Catégorie : Édito

  • Cela devait arriver

              La manière dont Luc relate l’Entrée de Jésus à Jérusalem et sa Passion est significative. Les différentes réponses de Jésus sont mises en évidence. Les événements tournent rapidement, mais il est toujours au contrôle. Il prononce les mots qui l’envoient à la mort, sans avoir besoin de témoins extérieurs. Bien que tous ses proches disciples l’abandonnent, y compris Pierre, il suit toujours le chemin de la volonté de Dieu. Bien que les soldats l’insultent et le narguent, il va toujours à la croix pour eux. On se moque de Jésus comme d’un prophète qui ne sait pas ce qui se passe, mais il est tout à fait conscient de ce qu’il fait et pourquoi. La scène se déroule avec l’ironie tragique de l’hostilité de l’humanité envers le plan de Dieu et de la ténacité du Fils de Dieu de rectifier ce qui ne va pas chez nous tous. Jésus est si complètement homme qu’il partage la peur naturelle que nous inspire la mort. Il vient à Dieu avec l’angoisse humaine que lui inspire la mort, la grande ennemie. Jésus voudrait rester uni avec Dieu, aussi étroitement qu’il l’a été durant toute sa vie terrestre. Jésus est seul, abandonné sur la croix, mais il prie. Jusqu’au bout il ne casse pas cette relation qu’il a avec son Père, même dans ce moment difficile pour lui, où il pourrait douter de l’amour et de la fidélité de Dieu, il lui parle encore. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’astu abandonné ? » L’espérance dans ce cri n’est pas morte puisqu’il s’adresse à Dieu. Comme l’écrit Paul, Jésus n’a pas revendiqué son droit d’être traité à l’égal de Dieu. Il n’a pas suivi la logique humaine. C’est la foi qui nous permet de saisir toute la portée de ce qui s’est passé. C’est la foi qui doit nous permettre de grandir à travers les situations de détresse, à travers le mal et la souffrance. L’humiliation et la mort de Jésus ne sont pas la fin. Il va ressusciter. C’est là l’essentiel du christianisme.

              Le pouvoir de la croix ne nous aidera que dans la mesure où nous réfléchissons à sa signification. « Faites ceci en mémoire de moi » n’est pas simplement un mémorial vivant, c’est le moyen même par lequel Jésus revigore son peuple en y vivant. Jésus nous entraîne sur un chemin nouveau et nous fait perdre nos repères. C’est à l’ombre d’une croix qu’il faut le trouver et se retrouver.  Mais qui suivra ce sentier ? Croyons-nous comme Jésus que l’amour devrait être le nouveau chemin qui mène notre vie ?

    P. Modeste MEGANOU

  • Bientôt la semaine sainte !

               Nous entamons en ce cinquième dimanche de ce temps de marche vers Pâques la dernière semaine de carême avant la semaine sainte qui arrive dès dimanche prochain, dit des rameaux et de la passion, et passe vite. Nous pouvons peut-être déjà nous réjouir ou au contraire nous désoler un peu de notre route jusqu’à présent. Peu importe ! Avançons résolument vers la semaine sainte ; elle est le sommet de la vie liturgique de l’église catholique : mystère du Christ qui donne Sa Vie pour donner la Vie, mystère de nos renoncements en union au Christ, mystère de notre intercession pour le monde dont nous présentons les fractures et les manques au Père du ciel par les mains percées, mais précieuses, du Christ.

    La semaine entière est consacrée au Seigneur, comme un grand dimanche. De même qu’au cœur du dimanche il y a la messe, au cœur de la semaine sainte, il y a une grande célébration liturgique, qui commence le jeudi Saint par la Sainte Cène, continue le vendredi saint par la Célébration de la Croix et trouve son point culminant le samedi soir dans la Veillée Pascale. Ainsi, une seule et même célébration déploie le mystère du salut chrétien par Jésus : don de Communion (jeudi), renoncement à soi par amour à travers le mal (vendredi), source de vie éternelle (veillée pascale). Une seule et même célébration pour nous faire comprendre que nos eucharisties rendent actuels à la fois la Communion de la Sainte Cène, le Sacrifice de la Croix et la Résurrection du Christ. Ainsi, nous comprenons mieux que recevoir les espèces eucharistiques, c’est à la fois communier (au Christ et à nos frères et sœurs) ; recevoir l’Hostie, c’est-à-dire la Victime du Sacrifice (du latin Hostia), et recevoir le Pain de Vie pour la vie éternelle.

    Puisse la Semaine Sainte nous permettre de contempler davantage la grandeur infinie du don de la vie baptismale et de l’Eucharistie ! Et pourquoi pas, cette année, faire l’effort de vivre entièrement le Triduum Pascal ? L’Eglise nous y encourage, en favorisant le rassemblement de toute la paroisse pour vivre ces jours saints.

     

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • Nos aveuglements

              Nos yeux nous permettent de voir le monde, les personnes, les événements, mais notre regard est fait de préjugés, de principes qui nous permettent de porter un jugement sur ce que nous voyons. Notre regard est tantôt illuminé par la bienveillance ou l’admiration, et tantôt obscurci par des poutres ou des pailles. Il passe les réalités que nous voyons au crible de nos lunettes, avec ou sans œillères et de nos prismes déformants. Au point qu’il nous arrive de les considérer comme bonnes ou mauvaises selon nos préjugés. Il en est ainsi pour les acteurs du récit de saint Jean, et surtout pour les pharisiens, convaincus qu’ils sont clairvoyants en considérant l’aveugle et ce Jésus qui l’a guéri comme des pécheurs.

    Pour croire, il faut voir et c’est dans ce contexte que Jésus prend l’initiative de guérir l’aveugle-né en effectuant un geste créateur : il prend de la terre qu’il mélange avec sa propre salive à l’image de Dieu dans le livre de la Genèse qui pétrit du sol l’homme puis il l’applique sur les yeux de l’aveugle et lui demande d’aller se laver à la piscine de Siloé. Voici qu’apparaît le signe du baptême, ce premier sacrement de l’initiation chrétienne qui vient nous arracher de l’aveuglement des péchés pour nous conduire vers la lumière du Seigneur.

    Le regard de Jésus transforme celui de l’aveugle sur lui-même, lui redonne confiance. Il va se laver les yeux, se laver le regard et l’emplir de la lumière d’estime qu’il a perçue dans le regard de Jésus sur lui. Jésus se présente comme celui qui vient recréer cet homme, restaurer en lui l’image positive de Dieu dès sa naissance. Il dénonce l’erreur de croire qu’une faute pourrait être à l’origine d’une infirmité humaine et dénonce le mauvais œil que tous posent sur cet aveugle.

    Ce n’est pas l’aveugle-né qui est le personnage central de ce passage, mais la cécité de ceux qui l’entourent, en particulier celle des prêtres et autres pharisiens. C’est toute la différence entre ceux qui ne peuvent pas voir et ceux qui ne veulent pas voir. Voir, c’est accepter le changement, c’est briser le statu quo, chose pas facile dans un monde fait de confort rassurant. Voir : c’est finalement se convertir ! La vie chrétienne suppose que nous regardions les personnes et les événements avec le regard même de Dieu, avec les yeux de Dieu. Si nous pouvions en face de telle personne, de tel événement nous demander : cette personne, cet événement, comment Dieu les voit-il ? Cela changerait radicalement nos attitudes et nous serions moins tentés de jugements a priori, hâtifs, de classer les gens dans des catégories, de chercher des boucs émissaires lorsque les choses vont mal, mais, sans pour autant rester passifs, nous aurions alors une vision différente et, comme Dieu remplie d’une espérance qui nous dépasse. Retenons aussi une phrase de la première lecture de ce dimanche : ce que déclare le Seigneur à Samuel qui s’apprête à choisir David, le plus jeune des fils comme roi d’Israël pour remplacer Saül qui a sombré dans la folie : « Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. »

    Tout est une question de regard.  Quel est notre regard sur Jésus ? Quel est notre regard sur l’autre ?

     

    Père Modeste MEGNANOU

     

  • J’ai soif…

              Jésus a réellement soif de notre amour et de notre conversion. Au milieu de ce carême, il semble nous demander à boire mais, en même temps, devant tous les hésitants comme devant la Samaritaine, il renverse les rôles en clamant : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive » pour que tu n’aies plus jamais soif… Jésus se met ainsi en face de notre liberté et viens à notre rencontre. Il ne forcera jamais quiconque à l’aimer ni à le suivre et à vivre de son enseignement.

    Si tu savais…, dit Jésus ! Tu restes libre de ne rien me demander, de chercher à te débrouiller tout seul ; mais je t’aime sans te demander ton avis, et je donne ma vie en rançon pour toi.

    Si tu savais… Je connais toute ta vie et rien ne m’empêche de t’aimer encore avec amour. « Des maris, tu en as eu cinq… ». La femme alerte alors tout le village : « Venez voir un homme qui m’a dit ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? ».

    Si tu savais… Je ne réduis jamais personne à son péché ou à son passé ; ce n’est pas son identité ; ces cinq maris, toutes les hontes de vos vies, c’est secondaire pour moi. Mon regard traverse cette carapace pour voir qui vous êtes vraiment. Je ne vois pas une prostituée quand je vois Marie Madeleine ni un lâche quand je vois Pierre… Tous mes face à face je les gagne par le haut quand chacun sent qu’il est créé à l’image de Dieu, qu’il est aimé et racheté au prix de mon sang.

    Si tu savais… Je suis à ta disposition dans le sacrement de ma miséricorde pour la réconciliation et pour te faire revivre. Profite donc du reste de ce temps de carême pour avancer vers l’eau baptismale ou recevoir le sacrement de la miséricorde, source d’eau vive.

     

    P. Anatole DEDEGBE

  • « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le. » Mt, 17,5

                  A quelque temps de sa Passion et de sa mort, le Christ fortifie la foi de ses disciples en levant le voile sur la réalité de sa personne. Jésus connaitra la Défiguration, et ce sera le drame de la Passion et de la Croix. Mais auparavant, il y aura eu la Transfiguration, moment où ses trois disciples les plus intimes, Pierre, Jacques et Jean, auront eu la vision du Christ en gloire au Thabor.

    Nous aussi, ne nous laissons pas défigurer par les ennemis de la foi : ce qu’on regarde, ce qu’on lit, ce qu’on entend autour de nous, le péché. Mais laissons-nous transfigurer en priant chacun à sa façon sans critiquer celle de l’autre, en vivant des sacrements, en lisant la Parole de Dieu, en faisant des actes de dévotion. Ainsi, au-delà des chemins de Croix qui parfois nous défient, voire nous défigurent, puissions-nous aussi durant ce temps de carême nous recentrer sur la promesse de Pâques que nous donne le Transfiguré.

    Sur le chemin de Damas, c’est une expérience similaire aux trois apôtres du Thabor qu’a vécue saint Paul, enveloppé par la lumière et la gloire de Dieu. Il a entendu la voix du Christ l’appeler par son nom et désormais, toute sa vie sera tournée vers la proclamation de l’Evangile, soutenu par son espérance d’entrer définitivement dans la gloire du Christ. C’est la raison pour laquelle il invite Timothée à supporter sa situation et à annoncer la Bonne Nouvelle : « Souffre avec moi pour l’Evangile, soutenu par la force de Dieu. » 2 Tm,1,8.  Nous aussi, n’oublions pas de nous tourner vers nos frères et n’attendons pas d’être entre nous pour parler de notre foi.

    Le pape François rappelle à ce sujet : « Nous ne pouvons pas rester là ! La rencontre dans la prière avec Dieu nous pousse à descendre de la montagne et à retourner en bas, dans la plaine, où nous rencontrons tant de frères qui ploient sous les peines, les maladies, les injustices, l’ignorance, la pauvreté matérielle et spirituelle. » (Angélus, 16 mars 2014)

    Pendant ce temps de carême, demandons au Seigneur la grâce de faire le Bien en faisant nôtre cette Prière du matin de saint François d’Assise :

     « Seigneur, dans le silence de ce jour naissant, je viens vous demander la paix, la sagesse et la force. Je veux regarder aujourd’hui le monde avec des yeux remplis d’amour ; être patient, compréhensif, doux et sage ; voir vos enfants au-delà des apparences, comme vous les voyez vous-même, et ainsi, ne voir que le bien en chacun. Fermez mes oreilles à toute calomnie, gardez ma langue de toute malveillance et que seules les pensées qui bénissent demeurent en mon esprit. Que je sois si bienveillant et si joyeux que tous ceux qui m’approchent sentent votre puissance et votre présence. Revêtez-moi de votre beauté, Seigneur, et qu’au long du jour je vous révèle. Ainsi soit-il. »

     

                                                             François LALAU, diacre permanent

     

  • Tentation, épreuve et vie quotidienne

              Ce n’est pas un hasard si Jésus se retrouve dans le désert après son baptême. Le désert représente un lieu de préparation, un lieu d’attente pour le prochain mouvement de Dieu, un lieu d’apprentissage pour faire confiance à la miséricorde de Dieu.

              Les trois tentations rejetées par Jésus démontrent non seulement qu’il est juste selon la Loi, mais prouvent également son identité en tant que fils divin et bien-aimé de Dieu. Chaque tentation invite Jésus à se détourner de la confiance en Dieu d’une manière différente. C’est pour lui une occasion d’affirmer son identité et son avenir sur le caractère et la fiabilité de Dieu. Lorsqu’il est tenté, Jésus répond par des affirmations bibliques tirées de passages de l’Ancien Testament faisant référence au temps dans le désert. En ce sens, Jésus répète les épreuves qui se déroulent devant Israël alors qu’il s’apprête à commencer son ministère public. De même qu’Israël est sorti de ses errances purifié et prêt à hériter des bénédictions et des promesses de Dieu, Jésus émerge également de ses épreuves, confirmé dans son identité, et renforcé pour sa mission. Cette scène non seulement relie Jésus au passé de ses ancêtres, elle le marque comme supérieur à eux et prêt à inaugurer une nouvelle ère dans l’histoire de l’humanité et de ses relations avec Dieu.

              Être humain, c’est être conscient que nous portons en nous un vide que nous serons toujours désireux de combler. Adam et Ève voient le fruit de la connaissance et concluent que leur vide sera comblé par celui-ci.   Pourtant, après en avoir mangé, le vide demeure. Aujourd’hui, nous pourrions imaginer que ce vide a la forme d’une voiture neuve, d’un ordinateur, d’une meilleure maison, etc.  Mais après avoir travaillé, et obtenu ces choses en en sacrifiant d’autres, le vide demeure. Blaise Pascal a décrit le vide en nous comme un trou en forme de Dieu, un véritable gouffre infini dans le cœur humain. Il n’y a pas de comblement permanent de ce trou, sauf dans et par notre relation avec Dieu. Être chrétien, c’est accepter que nous sommes créés pour être en relation avec Dieu et les uns avec les autres. Peut-être que le but de la vie de foi n’est pas d’échapper à la limitation humaine, mais de découvrir Dieu au milieu de nos besoins et d’apprendre, avec Paul, que la grâce de Dieu nous suffit. La foi ne supprime pas les difficultés qui font partie intégrante de cette vie, mais elle nous donne le courage de nous tenir debout, non seulement de survivre, mais en fait de prospérer en Jésus et par lui.

              Nos propres épreuves et faiblesses peuvent devenir le lieu privilégié de notre rencontre avec Dieu.  À quelle mission Dieu appelle-t-il l’Église ? Que faut-il pour se préparer à Pâques ?

    P. Modeste MEGNANOU

  • Convertissons-nous et marchons ensemble

    Le carême chrétien qui est une période de 40 jours avant Pâques débutera le mercredi 5 mars et s’étendra jusqu’au dimanche de Pâques, le 20 avril. Ce temps de purification pour « préparer nos cœurs et nous ouvrir à la grâce de Dieu », précède « le triomphe pascal du Christ-Seigneur, sur le péché et sur la mort », souligne le pape François. Cette résurrection, poursuit-il, est au cœur de la foi chrétienne, et « le garant de la grande promesse du Père qu’est la vie éternelle déjà réalisée en son Fils bien-aimé ». Dans son message de Carême publié ce mardi 25 février, le Pape François reprend le thème du Jubilé : «  pèlerins d’espérance », pour inviter l’Église toute entière à se convertir. Chaque chrétien doit prendre conscience de sa situation de pèlerin, et marcher avec les autres vers la « grande promesse » : la vie éternelle.

    L’espérance est le thème central de l’année jubilaire, le pape invite à l’espérance, ciblant la raison première de l’espérance pour les chrétiens. « La mort a été transformée en victoire, et c’est là que réside la foi et la grande espérance des chrétiens : la résurrection du Christ !», écrit-il.

    Pour le Souverain pontife, l’espérance, « l’ancre de l’âme », n’est pas une simple aspiration personnelle, mais pousse à agir. « Est-ce que je vis concrètement l’espérance qui m’aide à lire les événements de l’histoire et qui me pousse à m’engager pour la justice, la fraternité, le soin de la maison commune, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte ?», convie-t-il chacun à s’interroger.

    Le pape procède aussi à une réflexion sur l’adverbe « ensemble ». « Marcher ensemble, être synodal, telle est la vocation de l’Église », souligne le Pape dans une référence au récent Synode. Sous l’impulsion de l’Esprit Saint, « les chrétiens sont appelés à faire route ensemble, jamais comme des voyageurs solitaires ». Pour le Carême de cette année, le Souverain pontife demande à chacun de s’interroger sur sa capacité à marcher avec les autres : « Demandons-nous devant le Seigneur si nous faisons en sorte que toutes les personnes se sentent faire partie intégrante de la communauté ou si nous les maintenons en marge. »

     

    Pour notre communauté à Bercy, voici quelques propositions :

    • Chaque dimanche de carême le Saint Sacrement sera exposé pendant 45 mn dès la fin de la messe de 9h jusqu’à 10h45. Chacun pourra offrir un temps de prière personnelle silencieuse devant le Saint Sacrement et cultiver une intériorité avec le Seigneur, avec la présence d’un prêtre et la possibilité de se confesser au besoin.

     

    • Chaque vendredi de carême, une méditation partielle des stations du chemin de croix sera proposée à 12h10 dans l’église et précèdera la messe de 12h30.

     

    • Le samedi 15 mars, dans l’après-midi, nous participerons à la marche du doyenné, à la découverte des cinq églises du 12ème, en partant des Quinze-Vingts pour terminer à l’immaculée Conception, en passant par Saint Eloi, Bercy et Saint Esprit.

     

    • La journée du pardon se déroulera le vendredi 28 mars de 18h à 22h au Saint Esprit.

     

    • Le prix des repas non-pris sera mis de côté pour participer à une œuvre de charité.

     

    P. Anatole DEDEGBE

  • Me voici, envoie-moi !

               Le prophète Isaïe écrit : « J’entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai-je et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici, envoie-moi. Il dit alors : Va […] ! ». Dans les versets précédents Isaïe trouve toutes sortes d’excuses pour dire à Dieu qu’il n’est pas qualifié pour faire le travail. Mais dans le royaume de Dieu, un appel est toujours plus fort qu’une compétence ! Ce qui compte, ce n’est ni l’expérience ni l’expertise, mais la disponibilité et la capacité à recevoir et à donner. « Si vous êtes prêt(e) à agir quand Dieu vous donne le feu vert, il vous emmènera dans des lieux inaccessibles pour y réaliser l’impossible. », disait un père blanc, missionnaire en Afrique pendant 40 ans.

    Abraham, Jacob, Joseph, Esther, Moïse, Samuel, David, Isaïe et Mathieu, tous ont un point commun. Tous ont dit : « Me voici ». N’est-il pas ironique de perdre autant de temps et d’énergie à imaginer comment aller là où Dieu veut que nous allions, alors qu’il nous suffirait de dire : « Me voici » ? C’est à Dieu de nous guider là où il veut ; c’est à nous de nous rendre disponibles. Tout comme pour un médecin ou un pompier appelé en urgence, c’est notre empressement à réagir que Dieu recherche. Ce n’est parfois qu’une simple incitation à rendre service au voisin. D’autres fois c’est un appel à aller plus loin, à parcourir le quartier, voire la moitié du globe… Mais tout commence par la prière avec ces deux petits mots : « Me voici » ; C’est ce que dit le disciple. C’est ce que Dieu veut que chacun dise aujourd’hui.

    Oui, Seigneur, envoie-moi ! Notre mission nous la recevons du Seigneur qui nous a appelés à le suivre. Nous savons que dans le contexte actuel la mission est difficile mais l’Esprit Saint est là pour nous guider et nous aider. Être missionnaire est d’abord le témoignage que nous pouvons donner. Soyons confiants, lucides et plein d’espérance. Voici pour terminer cet édito cette prière :


    « Dieu notre Père, donne-nous l’audace des prophètes.

    Sans regarder en arrière, avec confiance, nous voulons répondre avec joie :

    « Me voici, envoie-moi ! ». Ouvre nos oreilles et nos cœurs à ta Parole.

    Seigneur Jésus, aujourd’hui encore tu nous appelles personnellement :

    « Viens, suis-moi ! »

    Que l’Esprit Saint continue de nous fortifier,

    Que tous unis par un même baptême, nous soyons les témoins vivants de ton Amour. »


                                    P. Anatole DEDEGBE

  • La Présentation du Seigneur !

               Se présenter ou être présenté à quelqu’un cela fait partie, au plan de la vie sociale ou religieuse, de nos traditions d’insertion, en particulier pour les jeunes enfants, et selon des rites souvent anciens.

               A cet égard, ce dimanche, la fête de la Présentation de Jésus au Temple fait mémoire d’une démarche traditionnelle dans la religion juive que Marie, Joseph et l’enfant Jésus, encore bien petit, ont accompli eux aussi le moment venu après la Purification. Et cette Présentation au Seigneur sera aussi pour eux l’occasion de rencontrer deux personnages familiers du Temple. Syméon un homme juste, assidu à la prière et Anne une prophétesse, déjà âgée qui y vient elle aussi.

    Tous deux vivent dans l’attente du Sauveur promis dans les temps anciens par les prophètes dont Malachie.(cf. première lecture). Ils le reconnaissent dans l’enfant que porte Marie et Joseph.

    C’est là pour nous une invitation à ne pas oublier que le Sauveur attendu fait partie d’un peuple, d’une culture, d’une religion que ses parents en humanité vivent et traduisent par divers rites instituants dont celui de la Présentation dont nous faisons mémoire ce dimanche. L’incarnation passe par ces rites aussi.

    Les voilà donc tous à Jérusalem pour offrir après la Purification le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur ; un couple de tourterelle ou deux petites colombes nous dit-on.

    Cette démarche initiatique de présentation à Dieu sera donc aussi l’occasion de faire au Temple, pour la famille de Jésus, la rencontre des deux personnages évoqués ci-dessus.

    Tous deux nous ouvrent, chacun à leur manière, le chemin de la rencontre du Messie dont on attendait la venue promise.

    Syméon reconnait l’identité et l’avenir si particulier de l’enfant avec qui Marie et Joseph viennent au Temple.

    Anne, elle, prophétisera aussi sur lui et ses proches une lumière sombre signe avant-coureur de bien des événements jusqu’à la Croix. Autant de raisons qui font de la fête de la Présentation dans la liturgie chrétienne un rite de la lumière qui traditionnellement introduit la messe.

    Cheminer avec Jésus, dans sa lumière, ce n’est pas oublier ses origines ni les nôtres. C’est se souvenir qu’il nous a aussi été présenté lors de notre baptême. Et nous à lui.

    Jésus est là présent au cœur de nos vies. « Ma lumière et mon salut c’est le Seigneur » nous arrive-t-il de chanter à juste titre lors de nos prières chrétiennes.

    Noël n’est pas encore bien loin. Rendons encore grâce à Dieu de la venue parmi nous du Sauveur et après la galette des rois cela mérite bien quelques crêpes selon des rites familiers que nous connaissons bien aussi.


                                                                         Père Edouard Bois

  • Le temps de la fête

                  Les juifs au temps du scribe Esdras n’étaient pas habitués à entendre proclamer la loi de Moïse. Ils se sont mis à écouter avec beaucoup de ferveur, jusqu’aux larmes, tellement ils en étaient touchés. Il est clair que cette lecture était pour eux d’une grande actualité. C’est également vrai pour les personnes qui écoutaient la lecture du prophète Isaïe, quand Jésus la faisait à la synagogue de Nazareth. L’évangile de Luc s’adresse à Théophile qui n’est personne d’autre que chacun de nous qui cherchons à connaître Dieu. Comme dans la première lecture et comme pour les auditeurs de Nazareth, nous sommes vraiment touchés quand la Parole de Dieu nous paraît actuelle et que nous la voyons se réaliser. La Parole s’accomplit aujourd’hui : voilà la nouveauté évangélique qui ne peut se démoder, car c’est à chaque génération et à chaque époque que s’accomplit la Parole libératrice de Dieu.

    La semaine de prière pour l’unité des chrétiens, célébrée depuis 1930, nous rappelle le devoir de réconciliation. La solution au manque d’union des chrétiens est de retrouver Jésus dans tout son être et l’évangile de ce dimanche nous donne des indices, car Jésus souligne qu’il est venu pour libérer, pour guérir, pour relever, enfin pour donner à tous une raison de vivre. Jésus nous libère de tout ce qui nous empêche de vivre pleinement. Mais cette libération exige notre coopération, et aussi vis-à-vis des autres, notre appui. Nous devons faire face à nos manquements et aux gestes blessants qui ont pu être les nôtres. C’est avec patience et humilité que nous parviendrons vers une plus grande unité devant le Seigneur.

    Appliquée à l’Église, la comparaison du corps humain et du corps de l’Église est d’une grande importance pour conserver l’unité de l’Église catholique et pour refaire nos liens fraternels avec tous les chrétiens. La Parole de Dieu est vivante et elle doit nécessairement tenir compte de la réalité historique des hommes et des femmes qui ont pour mission de la proclamer et de la mettre en pratique. De nombreux obstacles très humains sont au fond de nos différends religieux. Cela demande l’étude soutenue par la prière, mais également des gestes qui parlent. Il nous arrive, comme catholiques, de nous demander à quoi tient notre unité avec les autres chrétiens. Parfois, nous nous engageons ensemble pour une cause sociale, telle qu’une manifestation de solidarité. C’est un signe d’unité ; ce qui nous unit est plus profond. C’est de croire au même Jésus, Fils de Dieu.

    C’est l’Esprit de Dieu qui met au cœur de tout Homme le goût de Dieu, pour apprendre à le connaître dans la nature et dans les personnes.  Il ouvre des chemins d’unité au milieu même de la diversité. Il donne le goût de réconcilier ce qui est séparé. Jésus s’est obstiné et s’obstine encore, à travers ses prophètes, à libérer le monde et à le faire espérer, sur la base d’un seul commandement : celui d’aimer véritablement. L’aujourd’hui de Jésus est devenu le nôtre et son combat demeure inachevé tant et aussi longtemps que sa Parole de Liberté et d’Amour n’est toujours pas réalité. S’occuper de rebâtir l’unité des chrétiens est une œuvre qui va au cœur de notre mission car le baptême fait de nous tous des missionnaires du Royaume.

     

    P. Modeste MEGNANOU