Catégorie : Édito

  • « Redressez-vous et relevez la tête car votre rédemption approche.»

    Luc 21, 28

                  Une nouvelle année liturgique commence : l’occasion de lever les yeux, de sortir de nous-même, de nous mettre en chemin vers le Seigneur, ou plutôt de l’accueillir car c’est Lui qui daigne venir nous chercher.

    Après nous avoir donné des avertissements dans un discours eschatologique pour nous maintenir dans une saine tension et nous faire attendre le retour de celui qui est notre espérance, Jésus nous interpelle : « redressez-vous et relevez la tête » (v. 28).

    Mais comment vivons-nous cela dans le concret de nos existences ?

    Face aux souffrances et imperfections de ce monde, désirons-nous le royaume qui vient et œuvrons-nous pour qu’il advienne ?

    L’Avent est un temps de conversion. Nous pouvons, au cours de ce mois, nous fixer des objectifs concrets pour aimer plus généreusement et au-delà de notre cercle habituel. N’oublions pas qu’une des plus excellentes formes de la charité est d’attirer notre prochain vers le Christ.

    L’Avent est une marche vers la lumière qui nous arrache aux ténèbres, comment pourrions-nous laisser les autres hommes errer dans leurs prisons intérieures ?

    Benoît XVI nous invite à faire cette démarche : « Vivre conformément à l’Avent signifie vivre comme quelqu’un qui est sorti du sommeil, et cela comporte également la responsabilité de veiller, de tirer les autres du sommeil, de montrer aux autres ce qui donne de l’importance à notre vie. » (Enseigner et apprendre l’amour de Dieu, 2016)

    Dans la 1ère lecture, l’oracle de Jérémie nourrit notre espérance. Le Dieu fidèle à son Alliance tiendra sa Parole, il accomplira « la parole de bonheur » (v. 14) pour son peuple. Lors de son avènement à la fin des temps, la « promesse de bonheur » s’élargira au don de la gloire sans fin dans le ciel. Le Pape François rappelle : « Le temps de l’Avent nous redonne l’horizon de l’espérance, une espérance qui ne déçoit pas parce qu’elle est fondée sur la parole de Dieu […]. Le Seigneur ne déçoit pas ! Lui, est fidèle ! ». (Angélus 1er décembre 2013)

    Il a d’ailleurs déclaré l’année sainte 2025, année jubilaire avec pour thème : « Pèlerins d’espérance. »     

    Laissons-nous dès aujourd’hui attirer par l’espérance et faisons en sorte qu’elle devienne contagieuse à travers nous, pour ceux qui la désirent. Puisse notre vie leur dire : « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. » (Ps 27, 14)

     

    François LALAU, diacre permanent

     

  • Ma royauté n’est pas de ce monde

               C’est un dialogue un peu étrange entre Jésus et Pilate que nous présente l’évangile de ce dimanche de la fête du Christ, Roi de l’univers ; tout, ou presque, y est déconcertant.

    La première question de Pilate est assez surprenante : « Es-tu le roi des Juifs ? » Il y a bien plus ou moins un « roi des Juifs » en titre ! La deuxième étrangeté réside dans la réponse de Jésus, qui n’en est pas une : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » Jésus fait sans doute allusion à des débats qui ont précédé sa comparution devant Pilate. Mais il est surprenant de répondre à une question en en posant une autre. On comprend la réaction de Pilate : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? » Or voici que Jésus apporte des éléments de réponse à la question initiale : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »  À l’envers de ce qu’on pense d’habitude, Jésus se présente de manière implicite comme « serviteur », se sacrifiant par amour pour tous les hommes, et non comme un potentat.

    Le plus ardu reste dans la finale de cette page d’Évangile. Jésus déclare sa mission devant Pilate : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Il est regrettable que le lectionnaire ait omis la réplique de Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jn 18, 38). Cette question fondamentale et existentielle est aussi la nôtre.

    Par bonheur, l’évangile selon saint Jean apporte quelques réponses. Celle-ci, par exemple, quand Thomas demande : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas : comment pourrions-nous savoir le chemin ? » (Jn 14, 5), ce à quoi Jésus répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie : personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14, 6).

    Loin de n’être qu’un concept philosophique, il se trouve que la « vérité » dont parle Jésus est une personne et que cela le concerne de façon tout à fait directe, comme il l’indique à Thomas, à Pilate et à chacun de nous : « Je suis la vérité ».

    . Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il l’entende et intègre cette vérité, qu’est Jésus, Fils de Dieu, dans sa vie.

    P. Anatole DEDEGBE

  • Les derniers temps

              Traditionnellement l’année liturgique se termine fin novembre peu après la fête du Christ-Roi de l’univers. S’ouvre alors le temps de l’Avent qui nous prépare à fêter chrétiennement la Nativité du Seigneur. Nous n’en sommes pas encore là même si de Noël on commence déjà à parler dans les rues et les familles.

              En attendant, pour conclure l’année liturgique, les textes bibliques retenus pour les messes, en particulier l’évangile de ce dimanche, mettent l’accent sur les derniers  temps et les catastrophes qui y seraient liées.

              La deuxième lecture, l’épitre aux Hébreux, elle, met en valeur aussi ce dimanche le rôle unique et décisif du Christ pour ce moment-là. Jésus, dans cette épitre, est qualifié de Grand Prêtre mais d’une manière bien différente de celle des prêtres de la première Alliance.

    Quand cela arrivera-t-il ? Le Christ lui-même ne le savait pas nous dit l’évangéliste Marc. Seul le Père en décide ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils n’en n’ont pas parlé mais cela souligne la confiance de Jésus.

              Alors nous, quelle attitude avoir au regard de cette perspective des derniers temps ?

    La fin dernière annoncée par Jésus, les premiers chrétiens la pensaient imminente. Cela avait entrainé les nouvelles communautés à se croiser les bras. A quoi bon se fatiguer si la fin est proche !

              Saint Paul dans ses lettres invite fermement les chrétiens de son temps à se remettre au travail et à vivre leur vie chrétienne. Le conseil vaut aussi pour nous. Mais le père Teilhard de Chardin dans un livre « le Milieu Divin » dénonçait, en son temps, une autre tentation dans l’attitude des chrétiens : la fin du monde n’est pas pour demain alors ne nous fatiguons pas à l’attendre !

    Certes l’image du figuier qui continue à pousser, jointe à celle des catastrophes annoncées, est une invitation à la confiance et les forces diaboliques que symbolisent divers astres ne doivent pas être source de découragement ou d’immobilisme. Ce serait alors oublier que le rassemblement final est déjà commencé.

    L’assemblée que nous formons le dimanche, sans oublier le nombre plus grand des baptisés qui ne sont pas toujours là, dit le déjà-là du rassemblement promis. L’assemblée dominicale est aussi le Corps du Christ. 

     

                                                                          Père Edouard Bois

     

  • Donner de soi

                  Si un pauvre venait frapper à votre porte, agiriez-vous comme cette veuve en donnant votre nécessaire ? Généralement, beaucoup gardent leur nécessaire ainsi que leur superflu et ils délaissent le pauvre. D’autres gardent leur nécessaire et partagent leur superflu. La veuve de notre texte va plus loin, elle donne de son nécessaire. La principale différence entre l’obole de la veuve et celles des autres n’est pas du tout la somme donnée mais le sens de son don. Les veuves de l’époque étaient laissées à elles-mêmes. La femme pauvre de l’Évangile donne ce qu’elle a pour vivre, son « nécessaire ». D’une certaine façon elle donne sa vie. Souvent, nous donnons parce que cela fait partie d’une bonne vie en société, nous donnons par convention ou par intérêt. La veuve, elle, donne tout. Elle refuse la fatalité de sa misère. Puisque de toute façon elle n’a plus rien, inutile de garder ce rien, autant en faire quelque chose. Elle retrouve ainsi sa vraie liberté. Par son don, elle n’est plus une pauvre veuve mais elle devient l’égale de celui qui donnerait toute sa fortune. Le jeune homme riche avait reculé devant le don mais pas la veuve. Elle est sortie de la logique des contrats, des sacrifices pour la bonne conscience ou le prestige.

    À l’époque où un sundae de crème glacée ne coûtait pas cher, un petit garçon de 10 ans entre dans le café d’un hôtel et, s’assoit à une table. Une serveuse dépose un verre d’eau devant lui. C’est combien pour un sundae de crème glacée ? demande-t-il. 50 cents, répondit la serveuse.  Le petit garçon sort la main de sa poche et se met à compter la monnaie qu’elle contient. Bien… Combien pour un simple plat de crème glacée ? Demande-t-il à nouveau. Et pendant ce temps-là, des clients attendent pour une table et la serveuse commence à perdre patience… 35 cents, répond-elle sèchement. Je vais prendre le plat de crème glacée, dit-il finalement. La serveuse lui apporte sa crème glacée, dépose l’addition sur la table et s’en retourne. Le garçon finit sa crème glacée, paie à la caisse et s’en va.

    Quand la serveuse revient, elle a des larmes à l’œil, en nettoyant sa table. Bien placé à côté du plat vide…Elle voit 15 cents. Le petit garçon ne pouvait pas prendre le sundae, pour la simple raison qu’il ne lui restait suffisamment pas de monnaie pour laisser de pourboire !  Il avait donné de son superflu et un peu de son nécessaire.

    Beaucoup n’ont pas grand-chose, ils n’ont qu’un nécessaire minable. Ceux-là peuvent quand même donner beaucoup car il n’est pas nécessaire de donner de l’or, car la richesse la plus importante à partager, c’est la Parole de Dieu.

    En chacun de nous se mêlent l’attitude du scribe et celle de la veuve. D’un côté, la recherche de possessions toujours plus grandes pour soi à travers les honneurs et la richesse. De l’autre, le don humble et gratuit de soi-même. Il nous faut, nous aussi donner ce que nous avons de plus précieux et c’est souvent donner de notre temps. Ne nous laissons pas décourager par l’ampleur de la tâche et la faiblesse de nos moyens. Depuis les origines, Dieu ne cesse de nous montrer qu’il est capable de faire des merveilles avec peu de choses. Dieu ne demande pas grand-chose, il souhaite seulement que chacun lui apporte le « vrai » de sa personne. Que donnons-nous : des choses ? des gestes ? notre cœur ? Que donnons-nous aux autres ? C’est avec ce que nous donnons que Dieu peut tout construire ou transformer…

     

    P. Modeste MEGNANOU

     

  • Journée missionnaire mondiale

              En ce dimanche de la mission, notre générosité, sollicitée à la quête, va nous permettre de manifester notre solidarité avec tous les missionnaires chrétiens qui œuvrent de par le monde pour faire connaître le message de l’Évangile. Ces hommes et ces femmes ont besoin de notre soutien aussi bien spirituel que matériel. Ils représentent, dans leur existence quotidienne immergée dans une autre culture que la leur, l’universalité fraternelle du salut apporté par Jésus.

              L’envoi de missionnaires dans des pays proches ou lointains représente pour une Église un signe fort de sa maturité et de sa vitalité spirituelle. C’est dans ce décentrement de soi-même qu’une communauté chrétienne réalise que ce qu’elle a reçu elle ne peut le garder pour elle-seule. Le trésor que lui ont transmis les premiers évangélisateurs, elle a la responsabilité missionnaire de le transmettre à son tour à ceux et celles qui en ont besoin aujourd’hui.

              Cette transmission est un acte de foi dans l’assistance que le Christ Jésus a promise à ses disciples après sa résurrection. Je ne peux que redire ici mon émotion lorsque j’ai pu constater de visu la jeunesse des prêtres et des religieuses enterrés sur les rivages du Bénin et de la Côte d’Ivoire, quelques mois souvent après leur arrivée en ces terres de mission, au siècle dernier. Nous ne pouvons interroger que sur les motivations de ces jeunes gens décédés loin de chez eux à l’âge où d’autres s’insèrent dans leur vie familiale et professionnelle dans leur pays d’origine. Une seule réponse vient alors à l’esprit : le don de soi par amour de Dieu et des autres. Ces « autres » si différents par les mœurs et la langue vers lesquels le Seigneur n’a jamais cessé d’envoyer ses disciples en leur enseignant qu’ils étaient des frères à aimer.

              L’Évangile d’aujourd’hui nous fait souvenir de la véritable révolution que produit l’adhésion sincère à la personne de Jésus. Il ne s’agit de rien de moins que de mettre ses pas dans ceux de Jésus « qui n’est pas venu pour être servi, mais pour donner sa vie en rançon pour la multitude. » Si Jacques et Jean, et les dix autres apôtres, ont eu bien du mal à accueillir cet enseignement et surtout à le mettre en pratique, ne soyons pas attristés de nous sentir nous-mêmes si éloignés d’un tel appel du Seigneur. Il s’agit d’un appel incontournable, certes, mais qui nécessite de notre part, sans aucun doute, un long entraînement.

              En ce dimanche de la mission, prions pour tous ceux et celles qui se donnent, jour après jour, dans le service prophétique et humble de leurs frères et sœurs en humanité.

     

    P. DEDEGBE Anatole

     

  • Décoder le réel pour trouver notre juste place !

               Bientôt nous pourrons revoir la clef de voûte de la cathédrale de Paris mais l’évangile de ce dimanche, par la rencontre de Jésus et de l’homme riche, nous pose la question de savoir quelle est la clef de voûte de chacune de nos vies ?

               Cette question, dans le contexte d’une autre époque, habite cet homme qui vient vers Jésus. On ne sait rien sur lui, sur sa vie, sinon qu’il est riche et semble tenir à ce qu’il possède tout en se posant la question du sens de sa vie. Déjà il observe la Loi mais est-ce suffisant ? : Bon Maitre que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ?

    L’invitation de Jésus à quitter les richesses qu’il a et sur lesquelles reposent sa vie peut être interprétée de bien des manières. Pour ceux et celles qui ont une vocation particulière on la comprend mais tout quitter cela s’adresse-t-il à chacun comme s’il s’agissait de nous désintéresser de notre vie terrestre ?

    D’autres passages des évangiles et le concile Vatican II en particulier ne vont pas dans ce sens sans parler de lettres des papes (cf. Laudato si du pape François).

    Si pour cet homme ce sont ses biens qui l’empêchent de s’ouvrir à la vie supérieure que Dieu lui propose, pour nous cela peut être d’autres réalités dont nous avons à nous détacher ou dont la vie nous détache. Sans parler de notre civilisation fière de son avoir et de son savoir-faire mais qui ne court pas après Dieu en ce moment. Cet homme riche est donc invité par Jésus, non à négliger sa vie mais  à vérifier ce sur quoi il doit lâcher prise, se détacher pour s’unir à Dieu et recevoir déjà la vie éternelle sans négliger de se montrer solidaire de ses frères en humanité.

    La question s’adresse à nous aujourd’hui sachant que se détacher, lâcher prise peut prendre des formes bien diverses dans nos vies et à tous âges au plan humain et au plan chrétien pour prendre appui sur Dieu et être habité déjà par une vie sans mesure. Si on révise régulièrement sa voiture une révision de sa vie n’est pas chose inutile non plus comme Jésus le propose à cet homme riche. Et l’évangile de ce dimanche nous invite à faire cette révision de vie seul ou avec l’aide des fraternités chrétiennes que nous n’oublions pas de créer bien sûr et auxquelles nous participons dans la paroisse ou ailleurs. L’homme est reparti tout triste. Et nous en sortant de l’église ?

     

    P. Édouard Bois

     

  • Rencontrer

              Une belle rencontre interparoissiale, initiée par le CAP (Conseil d’Animation Pastoral) qui, en 2023, a mis en marche la communauté chrétienne de Bercy jusqu’à Moret sur Loing puis, aujourd’hui, la communauté chrétienne de Moret sur Loing qui nous rejoint à Bercy. Cette initiative se concrétise et connaît un beau succès : ensemble, nous prions et communions à l’Eucharistie, nous partageons le repas et, dans un dialogue convivial, nous réfléchissons sur nos richesses et limites de pratiques paroissiales ; une visite guidée des lieux nous ouvre l’esprit et le cœur sur l’histoire de l’église, lieu d’accueil et maison commune des fidèles, et aussi sur l’histoire du quartier.

     

              Il n’y a pas de vie de croyant et de pratique de la foi chrétienne en vase clos ; rencontrer les autres paroissiens, rencontrer les autres habitants du quartier, rencontrer les paroissiens d’ailleurs, rencontrer Jésus en chacun, c’est une belle manière de témoigner de la présence de Dieu et de l’espérance qui nous habite ; c’est manifester notre joie d’avoir accueilli le Christ et son évangile dans notre vie. Chacun de nous se montre ainsi témoin et missionnaire !

     

              Il faut rendre possible la rencontre ; cette expérience est à poursuivre et à approfondir surtout en ce mois missionnaire et de rosaire, marqué par de grandes figures de sainteté comme la sainte Vierge Marie, sainte Thérèse de Lisieux et saint François d’Assise…Puissent-ils intercéder pour nos deux communautés paroissiales et pour Léa et Ethel qui nous rejoignent aujourd’hui par leur entrée en catéchuménat à Bercy.

     

    P. DEDEGBE Anatole

  • Edito du 16 avril 2023

    « La paix soit avec vous ». 

    C’est la première parole de Jésus ressuscité aux apôtres et quelques autres enfermés à double tour, à Jérusalem, par peur des représailles politico-religieuses de l’occupant ou des notables religieux. 

    Enfermés, ils le sont sans doute aussi en eux-mêmes dans leur désespoir et honteux de leur manque de courage. 

    Les apôtres ne devaient pas en effet se sentir très fiers de se retrouver devant le Seigneur, après les événements qui venaient de se passer. 

    Ils avaient la plupart pris peur. Ils avaient trahi. Ils s’étaient faits bien discrets. 

    « La paix soit avec vous » leur dit Jésus. 

    La paix, dans la Bible, est un terme très riche de sens où il est question de salut, de justice, de réconciliation. 

    Jésus, leur adressant ce souhait, leur manifeste qu’il ne leur tient pas rigueur de leur attitude lors des événements tragiques qui viennent de se passer. 

    « La paix soit avec vous ». 

    En disant aux disciples, dans l’évangile de Jean ces premières paroles de Ressuscité, Jésus leur partage
    une fois de plus ce qu’il y a de plus profond au cœur de Dieu : la miséricorde à laquelle sainte Faustine et nos papes contemporains nous invitent à être attentifs. 

    La miséricorde, a dit joliment Pierre Talec, n’est pas une qualité de Dieu parmi d’autres. Elle est Dieu au cœur de lui-même. 

    La miséricorde divine se traduit ainsi par le pardon de Jésus à ses bourreaux. 

    La miséricorde de Jésus est présente aussi dans la rencontre de Jésus et des fuyards du Vendredi Saint, les apôtres et leurs proches. 

    Il y a un parfum de miséricorde qui flotte dans les récits des apparitions, dans ces retrouvailles inattendues bien que promises par Jésus. 

    « La paix soit avec vous »
    Ce n’est pas de la part de Jésus une simple consolation à l’égard de gens qui n’ont pas le moral. 

    « La paix soit avec vous » c’est un don de Dieu qui leur est fait. Le don de sa miséricorde et de sa vie. 

    Demandons-nous donc en ce temps pascal ce que nous mettons sous ce mot et quels autres mots nous utiliserions pour exprimer concrètement la miséricorde : bienveillance, compréhension, pardon, réconciliation ? 

    Que ce temps de Pâques nous fasse partager et vivre cette miséricorde et cette paix dans toutes nos relations. 

    « La paix soit avec vous ». Cette parole est dite aussi sur nos vies. 

    Un cadeau qui vaut bien des œufs de Pâques même les plus gros ! 

     Père Edouard Bois

  • Edito du 2 avril 2023

    La semaine dite « Sainte »



    Elle s’ouvre par le dimanche des rameaux et se termine par le dimanche de Pâques. Nous allons, en effet, suivre Jésus pas à pas depuis son entrée triomphale à Jérusalem jusqu’à la découverte de son tombeau vide le matin de Pâques. 

    Cette semaine ne se résume pas à une commémoration historique, elle rend présents les événements qui sont à l’origine de notre vie nouvelle avec le Christ. 

    Il ne faut pas passer à côté de cette occasion qui nous est proposée pour renouveler en profondeur la grâce du baptême que nous avons reçue ou que vont recevoir ceux qui s’y sont préparés.

    La première condition pour suivre ainsi le Christ durant cette semaine est d’en prendre la décision. 

    Cette décision ne dépend que de nous, elle consiste à nous efforcer de faire une place au milieu de nos contraintes extérieures, professionnelles ou familiales pour vivre ces jours pas comme les autres.

    Le dimanche des rameaux et de la passion a la particularité de nous faire entendre deux passages de l’Évangile : l’entrée triomphante de Jésus à Jérusalem et la passion du Christ. 

    Ces lectures nous rappellent l’ambiguïté de l’état d’esprit de ceux qui entourent Jésus.

    Le jeudi saint, nous célébrons l’instauration du sacerdoce et de l’eucharistie.

    Traditionnellement, c’est ce jour où nous célébrons l’instauration du sacerdoce qu’il est prévu que soit célébrée la messe chrismale durant laquelle les prêtres renouvellent les promesses d’obéissance à l’évêque, de fidélité à la prière de l’Église, et d’annonce de l’Évangile. 

    C’est aussi lors de cette célébration que sont consacrées les saintes huiles : l’huile des catéchumènes que l’on peut utiliser lors des célébrations qui accompagnent les catéchumènes qui se préparent au baptême, l’huile des malades qui est utilisée lors du sacrement des malades et le saint Chrême qui permet d’oindre les baptisés, les confirmés et les prêtres. 

    D’un point de vue pratique, l’habitude est prise à Paris de célébrer cette messe le mercredi saint.

    Nous célébrons aussi l’entrée dans le triduum pascal par la dernière cène du Seigneur où nous entendons le passage de l’évangile du lavement des pieds des apôtres. 

    Par ce geste, le Christ donne à ses apôtres la responsabilité de prendre soin des autres. Il instaure l’Eucharistie et demande aux mêmes apôtres de «faire cela en mémoire » de lui. 

    Puis cette célébration se poursuit dans l’adoration eucharistique : temps de veillée qui rappelle la prière des disciples à Gethsémani avec Jésus. 

    Les cloches de nos églises cessent alors de sonner.

    Le vendredi Saint, sachons rendre disponible notre corps par le jeûne et notre cœur par le silence et la méditation. 

    La liturgie de l’Eglise nous propose de suivre et de méditer le chemin de Croix. Le soir, l’office de la Croix nous invite à vénérer « le bois qui a porté le salut du monde ».

    Sachons ensuite entrer dans l’attente du samedi Saint, dans ce temps où le Seigneur repose au tombeau, nous pourrons alors goûter pleinement à la voie de la nuit de Pâques où la lumière a resplendi dans les ténèbres et où la Vie a définitivement vaincu la mort.

    Fructueuse et féconde semaine Sainte à toutes et tous !

    P. Anatole DEDEGBE 

  • Edito du 26 mars 2023

    Le passage vers la vie 

    Jésus cria d’une voix forte ; « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit… Beaucoup de juifs qui étaient venus et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui ». 

    La question de la foi qui est au cœur de cet évangile de la résurrection de Lazare est évidemment la question centrale du baptême. 

    Nous y serons invités au cours de la Vigile Pascale : nous devrons renouveler la profession de foi de notre baptême au Dieu Trinité, Père éternel, source de vie ; Fils unique égal au Père, envoyé en ce monde pour le salut des hommes ; Esprit de sainteté, Esprit d’amour qui construit le corps ecclésial à travers les siècles. 

    C’est le renouvellement de cette profession de foi que nous sommes invités à préparer par notre contemplation du Christ, la Résurrection et la Vie. 

    C’est le renouvellement de notre profession de foi en la capacité du Christ à nous délier de tout ce qui nous retient au
    tombeau. 

    C’est le renouvellement de notre profession de foi dans la puissance du Christ qui nous libère. 

    Telle est la question de confiance qui nous est posée par Dieu et par les hommes sur notre avenir : qu’allons-nous devenir ?

    Allons-nous devenir des morts ? Ou la foi nous introduit-elle pour toujours dans la vie ? « Celui qui croit en moi ne connaîtra pas la mort, même s’il meurt » ». 

    Et c’est cela la Pâque : le passage vers la vie. 

    Dieu, fais grandir notre foi en ton Fils ressuscité des morts pour que soit plus vive aussi l’espérance de notre propre
    résurrection et celle de nos défunts. 

    Père Anatole Dédégbé