Mois : décembre 2020

  • Édito de Noël

    « Voici que je vous annonce une Bonne nouvelle :

    Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur. “

    Un dessin humoristique – il y en a beaucoup qui circulent sur internet depuis le début du confinement – montrait les mages apportant à la crèche leurs trésors devenus …des vaccins ! (La sainte vierge murmurant timidement : “Et si on commençait par l’âne ! “)

    Dans chaque dessin humoristique il y a toujours une part de vérité et celui-ci nous interroge sur la “Bonne nouvelle“ que nous attendons en ce temps de Noël, et sur le visage de ce “Sauveur“ annoncé par les anges.

    Que l’arrivée de ces vaccins tant attendus soient une bonne nouvelle, en cette fin d’année difficile, c’est une évidence. Mais, malheureusement, ce n’est pas la première ni la dernière épidémie que traverse notre humanité ; et, de même que nous avons oublié celles qui ont décimé parfois des populations entières dans les siècles passés, il est fort probable qu’on aura oublié les souffrances de celle-ci dans quelques dizaines d’années.

    Quand au Sauveur attendu, on ne peut pas le confondre avec tel ou tel chercheur ou laboratoire pharmaceutique, aussi performants soient-ils. Quand nous parlons avec les enfants du catéchisme du Dieu qui sauve, il arrive souvent qu’ils emploient le mot “sauveteur“ au lieu de “sauveur“. Il faut alors leur expliquer la différence entre les gestes qui “sauvent“, comme ceux des pompiers, des médecins, des ONG humanitaires, et ce salut apporté par Jésus Christ.

    “Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous » “

    Il y a un mal qui s’est exacerbé encore plus avec l’arrivée de ce virus, celui qui a touché nos liens relationnels : masques, gestes barrières, confinement, couvre-feu, isolement des aînés, nous souffrons tous, de manière plus ou moins profonde, de ce manque de relations conviviales et chaleureuses qu’aucun Zoom, Skype, Team, Meet, ou toutes autres applications, aussi performantes soient elles, ne pourra remplacer. Un manque qui nous touche encore plus en ce temps de Noël traditionnellement marqué par les rassemblements familiaux.

    De grands témoins ont guidé notre marche tout au long de cet Avent : Isaïe, Jean-Baptiste, Paul, Marie. Chacun, à sa manière nous a redit que l’homme n’est pas seul dans les joies et les souffrances de sa vie, que rien de ce qui arrive à l’homme ne peut être étranger à Dieu.

    Il est venu partager nos routes humaines pour nous montrer le chemin vers son Père, un chemin qui nous fait passer par la mort avec Lui, pour renaître avec Lui à une Vie nouvelle.

    Oui Noël est encore aujourd’hui une Bonne Nouvelle : Dieu est là, à nos côtés, nous ne sommes pas seuls. C’est l’Emmanuel, Dieu-avec-nous.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 4ème dimanche de l’Avent, dimanche 20 décembre

    Si proche et si loin.

    Ces temps-ci, beaucoup de choses bouleversent nos vies et la vie du monde mais la fête de Noël sera bien célébrée le 25 décembre quoi qu’il arrive.

    Certains y reporteront peut-être les fêtes du nouvel an réduites à la portion congrue. Mais les chrétiens, à Noël, recueilleront les fruits de leur préparation spirituelle du temps de l’Avent où la paroisse, en ce qui concerne Notre-Dame de la Nativité a fait de son mieux pour les y aider.

    Cependant nul ne sait comment le Seigneur fera signe à chacun ce jour-là et lui donnera, peut-être au cœur d’épreuves difficiles à surmonter, de connaitre la joie et l’espérance liées à la naissance du Sauveur. Une joie proche sans doute de l’affection familiale qui s’exprime à cette occasion aussi. Mais une joie, ceux ou celles qui en ont eu la grâce le savent, loin de l’attitude qui consiste à vivre uniquement pour se faire plaisir et à ignorer la solitude de ceux pour qui Noël n’est pas du tout ce que cette fête devrait être.

    Jean-Baptiste nous avait entrainé en ces derniers dimanches sur la piste de la venue du Sauveur. Il est bien que ce soit Marie qui soit mise en valeur, en ce 4ème et dernier dimanche de l’Avent, avec le récit de sa réponse à l’ange qui exprime sa grande disponibilité à faire la volonté de Dieu malgré des questions dont nul ne pourra contester la légitimité.

    Marie devient la demeure du Très Haut sur la terre. Dieu notre Père a tenu la promesse mainte fois relayée par les prophètes au fil des siècles.   

    Selon un scénario que nous n’aurions pas imaginé, Marie a permis que cette promesse se réalise, grâce à son écoute, à son consentement, sa disponibilité, sa foi mais aussi ses talents de mère de famille.

    Désormais chaque être humain, est appelé, à son tour, à devenir Temple de l’Esprit, demeure de Dieu sur la terre. A Noël, Dieu vient habiter non seulement parmi nous mais en nous. Chacun est invité à se recevoir de lui. Mais aussi à le recevoir en lui. 

    « Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un écoute ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; Je dinerai avec lui et lui avec moi ».

    Marie l’a fait. A nous de le faire aussi. Bon réveillon !

    Père Édouard Bois

  • Édito du 3ème dimanche de l’Avent, dimanche 13 décembre 2020

    Qui es-tu ?

     

    Jean Baptiste est un homme qui pose question : sa manière de vivre et son franc-parler va intriguer ses contemporains jusqu’à son exécution par Hérode : était-il le Messie ?

    Aujourd’hui, c’est la vérification d’identité ! Dans l’évangile de St Jean, Jean-Baptiste est interpellé par les émissaires du pouvoir religieux qui ont établi à l’avance la liste des réponses possibles… Il n’y a plus qu’à cocher la case utile : Christ ?  Elie ? Prophète ?

    Mais Jean Baptiste ne se laisse pas enfermer dans le jeu des étiquettes ; il cherche à emmener ses interlocuteurs plus loin que le bout de leurs questions : alors qu’ils se fixent sur les apparences, le déjà connu, il veut ouvrir leurs yeux à Celui qu’ils ne connaissent pas encore. A ces personnes qui pensent déjà tout savoir, il leur propose de continuer à creuser en eux ce désir de chercher : Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. “

    Rainer Maria Rilke écrit : “Efforcez-vous d’aimer vos questions elles-mêmes… Peut-être simplement en les vivant finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses. “ (Lettre à un jeune poète)

    Et si l’Avent était justement ce temps pour réveiller en nous cette soif de curiosité.

    Il est vrai que ce méchant virus a bousculé cette année un certain nombre de nos certitudes scientifiques, d’habitudes réconfortantes et de planifications sur l’avenir. Mais n’est-ce pas justement l’occasion :

    – De redécouvrir le nomadisme de la foi, comme le peuple juif pendant le temps de l’Exode. Accepter, sans les écarter ou les calmer par des mots tranquillisants, de bons sentiments ou des euphorisants éphémères, les grandes questions de l’homme : le sens de la vie, l’amour, la souffrance, la mort, Dieu… ?

    – De ranimer à nouveau en nous le mystère de l’autre ou de Dieu sans se contenter d’une étiquette qui me rassure. Accepter aussi d’aller à sa redécouverte en prenant le risque d’une réponse qui dérange.

    – Enfin, en adoptant l’humilité de Jean Baptiste (“Je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales“ – “Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue“ Jn 3,30), de savoir nous effacer devant Celui qui seul compte.

    Alors nous pourrons redécouvrir dimanche prochain la beauté du “oui“ de Marie, une foi sans réserve dans la Parole de Dieu (“Que tout m’advienne selon ta Parole“) ; un oui qui accepte de vivre toutes les questions qui se poseront par la suite autour de Jésus comme la cachette de cette Parole de Dieu.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 2ème dimanche de l’Avent, dimanche 6 décembre 2020

    En Avent… aller de l’avant !

    « En Avent » titrait dimanche dernier le père Luc dans son éditorial pour ouvrir ce temps de préparation de Noël. Beau jeu de mot qui nous fait penser à une expression bien connu : « en avant » avec un « a » qui dans notre langage courant veut dire deux choses : être devant ou se mettre en route, aller de l’avant.  

    Etre devant. Jésus l’est par le moment de sa naissance dont nous allons célébrer l’anniversaire mais aussi par sa vision du monde et bien sûr sa résurrection puisque nous attendons son retour comme nous le disons à la messe.  « Nous attendons ta venue dans la gloire ». Mais nous risquerions de trouver le temps long si nous ne gardions aussi au cœur qu’il vient sens cesse au-devant de chacun de nous en illuminant de sa présence notre chemin terrestre : « Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un écoute ma voix et ouvre la porte J’entrerai chez lui ; je dinerai avec lui et lui avec moi. » Les mesures contre le covid19 ne l’interdisaient pas à l’époque !  

    Jean-Baptiste également nous devance en interrogeant ses contemporains sur leurs valeurs sociales et morales et nous aussi par la même occasion sur notre manière d’être en humanité par les temps qui sont les nôtres. Ainsi nous inviterait-il sans doute à veiller les uns sur les autres par nos gestes, notre attention, nos paroles, notre solidarité. Peut-être nous interrogerait-il sur ce qui est essentiel pour nous aujourd’hui et quel sens nous donnons à notre présence sur notre planète terre alors que des signaux passent au rouge dans bien des domaines.  

    Noël célèbre les enfants. On va malgré tout faire la fête, échanger des cadeaux. Ce n’est pas rien. Fêter l’enfance c’est fêter et partager une espérance.

    Mais qui ne voit, si les apparences festives sont sauves, le danger de vouloir simplement faire comme avant. Qui pourra fêter Noël, même si on ne veut pas gâcher la fête, sans intérieurement s’inquiéter du demain de ce monde que Dieu a remis à notre liberté et notre responsabilité sans s’en désintéresser loin de là ?

    En Avent… allons de l’avant ! Jésus a ouvert devant nous, après Isaïe, Jean-Baptiste, l’apôtre Pierre et tant d’autres, de manière unique, un chemin baptismal de vie et de lumière.

    Ce Noël fait de nous tous des recommençants en humanité et en vie chrétienne.

    Père Edouard Bois