La liturgie de ce dimanche se présente comme une troisième fête d’Épiphanie. Après la nativité de Jésus, sa manifestation aux mages, le voici adulte qui « paraît » en public après un long anonymat dans un village d’où, disait-on, « rien ne pouvait sortir de bon » (Jn 1,46).
« C’est lui, le Christ, l’auteur de l’univers, que Dieu a envoyé aux hommes ; non certes, comme une intelligence humaine pourrait l’imaginer, pour la tyrannie, la terreur et l’épouvante ; nullement, mais en toute bonté et douceur, comme un roi envoie le roi son fils, il l’a envoyé comme le Dieu qu’il était, il l’a envoyé comme il convenait qu’il le fût pour les hommes : pour les sauver par la persuasion, non par la violence ; il n’y a pas de violence en Dieu. Il l’a envoyé pour nous appeler à lui, non pour nous accuser : il l’a envoyé parce qu’il nous aimait, non pour nous juger. » (Lettre à Diognète)
Le texte de Matthieu, proposé à notre méditation, se présente comme un prologue dans son Evangile. En peu de mots se manifeste la foi trinitaire de l’Eglise naissante. L’esprit de Dieu sous l’apparence de la colombe, la voix du Père de tout amour, et le Fils bien-aimé. Une foi trinitaire que l’on retrouve affirmée aussi à la toute fin de l’Evangile de Mathieu, dans un contexte baptismal encore : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 19-20)
La fête du baptême de Jésus nous apporte un éclairage important sur le sens de notre propre baptême chrétien. L’histoire n’a souvent retenu que sa nécessité pour le salut personnel et la purification du péché. La liturgie de ce dimanche nous invite à le considérer comme un envoi en mission, comme l’inauguration d’une vie nouvelle, d’une manière neuve d’envisager nos relations à Dieu et nos relations avec les humains ; d’envisager aussi notre manière de transmettre la bonne nouvelle. Non pas une manière autoritaire, tapageuse, séductrice, désireuse d’embrigader et de convaincre en utilisant les artifices de la pression, mais une manière faite de douceur, de respect, de dialogue.
P. Anatole DEDEGBE

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