Auteur/autrice : ParoisseNDB

  • NOËL – EMMANUEL – DIEU CHEZ NOUS

              En cette période, nous célébrons l’événement de la venue de Jésus. À la lumière des évangiles, les chrétiens comprennent qu’en Jésus se réalise le désir de Dieu de venir habiter chez les hommes. Il continue à venir dans le monde tourmenté qui est le nôtre aujourd’hui. Avec toute l’Église, nous rendons grâce à Dieu pour cette merveille.

              Nous connaissons le récit de l’Annonciation ou plutôt celui de la vocation de Marie. L’ange Gabriel se rend chez elle pour lui annoncer qu’elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils. Et Marie répond librement : “Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole”. Cet évangile est une réponse au roi David qui voulait construire une grande maison pour le Seigneur. Or, Dieu ne veut pas habiter une maison grandiose. Son grand désir c’est d’habiter le cœur de l’homme. Il est “Emmanuel”, Dieu avec nous. Il nous invite à être en communion d’amour avec lui et avec tous nos frères. Marie a répondu oui à cet appel. Elle a accepté librement d’être la “servante du Seigneur”. Elle a aussi servi l’humanité en lui donnant le Sauveur. Sa cousine Elisabeth la proclame bienheureuse et partage son bonheur et sa joie.

              Oui, le Christ vient habiter en nous ; c’est là tout le message de Noël.  Noël, c’est Jésus qui vient. Il frappe discrètement à notre porte et il attend notre réponse. Le plus beau cadeau de Noël c’est Jésus qui vient demeurer en nous. Il faut l’accueillir et le donner au monde comme Marie. Nous y trouvons une joie que personne ne peut nous enlever.

    Le Seigneur compte sur nous pour toujours lui préparer une place dans notre vie. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Il nous invite à lui répondre positivement pour qu’il soit en nous et nous, en lui.

    En nous rassemblant dans l’église, nous répondons à son appel. Il rejoint les communautés réunies en son nom en nous nourrissant de sa Parole et de son Corps. Il veut être avec nous et en nous pour nous conduire vers le Royaume qu’il est venu annoncer. Nous pouvons lui adresser cette humble prière : “Dieu, qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce, alors tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure. Amen”


    P. Anatole DEDEGBE

  • Soyez dans la joie du Seigneur

               La fête de Noël est proche. Dans bien des domaines familiaux et sociétaux beaucoup consacrent du temps à sa préparation, depuis un moment déjà. Noël est en attente, au plan chrétien aussi !

    Une attente bien particulière puisqu’elle est célébration de la naissance du Sauveur. C’est pourquoi cette attente n’est pas triste mais traversée par une joie et une espérance spirituelle que soulignent les textes de la messe de ce dimanche. Mais quelle place dans nos vies à cette attente chrétienne ?

    Une prière le dit de belle manière : « Dieu merci de venir réveiller notre attente endormie sous les soucis de la bousculade des jours et nos ennuis. Dieu merci de venir réveiller notre attente endormie sous le poids des choses Dieu merci pour ce temps de l’Avent. Merci d’arriver à l’improviste, visiteur inattendu ! Car si Noël est programmé sur nos calendriers Toi Dieu tu n’as jamais fini de nous surprendre. ! »

    A 10 jours de Noël il est donc temps de se demander de quoi est faite notre attente ? La paroisse voudrait aider chacun, ce dimanche, à faire le point en invitant entre les deux messes à un temps de prière silencieuse et d’adoration avec la possibilité de recevoir le sacrement du pardon auprès des prêtres qui seront là.

    Dans l’évangile de ce dimanche Jean-Baptiste invite aussi les gens de son pays à se convertir et à se plonger dans l’eau du Jourdain en signe de volonté de purification et de libération. N’oublions donc pas ceux et celles qui, le jour de Noël seront probablement seuls et se tiendront, amèrement, à l’écart de la dimension chrétienne et humaine des réjouissances.

    N’oublions pas non plus la réflexion du Pape François dans sa dernière lettre : « Quel culte serait rendu au Christ si nous nous contentions d’une relation individuelle, sans nous intéresser à aider les autres à moins souffrir et à mieux vivre ? Peut-on plaire au Cœur qui a tant aimé en restant dans une expérience religieuse intime, sans conséquences fraternelles et sociales ? » 

     

    Bonne fin du temps de l’Avent et belle fête de Noël : « Soyez dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes » (St Paul aux Philippiens).

     

                                                                            Père Edouard Bois

  • La prophétie de Baruc

                  Les puissances du monde, comme au temps de Jésus, sont des pouvoirs de domination, qui s’imposent par la force et la crainte. Du côté des petits, il y a Jean-Baptiste, qui ne vit pas dans des palais royaux, mais au désert. C’est là que la parole de Dieu s’adresse aux hommes. Le désert, c’est aussi le lieu par excellence de la rencontre avec Dieu, mais aussi le lieu du combat spirituel quand nous nous trouvons confrontés avec nous-mêmes.

    Le cri de Jean-Baptiste fait référence au texte du prophète Isaïe, mais aussi au livre plus récent de Baruc. Ces textes sont une annonce du salut à venir, dans une situation qui semble au peuple d’Israël sans espoir. Ils sont une annonce de la fin de la servitude, du retour du Seigneur parmi son peuple, du retour du peuple vers sa terre. Le salut que Jean-Baptiste proclame est un salut qui ne concerne pas que le peuple d’Israël, mais bien toute l’humanité. Quand Jean-Baptiste appelle à « préparer les chemins du Seigneur », « à aplanir sa route », il nous appelle à nous convertir, à changer de vie, à corriger notre conduite mauvaise. Il nous invite nous aussi à choisir notre camp.

    Nous ne sommes plus dans la situation de Jean-Baptiste, il ne s’agit plus de préparer la venue de Dieu. Aujourd’hui nous sommes dans la situation où il est déjà venu, où il est là, mais nous sommes habiles pour imaginer toute une série de détours sur le chemin qui va jusqu’à Dieu. Cela peut prendre diverses formes, par exemple lorsque nous sombrons dans la confusion où nous croyons un peu de tout ce qui se dit. Cela peut consister en un simple aveuglement, au moment où nous comprenons ce qui se passe et ne voulons pas l’admettre. Le cri de Jean-Baptiste dans le désert ne se limite pas à un changement ponctuel. La rencontre avec Jésus est l’affaire de tous les temps. Nos repères, opposent l’intelligence et les sentiments, qui sont plutôt dans le cœur. Mais, pour nous préparer à accueillir Dieu qui vient à nous il faut l’intelligence du cœur. L’intelligence qui quitte son orgueil, et laisse monter la soif de Dieu. Le cœur qui écoute la promesse, discerne les chemins de Dieu, et cherche à comprendre, avec finesse. Nous nous préparons à Noël, mais à proprement parler, c’est Noël tous les jours. Car c’est tous les jours que Jésus nous attend et nous accompagne. C’est tous les jours que nous avons à lui faire une place dans nos vies et dans nos pensées, à lui faire la première place.

    Dieu ne vient pas comme un tyran qui exige mais comme un enfant qui se contente de la place que nous voulons bien lui laisser. Dieu est toujours à naître sur la rugueuse paille de nos vies bouleversées. Nous pouvons vivre l’Avent comme une aventure, celle de l’écoute, celle du murmure qui nous annonce la présence de Dieu dans nos vies, la présence qui nous met en action.

     

    P. Modeste MEGNANOU

     

  • « Redressez-vous et relevez la tête car votre rédemption approche.»

    Luc 21, 28

                  Une nouvelle année liturgique commence : l’occasion de lever les yeux, de sortir de nous-même, de nous mettre en chemin vers le Seigneur, ou plutôt de l’accueillir car c’est Lui qui daigne venir nous chercher.

    Après nous avoir donné des avertissements dans un discours eschatologique pour nous maintenir dans une saine tension et nous faire attendre le retour de celui qui est notre espérance, Jésus nous interpelle : « redressez-vous et relevez la tête » (v. 28).

    Mais comment vivons-nous cela dans le concret de nos existences ?

    Face aux souffrances et imperfections de ce monde, désirons-nous le royaume qui vient et œuvrons-nous pour qu’il advienne ?

    L’Avent est un temps de conversion. Nous pouvons, au cours de ce mois, nous fixer des objectifs concrets pour aimer plus généreusement et au-delà de notre cercle habituel. N’oublions pas qu’une des plus excellentes formes de la charité est d’attirer notre prochain vers le Christ.

    L’Avent est une marche vers la lumière qui nous arrache aux ténèbres, comment pourrions-nous laisser les autres hommes errer dans leurs prisons intérieures ?

    Benoît XVI nous invite à faire cette démarche : « Vivre conformément à l’Avent signifie vivre comme quelqu’un qui est sorti du sommeil, et cela comporte également la responsabilité de veiller, de tirer les autres du sommeil, de montrer aux autres ce qui donne de l’importance à notre vie. » (Enseigner et apprendre l’amour de Dieu, 2016)

    Dans la 1ère lecture, l’oracle de Jérémie nourrit notre espérance. Le Dieu fidèle à son Alliance tiendra sa Parole, il accomplira « la parole de bonheur » (v. 14) pour son peuple. Lors de son avènement à la fin des temps, la « promesse de bonheur » s’élargira au don de la gloire sans fin dans le ciel. Le Pape François rappelle : « Le temps de l’Avent nous redonne l’horizon de l’espérance, une espérance qui ne déçoit pas parce qu’elle est fondée sur la parole de Dieu […]. Le Seigneur ne déçoit pas ! Lui, est fidèle ! ». (Angélus 1er décembre 2013)

    Il a d’ailleurs déclaré l’année sainte 2025, année jubilaire avec pour thème : « Pèlerins d’espérance. »     

    Laissons-nous dès aujourd’hui attirer par l’espérance et faisons en sorte qu’elle devienne contagieuse à travers nous, pour ceux qui la désirent. Puisse notre vie leur dire : « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. » (Ps 27, 14)

     

    François LALAU, diacre permanent

     

  • Ma royauté n’est pas de ce monde

               C’est un dialogue un peu étrange entre Jésus et Pilate que nous présente l’évangile de ce dimanche de la fête du Christ, Roi de l’univers ; tout, ou presque, y est déconcertant.

    La première question de Pilate est assez surprenante : « Es-tu le roi des Juifs ? » Il y a bien plus ou moins un « roi des Juifs » en titre ! La deuxième étrangeté réside dans la réponse de Jésus, qui n’en est pas une : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » Jésus fait sans doute allusion à des débats qui ont précédé sa comparution devant Pilate. Mais il est surprenant de répondre à une question en en posant une autre. On comprend la réaction de Pilate : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? » Or voici que Jésus apporte des éléments de réponse à la question initiale : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »  À l’envers de ce qu’on pense d’habitude, Jésus se présente de manière implicite comme « serviteur », se sacrifiant par amour pour tous les hommes, et non comme un potentat.

    Le plus ardu reste dans la finale de cette page d’Évangile. Jésus déclare sa mission devant Pilate : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Il est regrettable que le lectionnaire ait omis la réplique de Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jn 18, 38). Cette question fondamentale et existentielle est aussi la nôtre.

    Par bonheur, l’évangile selon saint Jean apporte quelques réponses. Celle-ci, par exemple, quand Thomas demande : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas : comment pourrions-nous savoir le chemin ? » (Jn 14, 5), ce à quoi Jésus répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie : personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14, 6).

    Loin de n’être qu’un concept philosophique, il se trouve que la « vérité » dont parle Jésus est une personne et que cela le concerne de façon tout à fait directe, comme il l’indique à Thomas, à Pilate et à chacun de nous : « Je suis la vérité ».

    . Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il l’entende et intègre cette vérité, qu’est Jésus, Fils de Dieu, dans sa vie.

    P. Anatole DEDEGBE

  • Les derniers temps

              Traditionnellement l’année liturgique se termine fin novembre peu après la fête du Christ-Roi de l’univers. S’ouvre alors le temps de l’Avent qui nous prépare à fêter chrétiennement la Nativité du Seigneur. Nous n’en sommes pas encore là même si de Noël on commence déjà à parler dans les rues et les familles.

              En attendant, pour conclure l’année liturgique, les textes bibliques retenus pour les messes, en particulier l’évangile de ce dimanche, mettent l’accent sur les derniers  temps et les catastrophes qui y seraient liées.

              La deuxième lecture, l’épitre aux Hébreux, elle, met en valeur aussi ce dimanche le rôle unique et décisif du Christ pour ce moment-là. Jésus, dans cette épitre, est qualifié de Grand Prêtre mais d’une manière bien différente de celle des prêtres de la première Alliance.

    Quand cela arrivera-t-il ? Le Christ lui-même ne le savait pas nous dit l’évangéliste Marc. Seul le Père en décide ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils n’en n’ont pas parlé mais cela souligne la confiance de Jésus.

              Alors nous, quelle attitude avoir au regard de cette perspective des derniers temps ?

    La fin dernière annoncée par Jésus, les premiers chrétiens la pensaient imminente. Cela avait entrainé les nouvelles communautés à se croiser les bras. A quoi bon se fatiguer si la fin est proche !

              Saint Paul dans ses lettres invite fermement les chrétiens de son temps à se remettre au travail et à vivre leur vie chrétienne. Le conseil vaut aussi pour nous. Mais le père Teilhard de Chardin dans un livre « le Milieu Divin » dénonçait, en son temps, une autre tentation dans l’attitude des chrétiens : la fin du monde n’est pas pour demain alors ne nous fatiguons pas à l’attendre !

    Certes l’image du figuier qui continue à pousser, jointe à celle des catastrophes annoncées, est une invitation à la confiance et les forces diaboliques que symbolisent divers astres ne doivent pas être source de découragement ou d’immobilisme. Ce serait alors oublier que le rassemblement final est déjà commencé.

    L’assemblée que nous formons le dimanche, sans oublier le nombre plus grand des baptisés qui ne sont pas toujours là, dit le déjà-là du rassemblement promis. L’assemblée dominicale est aussi le Corps du Christ. 

     

                                                                          Père Edouard Bois

     

  • Donner de soi

                  Si un pauvre venait frapper à votre porte, agiriez-vous comme cette veuve en donnant votre nécessaire ? Généralement, beaucoup gardent leur nécessaire ainsi que leur superflu et ils délaissent le pauvre. D’autres gardent leur nécessaire et partagent leur superflu. La veuve de notre texte va plus loin, elle donne de son nécessaire. La principale différence entre l’obole de la veuve et celles des autres n’est pas du tout la somme donnée mais le sens de son don. Les veuves de l’époque étaient laissées à elles-mêmes. La femme pauvre de l’Évangile donne ce qu’elle a pour vivre, son « nécessaire ». D’une certaine façon elle donne sa vie. Souvent, nous donnons parce que cela fait partie d’une bonne vie en société, nous donnons par convention ou par intérêt. La veuve, elle, donne tout. Elle refuse la fatalité de sa misère. Puisque de toute façon elle n’a plus rien, inutile de garder ce rien, autant en faire quelque chose. Elle retrouve ainsi sa vraie liberté. Par son don, elle n’est plus une pauvre veuve mais elle devient l’égale de celui qui donnerait toute sa fortune. Le jeune homme riche avait reculé devant le don mais pas la veuve. Elle est sortie de la logique des contrats, des sacrifices pour la bonne conscience ou le prestige.

    À l’époque où un sundae de crème glacée ne coûtait pas cher, un petit garçon de 10 ans entre dans le café d’un hôtel et, s’assoit à une table. Une serveuse dépose un verre d’eau devant lui. C’est combien pour un sundae de crème glacée ? demande-t-il. 50 cents, répondit la serveuse.  Le petit garçon sort la main de sa poche et se met à compter la monnaie qu’elle contient. Bien… Combien pour un simple plat de crème glacée ? Demande-t-il à nouveau. Et pendant ce temps-là, des clients attendent pour une table et la serveuse commence à perdre patience… 35 cents, répond-elle sèchement. Je vais prendre le plat de crème glacée, dit-il finalement. La serveuse lui apporte sa crème glacée, dépose l’addition sur la table et s’en retourne. Le garçon finit sa crème glacée, paie à la caisse et s’en va.

    Quand la serveuse revient, elle a des larmes à l’œil, en nettoyant sa table. Bien placé à côté du plat vide…Elle voit 15 cents. Le petit garçon ne pouvait pas prendre le sundae, pour la simple raison qu’il ne lui restait suffisamment pas de monnaie pour laisser de pourboire !  Il avait donné de son superflu et un peu de son nécessaire.

    Beaucoup n’ont pas grand-chose, ils n’ont qu’un nécessaire minable. Ceux-là peuvent quand même donner beaucoup car il n’est pas nécessaire de donner de l’or, car la richesse la plus importante à partager, c’est la Parole de Dieu.

    En chacun de nous se mêlent l’attitude du scribe et celle de la veuve. D’un côté, la recherche de possessions toujours plus grandes pour soi à travers les honneurs et la richesse. De l’autre, le don humble et gratuit de soi-même. Il nous faut, nous aussi donner ce que nous avons de plus précieux et c’est souvent donner de notre temps. Ne nous laissons pas décourager par l’ampleur de la tâche et la faiblesse de nos moyens. Depuis les origines, Dieu ne cesse de nous montrer qu’il est capable de faire des merveilles avec peu de choses. Dieu ne demande pas grand-chose, il souhaite seulement que chacun lui apporte le « vrai » de sa personne. Que donnons-nous : des choses ? des gestes ? notre cœur ? Que donnons-nous aux autres ? C’est avec ce que nous donnons que Dieu peut tout construire ou transformer…

     

    P. Modeste MEGNANOU

     

  • Journée missionnaire mondiale

              En ce dimanche de la mission, notre générosité, sollicitée à la quête, va nous permettre de manifester notre solidarité avec tous les missionnaires chrétiens qui œuvrent de par le monde pour faire connaître le message de l’Évangile. Ces hommes et ces femmes ont besoin de notre soutien aussi bien spirituel que matériel. Ils représentent, dans leur existence quotidienne immergée dans une autre culture que la leur, l’universalité fraternelle du salut apporté par Jésus.

              L’envoi de missionnaires dans des pays proches ou lointains représente pour une Église un signe fort de sa maturité et de sa vitalité spirituelle. C’est dans ce décentrement de soi-même qu’une communauté chrétienne réalise que ce qu’elle a reçu elle ne peut le garder pour elle-seule. Le trésor que lui ont transmis les premiers évangélisateurs, elle a la responsabilité missionnaire de le transmettre à son tour à ceux et celles qui en ont besoin aujourd’hui.

              Cette transmission est un acte de foi dans l’assistance que le Christ Jésus a promise à ses disciples après sa résurrection. Je ne peux que redire ici mon émotion lorsque j’ai pu constater de visu la jeunesse des prêtres et des religieuses enterrés sur les rivages du Bénin et de la Côte d’Ivoire, quelques mois souvent après leur arrivée en ces terres de mission, au siècle dernier. Nous ne pouvons interroger que sur les motivations de ces jeunes gens décédés loin de chez eux à l’âge où d’autres s’insèrent dans leur vie familiale et professionnelle dans leur pays d’origine. Une seule réponse vient alors à l’esprit : le don de soi par amour de Dieu et des autres. Ces « autres » si différents par les mœurs et la langue vers lesquels le Seigneur n’a jamais cessé d’envoyer ses disciples en leur enseignant qu’ils étaient des frères à aimer.

              L’Évangile d’aujourd’hui nous fait souvenir de la véritable révolution que produit l’adhésion sincère à la personne de Jésus. Il ne s’agit de rien de moins que de mettre ses pas dans ceux de Jésus « qui n’est pas venu pour être servi, mais pour donner sa vie en rançon pour la multitude. » Si Jacques et Jean, et les dix autres apôtres, ont eu bien du mal à accueillir cet enseignement et surtout à le mettre en pratique, ne soyons pas attristés de nous sentir nous-mêmes si éloignés d’un tel appel du Seigneur. Il s’agit d’un appel incontournable, certes, mais qui nécessite de notre part, sans aucun doute, un long entraînement.

              En ce dimanche de la mission, prions pour tous ceux et celles qui se donnent, jour après jour, dans le service prophétique et humble de leurs frères et sœurs en humanité.

     

    P. DEDEGBE Anatole

     

  • Décoder le réel pour trouver notre juste place !

               Bientôt nous pourrons revoir la clef de voûte de la cathédrale de Paris mais l’évangile de ce dimanche, par la rencontre de Jésus et de l’homme riche, nous pose la question de savoir quelle est la clef de voûte de chacune de nos vies ?

               Cette question, dans le contexte d’une autre époque, habite cet homme qui vient vers Jésus. On ne sait rien sur lui, sur sa vie, sinon qu’il est riche et semble tenir à ce qu’il possède tout en se posant la question du sens de sa vie. Déjà il observe la Loi mais est-ce suffisant ? : Bon Maitre que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ?

    L’invitation de Jésus à quitter les richesses qu’il a et sur lesquelles reposent sa vie peut être interprétée de bien des manières. Pour ceux et celles qui ont une vocation particulière on la comprend mais tout quitter cela s’adresse-t-il à chacun comme s’il s’agissait de nous désintéresser de notre vie terrestre ?

    D’autres passages des évangiles et le concile Vatican II en particulier ne vont pas dans ce sens sans parler de lettres des papes (cf. Laudato si du pape François).

    Si pour cet homme ce sont ses biens qui l’empêchent de s’ouvrir à la vie supérieure que Dieu lui propose, pour nous cela peut être d’autres réalités dont nous avons à nous détacher ou dont la vie nous détache. Sans parler de notre civilisation fière de son avoir et de son savoir-faire mais qui ne court pas après Dieu en ce moment. Cet homme riche est donc invité par Jésus, non à négliger sa vie mais  à vérifier ce sur quoi il doit lâcher prise, se détacher pour s’unir à Dieu et recevoir déjà la vie éternelle sans négliger de se montrer solidaire de ses frères en humanité.

    La question s’adresse à nous aujourd’hui sachant que se détacher, lâcher prise peut prendre des formes bien diverses dans nos vies et à tous âges au plan humain et au plan chrétien pour prendre appui sur Dieu et être habité déjà par une vie sans mesure. Si on révise régulièrement sa voiture une révision de sa vie n’est pas chose inutile non plus comme Jésus le propose à cet homme riche. Et l’évangile de ce dimanche nous invite à faire cette révision de vie seul ou avec l’aide des fraternités chrétiennes que nous n’oublions pas de créer bien sûr et auxquelles nous participons dans la paroisse ou ailleurs. L’homme est reparti tout triste. Et nous en sortant de l’église ?

     

    P. Édouard Bois

     

  • Rencontrer

              Une belle rencontre interparoissiale, initiée par le CAP (Conseil d’Animation Pastoral) qui, en 2023, a mis en marche la communauté chrétienne de Bercy jusqu’à Moret sur Loing puis, aujourd’hui, la communauté chrétienne de Moret sur Loing qui nous rejoint à Bercy. Cette initiative se concrétise et connaît un beau succès : ensemble, nous prions et communions à l’Eucharistie, nous partageons le repas et, dans un dialogue convivial, nous réfléchissons sur nos richesses et limites de pratiques paroissiales ; une visite guidée des lieux nous ouvre l’esprit et le cœur sur l’histoire de l’église, lieu d’accueil et maison commune des fidèles, et aussi sur l’histoire du quartier.

     

              Il n’y a pas de vie de croyant et de pratique de la foi chrétienne en vase clos ; rencontrer les autres paroissiens, rencontrer les autres habitants du quartier, rencontrer les paroissiens d’ailleurs, rencontrer Jésus en chacun, c’est une belle manière de témoigner de la présence de Dieu et de l’espérance qui nous habite ; c’est manifester notre joie d’avoir accueilli le Christ et son évangile dans notre vie. Chacun de nous se montre ainsi témoin et missionnaire !

     

              Il faut rendre possible la rencontre ; cette expérience est à poursuivre et à approfondir surtout en ce mois missionnaire et de rosaire, marqué par de grandes figures de sainteté comme la sainte Vierge Marie, sainte Thérèse de Lisieux et saint François d’Assise…Puissent-ils intercéder pour nos deux communautés paroissiales et pour Léa et Ethel qui nous rejoignent aujourd’hui par leur entrée en catéchuménat à Bercy.

     

    P. DEDEGBE Anatole