rassurante de Jésus en faveur de ceux qui croient en lui et cette crise qui éclabousse quelques années après la première communauté de Jérusalem, que s’est-il passé ? Plutôt que d’être scandalisés, prenons simplement conscience que l’Église, à ses débuts comme aujourd’hui encore, a du chemin à parcourir. Et Jésus se présente pour elle comme ce chemin qui ne conduit pas à l’impasse mais qui porte la vie si on accepte de le suivre en toute vérité.

    La croissance rapide du nombre des disciples qui aurait dû être une source de joie fait apparaitre les limites en ressources matérielles de l’Église pour subvenir aux besoins de ses membres les plus démunis. Ce qui provoque des situations de discrimination et de favoritisme. Les problèmes internes de cette première communauté chrétienne peuvent être comparables à ceux du monde aujourd’hui et susciter malheureusement des tentations de repli et de rejet.

    L’Église n’est pas d’abord une communauté idéale, toute parfaite, où tous les clivages vont disparaitre par la seule foi de ses membres. On peut admirer le courage de ces premiers responsables chrétiens de refuser de vivre dans le déni en admettant la situation d’injustice qui leur est rapportée. Oui, ils nous rappellent que l’Église est plutôt une communauté qui accepte de voir en face ses difficultés et qui décide de s’y attaquer avec l’humilité que cela requiert en acceptant de compter sur Jésus.