Catégorie : Édito

  • Journée missionnaire mondiale

              En ce dimanche de la mission, notre générosité, sollicitée à la quête, va nous permettre de manifester notre solidarité avec tous les missionnaires chrétiens qui œuvrent de par le monde pour faire connaître le message de l’Évangile. Ces hommes et ces femmes ont besoin de notre soutien aussi bien spirituel que matériel. Ils représentent, dans leur existence quotidienne immergée dans une autre culture que la leur, l’universalité fraternelle du salut apporté par Jésus.

              L’envoi de missionnaires dans des pays proches ou lointains représente pour une Église un signe fort de sa maturité et de sa vitalité spirituelle. C’est dans ce décentrement de soi-même qu’une communauté chrétienne réalise que ce qu’elle a reçu elle ne peut le garder pour elle-seule. Le trésor que lui ont transmis les premiers évangélisateurs, elle a la responsabilité missionnaire de le transmettre à son tour à ceux et celles qui en ont besoin aujourd’hui.

              Cette transmission est un acte de foi dans l’assistance que le Christ Jésus a promise à ses disciples après sa résurrection. Je ne peux que redire ici mon émotion lorsque j’ai pu constater de visu la jeunesse des prêtres et des religieuses enterrés sur les rivages du Bénin et de la Côte d’Ivoire, quelques mois souvent après leur arrivée en ces terres de mission, au siècle dernier. Nous ne pouvons interroger que sur les motivations de ces jeunes gens décédés loin de chez eux à l’âge où d’autres s’insèrent dans leur vie familiale et professionnelle dans leur pays d’origine. Une seule réponse vient alors à l’esprit : le don de soi par amour de Dieu et des autres. Ces « autres » si différents par les mœurs et la langue vers lesquels le Seigneur n’a jamais cessé d’envoyer ses disciples en leur enseignant qu’ils étaient des frères à aimer.

              L’Évangile d’aujourd’hui nous fait souvenir de la véritable révolution que produit l’adhésion sincère à la personne de Jésus. Il ne s’agit de rien de moins que de mettre ses pas dans ceux de Jésus « qui n’est pas venu pour être servi, mais pour donner sa vie en rançon pour la multitude. » Si Jacques et Jean, et les dix autres apôtres, ont eu bien du mal à accueillir cet enseignement et surtout à le mettre en pratique, ne soyons pas attristés de nous sentir nous-mêmes si éloignés d’un tel appel du Seigneur. Il s’agit d’un appel incontournable, certes, mais qui nécessite de notre part, sans aucun doute, un long entraînement.

              En ce dimanche de la mission, prions pour tous ceux et celles qui se donnent, jour après jour, dans le service prophétique et humble de leurs frères et sœurs en humanité.

     

    P. DEDEGBE Anatole

     

  • Décoder le réel pour trouver notre juste place !

               Bientôt nous pourrons revoir la clef de voûte de la cathédrale de Paris mais l’évangile de ce dimanche, par la rencontre de Jésus et de l’homme riche, nous pose la question de savoir quelle est la clef de voûte de chacune de nos vies ?

               Cette question, dans le contexte d’une autre époque, habite cet homme qui vient vers Jésus. On ne sait rien sur lui, sur sa vie, sinon qu’il est riche et semble tenir à ce qu’il possède tout en se posant la question du sens de sa vie. Déjà il observe la Loi mais est-ce suffisant ? : Bon Maitre que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ?

    L’invitation de Jésus à quitter les richesses qu’il a et sur lesquelles reposent sa vie peut être interprétée de bien des manières. Pour ceux et celles qui ont une vocation particulière on la comprend mais tout quitter cela s’adresse-t-il à chacun comme s’il s’agissait de nous désintéresser de notre vie terrestre ?

    D’autres passages des évangiles et le concile Vatican II en particulier ne vont pas dans ce sens sans parler de lettres des papes (cf. Laudato si du pape François).

    Si pour cet homme ce sont ses biens qui l’empêchent de s’ouvrir à la vie supérieure que Dieu lui propose, pour nous cela peut être d’autres réalités dont nous avons à nous détacher ou dont la vie nous détache. Sans parler de notre civilisation fière de son avoir et de son savoir-faire mais qui ne court pas après Dieu en ce moment. Cet homme riche est donc invité par Jésus, non à négliger sa vie mais  à vérifier ce sur quoi il doit lâcher prise, se détacher pour s’unir à Dieu et recevoir déjà la vie éternelle sans négliger de se montrer solidaire de ses frères en humanité.

    La question s’adresse à nous aujourd’hui sachant que se détacher, lâcher prise peut prendre des formes bien diverses dans nos vies et à tous âges au plan humain et au plan chrétien pour prendre appui sur Dieu et être habité déjà par une vie sans mesure. Si on révise régulièrement sa voiture une révision de sa vie n’est pas chose inutile non plus comme Jésus le propose à cet homme riche. Et l’évangile de ce dimanche nous invite à faire cette révision de vie seul ou avec l’aide des fraternités chrétiennes que nous n’oublions pas de créer bien sûr et auxquelles nous participons dans la paroisse ou ailleurs. L’homme est reparti tout triste. Et nous en sortant de l’église ?

     

    P. Édouard Bois

     

  • Rencontrer

              Une belle rencontre interparoissiale, initiée par le CAP (Conseil d’Animation Pastoral) qui, en 2023, a mis en marche la communauté chrétienne de Bercy jusqu’à Moret sur Loing puis, aujourd’hui, la communauté chrétienne de Moret sur Loing qui nous rejoint à Bercy. Cette initiative se concrétise et connaît un beau succès : ensemble, nous prions et communions à l’Eucharistie, nous partageons le repas et, dans un dialogue convivial, nous réfléchissons sur nos richesses et limites de pratiques paroissiales ; une visite guidée des lieux nous ouvre l’esprit et le cœur sur l’histoire de l’église, lieu d’accueil et maison commune des fidèles, et aussi sur l’histoire du quartier.

     

              Il n’y a pas de vie de croyant et de pratique de la foi chrétienne en vase clos ; rencontrer les autres paroissiens, rencontrer les autres habitants du quartier, rencontrer les paroissiens d’ailleurs, rencontrer Jésus en chacun, c’est une belle manière de témoigner de la présence de Dieu et de l’espérance qui nous habite ; c’est manifester notre joie d’avoir accueilli le Christ et son évangile dans notre vie. Chacun de nous se montre ainsi témoin et missionnaire !

     

              Il faut rendre possible la rencontre ; cette expérience est à poursuivre et à approfondir surtout en ce mois missionnaire et de rosaire, marqué par de grandes figures de sainteté comme la sainte Vierge Marie, sainte Thérèse de Lisieux et saint François d’Assise…Puissent-ils intercéder pour nos deux communautés paroissiales et pour Léa et Ethel qui nous rejoignent aujourd’hui par leur entrée en catéchuménat à Bercy.

     

    P. DEDEGBE Anatole

  • Edito du 16 avril 2023

    « La paix soit avec vous ». 

    C’est la première parole de Jésus ressuscité aux apôtres et quelques autres enfermés à double tour, à Jérusalem, par peur des représailles politico-religieuses de l’occupant ou des notables religieux. 

    Enfermés, ils le sont sans doute aussi en eux-mêmes dans leur désespoir et honteux de leur manque de courage. 

    Les apôtres ne devaient pas en effet se sentir très fiers de se retrouver devant le Seigneur, après les événements qui venaient de se passer. 

    Ils avaient la plupart pris peur. Ils avaient trahi. Ils s’étaient faits bien discrets. 

    « La paix soit avec vous » leur dit Jésus. 

    La paix, dans la Bible, est un terme très riche de sens où il est question de salut, de justice, de réconciliation. 

    Jésus, leur adressant ce souhait, leur manifeste qu’il ne leur tient pas rigueur de leur attitude lors des événements tragiques qui viennent de se passer. 

    « La paix soit avec vous ». 

    En disant aux disciples, dans l’évangile de Jean ces premières paroles de Ressuscité, Jésus leur partage
    une fois de plus ce qu’il y a de plus profond au cœur de Dieu : la miséricorde à laquelle sainte Faustine et nos papes contemporains nous invitent à être attentifs. 

    La miséricorde, a dit joliment Pierre Talec, n’est pas une qualité de Dieu parmi d’autres. Elle est Dieu au cœur de lui-même. 

    La miséricorde divine se traduit ainsi par le pardon de Jésus à ses bourreaux. 

    La miséricorde de Jésus est présente aussi dans la rencontre de Jésus et des fuyards du Vendredi Saint, les apôtres et leurs proches. 

    Il y a un parfum de miséricorde qui flotte dans les récits des apparitions, dans ces retrouvailles inattendues bien que promises par Jésus. 

    « La paix soit avec vous »
    Ce n’est pas de la part de Jésus une simple consolation à l’égard de gens qui n’ont pas le moral. 

    « La paix soit avec vous » c’est un don de Dieu qui leur est fait. Le don de sa miséricorde et de sa vie. 

    Demandons-nous donc en ce temps pascal ce que nous mettons sous ce mot et quels autres mots nous utiliserions pour exprimer concrètement la miséricorde : bienveillance, compréhension, pardon, réconciliation ? 

    Que ce temps de Pâques nous fasse partager et vivre cette miséricorde et cette paix dans toutes nos relations. 

    « La paix soit avec vous ». Cette parole est dite aussi sur nos vies. 

    Un cadeau qui vaut bien des œufs de Pâques même les plus gros ! 

     Père Edouard Bois

  • Edito du 2 avril 2023

    La semaine dite « Sainte »



    Elle s’ouvre par le dimanche des rameaux et se termine par le dimanche de Pâques. Nous allons, en effet, suivre Jésus pas à pas depuis son entrée triomphale à Jérusalem jusqu’à la découverte de son tombeau vide le matin de Pâques. 

    Cette semaine ne se résume pas à une commémoration historique, elle rend présents les événements qui sont à l’origine de notre vie nouvelle avec le Christ. 

    Il ne faut pas passer à côté de cette occasion qui nous est proposée pour renouveler en profondeur la grâce du baptême que nous avons reçue ou que vont recevoir ceux qui s’y sont préparés.

    La première condition pour suivre ainsi le Christ durant cette semaine est d’en prendre la décision. 

    Cette décision ne dépend que de nous, elle consiste à nous efforcer de faire une place au milieu de nos contraintes extérieures, professionnelles ou familiales pour vivre ces jours pas comme les autres.

    Le dimanche des rameaux et de la passion a la particularité de nous faire entendre deux passages de l’Évangile : l’entrée triomphante de Jésus à Jérusalem et la passion du Christ. 

    Ces lectures nous rappellent l’ambiguïté de l’état d’esprit de ceux qui entourent Jésus.

    Le jeudi saint, nous célébrons l’instauration du sacerdoce et de l’eucharistie.

    Traditionnellement, c’est ce jour où nous célébrons l’instauration du sacerdoce qu’il est prévu que soit célébrée la messe chrismale durant laquelle les prêtres renouvellent les promesses d’obéissance à l’évêque, de fidélité à la prière de l’Église, et d’annonce de l’Évangile. 

    C’est aussi lors de cette célébration que sont consacrées les saintes huiles : l’huile des catéchumènes que l’on peut utiliser lors des célébrations qui accompagnent les catéchumènes qui se préparent au baptême, l’huile des malades qui est utilisée lors du sacrement des malades et le saint Chrême qui permet d’oindre les baptisés, les confirmés et les prêtres. 

    D’un point de vue pratique, l’habitude est prise à Paris de célébrer cette messe le mercredi saint.

    Nous célébrons aussi l’entrée dans le triduum pascal par la dernière cène du Seigneur où nous entendons le passage de l’évangile du lavement des pieds des apôtres. 

    Par ce geste, le Christ donne à ses apôtres la responsabilité de prendre soin des autres. Il instaure l’Eucharistie et demande aux mêmes apôtres de «faire cela en mémoire » de lui. 

    Puis cette célébration se poursuit dans l’adoration eucharistique : temps de veillée qui rappelle la prière des disciples à Gethsémani avec Jésus. 

    Les cloches de nos églises cessent alors de sonner.

    Le vendredi Saint, sachons rendre disponible notre corps par le jeûne et notre cœur par le silence et la méditation. 

    La liturgie de l’Eglise nous propose de suivre et de méditer le chemin de Croix. Le soir, l’office de la Croix nous invite à vénérer « le bois qui a porté le salut du monde ».

    Sachons ensuite entrer dans l’attente du samedi Saint, dans ce temps où le Seigneur repose au tombeau, nous pourrons alors goûter pleinement à la voie de la nuit de Pâques où la lumière a resplendi dans les ténèbres et où la Vie a définitivement vaincu la mort.

    Fructueuse et féconde semaine Sainte à toutes et tous !

    P. Anatole DEDEGBE 

  • Edito du 26 mars 2023

    Le passage vers la vie 

    Jésus cria d’une voix forte ; « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit… Beaucoup de juifs qui étaient venus et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui ». 

    La question de la foi qui est au cœur de cet évangile de la résurrection de Lazare est évidemment la question centrale du baptême. 

    Nous y serons invités au cours de la Vigile Pascale : nous devrons renouveler la profession de foi de notre baptême au Dieu Trinité, Père éternel, source de vie ; Fils unique égal au Père, envoyé en ce monde pour le salut des hommes ; Esprit de sainteté, Esprit d’amour qui construit le corps ecclésial à travers les siècles. 

    C’est le renouvellement de cette profession de foi que nous sommes invités à préparer par notre contemplation du Christ, la Résurrection et la Vie. 

    C’est le renouvellement de notre profession de foi en la capacité du Christ à nous délier de tout ce qui nous retient au
    tombeau. 

    C’est le renouvellement de notre profession de foi dans la puissance du Christ qui nous libère. 

    Telle est la question de confiance qui nous est posée par Dieu et par les hommes sur notre avenir : qu’allons-nous devenir ?

    Allons-nous devenir des morts ? Ou la foi nous introduit-elle pour toujours dans la vie ? « Celui qui croit en moi ne connaîtra pas la mort, même s’il meurt » ». 

    Et c’est cela la Pâque : le passage vers la vie. 

    Dieu, fais grandir notre foi en ton Fils ressuscité des morts pour que soit plus vive aussi l’espérance de notre propre
    résurrection et celle de nos défunts. 

    Père Anatole Dédégbé

  • Edito du 19 mars 2023

    Va te laver à la piscine de Siloé 

    Nous venons tout juste de passer la mi-carême et le printemps n’est plus loin au moins sur le calendrier des jours. 

    Il nous reste donc un peu de temps pour vivre ce carême si nous avions oublié de le faire. 

    Dans le carême il s’agit moins de faire des actions en plus et de vouloir arriver parfait le jour de Pâques mais plutôt de faire la vérité sur ce que nous sommes. 

    C’est là que nous rejoignent la mort et la résurrection du Seigneur. 

    La Journée du Pardon, la soirée paroissiale de rencontre et de prière et d’autres initiatives,  comme les trois panneaux dans notre église, sont là pour cela ainsi que les appels à la  solidarité et la méditation de la Parole de Dieu. 

    Ainsi ce dimanche nous sommes invités à méditer la rencontre de Jésus, avec un mendiant aveugle. 

    Un mendiant, qui est aveugle de naissance. 

    Il vit au bord d’une route. 

    Cela ne fait pas une belle carte de visite ! 

    Les gens le lui font sentir et le regardent de travers. 

    Pour cet aveugle le plus douloureux ce ne sont sans doute pas des conditions de vie matérielles médiocres mais ce regard des autres où il devine à travers telle ou telle réflexion saisie au vol un regard de suspicion et de jugement : s’il est comme cela c’est qu’il a péché
    lui ou ses parents ! 

    C’est un châtiment de Dieu ! 

    Mais voilà. Dieu ne raisonne pas comme nous. 

    Dieu a soif de nous et Jésus est passé par là. Il est attentif à tout et à tous et il repère ce pauvre homme aveugle. 

    Jésus entre en dialogue avec lui, écoute sa souffrance et son aspiration à vivre. Il lui barbouille les yeux et l’invite à aller se laver à la piscine de Siloé. 

    Mieux que cela, la relation que Jésus noue avec cet aveugle lui fait comprendre, à travers sa guérison, que Jésus vient lui partager une autre lumière : la lumière de la vie divine. 

    Quelque part dans ce carême, à un moment que nous ne pouvons prévoir, notre Dieu a rendez-vous avec chacun de nous et attend notre réponse, une réponse du fond du cœur et en vérité. 

    Alors comme nous y invite Saint Paul conduisons-nous en enfant de lumière. 

    Ainsi dit-il dans l’épitre aux Ephésiens la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité. 

    Sachons donc reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. 

    Un beau programme de carême. 

    Et si c’était nous qui disions aussi comme l’aveugle : Je crois Seigneur, tu es source de vie ! 

     Père Edouard Bois

  • Edito du 12 mars 2023

    Avons-nous conscience de l’immense soif de Dieu pour nous ? 

    Ce 3ème dimanche de carême, le thème qui traverse toutes les lectures est la vie divine apportée le Christ. 

    Dans l’Exode (17, 3-7), l’eau était déjà venue désaltérer le peuple accablé par la soif au désert. 

    Saint Paul, quant à lui, voit l’Esprit Saint répandu dans nos cœurs comme une source rafraichissante et bienfaisante. 

    Enfin, au 4ème chapitre de l’évangile de saint Jean, Jésus offre à la Samaritaine une eau  mystérieuse, « jaillissant en vie éternelle » (v.14). 

    Grâce à Jésus, la Samaritaine parcourt cet itinéraire, depuis le désert de mort jusqu’à la vie en plénitude. 

    Le Christ conduit la Samaritaine vers le désir de s’élever, d’adorer « en Esprit et en vérité » (v.24). 

    Le dialogue montre aussi la recherche intérieure de cette femme, animée par cette soif d’une véritable eau vive. 

    Comme pour la Samaritaine, Dieu veut répandre son Esprit en nos cœurs, obtenir de nous la foi comme réponse  confiante et nous donner la vie éternelle. 

    Le Seigneur connait notre faiblesse et nos existences blessées ; mais il n’arrête pas son attention sur nos seuls péchés, il vient les guérir. 

    Parallèlement, il existe un autre désir, bien plus profond, qui précède le nôtre de toute éternité : celui de Dieu. 

    Ce qui est premier, c’est la soif de Dieu pour tout homme qu’il a créé : il veut lui dire son amour, et être aimé en retour. 

    Jésus dit : « Donne-moi à boire » (v.10). 

    Tout ce passage témoigne de la patience du Christ pour obtenir la conversion de la Samaritaine. Jésus a soif de cette âme. Lorsque le Christ apparaîtra à Sainte Marguerite-Marie en 1673, il exprimera la même soif d’amour :

    « J’ai soif, d’une soif si ardente d’être aimé des hommes au Saint-Sacrement que cette soif me consume. » 

    Avons-nous conscience de cette immense soif de Dieu pour nous ? 

    C’est une perspective qui devrait changer notre prière. Dans son Testament spirituel, Mère Teresa exprime la même chose : « Jésus vous désire ardemment. 

    Vous lui manquez quand vous ne vous approchez pas de lui.


    Il a soif de vous. Il vous aime en permanence, même quand vous ne vous en sentez pas dignes. » 

    Une des propositions du conseil pastoral pour ce carême est de faire l’expérience de l’adoration « qui poursuit en nous l’œuvre de la messe », comme le souligne le Pape François. Accueillons la grâce et laissons-nous transformer par le Christ présent dans l’Hostie consacrée. 

    Comme
    lors de la rencontre avec la Samaritaine, le Seigneur dit à chacun : « j’ai soif » et « je suis avec toi ».

    François LALAU
    Diacre

  • Edito du 5 mars 2023

    Que la montagne est belle ! 

    Que la montagne est belle ! Les bénéficiaires des récentes vacances d’hiver ont pu le constater malgré parfois le manque de neige. 

    Cela doit évoquer aussi, pour beaucoup encore, la célèbre chanson de Jean Ferrat. 

    Mais c’est aussi ce que peuvent penser les lecteurs de l’évangile de ce 2ème dimanche de carême avec le récit de la Transfiguration sur le Mont Thabor. 

    Jésus en effet invite ses trois plus proches, Pierre, Jacques et Jean, à y venir prier avec lui.

    Il ne s’agit pas là dans doute d’une montagne aussi haute que les nôtres mais quand même.

    Les pèlerins de Terre Sainte qui y montent pour commémorer ce qui s’y ait passé le savent bien. 

    Mais là-haut encore faut-il ne pas oublier que, peu de temps avant, Jésus a annoncé à ses proches ce qui allait lui arriver et que les chrétiens commémorent dans la Semaine Sainte. 

    Les apôtres sont sous le choc. 

    Nous serons là pour te protéger avait même dit Pierre avant de se faire remettre à sa place. 

    Le cadre de la Transfiguration fait partie du message que Jésus veut alors leur donner. 

    La montagne dans la Bible est un lieu symbolique des plus importants dans la tradition juive. Ainsi le mont Sion qui porte Jérusalem, la cité de David et le Sinaï sur lequel ont séjourné Moïse et Elie et où ont eu lieu les révélations que l’on sait. 

    Que Moise et Elie, représentants la Loi et les Prophètes, soient là au moment de la Transfiguration de Jésus confirme bien ce qu’il avait dit : je ne suis pas venu abolir la loi et l’enseignement des prophètes mais l’accomplir c’est-à-dire les réaliser. 

    C’est ce qui se passe et que nous méditons tout au long du carême où il s’agit moins de se regarder que de regarder Jésus un peu mieux et un peu plus vivre ce qu’il doit vivre pour notre salut. 

    La réaction de Pierre souligne son attachement à Jésus mais aussi qu’il a encore du chemin à faire spirituellement pour entrer dans la démarche de Jésus et accepter les événements qui s’annoncent. 

    « Celui-ci est mon Fils bien aimé écoutez-le » ces paroles adressées aux disciples s’adressent aussi à chacun de nous et particulièrement dans les événements difficiles personnels ou de
    société voir planétaires que nous pouvons vivre et qui font parfois aussi de nous des mal-croyants. 

    Tout homme est aimé de Dieu, tout homme est une histoire sacrée, tout homme est à l’image de Dieu. Tout homme a en lui cette lumière de Dieu qui peut transfigurer sa vie. 

    Oui que la montagne a dû être belle ! 

     Père Edouard Bois

  • Edito du 12 février 2023

    Abolir ou accomplir ?

    « Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir » dit Jésus dans l’évangile de ce dimanche. Une parole un peu énigmatique à rapprocher de la question que pose ailleurs Jésus à un scribe : quel est le plus important des articles de la loi ? 

    « Tu aimeras Dieu et ton prochain comme toi-même » lui est-il répondu suscitant ses félicitations.


    C’est là pour Jésus le cœur des 10 commandements de la loi de Moïse augmentés au fil des siècles par les autorités religieuses jusqu’à 613 préceptes qui devaient être respectés minutieusement. 

    Mais Jésus ne dit pas que la loi mosaïque serait insuffisante.

    L’enseignement des prophètes non plus. 

    Ce qui est essentiel c’est d’aimer Dieu et son prochain et de ne pas oublier que c’est Jésus qui nous sauve.

    « Accomplir » en effet dans l’évangile de Mathieu ne veut pas dire changer mais réaliser. C’est ce que fait Jésus au long de sa vie mais la loi et les prophètes restent, de bien des manières, des repères nécessaires.

    A nous donc de mettre nos pas dans ceux de Jésus. 

    En particulier à l’égard des malades sur lesquelles le pape François attire notre attention à l’occasion de la Journée des malades et de la santé. « La maladie, dit-il fait partie de l’expérience humaine. 

    Mais elle peut devenir inhumaine si elle est vécue dans l’isolement et dans l’abandon, si elle n’est pas accompagnée de soins et de compassion. 

    L’expérience de l’égarement de la maladie et de la faiblesse fait naturellement partie de notre chemin, souligne aussi  le Pape, ils ne nous excluent pas du Peuple de Dieu, au contraire, ils nous placent au centre de l’attention du Seigneur, qui est Père et ne veut perdre en chemin pas même un seul de ses enfants. 

    Et ajoute-il : « Nous sommes tous fragiles et vulnérables ; nous avons tous besoin de cette attention remplie de compassion qui sait s’arrêter, s’approcher, soigner et soulager. 

    Les personnes malades sont au centre du peuple de Dieu et de l’humanité où chacun est précieux et où personne n’est à exclure ». 

    Une attention que nous retrouvons dans notre communauté paroissiale chez les personnes et dans les groupes attentifs aux malades et aux souffrants. 

    « Prends soin de lui » recommande le Samaritain à l’aubergiste. Une recommandation que Jésus fait aussi à chacun d’entre nous.

    « Soyez bon et on vous croira » disait saint Vincent de Paul. 

    Père Edouard Bois