Mois : novembre 2021

  • Édito du 1er dimanche de l’Avent, 28 novembre 2021

    Vers un Noël d’Espérance !

    Il y avait récemment beaucoup de monde sur les Champs-Elysées pour l’ouverture des illuminations de la grande avenue.

    À divers signes, comme celui-ci, la fête de Noël s’annonce pour bientôt : décoration des centres commerciaux, des rues, achat du sapin et des cadeaux, etc.

    La maitrise relative de la Covid invite à faire à nouveau des projets de réunion familiale même si l’inquiétude est toujours là et la prudence nécessaire. 

    Sans oublier avec tout cela qu’à Noël les chrétiens vont surtout, outre les coutumes sociétales, célébrer une naissance hors du commun. Celle de Jésus le Christ.

    La première lecture de ce dimanche, nous rappelle que longtemps avant cet événement, le prophète Jérémie invitait déjà le Peuple de l’Alliance à la confiance alors qu’il traversait une période bien difficile marquée par l’occupation du pays, la mort du roi, la déportation à Babylone et où Dieu semblait bien absent.

    En ces circonstances, Dieu n’abandonna pas son peuple malgré ses nombreuses infidélités. Il lui est promis, dit Jérémie, un Germe de justice.

    Ce Germe est, pour les chrétiens, celui dont nous fêterons, une fois encore, avec ferveur espérons-le, la naissance à Noël et attendrons le retour à la fin des temps.

    Alors restez éveillés, nous dit Jésus, car vous ne savez ni le jour ni l’heure de ce moment-là qui n’est pas à confondre avec les catastrophes interstellaires ou intramondaines qui nous menacent toujours.

    Dans chaque famille, dans l’Église famille de Dieu plus que simple institution religieuse, nous sommes invités nous aussi à faire de l’Avent et de Noël, un temps de conversion et de confiance.

    La paroisse Notre-Dame de la Nativité y aidera de son mieux. A chacun aussi d’être attentif aux autres pour cela.  

    N’oublions pas ce que dit Charles Péguy dans le poème des trois vertus.

    « La foi est un grand arbre, c’est un chêne enraciné au cœur de la France. Et sous les ailes de cet arbre la charité, ma fille la charité, abrite toutes les détresses du monde. L’espérance est une petite fille de rien du tout, qui est venue au monde le jour de Noël. C’est une petite fille pourtant qui traversera les mondes. »

    Puissions-nous en ce temps de l’Avent et ce Noël 2021, en ces temps incertains, être attentifs aux signes d’espérance qui traversent la vie de notre monde et la nôtre.

    Nous ne sommes pas dispensés de discerner les signes de cette réelle germination qui continue à s’accomplir parmi nous avec la grâce de Dieu. C’est la mission des chrétiens. Cela s’appelle évangéliser.

    Bonne préparation à la fête de Noël.

    Père Édouard Bois

  • Édito du dimanche 21 novembre, solennité du Christ-Roi de l’Univers

    Accueillons le Christ et adorons Dieu

    Le thème sur les fins dernières nous est proposé ce dernier dimanche de l’année liturgique et nous accompagne toute cette semaine jusqu’à l’entrée dans l’Avent  dimanche prochain.

    Jésus nous rappelle aujourd’hui que si nous l’avons accueilli par Marie dans le mystère de l’Incarnation, nous devons aussi nous préparer à accueillir son retour comme nous le professons dans le Credo : « Il reviendra… ». Et il nous invite à la vigilance en faisant attention aux signes des temps et en restant prudent puisque « ce jour et cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père ». Notre attente, loin d’être passive, doit être active ; c’est un acte d’espérance qui se manifeste par la conversion dans l’amour, dans la louange, l’émerveillement et l’adoration. C’est pourquoi nous nous sommes proposés aujourd’hui, après la célébration eucharistique dominicale, de nous retrouver pendant une petite heure dans l’après-midi de ce dimanche pour un temps d’adoration communautaire devant le Saint -Sacrement.

    En venant prier dans le silence devant l’hostie consacrée et exposée, nous nous mettons à l’école de Jésus et sous son regard bienveillant et miséricordieux. Votre présence est la réponse à la présence du Seigneur qui, le premier, nous a aimé. Et qui n’est pas touché en passant du temps devant Jésus-Hostie ? Le silence, la beauté de l’autel, le recueillement des autres adorateurs, tout participe à vivre un moment paisible près du cœur de Jésus. C’est un temps donné, une pause, pour se laisser aimer par le Dieu d’amour infini, et recevoir ses grâces.
    Adorer, c’est prendre le temps de l’écoute, près du Seigneur, comme Marie, la sœur de Lazare, au sujet de laquelle Jésus déclare qu’elle a choisi la meilleure part. C’est par-dessus tout un moment favorable pour recentrer nos vies sur Lui. Venons, accueillons le Christ et adorons Dieu !

    As-tu quelque chose à demander pour quelqu’un ? Viens ! Dis-lui son nom et ce que tu voudrais qu’Il fasse maintenant pour lui…

    Et toi-même, te demande le Seigneur, n’as-tu pas besoin de quelque chose ? As-tu actuellement un projet ? Viens ! Expose-moi ton projet. Qu’est-ce qui te préoccupe ? Que penses-tu ? Que désires-tu ? Que puis-je faire pour toi, pour ton frère, ta sœur, tes amis, ta famille, tes supérieurs, que voudrais-tu demander pour eux ? Si un projet échoue, dis-le-moi : je te donnerai les raisons de l’échec. Ne voudrais-tu pas me gagner à ta cause ?

    Dis-le-moi franchement et demande-moi de te venir en aide.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 33ème dimanche du temps ordinaire, 14 novembre 2021

    Journée mondiale des pauvres

    C’est, ce dimanche, la Journée mondiale des pauvres dont le pape François a choisi le fil conducteur : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous. » (Mc 14,7)

    Mais à quoi peut bien servir une telle journée tant ce mot « pauvre » recouvre une immensité de tragiques réalités que l’actuelle pandémie n’a fait qu’amplifier.

    Et si tout simplement, une fois encore, et avant tout, cette journée avait pour but de réaffirmer le droit, trop oublié, de tout humain au développement ?

    La question multiforme de la pauvreté de beaucoup ne peut donc laisser personne indifférent et concerne chacun de bien des manières. La paroisse Notre-Dame de la Nativité par la conférence saint Vincent de Paul, la visite des malades et bien d’autres engagements encore de chacun y apporte modestement mais bien réellement des éléments de réponse. Sans parler à cet égard des nombreuses initiatives diocésaines dont Hiver Solidaire et l’ouverture récente de la maison Bakhita n’en sont pas les moindres.

    La pauvreté a bien sûr une dimension politique car plus que jamais les humains vivent en interdépendance et le monde devient une réalité complexe et fragile.

    Mais l’attention de chacun à ses proches est loin d’être négligeable sans oublier que les pauvres se prennent eux-mêmes aussi en charge à leur manière. Le mouvement « ATD 1/4 monde » en est un bel exemple.

    La question de la pauvreté concerne donc tout le monde. Chacun doit s’interroger sur son sens du partage et les limites qu’il met à l’accumulation des biens et la recherche de son plaisir.

    « Des pauvres vous en aurez toujours avec vous. » Jésus a prononcé ces paroles dans le cadre d’un repas où une femme lui versa un parfum précieux, sans prix, sur la tête. En acceptant ce geste, qui surprend les convives, Jésus fait comprendre que c’est lui le pauvre et que c’est au nom des pauvres qu’il accepte le geste de cette femme.

    Et ajoute le Pape « Notre engagement ne doit pas consister seulement en des actions ou des programmes de promotion ou d’assistance ; Ce que l’Esprit suscite n’est pas un débordement d’activisme mais avant tout une attention à l’autre qu’il considère comme un ami. Cette préoccupation amicale est le début d’une véritable préoccupation pour sa personne à partir de laquelle je désire effectivement chercher son bien »

    A bon entendeur salut !                                                             

    Père Edouard Bois

  • Édito du 32ème dimanche du temps ordinaire, 7 novembre 2021

    Elle a tout donné

    Les textes de ce dimanche nous parlent du don généreux de ceux qui n’ont pas grand-chose. Le geste d’une païenne et une fille d’Israël, deux pauvres femmes, est mis en exergue. Elles ont donné tout ce qu’elles avaient pour vivre. Voilà deux magnifiques témoignages en un jour comme dimanche, consacré à celui qui a donné sa propre vie pour notre salut.

    La première lecture nous parle de la veuve païenne. Elle n’a rien à manger et son enfant va mourir. Et quand le prophète lui demande “un petit morceau de pain”, l’épreuve est rude. Son petit pain ne sera pas pour son enfant, elle le donne au prophète.

    L’Évangile nous présente aussi une veuve pauvre mais particulièrement généreuse. Cela se passe sur le parvis du temple de Jérusalem. Jésus s’est assis en face de la salle du trésor et il observe les gens qui déposent leurs offrandes. Il voit des riches qui donnent beaucoup, et c’est très bien. Mais voilà qu’arrive une veuve très pauvre. Elle n’a rien mais elle donne tout. Elle se moque de ce que pèsent ses deux petites pièces. Le plus important est ailleurs : elle aime Dieu ; elle aime le temple où il vit depuis des siècles ; elle respecte les prêtres et les scribes qui parlent de lui. C’est tout son cœur, tout son amour qu’elle met dans le tronc. Alors Jésus affirme qu’elle a donné plus que tous les autres. Son amour pour Dieu pèse bien plus que tout l’or du monde.

    En écoutant ces deux récits, comment ne pas penser à cette autre veuve, Marie debout au pied de la croix de son fils ! L’admiration de Jésus pour ces femmes vient de ce qu’il est justement celui qui livre sa vie. Il a été dépouillé de ses vêtements. Il vient de donner sa mère à son disciple et, à travers lui, à chacun de nous. “Lui qui était de condition divine, n’a pas jugé bon d’être traité à l’égal de Dieu. Mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur”. (Philippiens 2, 6-7)

    Pour bien comprendre toute la portée de l’Evangile de ce dimanche, nous nous tournons vers la croix du Christ. Nous comprenons alors qu’il a tout donné jusqu’au bout. Et il continue à se donner pour chacun de nous. La lettre aux Hébreux nous rappelle que la Passion du Christ a changé l’histoire. En lui, tous les hommes sont sauvés. Cet évangile nous appelle donc à apprendre à vivre sous le regard de Dieu et non celui des hommes. Il nous provoque surtout à réviser le critère de notre générosité : Ce qui prime ce n’est pas la quantité de ce que nous donnons mais le dépouillement effectif de ce à quoi nous tenons le plus. En donnant, on a parfois l’impression de perdre, de se perdre. Or, donner c’est gagner mieux en retour.

    Restons unis aux autres et au Seigneur et demandons à Dieu le don d’un cœur pauvre, mais riche d’une générosité joyeuse et gratuite.

    Père Anatole Dédégbé.