Auteur/autrice : ParoisseNDB

  • Le Concile des diocèses d’Île-de-France a démarré

               En Île-de-France, neuf diocèses sont entrés dans la phase de consultation du Concile provincial, qui portera sur les jeunes et les adultes cheminant vers le baptême, mais aussi sur l’accompagnement et la formation des nouveaux baptisés. Ce Concile, qui se déroulera en trois temps, avait été annoncé en avril dernier par les huit évêques franciliens et par l’évêque aux Armées.

     La première phase a effectivement débuté ce dimanche 25 janvier 2026, en la fête de la conversion de saint Paul. Le 31 mai prochain commencera la phase de délibération, qui durera jusqu’à fin mai 2027. Au cours de cette deuxième période, l’Assemblée se rassemblera à trois reprises pour travailler sur les questions soulevées les mois précédents. Ce temps permettra aux participants de faire des propositions, et visera à produire un document récapitulatif qui sera ensuite soumis à Rome. Enfin, la troisième phase servira à la réception des décisions conciliaires dans les diocèses, et elle pourrait débuter à la Toussaint 2027. « Un Concile de proximité »

    Il s’agit du tout premier concile convoqué par les évêques d’Île-de-France depuis la création de cette province ecclésiastique, il y a 60 ans. L’Assemblée sera en elle-même constituée de catéchumènes, de nouveaux baptisés, d’accompagnateurs, de prêtres, de fidèles et des évêques de la province. La méthodologie est similaire à celle d’un synode. 

     Cet évènement inédit servira certainement aussi à rendre grâce pour le don que Dieu a fait à l’Église, pour ces « nouvelles pousses » que forment les nouveaux baptisés (ou « néophytes »). Car ils sont très nombreux en France depuis quelques années : le chiffre a presque doublé par rapport à l’année dernière. Ainsi, ces deux années de Concile serviront non seulement à mieux intégrer et former les néophytes dans les communautés ecclésiales, mais aussi à appréhender de nouvelles perspectives d’avenir pour la vie de l’Église en France.

     Ce sera « un concile de proximité que nous allons vivre » explique le P. Maximilien de la Martinière, prêtre du diocèse de Versailles et Secrétaire général en charge de superviser l’organisation du Concile. « Un concile auquel chaque chrétien d’Île-de-France pourra participer d’une manière ou d’une autre – à commencer, dès maintenant, par la prière – un concile qui, pour autant, n’en porte pas moins une belle ambition : contribuer à la transformation de nos paroisses pour qu’elles deviennent “catéchuménales”, soucieuses d’accueillir, d’accompagner et d’incorporer celles et ceux qui veulent devenir chrétiens » ajoute le P. de la Martinière.


                                                           Lu pour vous, P. Anatole DEDEGBE

     

  • J’aimerais vous dire…

               « J’aimerais vous dire… » c’est le titre d’un beau livre de Mgr Rouet et d’un article du père Edouard Bois dans le prochain numéro de Paris XII, le journal du Doyenné. C’est aussi le titre de l’éditorial de la feuille paroissiale de ce dimanche où la messe de 10h30 sera un « au revoir » de la paroisse de Notre Dame de la Nativité au père Edouard Bois où il était en retraite active depuis quelques années déjà avant maintenant de rejoindre « Ma maison », une maison de retraite tenue par les Petites Sœurs des Pauvres au 49 rue Notre-Dame des Champs, où l’on pourra, bien sûr, lui rendre visite.

    Ce dimanche d’au revoir est donc l’occasion pour les chrétiens de la paroisse de partager ce qu’ils ont reçu avec celui qui s’en va et pour le père Bois de rendre grâce pour le chemin parcouru ensemble dans l’esprit de l’Évangile.

    Les textes de la messe de ce dimanche disent bien, à leur manière, ce que le père Bois a cherché à vivre avec les chrétiens du quartier de Bercy mais aussi avec les habitants qui ne fréquentent pas toujours la paroisse.

    Ainsi dans la première lecture, un passage du livre d’Isaïe nous invitet-il à nous convertir et c’est ce que le père Edouard a voulu aider chacun à faire de son mieux. Le Règne de Dieu s’est approché en Jésus-Christ rassemblant déjà la famille de Dieu de bien des manières (cf. Eph. 2ème lecture). À la messe de chaque dimanche particulièrement sans parler des divers groupes avec lesquels le père Edouard a aussi cheminé : préparation au baptême, équipes MCR, Cénacle, St Vincent de Paul, Paris XII, sans évoquer les mariages, obsèques, catéchuménat et conseil pastoral pour ne citer que quelques réalités.

    Puissent les chrétiens de Notre-Dame de Bercy continuer à approfondir leur union au Christ par leur baptême et les liens qui les unissent dont le père Bois s’est fait de son mieux et à sa manière le serviteur.

    Ainsi la paroisse sera-t-elle signe du Christ dans les réalités humaines de ce quartier de Bercy dont l’implantation chrétienne ne date pas d’aujourd’hui mais dépend maintenant de ceux qui y vivent.

    Pour cela le père Bois aimerait vous dire, s’il le fallait, que vous resterez bien sûr très présent à sa prière et dans sa mémoire fraternelle.

                                                                            Père Edouard Bois

     

  • Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

    Le Christ ne se laisse pas enrôler dans nos querelles

               La semaine de prière pour l’unité des chrétiens commence ce dimanche. Elle s’achèvera dimanche prochain. La liturgie nous fait entendre en deuxième lecture le commencement de la première lettre aux Corinthiens (1 Co 1, 1-3). Saint Paul y salue « tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre » (1 Co 1,2). Dans le contexte de la prière pour l’unité, ce verset est particulièrement précieux pour notre chemin de cette semaine.

    En appelant Jésus « leur Seigneur et le nôtre », il nous invite à prendre conscience que nous ne pouvons pas chercher le Seigneur pour nous-mêmes en oubliant ceux qui l’invoquent ailleurs… dans des régions en guerre, dans des contrées que nous ne connaissons pas, dans des pays où il faut se cacher pour prier. Mais n’allons pas chercher loin. Il y a aussi les nombreuses communautés chrétiennes non catholiques dont les membres nous côtoient au quotidien.

    Justement quelques versets plus loin, dans cette lettre, Paul dénonce les divisions de la communauté corinthienne : « Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j’appartiens à Paul… à Apollos… à Pierre » » ; et il ajoute : « Le Christ est-il donc divisé ? » (cf. 1 Co 1,12-13). C’est à la fois triste… et rassurant de savoir que les fractures ne datent pas d’hier. La Parole de Dieu nous rappelle que le Christ ne se laisse pas enrôler dans nos querelles : il a été crucifié pour tous.

    Alors, quelle résolution pour cette semaine ? Double ! D’abord, au cœur même de notre communauté paroissiale : si des tensions existent, si certains ne se saluent pas, souvenons-nous que le Christ est aussi – sinon d’abord – le Seigneur de l’autre que nous supportons à peine ; et que nous ne pouvons pas aimer le Christ en le refusant chez l’autre. Ensuite, dans notre regard sur les chrétiens non catholiques : renonçons à la tentation d’exclure. Ouvrons notre tolérance, apprenons à bénir, et prions pour le frère ou la sœur chrétien (ne) qui n’est pas catholique, qui critique le pape, ou qui dénigre notre vénération de Marie, non pas malgré cela, mais parce que notre Seigneur est aussi le leur.

    Abbé Romaric Sehlin

     

  • Baptême du Seigneur, une Épiphanie

             La liturgie de ce dimanche se présente comme une troisième fête d’Épiphanie. Après la nativité de Jésus, sa manifestation aux mages, le voici adulte qui « paraît » en public après un long anonymat dans un village d’où, disait-on, « rien ne pouvait sortir de bon » (Jn 1,46).

    « C’est lui, le Christ, l’auteur de l’univers, que Dieu a envoyé aux hommes ; non certes, comme une intelligence humaine pourrait l’imaginer, pour la tyrannie, la terreur et l’épouvante ; nullement, mais en toute bonté et douceur, comme un roi envoie le roi son fils, il l’a envoyé comme le Dieu qu’il était, il l’a envoyé comme il convenait qu’il le fût pour les hommes : pour les sauver par la persuasion, non par la violence ; il n’y a pas de violence en Dieu. Il l’a envoyé pour nous appeler à lui, non pour nous accuser : il l’a envoyé parce qu’il nous aimait, non pour nous juger. » (Lettre à Diognète)

    Le texte de Matthieu, proposé à notre méditation, se présente comme un prologue dans son Evangile. En peu de mots se manifeste la foi trinitaire de l’Eglise naissante. L’esprit de Dieu sous l’apparence de la colombe, la voix du Père de tout amour, et le Fils bien-aimé. Une foi trinitaire que l’on retrouve affirmée aussi à la toute fin de l’Evangile de Mathieu, dans un contexte baptismal encore : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 19-20)

    La fête du baptême de Jésus nous apporte un éclairage important sur le sens de notre propre baptême chrétien. L’histoire n’a souvent retenu que sa nécessité pour le salut personnel et la purification du péché. La liturgie de ce dimanche nous invite à le considérer comme un envoi en mission, comme l’inauguration d’une vie nouvelle, d’une manière neuve d’envisager nos relations à Dieu et nos relations avec les humains ; d’envisager aussi notre manière de transmettre la bonne nouvelle. Non pas une manière autoritaire, tapageuse, séductrice, désireuse d’embrigader et de convaincre en utilisant les artifices de la pression, mais une manière faite de douceur, de respect, de dialogue.

     

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • La gratuité d’un amour

    Jésus, là où Tu es né, au milieu de Joseph et de Marie, ta crèche n’était pas fermée.
    Tout le monde pouvait entrer.
    Jésus, quand Tu es né, Tu as voulu que tout le monde puisse venir Te voir
    parce que Tu es venu pour tout le monde.

    Avant que Tu ne naisses, Jésus, Joseph et Marie n’avaient trouvé
    que des maisons aux portes fermées: fermées au secret de Dieu.
    Ils ont trouvé ouverte une étable, une pauvre étable.
    Mon cœur, il peut aussi être ouvert ou fermé pour aimer.
    Mes mains, elles peuvent aussi être ouvertes ou fermées pour donner.
    Ma vie, elle peut aussi être ouverte ou fermée pour faire vivre.

    Aujourd’hui, Jésus, Tu ne nais plus dans une étable ;
    mais Tu veux naître, dire le secret de Dieu,
    dans toutes les maisons, dans tous les cœurs.
    Tu veux déposer le baiser de Dieu sur tous les visages.
    Tu veux des millions de crèches pour habiter le monde.
    Tu veux des millions de cœurs pour donner ta paix sur la terre.
    Tu veux des millions de visages pour donner la paix de Dieu.
    Tu veux des millions de Noëls pour donner ton Noël.
    Ouvre les maisons fermées par la peur ou par la richesse.
    Ouvre les cœurs fermés par le chagrin ou par l’égoïsme.
    Ouvre les visages fermés par la colère ou par le manque d’amour.

    Jésus, viens ouvrir nos sourires et nos lèvres,
    viens ouvrir nos maisons et nos cœurs pour dire avec Toi :
    Gloire à Dieu, notre Père!

            Prière du Frère Élie Maréchal, Lu pour vous

    P. Anatole DEDEGBE

  • Gaudete

             Comme à la Mi-Carême, la liturgie propose un passage plus joyeux durant l’austérité du temps de l’Avent avec le 3ème dimanche appelé « de Gaudete », mot latin qui signifie « Réjouissez-vous ! » Ce sont les premiers mots de la messe de ce dimanche qui, reprenant Saint Paul, invitent à la joie. Pour cette raison, aujourd’hui, les vêtements du prêtre peuvent être de couleur rose. C’est un peu de la lumière de Noël dans le violet sombre de l’Avent ; c’est déjà l’aurore de la naissance du Messie qui s’annonce.

             Les textes liturgiques du  jour révèlent que le temps où nous sommes n’est pas aux lamentations, mais à la patience, à l’endurance et à la fermeté. Le prophète Isaïe, s’adressant à un peuple qui a souffert, en appelle à
    la confiance et annonce un avenir meilleur. Ce message, bien que réconfortant, n’est pas facilement accepté lorsque nous sommes dans l’épreuve. Jean le Baptiste, passionnément dévoué à la prédication de la venue du Messie, est, lui aussi, en proie au doute. De sa prison, il envoie une délégation de disciples poser une brulante question à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? ». Cette interrogation, ayant le ton d’une déception continue de se poser encore de nos jours, dans certaines circonstances éprouvantes.

     

            Jésus répond indirectement à la question de Jean en reprenant le message prophétique d’Isaïe pour donner les signes de son identité et de sa venue. Cet état de faits indique qu’aucun croyant n’est à l’abri du doute, de déception et des épreuves de la vie. Mais la foi permet d’arriver à une certitude qui ne serait pas illusoire. Bethléem a dû être un lieu de joie permanente car le Seigneur était là. Celui qui ouvrait les yeux de la foi, pouvait vivre la joie du ciel venue sur terre.

                Avec confiance, tournons-nous vers Celui qui est la source de notre joie et demandons-lui de ranimer en nos coeurs la foi et l’espérance. Maranatha, Viens Emmanuel, viens nous sauver !

     

     

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • L’espérance selon le pape François

             En regardant comment souvent nous nous installons dans ce monde, en nous adaptant à sa mentalité, un prêtre écrivain priait ainsi pour Noël : « Seigneur, je te demande un peu de tourment, un peu d’agitation, un peu de remords. À Noël, je voudrais me trouver insatisfait. Content, mais aussi insatisfait. Heureux à cause de ce que tu fais, insatisfait à cause de mon manque de réponse. Enlève-nous, s’il te plaît, nos fausses paix et mets une branche d’épines à l’intérieur de notre “mangeoire” toujours trop pleine. Mets dans nos âmes le besoin de quelque chose d’autre » (A. Pronzato, La Novena di Natale). Le désir d’autre chose. Ne restez pas immobile. N’oublions pas que l’eau stagnante est la première à se corrompre.

    L’espérance chrétienne est précisément ce « quelque chose d’autre » qui nous demande d’avancer « sans tarder ». À nous, disciples du Seigneur, il est en effet demandé de trouver en Lui notre plus grande espérance et de la porter sans tarder, comme des pèlerins de la lumière dans les ténèbres du monde.

    C’est cela le Jubilé, c’est le temps de l’espérance ! Il nous invite à redécouvrir la joie de la rencontre avec le Seigneur, il nous appelle à un renouveau spirituel et nous engage à transformer le monde, afin que ce temps devienne vraiment un temps jubilaire : qu’il le devienne pour notre mère la Terre, défigurée par la logique du profit ; qu’il le devienne pour les pays les plus pauvres, accablés de dettes injustes ; qu’il le devienne pour tous ceux qui sont prisonniers des anciens et des nouveaux esclavages.

    À nous, à nous tous, incombe le don et l’engagement de porter l’espérance là où elle a été perdue : là où la vie est blessée, dans les attentes trahies, dans les rêves brisés, dans les échecs qui brisent le cœur ; dans la lassitude de ceux qui n’en peuvent plus, dans la solitude amère de ceux qui se sentent vaincus, dans la souffrance qui laboure l’âme ; dans les longues journées creuses des prisonniers, dans les chambres étroites et froides des pauvres, dans les lieux profanés par la guerre et par la violence. Porter l’espérance là, semer l’espérance là ! (Extrait de l’homélie de Noël 2024).

    Bel Avent à tous !

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • L’Avent, temps de notre attente

               Notre liturgie, du moins dans les premiers jours de l’Avent, nous appelle à nous préparer au retour du Christ à la fin des temps, son retour glorieux. D’une certaine façon, nous sommes conscients que nous avons besoin de demeurer éveillés tant il est vrai qu’il est si facile de nous assoupir, de demeurer sourd à celui qui frappe à notre porte. La liturgie du premier dimanche de l’Avent le dit de façon très nette : « Veillez … Tenez-vous prêts ! » 

               L’attente concerne pourtant Celui qui est déjà venu. Il s’est fait l’un de nous, partageant notre vie, et faisant l’expérience de nos joies et de nos peines. Sa résurrection d’entre les morts et son ascension à la droite de son Père ne l’ont pas éloigné de notre humanité : il est avec nous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps, comme il l’a promis. C’est étonnant d’être appelé à attendre Celui dont nous croyons qu’il est présent à nos côtés. Contemplons ce paradoxe et cherchons à en comprendre tout le sens pour notre vie.

               S’il est vrai que la liturgie nous appelle à attendre sa venue, c’est qu’elle nous demande d’attendre du nouveau. Nous attendons une venue du Seigneur toute neuve qui donne à notre vie un goût d’inédit. Nous savons bien que nous n’aurons jamais fini de découvrir qui Il est, et ce qu’Il est venu nous apporter.  

               C’est pourquoi il est bon de cultiver la vertu principale de l’Avent qu’est l’attention, c’est-à-dire une disposition intérieure d’écoute, d’oraison et de vigilance. Dans notre paroisse, il nous est proposé sur les quatre dimanches, 9h45 à 10h15, un temps d’écoute et d’accueil de l’évangile, suivi d’oraison (prière silencieuse), avec possibilité de se confesser pour ceux qui le souhaitent. Il peut arriver que nous soyons tellement dispersés que nous ne voyons plus le Seigneur qui s’annonce et qui vient à nos côtés, tout proche de nous, qui nous parle et nous appelle. Demandons-lui cette grâce d’écoute, d’oraison et d’attention.

    Bel Avent à tous !

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • « Celui qui croit en moi fera les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes… », Jean 14,12

                  Si les juges de Jésus ont pu retenir contre lui ce grief politique : « Il a voulu se faire roi », c’est que spontanément, durant la vie publique du Christ, beaucoup de croyants, surtout dans le peuple, avaient reconnu en lui le Messie attendu par Israël : un Messie-Roi.

    C’est ainsi qu’on a pu lire, fixée au-dessus de la croix de Jésus, une inscription avec ces quelques mots méprisants : « Cet individu est le roi des Juifs ».

    Jésus, lui, se méfiait de cet enthousiasme ; il ne voulait pas qu’on l’assimile aux rois terrestres.

    Dans cet évangile, à quatre reprises, revient le verbe « sauver » en liaison avec le nom de Messie (Christ) ou de roi :

    • « Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ, l’Élu ! » (v.35)
    • « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » (v.36)

    « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » (v.39)

    Sans le savoir, ces hommes qui défient Jésus nous orientent vers l’essentiel du mystère de ses souffrances et de sa mort : Jésus ne veut pas se sauver de la croix, parce qu’il veut nous sauver par sa croix, par l’amour qu’il donne au Père sur la croix. Car c’est l’amour qui est force de salut, et non la souffrance par ellemême.

    Sur le plan humain, la Croix paraît être un échec. En apparence, la mission du Christ se termine par la crucifixion. Et pourtant, cet échec deviendra la victoire du Ressuscité.
    En ressuscitant, le Christ nous montre cette victoire sur le péché, sur l’adversaire, cette victoire sur la mort.

    La mort n’est plus une fin, elle n’est qu’un passage vers le Christ Ressuscité. C’est à nous d’accueillir cette révélation, de faire nôtre cette parole de vie qui vient nous redonner espérance.

    Alors, soyons dans la joie parce que notre salut est là, il est devant nous, il est en nous, et Il nous appelle à la conversion. Chacun d’entre nous, nous sommes invités à la conversion, à accueillir la grâce que le Christ veut nous donner.

     

    François LALAU, diacre

     

  • Ne nous laissons pas égarer

               Depuis le fond des âges, l’homme essaie de conjurer sa peur de l’avenir en imaginant, prédisant, devinant, de quoi demain sera fait. Vers la fin de l’année liturgique, l’Eglise nous tourne vers la fin du monde et ravive notre attente de l’avènement du Christ.
    Ne doutons pas de l’avenir, comme le faisaient les hébreux au retour de l’Exil. Entendons le cri d’espérance du prophète annonçant « le jour du Seigneur » : l’Histoire a un sens. Comme tout enfantement, le monde nouveau naît dans la douleur pour laisser place à la joie. Acclamons Dieu dans le psaume : Il vient et sa venue est sûre comme l’aurore (Missel des dimanches).

    On le voit bien, la fin de l’année liturgique oriente notre médiation vers les fins dernières. Dans la dynamique de ce que l’Eglise veut nous faire vivre, il y a cette orientation de tout le projet de Dieu sur l’homme : « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous avant la création du monde » (Mt 25,34). Pour être conduit dans ce royaume, notre vie ici-bas est une succession de grâces qui nous permet de choisir le bien et de rejeter le mal. On est bien conscient de la réalité du péché qui, par un orgueil plus ou moins subtil, empêche la grâce d’agir pleinement en nous.

    L’action miséricordieuse de Dieu, lorsque nous en avons le désir, vient purifier notre âme par le sacrement de la confession, afin de sans cesse rétablir cette communion avec Dieu. L’honnêteté nous oblige à constater que nous nous laissons souvent égarer, ce qui rend le chemin de la Sainteté bien difficile.

     

    P. Anatole DEDEGBE