Mois : octobre 2022

  • Édito du 29ème dimanche du temps ordinaire, 16 octobre 2022

    « A quoi cela sert-il que je Te prie Seigneur ? »

    Dans les difficultés multiples que nous rencontrons (santé, économie, situation internationale…), il nous est sans doute parfois arrivé de nous décourager en l’absence de réponse de la part du Seigneur alors que dans notre prière, nous Lui avions demandé de l’aide.

    Quand nous n’obtenons pas tout de suite ce que nous demandons, nous n’avons pas confiance en la puissance de la prière, et nous pouvons en arriver à nous écarter de Dieu.

    Que nous apprend cette pauvre veuve de l’Evangile sur l’attitude à avoir dans la prière ?

    La première condition pour participer au Royaume de Dieu, c’est de reconnaître notre pauvreté. Une des Béatitudes au chapitre 6 de Luc est d’ailleurs là pour nous le rappeler : « Heureux, vous les pauvres, le Royaume de Dieu est à vous ! ».  Et pour durer dans la prière, il est plus utile et efficace de s’appuyer sur notre faiblesse et notre pauvreté que sur nos capacités et richesses, humaines ou spirituelles.

    La deuxième condition, c’est d’avoir confiance en Dieu et de persévérer car le Seigneur est déjà présent ; il s’agit de nous tourner vers Lui et de demeurer le cœur et les mains ouvertes, prêts à L’accueillir. Moïse, pendant la bataille contre les Amalécites (première lecture), se tient au sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main. C’est sa foi qui donnera la victoire aux combattants, ses deux mains levées sans relâche vers le ciel et soutenues par ses frères. Prier, comme aimer, c’est un don et une expérience de relation. La prière augmente notre foi et notre espérance.

    Attendre et tenir bon, voilà ce qui nous est demandé ; les choses prennent du temps, les améliorations sont parfois imperceptibles, les échecs sont nombreux, la tournure des événements n’est pas ce que nous avions anticipé, et la foi est mise à rude épreuve. C’est pourquoi la persévérance dans la prière est un signe de foi et d’une véritable confiance.


    Enfin, la prière est un lieu de conversion. Celui qui sait garder la pauvreté et l’humilité de cœur saura accueillir ce que le Seigneur souhaite lui donner. Ayons en mémoire l’enseignement de Saint Augustin : « Ne t’afflige pas si tu ne reçois pas immédiatement de Dieu ce que tu Lui demandes ; c’est qu’Il veut te faire plus de bien encore par ta persévérance à demeurer avec Lui dans la prière ».

    La fidélité est la qualité essentielle pour celui qui s’engage sur le chemin de la prière. On pourrait presque dire qu’il n’est pas difficile de commencer à prier, mais que la difficulté commence lorsqu’il faut persévérer dans la prière. Alors courage !

    François Lalau, diacre.

  • Édito du 29ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 09 octobre 2022

    Ta foi t’a sauvé !

    L’épidémie du Covid n’est pas encore si loin que chacun ait oublié qu’elle nous a éloignés les uns des autres pour éviter la multiplication des contaminations. Il en est de même dans l’Évangile de ce dimanche mais au sujet de la lèpre. Il y est question en effet d’une dizaine de lépreux. A cette époque, ils étaient tenus à l’écart de la société et devaient se déplacer en se signalant avec une clochette ou en criant impur ! impur ! La maladie, croyait-on, avait une dimension religieuse. Ils devaient donc aller aussi se montrer aux prêtres pour se faire reconnaître guéris quand cela arrivait. Jésus curieusement envoie les dix lépreux dont il s’approche se montrer aux prêtres sans être guéris. Ils le seront en cours de route. Un seul, parmi les dix, revient alors immédiatement vers Jésus reportant à plus tard son passage chez les religieux.  Si tant est qu’il y aille puisqu’il est un samaritain. Seul ce samaritain semble avoir vu en Jésus plus qu’un guérisseur. Mais la parole de Jésus : « ta foi t’a sauvé » est un peu malgré tout énigmatique. C’est autre chose de dire : « va, tu es guéri » ou « ta foi t’a sauvé ». Ce samaritain semble avoir mis sa confiance en Jésus mais aussi il rend gloire au Dieu dont Jésus se fait le porte-parole. La guérison qu’apporte Jésus n’est pas une pure guérison du corps, laissée depuis longtemps, le plus souvent, à la science, elle est fondamentalement une guérison spirituelle. Ce que semble avoir perçu ce samaritain et ce que les chrétiens appellent « le salut ». Cette scène nous pose donc la question du sens et de la place du salut chrétien dans la vie humaine.  Qu’est-ce que cela change pour moi de me savoir sauvé ? Avons-nous besoin d’être sauvé ? pensent beaucoup de nos contemporains. Être sauvé, c’est bien plus que de dire à son médecin après une grave maladie : « Merci docteur vous m’avez sauvé la vie ! ». Ne perdons donc pas de vue la double dimension du salut apporté par le Christ qui est à la fois divinisation et libération.  « Va ta foi t’a sauvé ». Chaque être humain est invité à donner sens à sa vie mais la connaissance de Jésus et la confiance en lui donne à cette vie une autre dimension par l’ouverture salvifique qu’elle reçoit de lui. N’oublions pas que ces guérisons ont eu lieu sur la route de Jérusalem où Jésus se rend pour donner sa vie pour le salut du monde. Va ta foi t’a sauvé ! La foi chrétienne est la forme la plus élaborée de l’existence humaine. « Fais-nous voir, Seigneur ton amour et donne-nous ton salut » (Ps 84). 

    Père Edouard Bois