Catégorie : Édito

  • Édito du 7ème dimanche du temps ordinaire, 20 février 2022

    Des invitations percutantes

    Les textes liturgiques de ce dimanche, offrent à notre méditation des images qui disent de présenter l’autre joue ou de donner son manteau et d’aimer ses ennemis… Ce sont là des invitations, pour ma part, percutantes et dérangeantes. Cette série de recommandations semble cependant s’appuyer sur une règle d’or que Jésus reprend à son compte, qui se trouvait déjà dans l’Ancien Testament (Tobie 4, 15) et dans les cultures profanes comme celle des Grecs. Elle s’énonce comme ceci. « Tu ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent ».

    A cette formulation traditionnelle, Jésus ajoute quelque chose ; il conseille d’être proactif et d’agir en conséquence : « Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux ». Jésus propose ainsi une règle de vie dynamique et active. Il ne s’agit plus seulement de trouver la bonne attitude, mais il s’agit de la vivre concrètement et de la répandre autour de soi. Voilà une règle de vie qu’on a appelée à juste titre une règle d’or. Si tout le monde la mettait en pratique, les relations seraient complètement transformées entre les personnes.

    Mais malgré sa beauté, cette règle reste un idéal jamais atteint. Et Jésus va plus loin encore quand il présente les images du soufflet sur la joue ou de la tunique ainsi que l’amour des ennemis. Est-ce qu’on laisse tomber ces invitations comme des figures de style qui ne sont que des images ? Ou est-ce que ces invitations ont pour Jésus un sens lié à sa mission et, si oui, alors comment les mettre en pratique ?

     S’en remettre purement et simplement aux figures de styles serait, je pense, priver les invitations de Jésus de leur radicalité et de leur nouveauté. En effet, avec les invitations en cause, Jésus veut sortir ses disciples de la dynamique des relations communes et les inviter à se situer sur un autre registre dans leurs relations humaines comme il le fait lui-même lorsqu’il privilégie les pauvres, les personnes méprisées et les petits etc. Ainsi le disciple de Jésus n’abandonnera jamais personne. Il sera prêt à aller au-delà de ce qui est requis et même de ce qui est juste et normal, car il sait que Dieu est présent dans ceux et celles qu’il rencontre. Ainsi l’ennemi ne peut être mis de côté ni le persécuteur. Le disciple est invité à aller plus loin que la réponse habituelle: voilà l’idéal chrétien, le code du chrétien.

      Nous pouvons demander à Dieu de purifier notre regard et de le transformer par sa grâce. Nous avons besoin de cette action de Dieu car sans lui nous ne pouvons arriver à vivre l’idéal du Royaume de Dieu, ni même à nous en approcher car nous sommes toujours de pauvres pécheurs.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 6ème dimanche du temps ordinaire, 13 février 2022

    Confiance. N’ayez pas peur !

    Ce dimanche est traditionnellement, dans l’Église, le dimanche de la santé et des malades. C’est l’opportunité pour les chrétiens de prier pour eux et de se rappeler que penser à une visite et la faire ce n’est pas rien. Occasion aussi pour les malades de se souvenir qu’il existe un sacrement pour cette situation de la vie. Nous n’en sommes plus aujourd’hui à une compréhension de ce sacrement qui a pu prévaloir à une époque et qui faisait peur à tout le monde puisque on le recevait uniquement, une fois, à l’article de la mort. Le recevoir, soi-même ou un proche, n’était pas bon signe ! La fin n’était plus très loin. L’approfondissement théologique et spirituel de ce sacrement a permis d’en souligner l’importance et l’opportunité de le recevoir plusieurs fois dans bien d’autres situations de faiblesse que celle du dernier souffle mais bien sûr un peu plus qu’un rhume quand même !

    Ce sacrement nous invite à une juste compréhension de notre rapport à notre corps et à sa finitude, Il est aussi le rappel de la dignité de tout être que le débat sur les EPHAD vient opportunément de nous rappeler.  

    Sans oublier que ce sacrement renforce notre lien confiant au Christ comme d’autres sacrements comme le Baptême, l’Eucharistie ou la Pénitence. L’Onction des malades invite les chrétiens, mis au pied du mur de l’épreuve, à préciser ce qu’ils disent et croient lorsqu’ils affirment que nous sommes sauvés et que le salut vient de Dieu qui envoie son Fils nous donner la vie et nous libérer du péché.

    Ne perdons donc pas de vue que ceux ou celles qui reçoivent ce sacrement de l’onction des malades comme ce dimanche, sont pour la communauté qui les entoure un témoignage de foi et un appel à être attentif à ceux qui dans notre voisinage auraient besoin d’une visite. Déjà des paroissiens à Notre Dame de la Nativité le sont.  

    Les hasards du calendrier liturgique nous font vivre cette célébration du sacrement des malades avec l’évangile de saint Luc sur les Béatitudes. Heureux êtes-vous nous est-il dit !

    Heureux sommes-nous de prendre l’onction des malades au sérieux et d’entourer fraternellement celles qui vont la recevoir ce dimanche.

    Faisons nôtre cette belle et profonde parole de saint Augustin : « Tu nous as fait pour toi Seigneur, et notre cœur est inquiet tant qu’il ne se  repose en toi ».

    Père Édouard Bois

  • Édito du 5ème dimanche du temps ordinaire, 6 février 2022

    Un Synode pour notre « vivre ensemble » en Eglise

    Le pape François invite l’Église entière à s’interroger sur un thème décisif pour sa vie et sa mission, c’est l’objet du synode ouvert à Rome ce 10 octobre 2021 et qui, passant par différentes phases, prendra fin à la grande assemblée finale des évêques à Rome en octobre 2023.

    Vivre un synode en Église, c’est “marcher ensemble, discerner ensemble, prier ensemble”.

    Et l’objectif de ce synode ? Une Église plus synodale ! Une Église qui favorise communion, participation, mission en se mettant à l’écoute de l’Esprit de Dieu et en avançant ensemble sur les chemins :

    « Chacun à l’écoute des autres ; et tous à l’écoute de l’Esprit-Saint ».

    Le mot synode vient du grec synodos et désigne « assemblée, rencontre », chemin sur lequel le peuple de Dieu marche ensemble. Le synode, c’est un mode de consultation qui permet au Pape – ou à un évêque au niveau diocésain – de prendre des décisions, de donner des orientations. C’est un processus de discernement qui est fondé sur une écoute commune de l’Esprit Saint.

    Pour guider cette consultation, une interrogation fondamentale est formulée et nous est proposée ?

    Comment ce « cheminement ensemble »se passe-t-il aujourd’hui dans notre Eglise locale ?

    Quels pas l’Esprit nous invite-t-il à accomplir pour grandir dans notre cheminement commun ?

    Un questionnaire plus détaillé du pape accompagne cette interrogation fondamentale pour faciliter une plus libre circulation de la parole. 

    J’invite chaque groupe constitué sur la paroisse à consacrer leur réunion de ce mois de février à apporter quelques réponses pour une mise en commun paroissiale le samedi 12 mars à 16h. Je propose une rencontre à ceux et celles qui ne font pas partie d’un groupe constitué le samedi 19 février à 14h30 autour d’un thé dans notre salle paroissiale.

    Voici un synode qui donne la parole à tous les fidèles du Christ. C’est vraiment une opportunité à saisir. A tous, je souhaite une bonne « marche ensemble » en Église.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 4ème dimanche du temps ordinaire, 30 janvier 2022

    Nouvelle traduction du Missel : Offertoire, Anamnèse et Agneau de Dieu

    Un grand changement de ce nouveau missel concerne l’introduction à la prière sur les offrandes aussi appelée Orate fratres. Dans la version actuelle, le prêtre dit : « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise. » Ce à quoi l’assemblée répond : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde. » Si elle est toujours possible dans le nouveau missel, cette formule est reléguée au second plan. Le président de célébration privilégiera : « Priez, frères et sœurs, que mon sacrifice et le vôtre soit agréable à Dieu le Père tout-puissant. » Et l’assemblée répond : « Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute l’Eglise. » Ce qui nous apparaît ainsi comme une nouvelle version est en réalité antique et actuellement en usage partout dans l’Église. Elle souligne que l’offrande du sacrifice du Christ est en même temps celle du peuple de Dieu (sacerdoce baptismal) et celle du prêtre (sacerdoce de service, dit « ministériel »). Le prêtre invite les fidèles à exercer leur rôle sacerdotal par la prière du cœur pendant la messe. L’assemblée consent à ce que ce soit par les mains du prêtre que ce sacrifice (le sien) soit offert. La coopération de tous les baptisés dans l’offrande sacrificielle de l’eucharistie est donc mise en valeur. Ce texte nous rappelle le cœur de la messe : nous présentons au Père l’offrande qu’est son Fils incarné, crucifié, ressuscité, entré dans la gloire, ce sacrifice puissant qui ouvre le Ciel.

    Pour l’Anamnèse, trois acclamations au choix ; 1- Il est grand, le mystère de la foi : Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ; 2- Acclamons le mystère de la foi : Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous annonçons ta mort, Seigneur ressuscité, et nous attendons que tu viennes ; 3- Qu’il soit loué, le mystère de la foi : Sauveur du monde, sauve-nous ! Par ta croix et ta résurrection, tu nous as libérés.

     Les introductions par le prêtre varient. Si on voulait garder en français le texte latin exact, il faudrait dire simplement, comme un cri : « mystère de la foi ! » Les introductions ajoutées en français (« il est grand », « acclamons », « qu’il soit loué ») appellent à la louange. La nouvelle traduction des réponses des fidèles est plus proche du texte latin. C’est surtout le « nous proclamons » à la place du « célébrons » qui présente une précision du sens ; il s’agit ici non de fêter seulement, mais de confesser sa foi, de l’affirmer, au moment où le Christ est au milieu de nous et que nous participons à cette réalité qui nous dépasse et qui échappe à nos sens. La foi seule nous enseigne, et non l’expérience immédiate (désolé) ! Si nous célébrons en effet ce Dieu merveilleux, il est capital de réaffirmer toujours que c’est par la foi que nous le connaissons, et dans cette foi que nous comptons persévérer !

    L’Agneau de Dieu : Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde, … Dans l’Agnus Dei, on retrouve, comme dans le Gloria, le pluriel pour les péchés (voir l’article sur le Gloria). Une fois encore, cela nous invite à adorer celui qui a voulu se faire lui-même le sacrifice d’expiation pour les péchés de tous les hommes, les nôtres et ceux du monde entier. Les péchés ont été plus forts que nous, mais l’Agneau est plus fort que les péchés !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 3ème dimanche du temps ordinaire, 23 janvier 2022

    On n’est pas chrétien tout seul

    Alors que s’achève la semaine de prière pour l’unité des chrétiens la liturgie de ce dimanche nous propose, en deuxième lecture, un passage de la première lettre de Saint Paul aux Corinthiens où son auteur, prenant la comparaison du corps humain, invite les chrétiens de Corinthe à être attentifs à la manière dont ils vivent leur unité.

    « Frères, dit-il,  prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ…Nous avons été baptisés pour former un seul corps. »

    Ceci concerne bien sûr la recherche de l’unité entre les diverses confessions chrétiennes, mais pas uniquement. Cela concerne aussi la vie et le témoignage de l’Eglise catholique dans sa diversité. Ce n’est pas pour rien que le pape François invite les chrétiens à une démarche synodale pour réfléchir à l’avenir de l’Église et particulièrement aux liens entre tous et la place de chacun. « Vous êtes le corps du Christ et chacun pour sa part est membre de ce corps ». dit encore saint Paul. Le pape François nous invite à vérifier cela en dénonçant le cléricalisme de certains et les abus de toutes sortes auxquels nous avons été sensibilisés.

    Il ne s’agit pas pour chacun de tout faire ou d’être partout. Chacun, pour être à sa place, a un travail de discernement à faire en fonction de sa situation humaine et de ses talents. « Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas à faire des miracles, à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter. » dit saint Paul

    C’est dans l’aveu de ses faiblesses et dans cette complémentarité fraternelle que l’Église sera à la hauteur de sa mission.

    Retenons ces paroles du père de Lubac dans son livre « Méditation sur l’Église » :

    « Envers cette Mère, que nous ne devrions qu’aimer, que de tentations nous assaillent ! il en est de violentes, mais claires. Il en est d’obscures, plus insidieuses. Il en est de toujours, il en est de plus particulières à notre temps. Elles sont trop diverses, voire opposées entre elles, pour qu’aucun de nous se puisse jamais croire à l’abri de leur menace. »

    À chacun, par sa présence active et rayonnante, de contribuer à donner à l’Église son vrai visage et à servir son unité. On n’est pas chrétien tout seul.

    Père Edouard BOIS

  • Édito du 2ème dimanche du temps ordinaire, 16 janvier 2022


    Avec Jésus, la joie en abondance

    Le temps de Noël est terminé, les cadeaux sont déballés, les prochaines vacances peuvent nous sembler loin… et au milieu de tout ça s’ouvre maintenant, dans l’Eglise, le temps ordinaire.  Ce temps n’est-il pas l’occasion pour chacun de nous de laisser la Grâce de la Nativité, la venue du Sauveur, se déployer dans notre quotidien ? N’est-ce pas l’occasion de prendre le temps de déballer le cadeau de Dieu, c’est-à-dire la Grâce qu’il nous a faite à Noël ?

    Ce dimanche, l’évangile nous propose le récit des Noces de Cana. Dans le quotidien de la vie, une noce vient nous rappeler que nous sommes invités à la joie. Cette joie est appelée à grandir avec l’action de Dieu !

    Jésus se retrouve au cœur d’une fête dans laquelle un manque advient. N’est-ce pas une catastrophe ? Non, car la réalité n’est pas inconnue, le manque existe et Dieu vient le combler : sa grâce surabonde… (Rm 5,20). En effet, « cette énorme quantité d’eau (600 litres !) changée en vin excellent est le signe d’une plénitude de vie qui veut se répandre et se communiquer au-delà de toute mesure, d’une manière royale et toute gratuite. Jésus dira un jour : ‘Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance’ Jn 10,10b. Tel est le thème que le récit de la noce célèbre et symbolise. Exubérance d’une vie inépuisable et enivrante, et qui est tout entière don et gratuité. » Eloi Leclerc, Le Maître du désir, DDB, 1997, p.31-32.

    Cette exubérance, cette surabondance est pour nous aujourd’hui. Est-ce que j’y crois ? Est-ce que j’accepte d’être vrai devant Le Sauveur, Mon Sauveur ? Suis-je prêt à lui offrir mes manques pour qu’Il vienne les remplir de bon vin ?

    Là s’ouvre un chemin pour chacun: apprendre à être toujours plus en vérité devant Dieu en lui donnant tout pour qu’Il puisse nous remplir de sa présence, de sa Grâce. Cela pour chaque jour, pour chacun dans sa réalité propre. Ce qui vaut pour nous, l’est aussi pour plus large que nous. En effet, nous rentrons dans la semaine de prière pour l’unité des Chrétiens. Là aussi nous sommes invités à présenter au Seigneur nos manques. Aujourd’hui nous ne réalisons pas pleinement le souhait de Jésus « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. » Jn 17, 21. Offrons à Jésus nos divisions pour qu’Il vienne y mettre son unité :

    Seigneur Jésus,
    qui as prié pour que tous soient un,
    nous te prions pour l’unité des Chrétiens, telle que tu la veux,
    par les moyens que tu veux.
    Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation,
    de voir notre péché, et d’espérer au-delà de toute espérance. Amen

    Prière composée par la Communauté du Chemin Neuf.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du dimanche 9 janvier, baptême du Seigneur

    Jubiler pour Jésus

    Les Évangiles ne s’attardent pas beaucoup sur l’enfance de Jésus et d’ailleurs ils n’en parlent pas tous. Nous un peu plus puisque les crèches sont toujours là dans la plupart des églises et chez soi. Mais les fêtes à peine terminées la liturgie dominicale nous entraine quelque trente ans après, là où commence la vie publique de Jésus avec son baptême par Jean-Baptiste et la belle parole qui clôt cette rencontre : « Celui-ci est mon Fils bien aimé ».

    Mais pourquoi Jésus vient-il recevoir ce baptême ?  Un baptême de conversion où le prophète du désert invitait les gens à changer de vie. 

    Au moment où il va commencer sa mission, Jésus signifie par là son lien profond à son peuple et, qui plus est, en un lieu qui marque l’entrée du peuple de l’Alliance en Terre Promise.

    Notre baptême n’est pas celui de Jean-Baptiste, même s’il nous invite à une incessante conversion. Le nôtre est celui de Jésus qui nous donne part à sa vie et à l’Esprit Saint.

    Encore faudrait-il ne pas oublier que nous l’avons été. 

    Le baptême, dit le pape François, immerge l’homme dans cette inépuisable source de vie qu’est la mort de Jésus, le plus grand acte d’amour de toute l’histoire.  C’est un acte qui touche l’existence en profondeur.  Ce n’est donc pas une formalité ! 

    Connaître la date de notre baptême, c’est connaître une date heureuse. Si on ne le sait pas, on risque de perdre la conscience de ce que le Seigneur a fait en nous, du don que nous avons reçu. Nous finissons alors par le considérer seulement comme un événement du passé – et même pas par notre volonté mais par celle de nos parents – et qui n’a donc plus aucune incidence sur le présent. Nous devons réveiller la mémoire de notre baptême. Nous sommes appelés à vivre notre baptême tous les jours, comme une réalité actuelle de notre existence. 

    Jubiler veut dire joie, exaltation, action de grâce. Un Jubilé nous invite à faire mémoire de la naissance de Jésus Christ mais aussi de notre histoire chrétienne personnelle : baptême et autres sacrements reçus, rencontres importantes et décisives, etc.

    Aujourd’hui, alors que nous fêtons ce dimanche un prêtre jubilaire, jubilons surtout pour Jésus qui se donne à nous. Par ce jubilaire peut-être ? Au moins un peu l’espère-t-il !

    Père Édouard Bois

  • Édito de l’octave de Noël

    Dieu avec nous, c’est Noël !

    Nous y voilà, Noël est bien là ! Et nous entrons de plain pied dans le cycle de la Nativité-Épiphanie, deux mots qu’on aime à ne pas trop séparer : « Nativité », c’est à dire « advenue », par la grâce de la naissance et « Épiphanie » veut dire « manifestation » car l’enfant qui vient au monde va se donner à connaître à ceux et celles qui vont le suivre ; à ses disciples qui le connaîtront par la foi. Au-delà de lui-même, il va aussi donner à connaître le mystère de Dieu dans un langage inédit : en prenant corps et visage d’homme, en habitant une humanité singulière pour aller à la rencontre de l’humanité entière et de chacun. C’est là tout ce que nous avons à célébrer et à partager en ces jours de fin d’année.

    La nuit de Noël raconte une histoire que tous peuvent entendre : l’histoire d’une naissance. L’évangéliste, à la messe de la nuit, se fait conteur : « En ces jours-là, parut un décret de l’empereur César-Auguste ordonnant de recenser toute la terre… ». Dans le tableau il met les non-gradés aux premières loges : ce sont les bergers, premiers avertis, par les anges, de ce qui arrive. Il donne aussi le texte du chant des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! ». Enfin il conduit son auditeur à l’humble crèche où l’on trouve le cœur de l’histoire, ramené à l’essentiel : l’enfant nouveau-né, sa mère Marie et son père, Joseph…

    L’enfant ! on peut y voir une image de la fragilité ; c’est la première évidence. Mais il ne faut pas manquer d’y voir aussi l’extraordinaire capital de virtualités, de possibles, qui ne sont pas encore révélés mais qui sont bel et bien là. L’enfant – l’Enfant de Bethléem singulièrement – est tout entier avenir. Il n’ignorera personne et ne fera que le bien.

    Jésus entraîne ceux et celles qui croisent son chemin dans un mouvement vers Dieu, vers les autres et vers soi-même, dans une confiance sans cesse renouvelée. A ceux et celles qu’il rencontre, il lance toujours l’invitation : « suis-moi ! ». Chacun en fait ce qu’il peut ou ce qu’il veut.

    Nous entrons donc dans les fêtes :  Noël 2021 et Nouvel An 2022 ! Puissent ces célébrations être pour tous une oasis de paix et, peut-être de réflexion pour retrouver le goût de reconstruire une fraternité, un vivre-ensemble heureux.

     Noël, c’est une brèche dans la nuit, une lumière douce dans les obscurités de l’histoire troublée des hommes. Un moment où terre et ciel se rencontrent et où se donne à voir le Dieu à visage humain. « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant », disait St-Irénée (IIème siècle). Tous les hommes de bonne volonté peuvent le chanter : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! et Paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! »

                      Joyeux et paisible Noël et Belle Année 2022 à tous !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 4ème dimanche de l’Avent, 19 décembre 2021

    Accueillir la Vie

    Quelle belle rencontre que celle de la « Visitation » de Marie à Elisabeth que nous propose, à quelques jours de Noël, ce quatrième dimanche de l’Avent.

    Une rencontre entre deux futures mamans. Une rencontre profondément humaine et divine.

    Que peuvent se dire deux futures mamans qui attendent une naissance et celles-là particulièrement ?

    L’évangéliste Luc nous laisse pressentir qu’elles parlent ici plus que de layettes et il  s’attarde surtout à ce qui touche à un bien grand mystère.

    La rencontre de Dieu et des hommes est en route grâce à la disponibilité de ces deux femmes et , il est vrai , un petit coup de main de l’Esprit Saint.

    La plus grande et la plus mystérieuse aventure de l’humanité est en route : l’humanisation de Dieu et la divinisation de l’homme.

    Comme Elisabeth et Marie, qui se retrouvent pour partager le mystère qui les habite, un immense étonnement et une grande joie nous saisissent à cette annonce.

    Mais aussi une certaine solitude, pour elles comme pour nous, car l’événement, qui est leur secret, passera et passe toujours, à beaucoup , inaperçu. 

    Comme le dit si bien Madeleine Delbrel qui a vécu elle-même cette solitude en milieu incroyant à Ivry : Nous nous sentions devenir étrangers aux autres par la foi qui précisément nous les fait aimer de plus en plus.

    Quoi qu’il en soit, comme ces deux femmes, il nous reste quelques jours pour nous préparer à célébrer encore une fois l’anniversaire de ces naissances, à vivre Noël.

    Cette fête nous ouvre ainsi un chemin en étant l’occasion pour chacun de mettre un peu plus d’amour, de solidarité dans notre monde par ces gestes d’attention à l’autre que sont les cadeaux, un repas de fête et bien d’autres initiatives.

    Mais, comme Marie et Elisabeth, puissions-nous, pour les quelques jours qui nous séparent de cette grande fête de la naissance de Jésus, vivre dans le silence de l’attente, dans la communion de la prière, notre lien à ce surprenant mystère qui nous dépasse mais qui nous est destiné.

    Alors toutes nos paroles et tous nos actes seront nativité en nous et en l’autre. 

    Noël est le temps de la rencontre.

    La rencontre de Dieu et des hommes et la rencontre fraternelle des hommes entre eux.

    Merci à Elisabeth et Marie de nous l’avoir rappelé aujourd’hui.

    Noël, c’est bientôt.

    Père Édouard Bois

  • Édito du 3ème dimanche de l’Avent, 12 décembre 2021

    Déclaration de Mgr Pontier, 2 décembre 2021

    Chers Frères et Sœurs, baptisés du diocèse de Paris,

    La renonciation à sa charge que Mgr Michel Aupetit a remise entre les mains du Pape dans le souci du bien du diocèse et la décision de celui-ci de l’en relever est une épreuve pour votre diocèse, pour Mgr Aupetit tout d’abord et pour vous tous. Prions pour lui et les uns pour les autres. Qu’aucune division, aucun propos inutile n’ajoutent encore à l’épreuve qui est assez lourde ainsi. Que chacun entre en lui-même et redise sa confiance à Celui qui est Maître du temps et des cœurs. Que chacun poursuive sa propre conversion et sa marche à la suite du Seigneur.

    Le Pape François m’a demandé de vous rejoindre pour quelques mois comme Administrateur Apostolique du diocèse. Cela m’impressionne, mais je n’ai pas cru devoir m’y dérober. Je m’efforcerai de servir et de donner le meilleur de moi-même avec l’équipe épiscopale. Je sais que l’Église qui est à Paris est vivante, riche de ressources, de dynamismes de tous ordres. Je sais qu’ensemble à l’écoute du Seigneur, soutenus par le souffle de son Esprit nous allons poursuivre notre route, marqués par cette épreuve, mais conduits à plus d’humilité, de charité et d’espérance.

    Le temps de l’Avent dans lequel nous venons d’entrer est un temps liturgique qui nourrit notre espérance en Celui qui ne cesse de venir, en Celui qui est Maître du temps et de l’Histoire. Il invite à l’intériorité, à la contemplation et appelle à la conversion. La figure de Jean Baptiste nous accompagnera, lui le précurseur. Le 8 décembre nous célébrerons l’Immaculée Conception de Marie et, quelques jours avant la fête de Noël, nous la retrouverons dans son accueil et sa confiance à Celui qui lui demande de mettre au monde le Sauveur, « Le Fils du Très Haut ».

    Hier, 1er décembre, nous avons pensé à Charles de Foucauld. Le 15 mai nous nous réjouirons de sa canonisation. À l’église Saint-Augustin, il a rencontré l’Abbé Huvelin et sa prière, « Seigneur, si tu existes, fais que je te connaisse » a été exaucée dans l’abandon à la miséricorde du Père. Il fut au long du XXe siècle un inspirateur pour beaucoup. Dans son encyclique « Fratelli tutti », le Pape François rappelle son témoignage de fraternité universelle durant toute sa vie et jusqu’à sa mort. Les moines de Tibhirine s’en sont inspirés.

    Enfin, à la demande du Pape François, toutes les Églises du monde sont entrées dans une démarche synodale : « Pour une Église synodale : Communion, participation, mission. » Poursuivons ensemble sur ce chemin déjà ouvert et si important pour que notre Église offre un visage toujours plus fraternel où chacun a sa place, se sente accueilli et écouté.

    J’espère pouvoir vous rejoindre physiquement dès la semaine qui vient. J’ai quelques obligations à honorer.

    Confions-nous à la prière des nombreux Saints qu’a donnés l’Église de Paris depuis son origine, à celle de Marie l’Immaculée, dans l’émerveillement de l’Amour qui jaillit du Sacré Cœur de Jésus.

    À bientôt, prions les uns pour les autres.

    + Mgr Georges Pontier
    Administrateur apostolique