Catégorie : Édito

  • Convertissons-nous et marchons ensemble

    Le carême chrétien qui est une période de 40 jours avant Pâques débutera le mercredi 5 mars et s’étendra jusqu’au dimanche de Pâques, le 20 avril. Ce temps de purification pour « préparer nos cœurs et nous ouvrir à la grâce de Dieu », précède « le triomphe pascal du Christ-Seigneur, sur le péché et sur la mort », souligne le pape François. Cette résurrection, poursuit-il, est au cœur de la foi chrétienne, et « le garant de la grande promesse du Père qu’est la vie éternelle déjà réalisée en son Fils bien-aimé ». Dans son message de Carême publié ce mardi 25 février, le Pape François reprend le thème du Jubilé : «  pèlerins d’espérance », pour inviter l’Église toute entière à se convertir. Chaque chrétien doit prendre conscience de sa situation de pèlerin, et marcher avec les autres vers la « grande promesse » : la vie éternelle.

    L’espérance est le thème central de l’année jubilaire, le pape invite à l’espérance, ciblant la raison première de l’espérance pour les chrétiens. « La mort a été transformée en victoire, et c’est là que réside la foi et la grande espérance des chrétiens : la résurrection du Christ !», écrit-il.

    Pour le Souverain pontife, l’espérance, « l’ancre de l’âme », n’est pas une simple aspiration personnelle, mais pousse à agir. « Est-ce que je vis concrètement l’espérance qui m’aide à lire les événements de l’histoire et qui me pousse à m’engager pour la justice, la fraternité, le soin de la maison commune, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte ?», convie-t-il chacun à s’interroger.

    Le pape procède aussi à une réflexion sur l’adverbe « ensemble ». « Marcher ensemble, être synodal, telle est la vocation de l’Église », souligne le Pape dans une référence au récent Synode. Sous l’impulsion de l’Esprit Saint, « les chrétiens sont appelés à faire route ensemble, jamais comme des voyageurs solitaires ». Pour le Carême de cette année, le Souverain pontife demande à chacun de s’interroger sur sa capacité à marcher avec les autres : « Demandons-nous devant le Seigneur si nous faisons en sorte que toutes les personnes se sentent faire partie intégrante de la communauté ou si nous les maintenons en marge. »

     

    Pour notre communauté à Bercy, voici quelques propositions :

    • Chaque dimanche de carême le Saint Sacrement sera exposé pendant 45 mn dès la fin de la messe de 9h jusqu’à 10h45. Chacun pourra offrir un temps de prière personnelle silencieuse devant le Saint Sacrement et cultiver une intériorité avec le Seigneur, avec la présence d’un prêtre et la possibilité de se confesser au besoin.

     

    • Chaque vendredi de carême, une méditation partielle des stations du chemin de croix sera proposée à 12h10 dans l’église et précèdera la messe de 12h30.

     

    • Le samedi 15 mars, dans l’après-midi, nous participerons à la marche du doyenné, à la découverte des cinq églises du 12ème, en partant des Quinze-Vingts pour terminer à l’immaculée Conception, en passant par Saint Eloi, Bercy et Saint Esprit.

     

    • La journée du pardon se déroulera le vendredi 28 mars de 18h à 22h au Saint Esprit.

     

    • Le prix des repas non-pris sera mis de côté pour participer à une œuvre de charité.

     

    P. Anatole DEDEGBE

  • Me voici, envoie-moi !

               Le prophète Isaïe écrit : « J’entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai-je et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici, envoie-moi. Il dit alors : Va […] ! ». Dans les versets précédents Isaïe trouve toutes sortes d’excuses pour dire à Dieu qu’il n’est pas qualifié pour faire le travail. Mais dans le royaume de Dieu, un appel est toujours plus fort qu’une compétence ! Ce qui compte, ce n’est ni l’expérience ni l’expertise, mais la disponibilité et la capacité à recevoir et à donner. « Si vous êtes prêt(e) à agir quand Dieu vous donne le feu vert, il vous emmènera dans des lieux inaccessibles pour y réaliser l’impossible. », disait un père blanc, missionnaire en Afrique pendant 40 ans.

    Abraham, Jacob, Joseph, Esther, Moïse, Samuel, David, Isaïe et Mathieu, tous ont un point commun. Tous ont dit : « Me voici ». N’est-il pas ironique de perdre autant de temps et d’énergie à imaginer comment aller là où Dieu veut que nous allions, alors qu’il nous suffirait de dire : « Me voici » ? C’est à Dieu de nous guider là où il veut ; c’est à nous de nous rendre disponibles. Tout comme pour un médecin ou un pompier appelé en urgence, c’est notre empressement à réagir que Dieu recherche. Ce n’est parfois qu’une simple incitation à rendre service au voisin. D’autres fois c’est un appel à aller plus loin, à parcourir le quartier, voire la moitié du globe… Mais tout commence par la prière avec ces deux petits mots : « Me voici » ; C’est ce que dit le disciple. C’est ce que Dieu veut que chacun dise aujourd’hui.

    Oui, Seigneur, envoie-moi ! Notre mission nous la recevons du Seigneur qui nous a appelés à le suivre. Nous savons que dans le contexte actuel la mission est difficile mais l’Esprit Saint est là pour nous guider et nous aider. Être missionnaire est d’abord le témoignage que nous pouvons donner. Soyons confiants, lucides et plein d’espérance. Voici pour terminer cet édito cette prière :


    « Dieu notre Père, donne-nous l’audace des prophètes.

    Sans regarder en arrière, avec confiance, nous voulons répondre avec joie :

    « Me voici, envoie-moi ! ». Ouvre nos oreilles et nos cœurs à ta Parole.

    Seigneur Jésus, aujourd’hui encore tu nous appelles personnellement :

    « Viens, suis-moi ! »

    Que l’Esprit Saint continue de nous fortifier,

    Que tous unis par un même baptême, nous soyons les témoins vivants de ton Amour. »


                                    P. Anatole DEDEGBE

  • La Présentation du Seigneur !

               Se présenter ou être présenté à quelqu’un cela fait partie, au plan de la vie sociale ou religieuse, de nos traditions d’insertion, en particulier pour les jeunes enfants, et selon des rites souvent anciens.

               A cet égard, ce dimanche, la fête de la Présentation de Jésus au Temple fait mémoire d’une démarche traditionnelle dans la religion juive que Marie, Joseph et l’enfant Jésus, encore bien petit, ont accompli eux aussi le moment venu après la Purification. Et cette Présentation au Seigneur sera aussi pour eux l’occasion de rencontrer deux personnages familiers du Temple. Syméon un homme juste, assidu à la prière et Anne une prophétesse, déjà âgée qui y vient elle aussi.

    Tous deux vivent dans l’attente du Sauveur promis dans les temps anciens par les prophètes dont Malachie.(cf. première lecture). Ils le reconnaissent dans l’enfant que porte Marie et Joseph.

    C’est là pour nous une invitation à ne pas oublier que le Sauveur attendu fait partie d’un peuple, d’une culture, d’une religion que ses parents en humanité vivent et traduisent par divers rites instituants dont celui de la Présentation dont nous faisons mémoire ce dimanche. L’incarnation passe par ces rites aussi.

    Les voilà donc tous à Jérusalem pour offrir après la Purification le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur ; un couple de tourterelle ou deux petites colombes nous dit-on.

    Cette démarche initiatique de présentation à Dieu sera donc aussi l’occasion de faire au Temple, pour la famille de Jésus, la rencontre des deux personnages évoqués ci-dessus.

    Tous deux nous ouvrent, chacun à leur manière, le chemin de la rencontre du Messie dont on attendait la venue promise.

    Syméon reconnait l’identité et l’avenir si particulier de l’enfant avec qui Marie et Joseph viennent au Temple.

    Anne, elle, prophétisera aussi sur lui et ses proches une lumière sombre signe avant-coureur de bien des événements jusqu’à la Croix. Autant de raisons qui font de la fête de la Présentation dans la liturgie chrétienne un rite de la lumière qui traditionnellement introduit la messe.

    Cheminer avec Jésus, dans sa lumière, ce n’est pas oublier ses origines ni les nôtres. C’est se souvenir qu’il nous a aussi été présenté lors de notre baptême. Et nous à lui.

    Jésus est là présent au cœur de nos vies. « Ma lumière et mon salut c’est le Seigneur » nous arrive-t-il de chanter à juste titre lors de nos prières chrétiennes.

    Noël n’est pas encore bien loin. Rendons encore grâce à Dieu de la venue parmi nous du Sauveur et après la galette des rois cela mérite bien quelques crêpes selon des rites familiers que nous connaissons bien aussi.


                                                                         Père Edouard Bois

  • Le temps de la fête

                  Les juifs au temps du scribe Esdras n’étaient pas habitués à entendre proclamer la loi de Moïse. Ils se sont mis à écouter avec beaucoup de ferveur, jusqu’aux larmes, tellement ils en étaient touchés. Il est clair que cette lecture était pour eux d’une grande actualité. C’est également vrai pour les personnes qui écoutaient la lecture du prophète Isaïe, quand Jésus la faisait à la synagogue de Nazareth. L’évangile de Luc s’adresse à Théophile qui n’est personne d’autre que chacun de nous qui cherchons à connaître Dieu. Comme dans la première lecture et comme pour les auditeurs de Nazareth, nous sommes vraiment touchés quand la Parole de Dieu nous paraît actuelle et que nous la voyons se réaliser. La Parole s’accomplit aujourd’hui : voilà la nouveauté évangélique qui ne peut se démoder, car c’est à chaque génération et à chaque époque que s’accomplit la Parole libératrice de Dieu.

    La semaine de prière pour l’unité des chrétiens, célébrée depuis 1930, nous rappelle le devoir de réconciliation. La solution au manque d’union des chrétiens est de retrouver Jésus dans tout son être et l’évangile de ce dimanche nous donne des indices, car Jésus souligne qu’il est venu pour libérer, pour guérir, pour relever, enfin pour donner à tous une raison de vivre. Jésus nous libère de tout ce qui nous empêche de vivre pleinement. Mais cette libération exige notre coopération, et aussi vis-à-vis des autres, notre appui. Nous devons faire face à nos manquements et aux gestes blessants qui ont pu être les nôtres. C’est avec patience et humilité que nous parviendrons vers une plus grande unité devant le Seigneur.

    Appliquée à l’Église, la comparaison du corps humain et du corps de l’Église est d’une grande importance pour conserver l’unité de l’Église catholique et pour refaire nos liens fraternels avec tous les chrétiens. La Parole de Dieu est vivante et elle doit nécessairement tenir compte de la réalité historique des hommes et des femmes qui ont pour mission de la proclamer et de la mettre en pratique. De nombreux obstacles très humains sont au fond de nos différends religieux. Cela demande l’étude soutenue par la prière, mais également des gestes qui parlent. Il nous arrive, comme catholiques, de nous demander à quoi tient notre unité avec les autres chrétiens. Parfois, nous nous engageons ensemble pour une cause sociale, telle qu’une manifestation de solidarité. C’est un signe d’unité ; ce qui nous unit est plus profond. C’est de croire au même Jésus, Fils de Dieu.

    C’est l’Esprit de Dieu qui met au cœur de tout Homme le goût de Dieu, pour apprendre à le connaître dans la nature et dans les personnes.  Il ouvre des chemins d’unité au milieu même de la diversité. Il donne le goût de réconcilier ce qui est séparé. Jésus s’est obstiné et s’obstine encore, à travers ses prophètes, à libérer le monde et à le faire espérer, sur la base d’un seul commandement : celui d’aimer véritablement. L’aujourd’hui de Jésus est devenu le nôtre et son combat demeure inachevé tant et aussi longtemps que sa Parole de Liberté et d’Amour n’est toujours pas réalité. S’occuper de rebâtir l’unité des chrétiens est une œuvre qui va au cœur de notre mission car le baptême fait de nous tous des missionnaires du Royaume.

     

    P. Modeste MEGNANOU

     

  • Homélie de Monseigneur Laurent Ulrich à Bercy

                 Fêter le baptême du Seigneur, c’est un moment solennel dans la vie liturgique de l’Église, c’est une sorte de résumé de tout ce que nous avons entendu depuis un mois environ, dans les jours qui précèdent la fête du baptême du Seigneur. […] De l’Épiphanie au Baptême, la liturgie nous montre, à travers des épisodes évangéliques, que la puissance de Dieu est à l’œuvre dans la vie de Jésus. Jésus n’est pas simplement un modèle extraordinaire : il est bien le fils de Dieu, armé de la puissance qui se manifeste à travers lui. Les évangiles que nous avons entendus ces jours-ci disaient la belle prédication de Jésus, sa parole qui porte, et qui porte du fruit de conversion. La parole de Jésus est la parole de Dieu ; la parole de Dieu est une invitation permanente à la conversion, à la transformation des cœurs, et cela c’est la puissance de Dieu qui agit dans nos propres cœurs à l’écoute de la parole de Jésus. […]

    Ce Jésus n’est pas simplement un homme extraordinaire, il agit avec la puissance de Dieu et, dans le baptême, nous voyons bien que c’est cette puissance de Dieu qui se manifeste : à travers le baptême, il est révélé que Jésus est fils de Dieu, celui que Dieu aime, celui qu’il a envoyé pour notre conversion et pour notre acheminement vers le Royaume de Dieu. Voilà le grand mystère que nous fêtons dans le baptême du Seigneur et dans lequel nous comprenons que nous sommes appelés sur un chemin tout à fait extraordinaire, une destinée des hommes qui les ouvre à une espérance que le monde ne porte pas facilement.

    Nous avons entendu notamment le Livre d’Isaïe, et je cite ceci qui me paraît très suggestif : « Monte sur une haute montagne, toi qui portes la Bonne Nouvelle à Sion ». Et la Bonne Nouvelle qu’il s’agit de porter, c’est bien celle que je viens de dire : Dieu est tellement proche des hommes que, dès avant la venue du Sauveur, il se montre porteur de Bonne Nouvelle à travers ses prophètes. Mais ce qui est intéressant c’est que, dans le texte que je viens de vous lire, les spécialistes de la Bible disent qu’il y a deux traductions possibles. Celle que nous venons d’entendre.

    Mais il y a une autre traduction possible, qui est : « Monte sur une haute montagne, Sion, sois une bonne messagère. » Ce n’est pas tout à fait la même chose. « Sois une bonne messagère », cela veut dire non seulement « tu as reçu la Bonne Nouvelle grâce au prophète », mais « maintenant c’est toi qui es le prophète, c’est toi qui dois annoncer depuis Sion la Bonne Nouvelle au monde. » C’est très important pour nous, la Bonne Nouvelle du baptême de Jésus, la Bonne Nouvelle de la venue comme un homme du Fils de Dieu : nous ne pouvons pas le garder pour nous. Alors nous sommes entraînés, par Jésus, à entrer dans son mystère et dans sa vie ; nous sommes entraînés par Jésus à ce qu’il va vivre et qu’il nous fait vivre avec lui. […]

    Quand nous nous préparons au baptême, quand nous préparons des enfants au baptême, quand des adultes se préparent au baptême – et ils sont de plus en plus nombreux à Paris, en France et ailleurs dans la société sécularisée que nous connaissons – nous disons et ils disent : « j’attends quelque chose de Dieu et je sais que Dieu va me le donner. »

    Alors nous pouvons estimer que nous ne sommes qu’une petite paroisse, la paroisse d’un petit quartier : est-ce que cela a de l’importance pour le monde entier qui va être sauvé ? Bien sûr que cela a de l’importance ! Nous sommes une communauté chrétienne et comme Sion, comme Jérusalem, nous sommes chargés d’annoncer la Bonne Nouvelle, monter sur une haute montagne, être vus, être repérés comme des témoins de l’amour de Dieu universel.

    On peut se dire cela, et je voudrais l’affirmer en citant le pape François dans l’encyclique Dilexit nos (Il nous a aimés) qu’il a donnée il y a quelques semaines, sur l’amour du cœur de Jésus. Il y rappelle que nous sommes faits pour redonner avec Jésus du cœur à ce monde et, comme dit le pape dans la conclusion de cette encyclique, que nous sommes faits pour réinventer l’amour là où nous croyons qu’est morte la capacité d’aimer. Nous sommes faits pour cela : redonner cœur et réinventer l’amour là où nous croyons que cette capacité d’aimer est morte.

    Que le Seigneur nous y aide et que nous ne nous considérions pas comme perdus pour cela dans le monde sans espérance d’aujourd’hui : soyons des signes et des pèlerins d’espérance.

     

    +Laurent Ulrich, archevêque de Paris

  • Année Jubilaire 2025

               Le temps du jubilé est ouvert par le Pape François à Noël. En ouvrant la porte sainte de la Basilique Vaticane et en la franchissant, le Pape nous invite à investir ce temps de conversion et de réception de grâces abondantes. Notre Seigneur n’est jamais avare de grâces et l’Église puise dans ce trésor infini de grâces de son divin Rédempteur.

    En nous associant à la démarche proposée par l’Église, nous entrerons dans le flux de grâces qu’elle nous promet. Le thème que le Pape nous indique     « Pèlerins d’Espérance » précise la démarche qui doit être la nôtre. En redécouvrant l’initiative de l’amour premier du Seigneur, de cet amour rédempteur, inconditionnel et irrévocable, nous ouvrons nos âmes à la joie divine et cela suscite l’espérance en ses promesses pour aujourd’hui et pour l’avenir.

    Reconnaître la souveraineté du Seigneur sur ce monde qu’il a créé est générateur de d’espérance. Nous pouvons souhaiter que l’espérance s’affermisse toujours davantage en chacun de nous.

    La grâce de l’indulgence plénière prend la couleur particulière d’être signe concret de grâces et marque la profondeur de l’action de Dieu en nos vies. Nous savons qu’il n’est pas toujours possible de réparer les conséquences de nos fautes. Si le pardon est acquis par l’absolution, l’indulgence vient remettre les conséquences spirituelles de notre incapacité à la réparation des dégâts causés par nos péchés. Ce n’est pas une prime à l’inertie mais un encouragement à nous convertir en profondeur et « à dénouer les liens de servitudes. »

    Le Pape François nous demande d’être semeurs de signes d’espérance auprès des plus faibles mais aussi auprès de la jeunesse. Nous serons d’autant plus ardents à l’être que nous aurons été rénovés, nous-même, spirituellement.

    Le pèlerinage associé à l’année jubilaire est un déplacement géographique, vers Rome ou vers une porte sainte diocésaine locale ; il représente un effort intérieur personnel à se mettre en route vers le Seigneur. Il faut essayer de bouger, d’aller ailleurs pour devenir autre, pour devenir celui que Dieu espère et en qui il se réjouit. Il s’agit de notre conversion qu’une route peut nous aider à accomplir.

    Cette année jubilaire est donc une chance à saisir pour enrichir nos vies et celles de nos communautés : familiale, amicale, paroissiale, sociale, professionnelle etc. de l’espérance qui nous habite.

    « L’espérance ne déçoit pas » tel est le titre de la bulle d’indiction du pape. Nous allons donc nous lancer dans cette nouvelle année comme des porteurs d’espérance. Durant l’année jubilaire nous serons invités à nous rendre dans les lieux jubilaires du diocèse et à Rome pour ceux qui le pourront.

    Notre Archevêque, Mgr. Ulrich Laurent, nous fait l’honneur de sa présence chez nous à Bercy en ce dimanche. Occasion de le rencontrer et de prier avec lui au cours de cette fête du Baptême de notre Seigneur Jésus-Christ, gage de notre espérance.

     

    Père Anatole DEDEGBE

     

  • Etaient-ils trois ?

    C’est la fête de l’Epiphanie. Les Rois-Mages sont arrivés à la grande joie des enfants.

    On leur donne des noms : Melchior, Balthazar, Gaspard ! Des noms magiques qui font rêver…Mais qui sont-ils en réalité ? Combien étaient-ils ? Ont-ils vraiment existé ? Etaient-ils rois ?

               Les opinions divergent là-dessus. On ne sait pas grand-chose d’eux, sur leur origine, leur pays. 

    A moins qu’ils ne soient nés dans l’imagination d’Isaïe et de Matthieu pour nous faire comprendre quelque chose d’important.

    Selon la prophétie d’Isaïe, ils étaient des rois. Plus sûrement des astrologues venus de Babylonie.

    En tout cas ce qu’en disent les poètes, les artistes, les écrivains, les musiciens montre bien la richesse de ce que leur figure évoque.

    Leur longue aventure avant leur rencontre de Jésus n’est-elle pas la figure de l’humanité en marche, en quête d’essentiel. Ils sont  l’image de tous ceux qui cherchent une orientation à leur vie, qui avancent souvent dans les ténèbres, parfois avec une étoile qui les guide, parfois à tâtons.

    Ils sont un peu nous, tous les humains de cette planète, en quête de sens, de bonheur. Où est notre essentiel ? Que cherchons-nous dans la vie ? Comment allons-nous avancer ? « Au lieu de rechercher des satisfactions superficielles et de jouer un rôle devant les autres, dit le pape François dans sa dernière lettre, il vaut mieux laisser surgir les questions décisives ! Qui suis-je vraiment ? Qu’est–ce que je cherche ? Quel sens je veux donner à ma vie, à mes choix ou à mes actions ? Pourquoi et dans quel but suis-je dans ce monde ? Comment donner de la valeur à mon existence lorsqu’elle s’achèvera ?  Quel sens je veux donner à tout ce que je vis ? Qui est-ce que je veux être devant les autres ? Qui suis-je devant Dieu ? »

    Ces Mages ont rencontré Jésus le Christ, l’ont adoré, se sont réunis autour de lui et sont repartis, par un autre chemin dit-on, sauvé, protégé d’un danger fatal.

    Les mages sont aussi l’image de l’Eglise. L’Eglise qui rassemble autour du Christ dans la diversité de ses membres et des Peuples. Jésus est pour tous : ce mystère c’est que les païens sont associés au même héritage, au partage de la même promesse dit saint Paul.

    Une Eglise rassemblée mais aussi une Eglise dispersée dans le monde. Les mages ne restent pas là au pied de l’enfant. Ils vont rejoindre leurs lieux de vie, le cœur habité de l’espérance de ceux qui ont reconnu le Christ et sont venus l’adorer. Ces mages sont la figure des croyants à la fois réunis autour du Christ et dispersés au cœur du monde pour y être sa présence.

     Père Edouard Bois 

     

  • NOËL – EMMANUEL – DIEU CHEZ NOUS

              En cette période, nous célébrons l’événement de la venue de Jésus. À la lumière des évangiles, les chrétiens comprennent qu’en Jésus se réalise le désir de Dieu de venir habiter chez les hommes. Il continue à venir dans le monde tourmenté qui est le nôtre aujourd’hui. Avec toute l’Église, nous rendons grâce à Dieu pour cette merveille.

              Nous connaissons le récit de l’Annonciation ou plutôt celui de la vocation de Marie. L’ange Gabriel se rend chez elle pour lui annoncer qu’elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils. Et Marie répond librement : “Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole”. Cet évangile est une réponse au roi David qui voulait construire une grande maison pour le Seigneur. Or, Dieu ne veut pas habiter une maison grandiose. Son grand désir c’est d’habiter le cœur de l’homme. Il est “Emmanuel”, Dieu avec nous. Il nous invite à être en communion d’amour avec lui et avec tous nos frères. Marie a répondu oui à cet appel. Elle a accepté librement d’être la “servante du Seigneur”. Elle a aussi servi l’humanité en lui donnant le Sauveur. Sa cousine Elisabeth la proclame bienheureuse et partage son bonheur et sa joie.

              Oui, le Christ vient habiter en nous ; c’est là tout le message de Noël.  Noël, c’est Jésus qui vient. Il frappe discrètement à notre porte et il attend notre réponse. Le plus beau cadeau de Noël c’est Jésus qui vient demeurer en nous. Il faut l’accueillir et le donner au monde comme Marie. Nous y trouvons une joie que personne ne peut nous enlever.

    Le Seigneur compte sur nous pour toujours lui préparer une place dans notre vie. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Il nous invite à lui répondre positivement pour qu’il soit en nous et nous, en lui.

    En nous rassemblant dans l’église, nous répondons à son appel. Il rejoint les communautés réunies en son nom en nous nourrissant de sa Parole et de son Corps. Il veut être avec nous et en nous pour nous conduire vers le Royaume qu’il est venu annoncer. Nous pouvons lui adresser cette humble prière : “Dieu, qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce, alors tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure. Amen”


    P. Anatole DEDEGBE

  • Soyez dans la joie du Seigneur

               La fête de Noël est proche. Dans bien des domaines familiaux et sociétaux beaucoup consacrent du temps à sa préparation, depuis un moment déjà. Noël est en attente, au plan chrétien aussi !

    Une attente bien particulière puisqu’elle est célébration de la naissance du Sauveur. C’est pourquoi cette attente n’est pas triste mais traversée par une joie et une espérance spirituelle que soulignent les textes de la messe de ce dimanche. Mais quelle place dans nos vies à cette attente chrétienne ?

    Une prière le dit de belle manière : « Dieu merci de venir réveiller notre attente endormie sous les soucis de la bousculade des jours et nos ennuis. Dieu merci de venir réveiller notre attente endormie sous le poids des choses Dieu merci pour ce temps de l’Avent. Merci d’arriver à l’improviste, visiteur inattendu ! Car si Noël est programmé sur nos calendriers Toi Dieu tu n’as jamais fini de nous surprendre. ! »

    A 10 jours de Noël il est donc temps de se demander de quoi est faite notre attente ? La paroisse voudrait aider chacun, ce dimanche, à faire le point en invitant entre les deux messes à un temps de prière silencieuse et d’adoration avec la possibilité de recevoir le sacrement du pardon auprès des prêtres qui seront là.

    Dans l’évangile de ce dimanche Jean-Baptiste invite aussi les gens de son pays à se convertir et à se plonger dans l’eau du Jourdain en signe de volonté de purification et de libération. N’oublions donc pas ceux et celles qui, le jour de Noël seront probablement seuls et se tiendront, amèrement, à l’écart de la dimension chrétienne et humaine des réjouissances.

    N’oublions pas non plus la réflexion du Pape François dans sa dernière lettre : « Quel culte serait rendu au Christ si nous nous contentions d’une relation individuelle, sans nous intéresser à aider les autres à moins souffrir et à mieux vivre ? Peut-on plaire au Cœur qui a tant aimé en restant dans une expérience religieuse intime, sans conséquences fraternelles et sociales ? » 

     

    Bonne fin du temps de l’Avent et belle fête de Noël : « Soyez dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes » (St Paul aux Philippiens).

     

                                                                            Père Edouard Bois

  • La prophétie de Baruc

                  Les puissances du monde, comme au temps de Jésus, sont des pouvoirs de domination, qui s’imposent par la force et la crainte. Du côté des petits, il y a Jean-Baptiste, qui ne vit pas dans des palais royaux, mais au désert. C’est là que la parole de Dieu s’adresse aux hommes. Le désert, c’est aussi le lieu par excellence de la rencontre avec Dieu, mais aussi le lieu du combat spirituel quand nous nous trouvons confrontés avec nous-mêmes.

    Le cri de Jean-Baptiste fait référence au texte du prophète Isaïe, mais aussi au livre plus récent de Baruc. Ces textes sont une annonce du salut à venir, dans une situation qui semble au peuple d’Israël sans espoir. Ils sont une annonce de la fin de la servitude, du retour du Seigneur parmi son peuple, du retour du peuple vers sa terre. Le salut que Jean-Baptiste proclame est un salut qui ne concerne pas que le peuple d’Israël, mais bien toute l’humanité. Quand Jean-Baptiste appelle à « préparer les chemins du Seigneur », « à aplanir sa route », il nous appelle à nous convertir, à changer de vie, à corriger notre conduite mauvaise. Il nous invite nous aussi à choisir notre camp.

    Nous ne sommes plus dans la situation de Jean-Baptiste, il ne s’agit plus de préparer la venue de Dieu. Aujourd’hui nous sommes dans la situation où il est déjà venu, où il est là, mais nous sommes habiles pour imaginer toute une série de détours sur le chemin qui va jusqu’à Dieu. Cela peut prendre diverses formes, par exemple lorsque nous sombrons dans la confusion où nous croyons un peu de tout ce qui se dit. Cela peut consister en un simple aveuglement, au moment où nous comprenons ce qui se passe et ne voulons pas l’admettre. Le cri de Jean-Baptiste dans le désert ne se limite pas à un changement ponctuel. La rencontre avec Jésus est l’affaire de tous les temps. Nos repères, opposent l’intelligence et les sentiments, qui sont plutôt dans le cœur. Mais, pour nous préparer à accueillir Dieu qui vient à nous il faut l’intelligence du cœur. L’intelligence qui quitte son orgueil, et laisse monter la soif de Dieu. Le cœur qui écoute la promesse, discerne les chemins de Dieu, et cherche à comprendre, avec finesse. Nous nous préparons à Noël, mais à proprement parler, c’est Noël tous les jours. Car c’est tous les jours que Jésus nous attend et nous accompagne. C’est tous les jours que nous avons à lui faire une place dans nos vies et dans nos pensées, à lui faire la première place.

    Dieu ne vient pas comme un tyran qui exige mais comme un enfant qui se contente de la place que nous voulons bien lui laisser. Dieu est toujours à naître sur la rugueuse paille de nos vies bouleversées. Nous pouvons vivre l’Avent comme une aventure, celle de l’écoute, celle du murmure qui nous annonce la présence de Dieu dans nos vies, la présence qui nous met en action.

     

    P. Modeste MEGNANOU