Mois : juillet 2020

  • Édito été 2020

    Admirer

    (Dans l’esprit de l’encyclique “Laudato si“

    que ce temps particulier de l’été nous ouvre à la contemplation)

    Prendre du temps pour n’avoir d’autre occupation qu’admirer

    Le lac serti dans les rochers, la calme obscurité de la forêt

    Les arbres jetant aux quatre coins le chant vibrant de leurs frondaisons,

    La palette éclatante du ciel

    Alors que le soleil regagne son refuge aux bords de l’horizon.

    Les fruits offrant leurs saveurs,

    L’écharpe du vent enroulant

    Dans ses plis les délicats pastels des nuages effilochés.

    Les œuvres sorties des mains humaines,

    L’architecture des villes nouvelles, la solidité trapue des églises romanes,

    Les nervures entrelacées des arcs gothiques,

    Les cathédrales murmurant aux passants la foi capable de sculpter la pierre,

    Les peintures aux lignes folles transfigurant la réalité.

    Les rues bruissantes d’humanité, les cris des enfants,

    Les visages venus d’ailleurs.

    Et derrière ce qui est beau, deviner la présence de Celui

    Qui a offert la terre aux humains

    Afin qu’ils la transforment en espace de beauté pour tous.

    Charles Singer  

  • Édito du 14ème dimanche du temps ordinaire, 05 juillet 2020

    « Mon fardeau est léger ! »

    Il nous est donné d’entendre une belle prière d’action grâce de Jésus dans l’Evangile de ce jour : “Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. “

    Dans les passages qui précèdent, la mission de Jésus a rencontré une forte opposition de la part des pharisiens et des scribes qui se reconnaissent comme les sages et les savants de la Loi mosaïque.

    Or la Révélation de Dieu n’est pas de l’ordre conceptuel, elle ne demande pas d’avoir fait de longues études, ni d’avoir suivi un long chemin d’intériorité et de sagesse. Elle est de l’ordre de l’ouverture et de la disponibilité du cœur, de notre capacité à recevoir et à s’émerveiller du don reçu, c’est là le privilège de l’enfant et des tout-petits.

    Et c’est dans le prolongement de cette prière de Jésus que se comprend la deuxième partie de l’évangile : “ Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. […] Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. “

    La première chose qui nous vient à l’esprit en entendant ces paroles c’est qu’il exagère. Quand on lit les évangiles, et qu’on prend conscience de toutes les exigences qu’implique la condition de disciple, on a peine à croire que ce fardeau soit si facile à porter.

    Mais ce que Jésus veut nous dire, c’est que, lorsque notre vie est habitée par l’amour, alors les choses pénibles deviennent supportables. N’est-ce pas ce que dirait une maman après avoir passé toute la nuit au chevet de son enfant malade ? A la question : “N’êtes-vous pas trop fatiguée ? “ elle répondrait simplement : “Mais je l’aime ! “

    C’est une action de grâce aussi qui monte de nos cœurs, en faisant mémoire de tout ce que nous avons vécu cette année qui a pourtant été si particulière.

    Mais c’est aussi le temps de replacer tous nos efforts, nos objectifs, sous le regard aimant du Père.

    Quelles sont les avancées et les échecs qui ont marqué cette année ?

    Que reste-t-il de positif et d’insatisfaisant dans ce que j’ai essayé d’entreprendre ?

    En quoi cela rejoint-il le projet de Dieu sur notre humanité ?

    Peut-être pourrons-nous alors discerner de réels motifs pour rendre grâce, et une nouvelle impulsion pour vivre de manière renouvelée, à la rentrée de septembre, la mission reçue à notre baptême et être de vrais témoins de l’évangile.

    Père Luc de Saint-Basile