Mois : mai 2019

  • Edito du dimanche 26 mai 2019

    6ème dimanche de Pâques

    Je m’en vais et je reviens vers vous

    En ce dernier dimanche avant l’Ascension, voici une curieuse déclaration de Jésus : comment peut-il s’en aller tout en revenant vers nous ? Un départ qui inaugure sans doute une autre forme de présence.

    Cette nouvelle présence, Jésus nous la décrit : “ Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. “

    Un Esprit saint dont on voit déjà les effets dans l’Eglise naissante qui est confrontée au premier conflit entre Paul et Barnabé et les juifs qui veulent imposer la circoncision aux nouveaux baptisés venant du paganisme (cf. 1ère lecture).

    Les apôtres réunis en Concile à Jérusalem vont trancher : “ L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent…“

    Un Esprit Saint qui fait se souvenir de la manière dont Jésus accueillait tous les hommes, sans distinctions ou barrières. Un Esprit d’ouverture et de paix.

    Mais cette nouvelle présence va encore plus loin :    “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. “

    La présence de Jésus dans nos vies n’est pas une présence épisodique, quand nous sommes en prière ou dans des moments exceptionnels. Quand Jésus dit à chacun de nous : “Nous irons demeurer chez toi“, il s’agit d’une demeure permanente, dans les bons et les mauvais moments, dans les joies comme dans les peines, que nous soyons attentifs ou non. Il s’agit d’un compagnonnage comme avec un ami de tous les jours.

    Prions pour les enfants qui font leur première communion ce dimanche. Qu’elle fasse grandir en eux cette confiance que nous apporte cette présence mystérieuse, mais bien réelle, qui peut éclairer et transformer notre vie.

  • Edito du dimanche 20 mai 2019

    Gloire et louange à toi !

    Bien que situé peu avant la mort de Jésus, le passage de l’évangile de Saint Jean de ce dimanche, nous est proposé par la liturgie dans le Temps Pascal à quelques jours de la fête de l’Ascension : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui » déclare Jésus.

    Qu’est-ce que la gloire de Dieu et celle de son Fils dont la Bible se fait souvent l’écho ?

    La gloire, couramment, veut dire quelqu’un qui a du succès, qui a de la renommée.

    Dans la Bible, « gloire » évoque le rayonnement de Dieu qui manifeste sa présence aux hommes à certains moments de leur histoire.

    La gloire de Dieu se manifeste à Moise au moment du don de la loi. La gloire de Dieu dans la traversée du désert réside dans l’arche puis, quand le temple est construit, dans le Saint des Saints. Au moment de l’exil la gloire quitte le Temple, nous dit Ezéchiel, et se manifeste à lui et au peuple dans la dispersion pour redonner espoir.

    La gloire de Dieu trouve son sommet paradoxal dans la mort de son Fils exprimant la profondeur abyssale de son amour pour l’humanité.

    Dans le domaine des beaux-arts, la gloire désigne l’auréole enveloppant le Corps du Christ. On parle du Christ en gloire.

    L’Apocalypse, dans la belle deuxième lecture, nous dit qu’au terme de la vie de la terre, la première création, souvent défigurée par les négligences et l’irresponsabilité des hommes, aura disparu et dans la nouvelle, Dieu demeurera avec les hommes. Ils seront son peuple. Dieu sera avec eux. Il essuiera toutes larmes de leurs yeux et la mort n’existera plus. Il n’y aura plus de pleurs, de cris, de tristesse.

    La mer symbole du mal, lieu des puissances maléfiques, aura disparu.

    La gloire de Dieu habitera la terre.

    Dieu a le projet de créer un ciel nouveau et une terre nouvelle étroitement uni à lui.

    C’est l’œuvre de son Fils mais aussi de chacun faisant de sa vie une œuvre originale, unique.

    Toute la terre chantera alors le Gloire à Dieu et la rayonnera.

    L’Ascension ne doit pas susciter la nostalgie. Déjà la gloire de Dieu demeure en ce monde. « Comme je vous ai aimé, vous aussi aimez-vous les uns les autres. »  

    P. Edouard Bois