Mois : avril 2022

  • Édito des 2ème et 3ème dimanches de Pâques

    Rien ne sera plus comme avant

    Il arrive qu’après des événements personnels ou sociétaux nous disions : rien ne sera plus comme avant !

    Ainsi en est-il, devraient dire les chrétiens, de Pâques célébré il y a peu. 

    Les Évangiles des dimanches qui suivent font le récit des rencontres du Ressuscité avec ses anciens amis : Marie-Madeleine, Thomas puis les pêcheurs au bord du lac et d’autres encore comme les disciples d’Emmaüs.

    Après les événements que l’on sait, chacun était sur ses gardes. Les disciples s’enfermant par peur des juifs ou repartant à leur travail de pêcheurs au bord du lac.   Thomas partit on ne sait où. Les disciples d’Emmaüs retournèrent chez eux.

    Mais Christ est ressuscité. Tout est bouleversé. Rien ne sera plus comme avant.  Le tombeau est vide, les fenêtres s’ouvrent, la pêche devient étonnante. 

    Il faut bien se rendre à l’évidence. Quelque chose a changé qui va bouleverser la vie  des proches de Jésus et, la surprise et le doute passés, les remplir de joie.  

    Une joie qui touche à l’amour avec Marie-Madeleine, à la foi avec Thomas. A la vie ordinaire avec les pêcheurs sans parler de la miséricorde que les Papes nous invitent à ne pas oublier particulièrement le 2ème dimanche de Pâques.

    Cette joie est pour nous tous, comme elle l’a été il y a peu pour les nouveaux baptisés de la nuit de Pâques. 

    Cette joie profonde et intime liée à la résurrection, c’est bien autre chose que la recherche de petits plaisirs ou que de se faire plaisir , aussi légitime cela soit-il.

    La résurrection change tout et il nous est demandé comme aux apôtres et aux premières communautés de partager cette nouvelle sans pareille que secrètement le monde attend au-delà des apparences.

    Jésus a confié le soin de cela à ses disciples les laissant libres, avec son Esprit, de construire l’Église, selon les circonstances. Avec bien des recommandations, cependant dont celle de ne pas faire ce que  Jésus a reproché maintes fois au premier peuple de l’Alliance et à ses responsables religieux. Ce n’est pas pour rien ainsi que l’Église entière est actuellement en conversation synodale. Pour que rien ne soit plus comme avant. 

    Père Édouard Bois

  • Édito du dimanche de Pâques, 17 avril 2022

    Le temps du renouveau

    Le temps pascal est le temps de notre renouvellement dans le Christ. « Dépouillez-vous du vieil homme ; revêtez l’homme nouveau » (Eph 4, 22) 

    La liturgie pascale est marquée par la nouveauté. La solennité de Pâques coïncide avec le réveil du printemps ; nouveaux sont le feu et l’eau et nouveaux sont les cœurs des chrétiens, renouvelés par le sacrement de pénitence et par les sacrements de l’initiation chrétienne pour les catéchumènes. Tous ces éléments et ces signes évoquent et transmettent la vie nouvelle inaugurée par le Christ dans sa résurrection.

    Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ; alléluia ! il est vivant !  C’est le cri de la foi en Jésus mort et ressuscité que les chrétiens célèbrent à Pâques avec tant de ferveur et d’espérance. Le monde d’aujourd’hui a besoin de cette belle annonce qui traverse les siècles depuis le matin de Pâques, où Jésus est sorti vainqueur du tombeau. Nous avons tant de raisons en nous et autour pour nous lamenter, à cause des forces de mort qui poursuivent leur œuvre dans le monde et à l’intérieur de l’Eglise. Mais depuis que Jésus est mort et ressuscité pour nous, ce n’est plus la mort qui a le dernier mot, car « la mort a été engloutie dans la Victoire » (1 Co 15,54), nous dit saint Paul, et il poursuit par ailleurs : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3, 1-3).

    Que cette fête de Pâques 2022 nous confirme dans l’Espérance que le Vivant continue de nous rejoindre dans notre existence. Saintes et joyeuses fêtes de Pâques à toutes et à tous !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du dimanche des Rameaux, dimanche 10 avril 2022

    L’entrée dans la semaine sainte

    Avec le dimanche des Rameaux commence la « semaine sainte ». Elle est appelée ainsi car elle recouvre le triduum pascal : jeudi, vendredi et samedi ; trois jours où nous faisons mémoire du dernier repas (la cène) de Jésus, de sa passion et sa mort sur la croix, de sa mise au tombeau. Le triduum pascal précède la célébration de la résurrection.

     La mémoire de la Cène du Seigneur commence le jeudi à la tombée du jour. Tous les prêtres concélèbrent ce jour, en signe du moment où le Christ rassembla ses apôtres pour le repas de la première eucharistie. Dans l’Évangile de Jean, il est fait mention du lavement des pieds à la place du récit du dernier repas ; ce rite se trouve mêlé à celui rappelant l’institution de l’eucharistie pour exprimer déjà le don que fait le Seigneur de sa vie et qui se concrétise dans le sacrifice de la croix.

     Normalement le jeudi saint est aussi le jour du renouvellement des promesses sacerdotales et de la bénédiction des trois huiles : huile pour les catéchumènes, huile pour les malades, huile pour les sacrements du baptême, de la confirmation et pour les ordinations. Pour ne pas surcharger ce jeudi, la messe chrismale est célébrée entre le dimanche des Rameaux et le Jeudi Saint, à Paris le mercredi en fin d’après-midi.

    Le vendredi saint, nous vénérons la croix de Jésus, en écoutant les récits rappelant sa passion. Dans la célébration, une grande prière universelle trouve sa place, profondément remaniée dans l’esprit du Concile  Vatican II : on y entend une prière pour le peuple de la Première Alliance et pour les Musulmans. Le chemin de  croix est une pratique habituelle qui y trouve aussi sa place.

     Le samedi saint honore le repos du Christ dans son tombeau. C’est le grand silence ; il n’y a de célébration que les offices de prières habituelles du bréviaire. Les prières de ce jour nous orientent vers l’action du Christ descendant aux Enfers.

    Primitivement la vigile pascale commençait assez tard pour s’achever au petit matin, au moment du soleil levant, avec la messe au matin. L’habitude de prolonger la mémoire des événements de Pâques conduisit à célébrer une autre messe dans la matinée, malgré la fatigue de la nuit.

    Le dimanche de Pâques ouvre l’octave pascale, consacrée à une catéchèse sur les mystères de la nuit de Pâques (baptême, chrismation, eucharistie), particulièrement pour les nouveaux baptisés mais tout autant pour l’ensemble des chrétiens.

    Ce que nous vivons à Noël : nuit de Noël et messe du jour de Noël sont à l’exacte imitation de la vigile pascale et du matin de Pâques. Le mystère Pascal est au centre de notre foi et Noël nous y prépare. Par le baptême, le candidat entre dans la mort et la résurrection de Jésus Christ, reçoit l’Esprit qui l’animait et est rendu capable d’annoncer la nouvelle de la venue du Règne de Dieu.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 5ème dimanche de Carême, 3 avril 2022

    Se laisser bousculer

    Jésus, dans l’Évangile de ce dimanche, rencontre des pharisiens qui lui tendent un piège dont le prétexte est une femme accusée d’adultère. Si Jésus lui pardonne il se met en tort par rapport à la loi. S’il approuve sa lapidation c’est sa crédibilité qui sera mise en cause. « Que celui qui n’a pas péché, dit alors Jésus, lui jette la première pierre ». Et les pharisiens de partir les uns après les autres. La confrontation s’arrête là.

    L’attitude de Jésus à l’égard des religieux de son temps est aussi un avertissement pour l’Église qui naîtra du message de Jésus. Elle doit elle aussi vérifier sans cesse qu’elle ne suit pas l’exemple de ces pharisiens ou de cette femme par des attitudes loin de la vérité et exemptes de miséricorde. Elle doit, comme chacun, selon l’expression de Mgr François Gonon, en visite à Notre Dame de la Nativité « se laisser bousculer par le Christ ». Déjà François d’Assise, en son temps, avait fait le voyage de Rome pour inviter le Pape de l’époque à corriger bien des choses dans la vie de l’Eglise. De nos jours c’est le Pape François lui-même qui invite toute l’Eglise à vivre des conversions à travers une démarche synodale où tous sont concernés et en tout. 

    A chacun de s’interroger et en particulier les couples qui n’oublieront pas ce conseil du père Sonet : « Quand c’est possible un dialogue chaque jour pour se redire son amour et les faits de la journée, un dialogue chaque mois pour faire le point de son amour, un dialogue chaque année au cours du voyage de noce annuel pour décider des grands choix du couple ».

    Bienvenue donc à Mg Gonon qui se réjouit dans le journal diocésain de se mettre au service des curés, des prêtres, des laïcs des différentes paroisses qui lui sont confiées : « C’est une mission, dit-il, de service, de confiance et d’encouragement, avec toujours ce souci de la communion, à l’image de cet amour incroyable du Christ Bon Pasteur qui se rend proche de tous ».

    Père Édouard Bois