Catégorie : Édito

  • Édito du 6ème dimanche de Pâques, 22 mai 2022

                            Le don de la paix qui se transforme en joie

    Les paroles de Jésus rapportées dans l’évangile de ce dimanche nous orientent vers ce qui rend belle et précieuse la vie en église avec Jésus : la paix reçue et partagée entre nous et autour de nous. « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas  bouleversés et effrayés ».

    Une paix qui n’est pas le confort béat et le laisser faire. C’est une paix remplie de présence, d’attention et de partage. Une paix qui assume les deuils et les départs, les craintes et les échecs et qui engendre la joie ; une joie qui ne se câble pas sur les possessions et les sentiments uniquement, mais une joie qui vient du fond de l’âme qui aime, où Dieu est toujours présent, où il demeure. « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ». Laissons notre cœur s’ouvrir à ce don de la paix tout particulièrement aujourd’hui au moment de l’échange d’un signe de cette paix que nous recevons du Seigneur dans chaque Eucharistie lorsque le célébrant nous dit, plus d’une fois, dans la célébration : « Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous » et lorsqu’il nous invite à transmettre autour de nous cette paix reçue du Seigneur par une signe ou par un geste : regard, sourire, accolade, salutation etc.

    Prions l’Esprit Saint de nous garder dans la bonne voie et de nous inspirer le bon geste à faire et la bonne attitude à avoir dans notre vie de tous les jours pour répondre avec générosité et fidélité aux appels du Seigneur. Qu’avec les cinq enfants du catéchisme ( Lucas, Lysa, Mathis, Nelson et Vadim) qui reçoivent, ce dimanche, le baptême, ainsi que la petite Louane, leurs parents, parrain et marraine ainsi que notre communauté rassemblée autour de la Parole de Dieu, de l’Eau baptismale, autour du Pain et du Vin, Corps et Sang de Jésus, nous nous laissions emporter dans le mystère de l’Église, Corps du Christ, en union avec Lui qui est toujours vivant et intercédant pour nous dans la gloire du ciel.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 5ème dimanche de Pâques, 15 mai 2022

    Faire silence

    Ce dimanche, à Rome, Charles de Foucauld sera reconnu saint par l’Eglise au regard de son chemin de foi et des fruits spirituels que sa vie a portés de bien des manières.

    Tout le monde ne connait pas tous les détails de cette vie. Mais personne n’ignore l’importance pour lui qu’a été la rencontre d’un prêtre à l’église Saint Augustin et de sa vie d’ermite à Tamanrasset, ultime étape tragiquement achevée d’une vie marquée par bien des recherches, des doutes, des événements qui nous le rendent très contemporain. 

    Tout le monde n’est pas ermite mais n’oublions pas que vivre au désert veut dire faire silence pour aller à la rencontre du Christ. Il y a bien des exemples de cela sans aller dans un désert ou dans un monastère. 

    Faire silence c’est savoir vérifier où est l’essentiel de nos vies.

    Jean-Louis Etienne, qui a traversé seul le pôle Nord, le disait fort justement :« Nous sommes trop sollicités dans ce monde qui va trop vite. Nous ne prenons pas le temps de nous arrêter, de faire silence pour qu’enfin nous puissions nous poser la question de savoir si la vie que nous menons est bien accrochée à l’essentiel »

    Telle est bien la question qui a été la recherche de Charles de Foucauld toute sa vie et qui devrait être la nôtre aussi. Pourquoi pas dans le métro sinon dans des temps d’adoration ou de prière à l’église, à la sortie du travail ou autre. 

    Aujourd’hui vérifions notre capacité à faire silence en faisant nôtre, au-delà de la curiosité, la belle prière de Charles de Foucauld : « Mon Père je m’abandonne à toi…fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses de moi je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toute tes créatures, je ne désire rien d’autre mon Dieu , je remets mon âme entre tes mains. Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur parce que je t’aime et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains sans mesure avec une infinie confiance car tu es mon Père. »

    Père Édouard Bois

  • Édito des 2ème et 3ème dimanches de Pâques

    Rien ne sera plus comme avant

    Il arrive qu’après des événements personnels ou sociétaux nous disions : rien ne sera plus comme avant !

    Ainsi en est-il, devraient dire les chrétiens, de Pâques célébré il y a peu. 

    Les Évangiles des dimanches qui suivent font le récit des rencontres du Ressuscité avec ses anciens amis : Marie-Madeleine, Thomas puis les pêcheurs au bord du lac et d’autres encore comme les disciples d’Emmaüs.

    Après les événements que l’on sait, chacun était sur ses gardes. Les disciples s’enfermant par peur des juifs ou repartant à leur travail de pêcheurs au bord du lac.   Thomas partit on ne sait où. Les disciples d’Emmaüs retournèrent chez eux.

    Mais Christ est ressuscité. Tout est bouleversé. Rien ne sera plus comme avant.  Le tombeau est vide, les fenêtres s’ouvrent, la pêche devient étonnante. 

    Il faut bien se rendre à l’évidence. Quelque chose a changé qui va bouleverser la vie  des proches de Jésus et, la surprise et le doute passés, les remplir de joie.  

    Une joie qui touche à l’amour avec Marie-Madeleine, à la foi avec Thomas. A la vie ordinaire avec les pêcheurs sans parler de la miséricorde que les Papes nous invitent à ne pas oublier particulièrement le 2ème dimanche de Pâques.

    Cette joie est pour nous tous, comme elle l’a été il y a peu pour les nouveaux baptisés de la nuit de Pâques. 

    Cette joie profonde et intime liée à la résurrection, c’est bien autre chose que la recherche de petits plaisirs ou que de se faire plaisir , aussi légitime cela soit-il.

    La résurrection change tout et il nous est demandé comme aux apôtres et aux premières communautés de partager cette nouvelle sans pareille que secrètement le monde attend au-delà des apparences.

    Jésus a confié le soin de cela à ses disciples les laissant libres, avec son Esprit, de construire l’Église, selon les circonstances. Avec bien des recommandations, cependant dont celle de ne pas faire ce que  Jésus a reproché maintes fois au premier peuple de l’Alliance et à ses responsables religieux. Ce n’est pas pour rien ainsi que l’Église entière est actuellement en conversation synodale. Pour que rien ne soit plus comme avant. 

    Père Édouard Bois

  • Édito du dimanche de Pâques, 17 avril 2022

    Le temps du renouveau

    Le temps pascal est le temps de notre renouvellement dans le Christ. « Dépouillez-vous du vieil homme ; revêtez l’homme nouveau » (Eph 4, 22) 

    La liturgie pascale est marquée par la nouveauté. La solennité de Pâques coïncide avec le réveil du printemps ; nouveaux sont le feu et l’eau et nouveaux sont les cœurs des chrétiens, renouvelés par le sacrement de pénitence et par les sacrements de l’initiation chrétienne pour les catéchumènes. Tous ces éléments et ces signes évoquent et transmettent la vie nouvelle inaugurée par le Christ dans sa résurrection.

    Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ; alléluia ! il est vivant !  C’est le cri de la foi en Jésus mort et ressuscité que les chrétiens célèbrent à Pâques avec tant de ferveur et d’espérance. Le monde d’aujourd’hui a besoin de cette belle annonce qui traverse les siècles depuis le matin de Pâques, où Jésus est sorti vainqueur du tombeau. Nous avons tant de raisons en nous et autour pour nous lamenter, à cause des forces de mort qui poursuivent leur œuvre dans le monde et à l’intérieur de l’Eglise. Mais depuis que Jésus est mort et ressuscité pour nous, ce n’est plus la mort qui a le dernier mot, car « la mort a été engloutie dans la Victoire » (1 Co 15,54), nous dit saint Paul, et il poursuit par ailleurs : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3, 1-3).

    Que cette fête de Pâques 2022 nous confirme dans l’Espérance que le Vivant continue de nous rejoindre dans notre existence. Saintes et joyeuses fêtes de Pâques à toutes et à tous !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du dimanche des Rameaux, dimanche 10 avril 2022

    L’entrée dans la semaine sainte

    Avec le dimanche des Rameaux commence la « semaine sainte ». Elle est appelée ainsi car elle recouvre le triduum pascal : jeudi, vendredi et samedi ; trois jours où nous faisons mémoire du dernier repas (la cène) de Jésus, de sa passion et sa mort sur la croix, de sa mise au tombeau. Le triduum pascal précède la célébration de la résurrection.

     La mémoire de la Cène du Seigneur commence le jeudi à la tombée du jour. Tous les prêtres concélèbrent ce jour, en signe du moment où le Christ rassembla ses apôtres pour le repas de la première eucharistie. Dans l’Évangile de Jean, il est fait mention du lavement des pieds à la place du récit du dernier repas ; ce rite se trouve mêlé à celui rappelant l’institution de l’eucharistie pour exprimer déjà le don que fait le Seigneur de sa vie et qui se concrétise dans le sacrifice de la croix.

     Normalement le jeudi saint est aussi le jour du renouvellement des promesses sacerdotales et de la bénédiction des trois huiles : huile pour les catéchumènes, huile pour les malades, huile pour les sacrements du baptême, de la confirmation et pour les ordinations. Pour ne pas surcharger ce jeudi, la messe chrismale est célébrée entre le dimanche des Rameaux et le Jeudi Saint, à Paris le mercredi en fin d’après-midi.

    Le vendredi saint, nous vénérons la croix de Jésus, en écoutant les récits rappelant sa passion. Dans la célébration, une grande prière universelle trouve sa place, profondément remaniée dans l’esprit du Concile  Vatican II : on y entend une prière pour le peuple de la Première Alliance et pour les Musulmans. Le chemin de  croix est une pratique habituelle qui y trouve aussi sa place.

     Le samedi saint honore le repos du Christ dans son tombeau. C’est le grand silence ; il n’y a de célébration que les offices de prières habituelles du bréviaire. Les prières de ce jour nous orientent vers l’action du Christ descendant aux Enfers.

    Primitivement la vigile pascale commençait assez tard pour s’achever au petit matin, au moment du soleil levant, avec la messe au matin. L’habitude de prolonger la mémoire des événements de Pâques conduisit à célébrer une autre messe dans la matinée, malgré la fatigue de la nuit.

    Le dimanche de Pâques ouvre l’octave pascale, consacrée à une catéchèse sur les mystères de la nuit de Pâques (baptême, chrismation, eucharistie), particulièrement pour les nouveaux baptisés mais tout autant pour l’ensemble des chrétiens.

    Ce que nous vivons à Noël : nuit de Noël et messe du jour de Noël sont à l’exacte imitation de la vigile pascale et du matin de Pâques. Le mystère Pascal est au centre de notre foi et Noël nous y prépare. Par le baptême, le candidat entre dans la mort et la résurrection de Jésus Christ, reçoit l’Esprit qui l’animait et est rendu capable d’annoncer la nouvelle de la venue du Règne de Dieu.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 5ème dimanche de Carême, 3 avril 2022

    Se laisser bousculer

    Jésus, dans l’Évangile de ce dimanche, rencontre des pharisiens qui lui tendent un piège dont le prétexte est une femme accusée d’adultère. Si Jésus lui pardonne il se met en tort par rapport à la loi. S’il approuve sa lapidation c’est sa crédibilité qui sera mise en cause. « Que celui qui n’a pas péché, dit alors Jésus, lui jette la première pierre ». Et les pharisiens de partir les uns après les autres. La confrontation s’arrête là.

    L’attitude de Jésus à l’égard des religieux de son temps est aussi un avertissement pour l’Église qui naîtra du message de Jésus. Elle doit elle aussi vérifier sans cesse qu’elle ne suit pas l’exemple de ces pharisiens ou de cette femme par des attitudes loin de la vérité et exemptes de miséricorde. Elle doit, comme chacun, selon l’expression de Mgr François Gonon, en visite à Notre Dame de la Nativité « se laisser bousculer par le Christ ». Déjà François d’Assise, en son temps, avait fait le voyage de Rome pour inviter le Pape de l’époque à corriger bien des choses dans la vie de l’Eglise. De nos jours c’est le Pape François lui-même qui invite toute l’Eglise à vivre des conversions à travers une démarche synodale où tous sont concernés et en tout. 

    A chacun de s’interroger et en particulier les couples qui n’oublieront pas ce conseil du père Sonet : « Quand c’est possible un dialogue chaque jour pour se redire son amour et les faits de la journée, un dialogue chaque mois pour faire le point de son amour, un dialogue chaque année au cours du voyage de noce annuel pour décider des grands choix du couple ».

    Bienvenue donc à Mg Gonon qui se réjouit dans le journal diocésain de se mettre au service des curés, des prêtres, des laïcs des différentes paroisses qui lui sont confiées : « C’est une mission, dit-il, de service, de confiance et d’encouragement, avec toujours ce souci de la communion, à l’image de cet amour incroyable du Christ Bon Pasteur qui se rend proche de tous ».

    Père Édouard Bois

  • Édito du 4ème dimanche de Carême

      Il fait bon accueil aux pécheurs

    Jésus fait « bon accueil aux pécheurs, il mange avec eux ». Pourquoi le Christ agit-il ainsi ? Est-ce pour signifier que le péché n’a pas d’importance pour lui ? Est-ce pour montrer qu’il est indifférent à ses yeux d’être juste ou pécheur ? Non, évidemment. Et la longue préparation du peuple élu dans l’Ancien Testament permet de comprendre à quel point le Seigneur a en horreur le péché parce qu’il abîme son image en nous et contrarie le dessein de vraie joie qu’il a pour nous.

    Ce que le Christ nous apprend aujourd’hui, c’est à quel point notre conversion est précieuse à ses yeux et source de joie pour son cœur. « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ». (Lc 15,7) Cette joie de Dieu est manifestée dans l’Évangile de ce dimanche par l’attitude du père qui fait tuer le veau gras et festoie. Il faut bien se réjouir, car le fils « était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé ». En constatant notre conversion, Dieu ne voit plus en nous un ancien pécheur, mais un enfant qui revient à la maison.

    Le péché, non seulement nous éloigne de Dieu, mais de manière plus grave, nous fait croire que nous ne sommes plus dignes de l’amour de Dieu. C’est l’expérience de l’enfant prodigue. Il s’est éloigné de son père, et l’expérience de sa misère – quoi de plus misérable pour un juif que de garder des porcs, animal impur – l’amène au constat qu’il n’est plus digne d’être appelé fils. Mais si le fils pense ainsi, le père lui, n’a jamais cessé de voir dans cet enfant prodigue son fils bien aimé de toujours.

    La conversion, qui passe par l’acceptation de notre péché, nous permet d’expérimenter à nouveau frais l’amour sans condition de Dieu qui nous rétablit dans notre dignité filiale. Ce qui est abîmé par notre péché, Dieu en fait l’objet de sa miséricorde. Aller manger à la table des pécheurs, ce n’est pas pour le Christ les conforter dans leur péché, mais les appeler de manière pressante à la conversion. Car dans le pécheur, Jésus ne voit pas l’homme perdu, mais il voit le converti potentiel. Sous l’angle de la miséricorde, le péché peut nous remettre en route vers le Père.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 3ème dimanche de Carême, 20 mars 2022

    Si vous ne vous convertissez pas…

    Après le massacre des Galiléens par Pilate et l’effondrement d’une tour qui fit beaucoup de morts, on vient interroger Jésus sur ces drames gravés dans la mémoire collective. Ces victimes devaient être de grands pécheurs croit-on !  

    Ce raisonnement se retrouve tout au long de la Bible. Si Job a bien des ennuis c’est qu’il a dû faire du mal, pensent ses amis. Les proches de l’aveugle de naissance aussi, dans l’Évangile de saint Jean, s’interrogent. Est-ce lui ou ses parents qui ont péché ?  

    C’est Dieu qui t’a puni ! Entend-on dire parfois autour de nous.

    La réponse de Jésus mérite donc toute notre attention. Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres pour avoir subi un tel sort ? Pas du tout ! Et les personnes tuées par la tour de Siloé sont-elles plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Pas du tout ! Mais si vous vous ne vous convertissez pas, ajoute Jésus, vous périrez tous de même. Tout le monde est concerné par le péché et ses conséquences. Pas quelques-uns seulement. Pas seulement les autres !

    Et Jésus d’illustrer son propos avec la parabole du figuier stérile qui ne donne aucun fruit. Le maitre de la vigne, comprenons Dieu, est fort tenté de la couper. Le vigneron, en qui nous reconnaissons Jésus, obtient du Maitre de patienter. Il s’engage à tout faire pour qu’elle en donne. Jésus, de manière imagée, plaide ainsi la cause de l’humanité et s’engage corps et âme pour qu’elle vive. Il dit cette parabole alors qu’il est sur la route de son destin pascal à Jérusalem.

    Le silence de Dieu, bien mystérieux parfois devant les drames de ce monde ne veut pas dire, pour autant, qu’il soit aux abonnés absents et même s’il était tenté de couper le figuier, l’attitude de Jésus le dissuadera de le faire en travaillant à ce qu’il ait des racines plus profondes.

    « Oui j’ai vu la misère de mon peuple » dit Dieu à Moïse.   

    L’appel à se convertir étendu sur chacune de nos vies le Mercredi des Cendres nous est renouvelé ce dimanche. A tous. Cette démarche concerne aussi les futurs baptisés invités à une transformation profonde pour vivre dans la lumière du Christ. Déjà, pour cela, la communauté paroissiale, à la messe de 11h, ce dimanche, les entourera de sa prière fervente et fraternelle. 

    Père Édouard Bois

  • Édito du 2ème dimanche de Carême, 13 mars 2022

    « C’est ta face Seigneur que je cherche »

    Après les 40 jours dans le désert où Jésus fut tenté, nous voici avec le dimanche de la Transfiguration. Nous sommes invités à méditer sur nos peurs face à notre foi.

    C’est sur la montagne et dans la prière que nous trouvons l’intimité avec Dieu. C’est par une lumière intense que Dieu va se manifester. Cette lumière peut nous faire peur à l’image des apôtres et même parfois nous pouvons être découragés, particulièrement à la lecture de l’actualité.

     Cependant nous devons garder confiance.

    Sommes-nous prêts à entendre Dieu nous dire : « Celui-ci est mon Fils que j’ai choisi, écoutez-le » ?

    Oui chers frères et sœurs, le temps du Carême est un temps particulier pour accueillir Dieu. La transfiguration met à l’épreuve notre foi. Pour cette quête du mystère de Dieu, nous avons besoin d’aller à l’écart, nous avons besoin de silence pour nous retrouver et tenter d’entendre notre Seigneur : nous serons tous transfigurés dans la gloire de Dieu. Le Seigneur transformera notre propre corps pour la fin des temps mais aussi le corps de de toute l’Eglise.

    Le temps du Carême est ce temps offert par l’Eglise pour nous retrouver et préparer notre montée vers Pâques.

    Cette semaine, dans notre livret de Carême vendredi, nous avons médité à l’image de St François qui a écouté la voix de Dieu ; l’espérance est une audace qu’il faut entretenir.

    Demandons-nous qui est vraiment Dieu pour nous ?

    Si Jésus est pour nous Fils de Dieu, ressuscité et glorieux, notre existence change nécessairement. La joie nous envahit car nous sommes aimés et sauvés.

    A notre baptême, nous avons revêtu le Christ symbolisé par le vêtement blanc qui rappelle la transfiguration, nous avons reçu la foi. C’est à nous maintenant de la faire grandir et de l’approfondir.

    Les évènements que nous vivons actuellement peuvent favoriser notre assèchement spirituel ; alors écoutons la voix du Seigneur au fond de nos cœurs, plutôt que la simplicité de la tentation.

    Le Malin est à l’œuvre et nous devons lutter avec nos prières, garder espoir et chercher la face du Seigneur sans relâche.

    Dans cette période de Carême, profitons des difficultés que nous vivons pour observer, être plus attentifs et trouver dans nos vies ces petits signes d’espoir, ces petits signes de l’amour de Dieu qui signifient sa présence au milieu de nous.

    Oui chers frères et sœurs dans le Christ, profitons de ce temps qui nous est proposé pour être plus à l’écoute du Seigneur, être plus unis à Lui, prenons le temps d’accueillir ce don de Dieu par la prière et retrouvons ce lien qui nous unit avec Lui pour l’éternité.

    Avec les catéchumènes cheminant vers le baptême, profitons de ce temps pour redécouvrir le sens de notre foi.

    François Lalau, diacre

  • Édito du 1er dimanche de Carême, 6 mars 2022

                         LE CARÊME, TEMPS FAVORABLE DE RENOUVEAU

    Dans l’Église latine, le Carême va du Mercredi des Cendres au Jeudi Saint. “Quarante” est à l’origine de “Carême” : temps symbolique pour accueillir Dieu qui veut renouer son alliance avec nous.

    Le Carême est un temps de pénitence. Mais faire pénitence n’est pas d’abord s’imposer des épreuves, se faire souffrir, amputer ses forces vives : notre Dieu aime la vie et nous veut vivants. Il s’agit moins de se retourner vers soi que de regarder vers ce Dieu qui vient à nous, frappe à notre porte, propose son amour. Faire pénitence c’est peut-être “se frapper le cœur” pour l’ouvrir à l’amour qu’on a méconnu, pour demander pardon à Dieu et le laisser entrer, pour ainsi désensabler les sources de la prière – “tu étais là, et je ne le savais pas”. C’est donc aussi laisser entrer le prochain par qui concrètement Dieu vient à nous : le jeûne et le partage prennent ici leur sens. Il ne s’agit pas des olympiades de mortification, mais de distinguer l’essentiel de l’accessoire, de faire l’expérience d’une sobriété en vue d’une distribution plus équitable des biens ; d’accueillir la promesse réalisée : “voici que je fais toutes choses nouvelles”.

    C’est aussi un temps privilégié de marche pour les catéchumènes, un temps fort pour les adultes qui recevront Baptême, Confirmation et Eucharistie à Pâques. Au début du Carême ( c’était hier à Saint Sulpice), l’évêque accueille les catéchumènes et les appelle officiellement à se mettre en chemin ; des célébrations en marquent les différentes étapes. Le futur baptisé se détermine à faire le choix de Dieu que le Christ nous fait connaître. C’est ce que souligne la liturgie, et ce à quoi elle nous aide : le signe des Cendres ;  le jeûne et la prière, la rencontre “au secret” avec Dieu ; la méditation de la Parole ; le sacrement de son pardon offert, l’ouverture du cœur à nos frères humains.

    C’est ainsi que le Carême prépare les chrétiens à célébrer le “Triduum Pascal” (Jeudi et Vendredi Saints, Nuit de Pâques), où est célébrée notre libération. La Passion du Christ, sa descente aux enfers d’où il nous ramène tous jusqu’au dernier, sa Résurrection et son Esprit répandu sur toute chair nous disent que la mort est vaincue, que le mal n’a pas le dernier mot.

    Père Anatole Dédégbé