Auteur/autrice : ParoisseNDB

  • Octobre : mois de la mission, mois du Rosaire

               A l’orée de ce mois d’octobre, l’Église nous éveille davantage au sens de la mission et nous rappelle que, mus par la grâce de l’Esprit Saint reçu au Baptême et à la Confirmation, nous devons être dans le monde « les ouvriers de la mission divine, les hérauts de la vérité divine, les artisans de la grâce divine » (Document conciliaire, Ad Gentes n°23). Aussi, sommes-nous invités par le Pape dans son message adressé à tous les chrétiens à l’occasion de la Journée Mondiale des Missions 2025 à « transmettre la Bonne Nouvelle en partageant les conditions de vie concrètes de ceux que nous rencontrons et en devenant ainsi porteurs et constructeurs d’espérance (n°2). En agissant ainsi, nous réalisons la vocation universelle des baptisés qui consiste, selon le pape François, de vénérée mémoire, à « devenir parmi les peuples, par la force de l’Esprit Saint et l’engagement quotidien, des missionnaires de la grande espérance que nous donne le Seigneur Jésus » (idem). C’est à travers nous que le Seigneur poursuit sa mission dans l’Église et dans le monde d’aujourd’hui.

    Avec Marie, Notre-Dame du Rosaire, la première en chemin et en mission, à qui ce mois est dédié, allons avec confiance sur les chemins de la mission à la rencontre de nos frères et sœurs qui sont à la périphérie de nos communautés chrétiennes vivantes. Sortons donc de nos conforts et apportons à tout homme, toute femme la joie de l’Évangile. Car notre humanité blessée et déchirée a bien besoin de la grâce de l’Évangile du Christ, message de paix et d’amour, pour panser ses plaies et retrouver sa joie originelle. En prenant pour modèle la Vierge Marie qui n’hésita pas à franchir monts et collines pour aller apporter la joie de l’Évangile à sa cousine Elisabeth, bravons, nous aussi, dans la force de l’Esprit Saint, les obstacles et les intempéries pour porter plus haut l’étendard de l’Évangile du Christ.

    Que Sainte Thérèse de Lisieux, docteur de l’Église et patronne des missions, en ce centenaire de sa canonisation, intercède aussi et soutienne nos œuvres et pas missionnaires.

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • Chemin de vie, chemin d’éternité

             Une lecture rapide de l’évangile de la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare peut interpréter le « renversement des sorts » comme une punition de l’homme coupable de posséder des biens matériels et, au contraire, un relèvement du pauvre Lazare qui n’avait d’autre richesse que son nom, Lazare, qui veut dire : « Dieu vient en aide » ; puis en généraliser la compréhension à partir de la parabole de dimanche dernier selon laquelle on ne peut servir deux maîtres en même temps, à la fois Dieu et l’argent…

    Une telle lecture fait l’impasse sur le contexte dans lequel Jésus s’exprime. Car il fait allusion à un conte populaire bien connu de son auditoire. La pointe du message de Jésus dans cette parabole vise moins la thématique de la richesse ou de la pauvreté comme telle, que l’auto-suffisance égocentrique qui peut résulter d’un certain rapport aux richesses, que celles-ci soient extérieures ou intérieures.

    Le lecteur peut en repérer la trace dans la première requête de l’homme riche à Abraham. Celui qui délibérément centré sur lui-même, a fait bombance toute sa vie, est engagé sur un chemin irréversible auquel est opposé celui que la pauvreté rend disponible à autre que lui-même : « Un grand abîme [infranchissable] a été établi entre vous et nous. » Sous l’angle du rapport à Dieu qui en découle, indissociable du rapport à autrui et du rapport au monde, les effets irréversibles de l’auto-suffisance réclament notre vigilance.

    Un conseil pourrait nous être donné par l’homme riche de l’évangile : « Ne faites pas comme moi ! Dans votre court passage sur la terre vous fabriquez votre éternité ».

     

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • Le mystérieux gérant à la fois sage et malhonnête

               Des histoires d’intendants qui dilapident les biens de leurs maîtres, nous en écoutons souvent : des affaires de documents falsifiés, de détournement de fonds, d’usage de faux, de factures falsifiées, de corruption ingénieuse défraient la chronique. Sur ce plan les hommes n’ont pas beaucoup changé. Ce qui, par contre, surprend dans la parabole de l’évangile de ce dimanche, c’est la conclusion que Jésus en tire, car au lieu de blâmer l’escroquerie de cet intendant malhonnête, il le donne en modèle à ses disciples.

    Comprenons bien : ce n’est pas de la corruption que Jésus fait l’éloge, mais plutôt la sagacité avec laquelle l’intendant agit, même dans une circonstance difficile. En effet, le voilà désormais sans travail, puisque son maître, le licencie. Et afin d’assurer son avenir, l’ancien gérant cherche à se faire des amis parmi les anciens clients de son patron.

    L’Évangile dit qu’il est « habile » ; en fait, le grec n’hésite pas à employer le terme « sage » : Jésus évoque la sagesse de cet homme. Qu’y a-t-il dans sa démarche qui puisse être empreint de sagesse et à quoi Jésus a pu être sensible ? Il y a bien une raison… En considérant de plus près l’agir du gérant et la manière dont il se tire d’affaire, on voit qu’il se préoccupe de son avenir sur cette terre et fais preuve d’ingéniosité pour l’assurer. En quoi les fils de la lumière, que nous sommes, font-ils preuve d’ingéniosité ou d’habileté pour entretenir et assurer la vie céleste, la communion parfaite de vie avec Dieu ?

    Aussi, la technique de cet intendant consiste à effacer des dettes : à qui cent barils d’huile, cinquante ; à qui cent sacs de blé, quatre-vingts.

    En effet, le vocabulaire du débiteur et de la dette pardonnée est bien présent dans l’Évangile de Luc. On le trouve aussi au chapitre 7, 41-50. Le vocabulaire est employé dans l’évangile pour exprimer le pardon des péchés. Bien entendu, le mauvais gérant ne fait que pardonner des dettes matérielles. Mais, à travers cette petite histoire, Jésus semble percevoir quelque chose de sa mission à lui. Ce mauvais gérant, aussi malhonnête soit-il, semble rappeler à Jésus quelle est la raison de sa venue parmi les hommes ainsi que le sens du sacrifice suprême qu’il accomplira à la fin de sa vie en offrant son corps et son sang sur la croix pour payer la dette de l’humanité pécheresse.  En effet, le pardon des péchés, l’effacement de la dette qui séparait l’humanité du Père, voilà ce que Jésus est venu réparer.

     

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • Continue à avancer dans la foi

    « Mon enfant, sois sans crainte, continue à avancer dans la foi. Tu reconnaîtras que tu es sur la bonne voie par Ma Paix en toi.

    C’est également par cette paix ressentie que tu pourras continuer à avancer et à prendre des décisions conformes à la volonté de Mon Père ».

     Méditation extraite du livre de Léandre Lachance,

                   Volume 2, numéro 2

     

    Notre vie paroissiale est une invitation à incarner cette paix du Seigneur et sa sollicitude envers tous, à chaque rencontre et à chaque célébration.

    Je nous invite donc à reprendre la vie paroissiale, chacun apportant ce qu’il peut donner, comme disciple et témoin de Jésus-Christ qui nous fait cette confiance qu’ensemble nous pouvons vivre comme communauté de croyants en ce monde et dans notre quartier.

    Dans la feuille d’information paroissiale, vous trouverez les rendez-vous de la rentrée, de l’année, les appels, les dates pour ensemble continuer à faire vivre notre paroisse.

     

    Père Anatole DEDEGBE, curé

     

  • Bonnes vacances ! Vive l’été !

    Les vacances d’été sont une période de l’année que nous attendons tous avec impatience. Les enfants sont libérés de l’école, les familles planifient les déplacements, les entreprises ralentissent leur rythme de travail et la plupart d’entre nous profitent de cette période pour se reposer et se détendre. Mais comment pouvons-nous profiter de ces vacances tout en restant fidèles à notre baptême, éveillés dans la prière et en tenue de service ?

    Tout d’abord, nous devons garder à l’esprit que même si nous sommes en période estivale, notre vie spirituelle ne devrait pas s’arrêter. Car les vacances d’été demeurent une période de connexion ou de reconnexion avec Dieu. Elles peuvent, en effet, nous permettre d’approfondir ou de renouer une relation avec le Seigneur. Par exemple, en fréquentant les églises locales où nous serons en vacances ou bien, simplement, en prenant le temps de prier, seul ou avec quelqu’un, et de méditer la Parole de Dieu.

    De plus, les vacances d’été peuvent être une occasion de servir les autres et de pratiquer la charité. Nous pouvons ainsi donner de notre temps et de nos ressources aux personnes dans le besoin : une organisation caritative un voisin ou un ami.

    Les vacances d’été peuvent également être une période de réflexion et de renouveau spirituel. Nous pouvons, par exemple, utiliser ce temps pour évaluer notre vie et nos actions, pour nous repentir de nos erreurs et pour nous rapprocher davantage de Dieu. Nous pouvons aussi chercher des moyens de grandir dans notre foi en lisant la Bible, en participant à la messe et en écoutant des enseignements spirituels.

    Enfin, les vacances d’été sont une période pour profiter de la création de Dieu et pour apprécier la beauté de son œuvre. Nous pouvons passer du temps dans la nature, en admirant les paysages, en profitant des activités extérieures et en remerciant Dieu pour sa bonté et sa générosité.

    En définitive, les vacances d’été sont une période merveilleuse de l’année, mais nous devons nous rappeler que notre vie spirituelle ne devrait jamais prendre de pause. Utilisons ce temps pour demeurer proche de Dieu, pour servir les autres, pour réfléchir et pour grandir dans notre foi. Profitons également de la création de Dieu et de la beauté qui nous entoure. Que Dieu nous bénisse et nous guide tout au long des vacances.

     

    P. Anatole DEDEGBE

  • Pierre et Paul en partenariat

                  Pierre est désigné comme chef des apôtres suite à sa profession de foi. C’est alors que Jésus « commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter ».

    Paul ne s’est jamais élevé contre l’élément institutionnel représenté par l’apostolat historique des Onze apôtres.  Il a reçu l’imposition des mains de ceux qui étaient déjà reconnus comme possédant le Saint-Esprit. Il a soumis à l’approbation de l’église réunie à Jérusalem ses propres méthodes d’apostolat. Mais il n’a jamais admis ni que sa vocation fût inférieure à la vocation des autres apôtres ; ni que sa connaissance de Dieu fût moindre que la connaissance qu’avaient de Jésus ses premiers disciples.

    Une synthèse doit s’établir entre la tradition et l’inspiration. Pierre et Paul ne peuvent pas être dissociés. L’Église a été fondée par les deux apôtres. Le fondement de l’Église, c’est la foi de Pierre, comme la doctrine de Paul en est le soutien. Pierre est un pasteur et un guide. Paul par ses enseignements, nous fortifie et nous anime. Attacher Pierre avec Paul, c’est attacher un bouton avec la mauvaise boutonnière. Mais faire travailler Pierre et Paul en partenariat, c’est notre défi. L’Église dont nous faisons partie, n’est pas une réalité abstraite, mais une communauté faite de personnes, d’être vivants, avec des histoires particulières, des caractères, des défauts aussi. Ce qui est au cœur de la vie de l’Église, ce qui la fait vivre, ce n’est pas une seule personne, ce n’est pas un modèle, mais plutôt la relation, la communion. Il y a Église, parce qu’il existe des relations entre des personnes ; des relations qui sont avant tout une question d’amour.

    Fêter Pierre et Paul, c’est regarder Dieu vivant en eux, dans les Apôtres, dans l’Église, en chacun de nous et de nos frères et sœurs.  Posons un regard neuf sur Pierre et Paul. Ils ne pouvaient garder pour eux ce soleil qui avait illuminé leur vie, ils avaient un feu à partager. Paul comme Pierre ont toujours eu le souci de relier les communautés les unes aux autres. Être chrétien, ce n’est surtout pas être replié sur notre communauté, indifférents à ce que peuvent vivre les autres.

    Toute action parmi les chrétiens qui n’est pas guidée par l’amour et le service ne correspond pas aux intentions de Jésus. Toute action, toute autorité qui s’exprime en termes de prestige, ou de possession matérielle, ou de domination est étrangère et hostile à l’action pastorale de Jésus, telle que Pierre et Paul l’ont menée.

    Le pouvoir de Jésus n’est pas un pouvoir selon les modalités de ce monde. C’est le pouvoir du bien, de la vérité et de l’amour, ce pouvoir est plus fort que la mort. C’est le seul pouvoir que nous pouvons exercer.

     

    P. Modeste MEGNANOU

     

  • Retour sur la visite pastorale de Monseigneur Gonon du 1er au 6 avril 2025

    I/ Un territoire paroissial agréable, largement réhabilité dans les années 90, avec
    beaucoup d’espaces verts et très bien desservi par la ligne 14

    II/ Une implantation paroissiale sobre et cohérente au centre du territoire mais peu visible par manque de signalétique dans les rues avoisinantes


    1/ Une petite église de village, avec de belles œuvres d’art et un parvis accueillant
    2/ Des locaux paroissiaux proches de l’église, simples et fonctionnels

    III/ Une communauté paroissiale à taille humaine, simple, fraternelle, bienveillante et
    dynamique mais vieillissante et manquant de renouvellement

    1/ Une communauté paroissiale fraternelle édifiée par l’eucharistie et la prière

    Nous avons ressenti une bonne ambiance entre paroissiens et une grande bienveillance entre eux. Malgré cela peu de nouveaux paroissiens rejoignent la communauté.


    2/ De – trop ? – nombreuses propositions paroissiales
    Nous avons rencontré des équipes d’animation dévouées et fidèles, heureuses d’éprouver la force de l’engagement, mais parfois fatiguées ou dispersées et en attente de suivi, d’encouragement et de sang neuf. D’où l’importance de favoriser une culture de l’appel personnel, à porter conjointement par les prêtres et les responsables, notamment pour renouveler les équipes. Il serait également fécond de continuer la collaboration ou la mutualisation avec le doyenné en termes de formation, d’échanges d’expérience et d’activités.

    Par ailleurs, nous avons ressenti une certaine nostalgie du temps de l’Emmanuel qui semble s’être réveillée récemment mais que le conseil pastoral ne perçoit pas avec autant de force.

    IV/ Une gouvernance honorant la complémentarité des états de vie

        Sans offices communs et en absence d’espace partagé la vie fraternelle entre les trois prêtres est limitée. Les repas pris en commun ne sont pas réguliers; il serait précieux qu’ils deviennent plus réguliers tout comme des moments de partage d’évangile, de prière commune, de réflexion de fond au niveau spirituel et pastoral.
                En ce qui concerne le conseil pastoral composé d’une douzaine de membres, nous avons noté des souffrances et des incompréhensions qu’il sera important de mettre à plat pour y remédier.
                Enfin le site internet de Notre-Dame de Bercy mériterait d’être retravaillé pour plus de clarté, de convivialité, d’actualisation et de liens notamment avec le diocèse. Les réseaux sociaux semblent absents alors qu’ils constituent désormais un relais d’information et d’évangélisation essentiel.

    Résumé pour vous,

                                                       Jérôme DELHOMME, membre du conseil pastoral

     

  • Le mystère de l’homme dans le mystère de Dieu

               « Tu y crois encore, toi papa, à ces histoires-là ? Explique-moi alors pourquoi la bible dit qu’il n’y a qu’un seul Dieu, qu’un seul vrai Dieu. Cette réaction illustre bien le malaise autour de la Trinité. La Trinité n’est pas un problème de mathématiques. Bien sûr, chaque fois que Jésus est appelé Fils de Dieu, c’est le Père qui est évoqué par le mot Dieu. Jésus prie le Père ; il accomplit l’œuvre du Père, il est la Parole du Père. Quant à l’Esprit, on ne sait pas trop quoi en faire et on le réserve aux manifestations spectaculaires de Dieu, aux dons et aux fruits de l’Esprit. Jésus n’a jamais dit que « trois égalait un ». Il n’a donné aucune « leçon » sur la Trinité, n’a même jamais prononcé ce mot.  Il a tout simplement vécu comme un Fils, il a fait l’expérience de l’amour du Père.

    Dès que nous parlons de Sainte Trinité, nous entendons « mystère », c’est-à-dire quelque chose que nous ne pouvons pas comprendre. Nous sommes victimes du même mal qui nous fait perdre bien de l’intensité pour des détails de la liturgie. Sans comprendre le pourquoi, certaines célébrations sont machinales et routinières. Sans comprendre la Trinité, comment répondre à « Tu y crois encore, toi papa, à ces histoires-là ? »

    Le mot « Trinité » est un mot qui s’efforce de rendre compte le mieux possible de l’enseignement de l’Écriture concernant Dieu et la relation qui existe entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. C’est difficile à expliquer car il y a les limites de notre langage humain pour parler de choses qui échappent à notre compréhension. Plusieurs images ont été utilisées pour illustrer la Trinité et les relations qui existent entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et comment ces trois personnes distinctes forment un seul et même Dieu. Il y a l’image du trèfle à trois feuilles. Il y a trois bouts de bois rassemblés qui brûlent d’un même feu. Mais c’est avec l’image de la famille, que nous nous retrouvons peut-être au cœur de la révélation de Dieu : Dieu est Amour. Tous, nous faisons partie d’une famille, c’est ce qui nous fait vivre. Notre Dieu est comme une famille, une unité de personnes, le lieu pour semer et faire croître notre capacité d’aimer et d’être aimé. Le don de la foi à la base de notre pratique religieuse n’est pas viable sans une certaine forme de famille qui s’appelle communauté. La foi, pour bien se porter, demande à se vivre à plusieurs dans une communauté assemblée et vivante.

    Quand nos relations humaines sont vraiment faites d’amour, Dieu est bel et bien là, il est présent ! Le rôle de l’Esprit est précisément de nous parler de Jésus, de nous enseigner Jésus, et de nous renvoyer à lui. Dieu est unique mais il n’est pas solitaire, c’est un Dieu de communion, un Dieu de relation, un Dieu qui est éternellement amour, car éternellement le Père aime le Fils et le Fils aime le Père, dans la communion du Saint-Esprit.

    « Tu y crois encore, toi papa, à ces histoires-là ? »  Oui j’y crois mes enfants. La paternité ou la maternité va au-delà de l’instinct de survie, c’est l’amour qui nous habite, comme le royaume de Dieu qui est en chacun de nous. À chacun de nous de le découvrir.

    P. Modeste MEGNANOU

  • « Ils furent tous remplis de l’Esprit Saint », qui fait d’eux des témoins

     

               Le temps de Pâques s’achève avec la solennité de la Pentecôte qui nous rappelle le don de l’Esprit Saint sur les Apôtres du Seigneur, réunis au Cénacle avec Marie, la mère de Jésus, et la naissance de l’Eglise en mission jusqu’à la fin des temps.

    Les lectures de cette solennité, à travers la diversité de leur richesse, évoquent l’effusion de l’Esprit. Un violent coup de vent remplit toute la maison. Les Apôtres se mirent à parler en d’autres langues et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.

    Évidemment, l’événement ne se limite pas à la salle du Cénacle. La foule à l’extérieur, attirée par le bruit, était stupéfaite de ce qui se passait. Chacun entendait et comprenait dans sa propre langue les merveilles de Dieu que proclamaient les disciples.

    Affermis dans leur foi, les Apôtres sortent du lieu où la peur les avait enfermés. Ils partagent entre eux et révèlent au monde les admirables fruits de l’Esprit que sont : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur et la maîtrise de soi. L’Esprit reçu demeure pour eux une force face aux adversités.

    Souvenons-nous que Jésus désignait l’Esprit-Saint comme l’avocat qui défend la cause de Jésus en nous. Personnellement, j’aime bien prier régulièrement cette belle prière qu’on appelle « Séquence de la Pentecôte » : « Viens Esprit-Saint … père des pauvres … guéris ce qui est blessé, réchauffe ce qui est froid en nous, assouplis ce qui est raide, redresse ce qui est tordu » dans nos vies personnelles comme celle de la communauté ecclésiale pour que nous soyons les témoins dont tu as besoin.

    Dans la joie de cette fête, demandons à l’Esprit Saint de transformer notre cœur, de renouveler en nous ses précieux dons.

    P. Anatole DEDEGBE

  • « L’Esprit Saint vous enseignera tout, il vous donnera la paix »

               Celui qui marche sous la conduite de l’Esprit ne demeure pas constamment dans le même état et ne progresse pas toujours avec la même aisance. Le cheminement de l’homme ne lui appartient pas, mais dépend de l’initiative de l’Esprit, son maître, qui lui donne à son gré d’oublier ce qui est en arrière et d’aller de l’avant, tantôt avec lenteur, tantôt avec élan.

    Je pense que, si vous y prêtez attention, votre expérience intérieure confirmera ce que je viens d’exprimer. Si tu te sens atteint de torpeur, de chagrin ou de dégoût, ne perds pas confiance pour autant et n’abandonne pas ton projet de vie spirituelle. Cherche plutôt la main de celui qui est ton secours. Implore-le de t’entraîner à sa suite (cf. Ct 1,4) jusqu’à ce que, attiré par la grâce, tu retrouves la rapidité et l’allégresse de ta course. Alors tu pourras dire : « J’ai couru dans la voie de tes commandements : tu as dilaté mon cœur » (Ps 118,32).  Lorsque tu es comblé, ne dis pas : « Rien jamais ne m’ébranlera », afin de n’avoir pas à dire en gémissant la suite du psaume : « Tu as détourné de moi ton visage, et je me suis effondré (Ps 29,7-8). Tu auras plutôt soin, si tu es sage, de suivre le conseil de la Sagesse. Au jour de malheur, tu n’oublieras pas le bonheur, et dans le réconfort tu n’oublieras pas les moments d’infortune (cf. Si 11,27). Ainsi l’espoir ne te manquera pas au temps du malheur, ni la prévoyance au jour du bonheur.

    Au milieu des réussites et des échecs de ces temps instables, tu garderas, comme l’image de l’éternité, une solide égalité d’âme. Tu béniras le Seigneur en tout temps et ainsi, au cœur d’un monde vacillant, tu trouveras la paix, une paix pour ainsi dire inébranlable ; tu commenceras de te renouveler et de te réformer à l’image et à la ressemblance d’un Dieu dont la sérénité demeure éternellement.

     

    Saint Bernard (1091-1153)

    moine cistercien et docteur de l’Église

    Sermon 21 sur le Cantique, 4-6 (in “Lectures chrétiennes pour notre temps”, fiche D17)

    Lu pour vous, Anatole DEDEGBE