Catégorie : Édito

  • Édito du 4ème dimanche de Carême

      Il fait bon accueil aux pécheurs

    Jésus fait « bon accueil aux pécheurs, il mange avec eux ». Pourquoi le Christ agit-il ainsi ? Est-ce pour signifier que le péché n’a pas d’importance pour lui ? Est-ce pour montrer qu’il est indifférent à ses yeux d’être juste ou pécheur ? Non, évidemment. Et la longue préparation du peuple élu dans l’Ancien Testament permet de comprendre à quel point le Seigneur a en horreur le péché parce qu’il abîme son image en nous et contrarie le dessein de vraie joie qu’il a pour nous.

    Ce que le Christ nous apprend aujourd’hui, c’est à quel point notre conversion est précieuse à ses yeux et source de joie pour son cœur. « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ». (Lc 15,7) Cette joie de Dieu est manifestée dans l’Évangile de ce dimanche par l’attitude du père qui fait tuer le veau gras et festoie. Il faut bien se réjouir, car le fils « était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé ». En constatant notre conversion, Dieu ne voit plus en nous un ancien pécheur, mais un enfant qui revient à la maison.

    Le péché, non seulement nous éloigne de Dieu, mais de manière plus grave, nous fait croire que nous ne sommes plus dignes de l’amour de Dieu. C’est l’expérience de l’enfant prodigue. Il s’est éloigné de son père, et l’expérience de sa misère – quoi de plus misérable pour un juif que de garder des porcs, animal impur – l’amène au constat qu’il n’est plus digne d’être appelé fils. Mais si le fils pense ainsi, le père lui, n’a jamais cessé de voir dans cet enfant prodigue son fils bien aimé de toujours.

    La conversion, qui passe par l’acceptation de notre péché, nous permet d’expérimenter à nouveau frais l’amour sans condition de Dieu qui nous rétablit dans notre dignité filiale. Ce qui est abîmé par notre péché, Dieu en fait l’objet de sa miséricorde. Aller manger à la table des pécheurs, ce n’est pas pour le Christ les conforter dans leur péché, mais les appeler de manière pressante à la conversion. Car dans le pécheur, Jésus ne voit pas l’homme perdu, mais il voit le converti potentiel. Sous l’angle de la miséricorde, le péché peut nous remettre en route vers le Père.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 3ème dimanche de Carême, 20 mars 2022

    Si vous ne vous convertissez pas…

    Après le massacre des Galiléens par Pilate et l’effondrement d’une tour qui fit beaucoup de morts, on vient interroger Jésus sur ces drames gravés dans la mémoire collective. Ces victimes devaient être de grands pécheurs croit-on !  

    Ce raisonnement se retrouve tout au long de la Bible. Si Job a bien des ennuis c’est qu’il a dû faire du mal, pensent ses amis. Les proches de l’aveugle de naissance aussi, dans l’Évangile de saint Jean, s’interrogent. Est-ce lui ou ses parents qui ont péché ?  

    C’est Dieu qui t’a puni ! Entend-on dire parfois autour de nous.

    La réponse de Jésus mérite donc toute notre attention. Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres pour avoir subi un tel sort ? Pas du tout ! Et les personnes tuées par la tour de Siloé sont-elles plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Pas du tout ! Mais si vous vous ne vous convertissez pas, ajoute Jésus, vous périrez tous de même. Tout le monde est concerné par le péché et ses conséquences. Pas quelques-uns seulement. Pas seulement les autres !

    Et Jésus d’illustrer son propos avec la parabole du figuier stérile qui ne donne aucun fruit. Le maitre de la vigne, comprenons Dieu, est fort tenté de la couper. Le vigneron, en qui nous reconnaissons Jésus, obtient du Maitre de patienter. Il s’engage à tout faire pour qu’elle en donne. Jésus, de manière imagée, plaide ainsi la cause de l’humanité et s’engage corps et âme pour qu’elle vive. Il dit cette parabole alors qu’il est sur la route de son destin pascal à Jérusalem.

    Le silence de Dieu, bien mystérieux parfois devant les drames de ce monde ne veut pas dire, pour autant, qu’il soit aux abonnés absents et même s’il était tenté de couper le figuier, l’attitude de Jésus le dissuadera de le faire en travaillant à ce qu’il ait des racines plus profondes.

    « Oui j’ai vu la misère de mon peuple » dit Dieu à Moïse.   

    L’appel à se convertir étendu sur chacune de nos vies le Mercredi des Cendres nous est renouvelé ce dimanche. A tous. Cette démarche concerne aussi les futurs baptisés invités à une transformation profonde pour vivre dans la lumière du Christ. Déjà, pour cela, la communauté paroissiale, à la messe de 11h, ce dimanche, les entourera de sa prière fervente et fraternelle. 

    Père Édouard Bois

  • Édito du 2ème dimanche de Carême, 13 mars 2022

    « C’est ta face Seigneur que je cherche »

    Après les 40 jours dans le désert où Jésus fut tenté, nous voici avec le dimanche de la Transfiguration. Nous sommes invités à méditer sur nos peurs face à notre foi.

    C’est sur la montagne et dans la prière que nous trouvons l’intimité avec Dieu. C’est par une lumière intense que Dieu va se manifester. Cette lumière peut nous faire peur à l’image des apôtres et même parfois nous pouvons être découragés, particulièrement à la lecture de l’actualité.

     Cependant nous devons garder confiance.

    Sommes-nous prêts à entendre Dieu nous dire : « Celui-ci est mon Fils que j’ai choisi, écoutez-le » ?

    Oui chers frères et sœurs, le temps du Carême est un temps particulier pour accueillir Dieu. La transfiguration met à l’épreuve notre foi. Pour cette quête du mystère de Dieu, nous avons besoin d’aller à l’écart, nous avons besoin de silence pour nous retrouver et tenter d’entendre notre Seigneur : nous serons tous transfigurés dans la gloire de Dieu. Le Seigneur transformera notre propre corps pour la fin des temps mais aussi le corps de de toute l’Eglise.

    Le temps du Carême est ce temps offert par l’Eglise pour nous retrouver et préparer notre montée vers Pâques.

    Cette semaine, dans notre livret de Carême vendredi, nous avons médité à l’image de St François qui a écouté la voix de Dieu ; l’espérance est une audace qu’il faut entretenir.

    Demandons-nous qui est vraiment Dieu pour nous ?

    Si Jésus est pour nous Fils de Dieu, ressuscité et glorieux, notre existence change nécessairement. La joie nous envahit car nous sommes aimés et sauvés.

    A notre baptême, nous avons revêtu le Christ symbolisé par le vêtement blanc qui rappelle la transfiguration, nous avons reçu la foi. C’est à nous maintenant de la faire grandir et de l’approfondir.

    Les évènements que nous vivons actuellement peuvent favoriser notre assèchement spirituel ; alors écoutons la voix du Seigneur au fond de nos cœurs, plutôt que la simplicité de la tentation.

    Le Malin est à l’œuvre et nous devons lutter avec nos prières, garder espoir et chercher la face du Seigneur sans relâche.

    Dans cette période de Carême, profitons des difficultés que nous vivons pour observer, être plus attentifs et trouver dans nos vies ces petits signes d’espoir, ces petits signes de l’amour de Dieu qui signifient sa présence au milieu de nous.

    Oui chers frères et sœurs dans le Christ, profitons de ce temps qui nous est proposé pour être plus à l’écoute du Seigneur, être plus unis à Lui, prenons le temps d’accueillir ce don de Dieu par la prière et retrouvons ce lien qui nous unit avec Lui pour l’éternité.

    Avec les catéchumènes cheminant vers le baptême, profitons de ce temps pour redécouvrir le sens de notre foi.

    François Lalau, diacre

  • Édito du 1er dimanche de Carême, 6 mars 2022

                         LE CARÊME, TEMPS FAVORABLE DE RENOUVEAU

    Dans l’Église latine, le Carême va du Mercredi des Cendres au Jeudi Saint. “Quarante” est à l’origine de “Carême” : temps symbolique pour accueillir Dieu qui veut renouer son alliance avec nous.

    Le Carême est un temps de pénitence. Mais faire pénitence n’est pas d’abord s’imposer des épreuves, se faire souffrir, amputer ses forces vives : notre Dieu aime la vie et nous veut vivants. Il s’agit moins de se retourner vers soi que de regarder vers ce Dieu qui vient à nous, frappe à notre porte, propose son amour. Faire pénitence c’est peut-être “se frapper le cœur” pour l’ouvrir à l’amour qu’on a méconnu, pour demander pardon à Dieu et le laisser entrer, pour ainsi désensabler les sources de la prière – “tu étais là, et je ne le savais pas”. C’est donc aussi laisser entrer le prochain par qui concrètement Dieu vient à nous : le jeûne et le partage prennent ici leur sens. Il ne s’agit pas des olympiades de mortification, mais de distinguer l’essentiel de l’accessoire, de faire l’expérience d’une sobriété en vue d’une distribution plus équitable des biens ; d’accueillir la promesse réalisée : “voici que je fais toutes choses nouvelles”.

    C’est aussi un temps privilégié de marche pour les catéchumènes, un temps fort pour les adultes qui recevront Baptême, Confirmation et Eucharistie à Pâques. Au début du Carême ( c’était hier à Saint Sulpice), l’évêque accueille les catéchumènes et les appelle officiellement à se mettre en chemin ; des célébrations en marquent les différentes étapes. Le futur baptisé se détermine à faire le choix de Dieu que le Christ nous fait connaître. C’est ce que souligne la liturgie, et ce à quoi elle nous aide : le signe des Cendres ;  le jeûne et la prière, la rencontre “au secret” avec Dieu ; la méditation de la Parole ; le sacrement de son pardon offert, l’ouverture du cœur à nos frères humains.

    C’est ainsi que le Carême prépare les chrétiens à célébrer le “Triduum Pascal” (Jeudi et Vendredi Saints, Nuit de Pâques), où est célébrée notre libération. La Passion du Christ, sa descente aux enfers d’où il nous ramène tous jusqu’au dernier, sa Résurrection et son Esprit répandu sur toute chair nous disent que la mort est vaincue, que le mal n’a pas le dernier mot.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 7ème dimanche du temps ordinaire, 20 février 2022

    Des invitations percutantes

    Les textes liturgiques de ce dimanche, offrent à notre méditation des images qui disent de présenter l’autre joue ou de donner son manteau et d’aimer ses ennemis… Ce sont là des invitations, pour ma part, percutantes et dérangeantes. Cette série de recommandations semble cependant s’appuyer sur une règle d’or que Jésus reprend à son compte, qui se trouvait déjà dans l’Ancien Testament (Tobie 4, 15) et dans les cultures profanes comme celle des Grecs. Elle s’énonce comme ceci. « Tu ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent ».

    A cette formulation traditionnelle, Jésus ajoute quelque chose ; il conseille d’être proactif et d’agir en conséquence : « Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux ». Jésus propose ainsi une règle de vie dynamique et active. Il ne s’agit plus seulement de trouver la bonne attitude, mais il s’agit de la vivre concrètement et de la répandre autour de soi. Voilà une règle de vie qu’on a appelée à juste titre une règle d’or. Si tout le monde la mettait en pratique, les relations seraient complètement transformées entre les personnes.

    Mais malgré sa beauté, cette règle reste un idéal jamais atteint. Et Jésus va plus loin encore quand il présente les images du soufflet sur la joue ou de la tunique ainsi que l’amour des ennemis. Est-ce qu’on laisse tomber ces invitations comme des figures de style qui ne sont que des images ? Ou est-ce que ces invitations ont pour Jésus un sens lié à sa mission et, si oui, alors comment les mettre en pratique ?

     S’en remettre purement et simplement aux figures de styles serait, je pense, priver les invitations de Jésus de leur radicalité et de leur nouveauté. En effet, avec les invitations en cause, Jésus veut sortir ses disciples de la dynamique des relations communes et les inviter à se situer sur un autre registre dans leurs relations humaines comme il le fait lui-même lorsqu’il privilégie les pauvres, les personnes méprisées et les petits etc. Ainsi le disciple de Jésus n’abandonnera jamais personne. Il sera prêt à aller au-delà de ce qui est requis et même de ce qui est juste et normal, car il sait que Dieu est présent dans ceux et celles qu’il rencontre. Ainsi l’ennemi ne peut être mis de côté ni le persécuteur. Le disciple est invité à aller plus loin que la réponse habituelle: voilà l’idéal chrétien, le code du chrétien.

      Nous pouvons demander à Dieu de purifier notre regard et de le transformer par sa grâce. Nous avons besoin de cette action de Dieu car sans lui nous ne pouvons arriver à vivre l’idéal du Royaume de Dieu, ni même à nous en approcher car nous sommes toujours de pauvres pécheurs.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 6ème dimanche du temps ordinaire, 13 février 2022

    Confiance. N’ayez pas peur !

    Ce dimanche est traditionnellement, dans l’Église, le dimanche de la santé et des malades. C’est l’opportunité pour les chrétiens de prier pour eux et de se rappeler que penser à une visite et la faire ce n’est pas rien. Occasion aussi pour les malades de se souvenir qu’il existe un sacrement pour cette situation de la vie. Nous n’en sommes plus aujourd’hui à une compréhension de ce sacrement qui a pu prévaloir à une époque et qui faisait peur à tout le monde puisque on le recevait uniquement, une fois, à l’article de la mort. Le recevoir, soi-même ou un proche, n’était pas bon signe ! La fin n’était plus très loin. L’approfondissement théologique et spirituel de ce sacrement a permis d’en souligner l’importance et l’opportunité de le recevoir plusieurs fois dans bien d’autres situations de faiblesse que celle du dernier souffle mais bien sûr un peu plus qu’un rhume quand même !

    Ce sacrement nous invite à une juste compréhension de notre rapport à notre corps et à sa finitude, Il est aussi le rappel de la dignité de tout être que le débat sur les EPHAD vient opportunément de nous rappeler.  

    Sans oublier que ce sacrement renforce notre lien confiant au Christ comme d’autres sacrements comme le Baptême, l’Eucharistie ou la Pénitence. L’Onction des malades invite les chrétiens, mis au pied du mur de l’épreuve, à préciser ce qu’ils disent et croient lorsqu’ils affirment que nous sommes sauvés et que le salut vient de Dieu qui envoie son Fils nous donner la vie et nous libérer du péché.

    Ne perdons donc pas de vue que ceux ou celles qui reçoivent ce sacrement de l’onction des malades comme ce dimanche, sont pour la communauté qui les entoure un témoignage de foi et un appel à être attentif à ceux qui dans notre voisinage auraient besoin d’une visite. Déjà des paroissiens à Notre Dame de la Nativité le sont.  

    Les hasards du calendrier liturgique nous font vivre cette célébration du sacrement des malades avec l’évangile de saint Luc sur les Béatitudes. Heureux êtes-vous nous est-il dit !

    Heureux sommes-nous de prendre l’onction des malades au sérieux et d’entourer fraternellement celles qui vont la recevoir ce dimanche.

    Faisons nôtre cette belle et profonde parole de saint Augustin : « Tu nous as fait pour toi Seigneur, et notre cœur est inquiet tant qu’il ne se  repose en toi ».

    Père Édouard Bois

  • Édito du 5ème dimanche du temps ordinaire, 6 février 2022

    Un Synode pour notre « vivre ensemble » en Eglise

    Le pape François invite l’Église entière à s’interroger sur un thème décisif pour sa vie et sa mission, c’est l’objet du synode ouvert à Rome ce 10 octobre 2021 et qui, passant par différentes phases, prendra fin à la grande assemblée finale des évêques à Rome en octobre 2023.

    Vivre un synode en Église, c’est “marcher ensemble, discerner ensemble, prier ensemble”.

    Et l’objectif de ce synode ? Une Église plus synodale ! Une Église qui favorise communion, participation, mission en se mettant à l’écoute de l’Esprit de Dieu et en avançant ensemble sur les chemins :

    « Chacun à l’écoute des autres ; et tous à l’écoute de l’Esprit-Saint ».

    Le mot synode vient du grec synodos et désigne « assemblée, rencontre », chemin sur lequel le peuple de Dieu marche ensemble. Le synode, c’est un mode de consultation qui permet au Pape – ou à un évêque au niveau diocésain – de prendre des décisions, de donner des orientations. C’est un processus de discernement qui est fondé sur une écoute commune de l’Esprit Saint.

    Pour guider cette consultation, une interrogation fondamentale est formulée et nous est proposée ?

    Comment ce « cheminement ensemble »se passe-t-il aujourd’hui dans notre Eglise locale ?

    Quels pas l’Esprit nous invite-t-il à accomplir pour grandir dans notre cheminement commun ?

    Un questionnaire plus détaillé du pape accompagne cette interrogation fondamentale pour faciliter une plus libre circulation de la parole. 

    J’invite chaque groupe constitué sur la paroisse à consacrer leur réunion de ce mois de février à apporter quelques réponses pour une mise en commun paroissiale le samedi 12 mars à 16h. Je propose une rencontre à ceux et celles qui ne font pas partie d’un groupe constitué le samedi 19 février à 14h30 autour d’un thé dans notre salle paroissiale.

    Voici un synode qui donne la parole à tous les fidèles du Christ. C’est vraiment une opportunité à saisir. A tous, je souhaite une bonne « marche ensemble » en Église.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 4ème dimanche du temps ordinaire, 30 janvier 2022

    Nouvelle traduction du Missel : Offertoire, Anamnèse et Agneau de Dieu

    Un grand changement de ce nouveau missel concerne l’introduction à la prière sur les offrandes aussi appelée Orate fratres. Dans la version actuelle, le prêtre dit : « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise. » Ce à quoi l’assemblée répond : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde. » Si elle est toujours possible dans le nouveau missel, cette formule est reléguée au second plan. Le président de célébration privilégiera : « Priez, frères et sœurs, que mon sacrifice et le vôtre soit agréable à Dieu le Père tout-puissant. » Et l’assemblée répond : « Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute l’Eglise. » Ce qui nous apparaît ainsi comme une nouvelle version est en réalité antique et actuellement en usage partout dans l’Église. Elle souligne que l’offrande du sacrifice du Christ est en même temps celle du peuple de Dieu (sacerdoce baptismal) et celle du prêtre (sacerdoce de service, dit « ministériel »). Le prêtre invite les fidèles à exercer leur rôle sacerdotal par la prière du cœur pendant la messe. L’assemblée consent à ce que ce soit par les mains du prêtre que ce sacrifice (le sien) soit offert. La coopération de tous les baptisés dans l’offrande sacrificielle de l’eucharistie est donc mise en valeur. Ce texte nous rappelle le cœur de la messe : nous présentons au Père l’offrande qu’est son Fils incarné, crucifié, ressuscité, entré dans la gloire, ce sacrifice puissant qui ouvre le Ciel.

    Pour l’Anamnèse, trois acclamations au choix ; 1- Il est grand, le mystère de la foi : Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ; 2- Acclamons le mystère de la foi : Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous annonçons ta mort, Seigneur ressuscité, et nous attendons que tu viennes ; 3- Qu’il soit loué, le mystère de la foi : Sauveur du monde, sauve-nous ! Par ta croix et ta résurrection, tu nous as libérés.

     Les introductions par le prêtre varient. Si on voulait garder en français le texte latin exact, il faudrait dire simplement, comme un cri : « mystère de la foi ! » Les introductions ajoutées en français (« il est grand », « acclamons », « qu’il soit loué ») appellent à la louange. La nouvelle traduction des réponses des fidèles est plus proche du texte latin. C’est surtout le « nous proclamons » à la place du « célébrons » qui présente une précision du sens ; il s’agit ici non de fêter seulement, mais de confesser sa foi, de l’affirmer, au moment où le Christ est au milieu de nous et que nous participons à cette réalité qui nous dépasse et qui échappe à nos sens. La foi seule nous enseigne, et non l’expérience immédiate (désolé) ! Si nous célébrons en effet ce Dieu merveilleux, il est capital de réaffirmer toujours que c’est par la foi que nous le connaissons, et dans cette foi que nous comptons persévérer !

    L’Agneau de Dieu : Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde, … Dans l’Agnus Dei, on retrouve, comme dans le Gloria, le pluriel pour les péchés (voir l’article sur le Gloria). Une fois encore, cela nous invite à adorer celui qui a voulu se faire lui-même le sacrifice d’expiation pour les péchés de tous les hommes, les nôtres et ceux du monde entier. Les péchés ont été plus forts que nous, mais l’Agneau est plus fort que les péchés !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 3ème dimanche du temps ordinaire, 23 janvier 2022

    On n’est pas chrétien tout seul

    Alors que s’achève la semaine de prière pour l’unité des chrétiens la liturgie de ce dimanche nous propose, en deuxième lecture, un passage de la première lettre de Saint Paul aux Corinthiens où son auteur, prenant la comparaison du corps humain, invite les chrétiens de Corinthe à être attentifs à la manière dont ils vivent leur unité.

    « Frères, dit-il,  prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ…Nous avons été baptisés pour former un seul corps. »

    Ceci concerne bien sûr la recherche de l’unité entre les diverses confessions chrétiennes, mais pas uniquement. Cela concerne aussi la vie et le témoignage de l’Eglise catholique dans sa diversité. Ce n’est pas pour rien que le pape François invite les chrétiens à une démarche synodale pour réfléchir à l’avenir de l’Église et particulièrement aux liens entre tous et la place de chacun. « Vous êtes le corps du Christ et chacun pour sa part est membre de ce corps ». dit encore saint Paul. Le pape François nous invite à vérifier cela en dénonçant le cléricalisme de certains et les abus de toutes sortes auxquels nous avons été sensibilisés.

    Il ne s’agit pas pour chacun de tout faire ou d’être partout. Chacun, pour être à sa place, a un travail de discernement à faire en fonction de sa situation humaine et de ses talents. « Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas à faire des miracles, à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter. » dit saint Paul

    C’est dans l’aveu de ses faiblesses et dans cette complémentarité fraternelle que l’Église sera à la hauteur de sa mission.

    Retenons ces paroles du père de Lubac dans son livre « Méditation sur l’Église » :

    « Envers cette Mère, que nous ne devrions qu’aimer, que de tentations nous assaillent ! il en est de violentes, mais claires. Il en est d’obscures, plus insidieuses. Il en est de toujours, il en est de plus particulières à notre temps. Elles sont trop diverses, voire opposées entre elles, pour qu’aucun de nous se puisse jamais croire à l’abri de leur menace. »

    À chacun, par sa présence active et rayonnante, de contribuer à donner à l’Église son vrai visage et à servir son unité. On n’est pas chrétien tout seul.

    Père Edouard BOIS

  • Édito du 2ème dimanche du temps ordinaire, 16 janvier 2022


    Avec Jésus, la joie en abondance

    Le temps de Noël est terminé, les cadeaux sont déballés, les prochaines vacances peuvent nous sembler loin… et au milieu de tout ça s’ouvre maintenant, dans l’Eglise, le temps ordinaire.  Ce temps n’est-il pas l’occasion pour chacun de nous de laisser la Grâce de la Nativité, la venue du Sauveur, se déployer dans notre quotidien ? N’est-ce pas l’occasion de prendre le temps de déballer le cadeau de Dieu, c’est-à-dire la Grâce qu’il nous a faite à Noël ?

    Ce dimanche, l’évangile nous propose le récit des Noces de Cana. Dans le quotidien de la vie, une noce vient nous rappeler que nous sommes invités à la joie. Cette joie est appelée à grandir avec l’action de Dieu !

    Jésus se retrouve au cœur d’une fête dans laquelle un manque advient. N’est-ce pas une catastrophe ? Non, car la réalité n’est pas inconnue, le manque existe et Dieu vient le combler : sa grâce surabonde… (Rm 5,20). En effet, « cette énorme quantité d’eau (600 litres !) changée en vin excellent est le signe d’une plénitude de vie qui veut se répandre et se communiquer au-delà de toute mesure, d’une manière royale et toute gratuite. Jésus dira un jour : ‘Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance’ Jn 10,10b. Tel est le thème que le récit de la noce célèbre et symbolise. Exubérance d’une vie inépuisable et enivrante, et qui est tout entière don et gratuité. » Eloi Leclerc, Le Maître du désir, DDB, 1997, p.31-32.

    Cette exubérance, cette surabondance est pour nous aujourd’hui. Est-ce que j’y crois ? Est-ce que j’accepte d’être vrai devant Le Sauveur, Mon Sauveur ? Suis-je prêt à lui offrir mes manques pour qu’Il vienne les remplir de bon vin ?

    Là s’ouvre un chemin pour chacun: apprendre à être toujours plus en vérité devant Dieu en lui donnant tout pour qu’Il puisse nous remplir de sa présence, de sa Grâce. Cela pour chaque jour, pour chacun dans sa réalité propre. Ce qui vaut pour nous, l’est aussi pour plus large que nous. En effet, nous rentrons dans la semaine de prière pour l’unité des Chrétiens. Là aussi nous sommes invités à présenter au Seigneur nos manques. Aujourd’hui nous ne réalisons pas pleinement le souhait de Jésus « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. » Jn 17, 21. Offrons à Jésus nos divisions pour qu’Il vienne y mettre son unité :

    Seigneur Jésus,
    qui as prié pour que tous soient un,
    nous te prions pour l’unité des Chrétiens, telle que tu la veux,
    par les moyens que tu veux.
    Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation,
    de voir notre péché, et d’espérer au-delà de toute espérance. Amen

    Prière composée par la Communauté du Chemin Neuf.

    Père Anatole Dédégbé