Catégorie : Édito

  • Édito de la solennité du Saint-Sacrement, 19 juin 2022

    Eucharistie, présence de Jésus-Christ

    « Le Seigneur crucifié et ressuscité est vraiment, réellement et substantiellement présent dans l’Eucharistie et le demeure tant que subsistent les espèces du pain et du vin. On lui doit non seulement le plus grand respect mais notre culte et notre adoration. C’est là le Cœur de l’Eglise, le secret de sa vigueur ; elle doit toujours veiller avec un soin jaloux sur ce mystère et l’affirmer dans son intégralité. » (Jean Paul II, message au congrès eucharistique de Lourdes, 21 juillet 1983.)

    On parle de présence « réelle » parce qu’elle est substantielle, et que par elle, le Christ se rend présent tout entier par son corps, son sang, son âme et sa divinité. On ne peut absolument pas dire que cette présence réelle est un symbole. Les apparences sont les mêmes mais la substance (la réalité) a changé : ce n’est plus du pain mais le Corps du Christ qui renouvelle ou réactualise l’offrande de sa vie pour réparer nos péchés, nous sauver et nous donner la vie divine, qui est la vie éternelle : ce miracle se réalise à chaque messe au moment de la consécration !

    Quand l’Église nous invite à célébrer la fête du Saint-Sacrement, appelée aussi fête du Corps et du Sang du Christ ou encore Fête-Dieu, elle veut nous aider à affermir notre foi dans cette présence du Christ ; et parce qu’il est vraiment présent, chacune et chacun d’entre nous peut, lui aussi, devenir vraiment présent au monde et aux autres humains, comme quelqu’un qui est prêt à donner, pas simplement un réconfort moral ou partagé quelque sentiment de solidarité mais surtout quelque chose de ce qu’il reçoit du Christ qui se donne totalement.

    Que les enfants du catéchisme qui se sont bien préparés à cette rencontre eucharistique et d’amitié avec Jésus, et qui communient pour la première fois aujourd’hui, profitent, comme nous, de la grâce de la rédemption qui nous est offerte quand nous communion au corps et au sang du Christ.

    Que cette grâce produise en nous tous ses effets !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito de la solennité de la Trinité, dimanche 12 juin 2022

    « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit »

    Ce dimanche, voici une grande fête au cœur du mystère chrétien qui vient célébrer l’unicité de Dieu mais aussi le mystère du Dieu Amour. En effet, elle exprime cette réalité mystérieuse d’un seul Dieu dans l’unité d’amour de trois personnes distinctes, égales et indivisibles.

    Le dogme de la Trinité a été tardivement instauré au XIIIème siècle, entre la Pentecôte et la fête Dieu ou du Saint Sacrement qui aura lieu le 16 juin.

    Mais il faut se souvenir que ce dogme n’est pas le fruit d’une élaboration philosophique. C’est la Révélation elle-même. Dès la prédication évangélique, la Trinité est au cœur de l’annonce. C’est ainsi qu’à la fin de l’évangile de saint Matthieu (Mt, 28, 19), le Christ ordonne aux apôtres : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ».

    En effet, la Sainte Trinité se manifeste dès notre baptême, par le signe de Croix, symbole et prière des chrétiens, mais aussi durant la liturgie eucharistique à plusieurs reprises. 

    Aujourd’hui, saint Jean nous interpelle en affirmant que l’Esprit de Feu, l’Esprit de Vérité, va venir sur nous pour que nous puissions faire l’expérience d’ entrer dans l’intimité de Dieu.

    Soyons à l’écoute et laissons-nous guider par l’amour de Dieu ; l’Esprit de Vérité nous fera entrer peu à peu dans le mystère de la foi, et en particulier dans celui de la Sainte Trinité.

    Cette quête de la Vérité doit nous permettre de nous abandonner dans les mains de Dieu avec confiance. Oui Seigneur, pas ce que je veux mais ce que tu veux !

    Alors, remplis de l’amour de Dieu, nous pourrons être féconds et poursuivre notre mission, notamment auprès de ceux qui ne connaissent pas encore notre Sauveur.

    Que l’Esprit de Vérité nous rende confiants et audacieux !

     Et que la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité nous aide à prier :

    « O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si mon âme était déjà dans l’éternité ; que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de vous, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère ! Pacifiez mon âme. Faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là, tout entière, tout éveillée en ma foi, livrée à votre action créatrice ».

    François Lalau, diacre permanent

  • Édito du dimanche de la Pentecôte, 5 juin 2022

    La Pentecôte : promesse tenue ! 

    C’est la Pentecôte. Encore un pont pour certains mais surtout la fête du don de l’Esprit Saint promis par Jésus avant de s’élever au ciel. 

    La Bible pour dire la réalité de l’Esprit Saint parle de l’eau, du feu, du vent.  

    En un mot l’Esprit Saint est insaisissable bien que donné et inattendu bien qu’attendu.  

    L’Esprit Saint est présence et pourtant nous ne pouvons mettre la main dessus. On ne le retient pas, pas plus qu’on ne retient l’eau, le vent ou le feu.

    Quand les éoliennes tournent on sait que le vent est là. Là où est l’Esprit Saint cela se reconnait aussi. « Ici il y a un bon esprit entre vous » dit-on parfois d’une classe ou de tout autre groupe  L’esprit c’est ce qu’il y a « entre ».   

    Jésus, habité par l’Esprit est retourné auprès de son Père, mais sans nous laisser seuls aux risques de l’aventure humaine, à ses joies, à ses réussites, à ses ambitions mais aussi à ses errements, à ses doutes et à une finitude planétaire hypothétique.      

    « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » avait-il dit, en payant de sa personne sans se contenter de bonnes paroles ou de vaines promesses. 

    L’Esprit Saint qui unit Jésus à son Père vient nous ajuster à eux de manière profonde et creuser en nous le désir d’être et de vivre de manière heureuse et fraternelle. 

    Les fruits de l’Esprit Saint disent cela : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi.

    En un mot l’Esprit Saint est là quand je vis la rencontre : c’est à dire l’accueil de l’autre sur ma route dans le respect de ce qu’il est.

    L’Esprit Saint est là dans l’écoute : c’est à dire l’accueil de la Parole du Christ dans l’Ecriture, dans la communauté, les évènements qui me font signe. 

    L’Esprit est là dans le don de soi : c’est à dire dans l’attention multiforme aux appels des autres.

    L’Esprit Saint est invitation à faire servir nos talents, notre temps, au bien de tous. 

    L’Esprit Saint ne nous formate pas mais suscite notre liberté et nos initiatives pour la construction du monde, de l’Eglise et du Royaume de Dieu.

    Jésus a tenu sa promesse. L’Esprit Saint est toujours le bienvenu. 

    Père Édouard Bois

  • Édito du dimanche 29 mai, 7ème dimanche de Pâques

    De l’Ascension à la Pentecôte, allons à la rencontre de l’Esprit de Dieu !

    Apprends-nous Seigneur, jour après jour, à désirer ton Esprit Saint pour notre vie de communion avec toi et avec nos frères. Que le chemin vers la Pentecôte nous aide à être des instruments de paix et à gravir joyeusement la montagne de la sainteté. Nous te prions de continuer d’envoyer ton Esprit Saint sur chacun de nous, sur nos familles et sur notre communauté :

    Veni Creator

    Viens, Esprit Créateur, 
    Visite l’âme de tes fidèles, 
    Emplis de la grâce d’En-Haut 
    Les cœurs que tu as créés. 

    Toi qu’on nomme le Conseiller, 
    Don du Dieu Très-Haut, 
    Source vive, feu, charité, 
    Invisible consécration. 

    Tu es l’Esprit aux sept dons, 
    Le doigt de la main du Père,
     L’Esprit de vérité promis par le Père, 
    C’est toi qui inspires nos paroles. 

    Allume en nous ta lumière, 
    Emplis d’amour nos cœurs, 
    Affermis toujours de ta force 
    La faiblesse de notre corps. 

    Repousse l’ennemi loin de nous, 
    Donne-nous ta paix sans retard, 
    Pour que, sous ta conduite et ton conseil, 
    Nous évitions tout mal et toute erreur. 

    Fais-nous connaître le Père, 
    Révèle-nous le Fils, 
    Et toi, leur commun Esprit, 
    Fais-nous toujours croire en toi. 

    Gloire soit à Dieu le Père, 
    au Fils ressuscité des morts, 
    à l’Esprit Saint Consolateur, 
    maintenant et dans tous les siècles. Amen.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 6ème dimanche de Pâques, 22 mai 2022

                            Le don de la paix qui se transforme en joie

    Les paroles de Jésus rapportées dans l’évangile de ce dimanche nous orientent vers ce qui rend belle et précieuse la vie en église avec Jésus : la paix reçue et partagée entre nous et autour de nous. « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas  bouleversés et effrayés ».

    Une paix qui n’est pas le confort béat et le laisser faire. C’est une paix remplie de présence, d’attention et de partage. Une paix qui assume les deuils et les départs, les craintes et les échecs et qui engendre la joie ; une joie qui ne se câble pas sur les possessions et les sentiments uniquement, mais une joie qui vient du fond de l’âme qui aime, où Dieu est toujours présent, où il demeure. « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ». Laissons notre cœur s’ouvrir à ce don de la paix tout particulièrement aujourd’hui au moment de l’échange d’un signe de cette paix que nous recevons du Seigneur dans chaque Eucharistie lorsque le célébrant nous dit, plus d’une fois, dans la célébration : « Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous » et lorsqu’il nous invite à transmettre autour de nous cette paix reçue du Seigneur par une signe ou par un geste : regard, sourire, accolade, salutation etc.

    Prions l’Esprit Saint de nous garder dans la bonne voie et de nous inspirer le bon geste à faire et la bonne attitude à avoir dans notre vie de tous les jours pour répondre avec générosité et fidélité aux appels du Seigneur. Qu’avec les cinq enfants du catéchisme ( Lucas, Lysa, Mathis, Nelson et Vadim) qui reçoivent, ce dimanche, le baptême, ainsi que la petite Louane, leurs parents, parrain et marraine ainsi que notre communauté rassemblée autour de la Parole de Dieu, de l’Eau baptismale, autour du Pain et du Vin, Corps et Sang de Jésus, nous nous laissions emporter dans le mystère de l’Église, Corps du Christ, en union avec Lui qui est toujours vivant et intercédant pour nous dans la gloire du ciel.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 5ème dimanche de Pâques, 15 mai 2022

    Faire silence

    Ce dimanche, à Rome, Charles de Foucauld sera reconnu saint par l’Eglise au regard de son chemin de foi et des fruits spirituels que sa vie a portés de bien des manières.

    Tout le monde ne connait pas tous les détails de cette vie. Mais personne n’ignore l’importance pour lui qu’a été la rencontre d’un prêtre à l’église Saint Augustin et de sa vie d’ermite à Tamanrasset, ultime étape tragiquement achevée d’une vie marquée par bien des recherches, des doutes, des événements qui nous le rendent très contemporain. 

    Tout le monde n’est pas ermite mais n’oublions pas que vivre au désert veut dire faire silence pour aller à la rencontre du Christ. Il y a bien des exemples de cela sans aller dans un désert ou dans un monastère. 

    Faire silence c’est savoir vérifier où est l’essentiel de nos vies.

    Jean-Louis Etienne, qui a traversé seul le pôle Nord, le disait fort justement :« Nous sommes trop sollicités dans ce monde qui va trop vite. Nous ne prenons pas le temps de nous arrêter, de faire silence pour qu’enfin nous puissions nous poser la question de savoir si la vie que nous menons est bien accrochée à l’essentiel »

    Telle est bien la question qui a été la recherche de Charles de Foucauld toute sa vie et qui devrait être la nôtre aussi. Pourquoi pas dans le métro sinon dans des temps d’adoration ou de prière à l’église, à la sortie du travail ou autre. 

    Aujourd’hui vérifions notre capacité à faire silence en faisant nôtre, au-delà de la curiosité, la belle prière de Charles de Foucauld : « Mon Père je m’abandonne à toi…fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses de moi je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toute tes créatures, je ne désire rien d’autre mon Dieu , je remets mon âme entre tes mains. Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur parce que je t’aime et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains sans mesure avec une infinie confiance car tu es mon Père. »

    Père Édouard Bois

  • Édito des 2ème et 3ème dimanches de Pâques

    Rien ne sera plus comme avant

    Il arrive qu’après des événements personnels ou sociétaux nous disions : rien ne sera plus comme avant !

    Ainsi en est-il, devraient dire les chrétiens, de Pâques célébré il y a peu. 

    Les Évangiles des dimanches qui suivent font le récit des rencontres du Ressuscité avec ses anciens amis : Marie-Madeleine, Thomas puis les pêcheurs au bord du lac et d’autres encore comme les disciples d’Emmaüs.

    Après les événements que l’on sait, chacun était sur ses gardes. Les disciples s’enfermant par peur des juifs ou repartant à leur travail de pêcheurs au bord du lac.   Thomas partit on ne sait où. Les disciples d’Emmaüs retournèrent chez eux.

    Mais Christ est ressuscité. Tout est bouleversé. Rien ne sera plus comme avant.  Le tombeau est vide, les fenêtres s’ouvrent, la pêche devient étonnante. 

    Il faut bien se rendre à l’évidence. Quelque chose a changé qui va bouleverser la vie  des proches de Jésus et, la surprise et le doute passés, les remplir de joie.  

    Une joie qui touche à l’amour avec Marie-Madeleine, à la foi avec Thomas. A la vie ordinaire avec les pêcheurs sans parler de la miséricorde que les Papes nous invitent à ne pas oublier particulièrement le 2ème dimanche de Pâques.

    Cette joie est pour nous tous, comme elle l’a été il y a peu pour les nouveaux baptisés de la nuit de Pâques. 

    Cette joie profonde et intime liée à la résurrection, c’est bien autre chose que la recherche de petits plaisirs ou que de se faire plaisir , aussi légitime cela soit-il.

    La résurrection change tout et il nous est demandé comme aux apôtres et aux premières communautés de partager cette nouvelle sans pareille que secrètement le monde attend au-delà des apparences.

    Jésus a confié le soin de cela à ses disciples les laissant libres, avec son Esprit, de construire l’Église, selon les circonstances. Avec bien des recommandations, cependant dont celle de ne pas faire ce que  Jésus a reproché maintes fois au premier peuple de l’Alliance et à ses responsables religieux. Ce n’est pas pour rien ainsi que l’Église entière est actuellement en conversation synodale. Pour que rien ne soit plus comme avant. 

    Père Édouard Bois

  • Édito du dimanche de Pâques, 17 avril 2022

    Le temps du renouveau

    Le temps pascal est le temps de notre renouvellement dans le Christ. « Dépouillez-vous du vieil homme ; revêtez l’homme nouveau » (Eph 4, 22) 

    La liturgie pascale est marquée par la nouveauté. La solennité de Pâques coïncide avec le réveil du printemps ; nouveaux sont le feu et l’eau et nouveaux sont les cœurs des chrétiens, renouvelés par le sacrement de pénitence et par les sacrements de l’initiation chrétienne pour les catéchumènes. Tous ces éléments et ces signes évoquent et transmettent la vie nouvelle inaugurée par le Christ dans sa résurrection.

    Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ; alléluia ! il est vivant !  C’est le cri de la foi en Jésus mort et ressuscité que les chrétiens célèbrent à Pâques avec tant de ferveur et d’espérance. Le monde d’aujourd’hui a besoin de cette belle annonce qui traverse les siècles depuis le matin de Pâques, où Jésus est sorti vainqueur du tombeau. Nous avons tant de raisons en nous et autour pour nous lamenter, à cause des forces de mort qui poursuivent leur œuvre dans le monde et à l’intérieur de l’Eglise. Mais depuis que Jésus est mort et ressuscité pour nous, ce n’est plus la mort qui a le dernier mot, car « la mort a été engloutie dans la Victoire » (1 Co 15,54), nous dit saint Paul, et il poursuit par ailleurs : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3, 1-3).

    Que cette fête de Pâques 2022 nous confirme dans l’Espérance que le Vivant continue de nous rejoindre dans notre existence. Saintes et joyeuses fêtes de Pâques à toutes et à tous !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du dimanche des Rameaux, dimanche 10 avril 2022

    L’entrée dans la semaine sainte

    Avec le dimanche des Rameaux commence la « semaine sainte ». Elle est appelée ainsi car elle recouvre le triduum pascal : jeudi, vendredi et samedi ; trois jours où nous faisons mémoire du dernier repas (la cène) de Jésus, de sa passion et sa mort sur la croix, de sa mise au tombeau. Le triduum pascal précède la célébration de la résurrection.

     La mémoire de la Cène du Seigneur commence le jeudi à la tombée du jour. Tous les prêtres concélèbrent ce jour, en signe du moment où le Christ rassembla ses apôtres pour le repas de la première eucharistie. Dans l’Évangile de Jean, il est fait mention du lavement des pieds à la place du récit du dernier repas ; ce rite se trouve mêlé à celui rappelant l’institution de l’eucharistie pour exprimer déjà le don que fait le Seigneur de sa vie et qui se concrétise dans le sacrifice de la croix.

     Normalement le jeudi saint est aussi le jour du renouvellement des promesses sacerdotales et de la bénédiction des trois huiles : huile pour les catéchumènes, huile pour les malades, huile pour les sacrements du baptême, de la confirmation et pour les ordinations. Pour ne pas surcharger ce jeudi, la messe chrismale est célébrée entre le dimanche des Rameaux et le Jeudi Saint, à Paris le mercredi en fin d’après-midi.

    Le vendredi saint, nous vénérons la croix de Jésus, en écoutant les récits rappelant sa passion. Dans la célébration, une grande prière universelle trouve sa place, profondément remaniée dans l’esprit du Concile  Vatican II : on y entend une prière pour le peuple de la Première Alliance et pour les Musulmans. Le chemin de  croix est une pratique habituelle qui y trouve aussi sa place.

     Le samedi saint honore le repos du Christ dans son tombeau. C’est le grand silence ; il n’y a de célébration que les offices de prières habituelles du bréviaire. Les prières de ce jour nous orientent vers l’action du Christ descendant aux Enfers.

    Primitivement la vigile pascale commençait assez tard pour s’achever au petit matin, au moment du soleil levant, avec la messe au matin. L’habitude de prolonger la mémoire des événements de Pâques conduisit à célébrer une autre messe dans la matinée, malgré la fatigue de la nuit.

    Le dimanche de Pâques ouvre l’octave pascale, consacrée à une catéchèse sur les mystères de la nuit de Pâques (baptême, chrismation, eucharistie), particulièrement pour les nouveaux baptisés mais tout autant pour l’ensemble des chrétiens.

    Ce que nous vivons à Noël : nuit de Noël et messe du jour de Noël sont à l’exacte imitation de la vigile pascale et du matin de Pâques. Le mystère Pascal est au centre de notre foi et Noël nous y prépare. Par le baptême, le candidat entre dans la mort et la résurrection de Jésus Christ, reçoit l’Esprit qui l’animait et est rendu capable d’annoncer la nouvelle de la venue du Règne de Dieu.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 5ème dimanche de Carême, 3 avril 2022

    Se laisser bousculer

    Jésus, dans l’Évangile de ce dimanche, rencontre des pharisiens qui lui tendent un piège dont le prétexte est une femme accusée d’adultère. Si Jésus lui pardonne il se met en tort par rapport à la loi. S’il approuve sa lapidation c’est sa crédibilité qui sera mise en cause. « Que celui qui n’a pas péché, dit alors Jésus, lui jette la première pierre ». Et les pharisiens de partir les uns après les autres. La confrontation s’arrête là.

    L’attitude de Jésus à l’égard des religieux de son temps est aussi un avertissement pour l’Église qui naîtra du message de Jésus. Elle doit elle aussi vérifier sans cesse qu’elle ne suit pas l’exemple de ces pharisiens ou de cette femme par des attitudes loin de la vérité et exemptes de miséricorde. Elle doit, comme chacun, selon l’expression de Mgr François Gonon, en visite à Notre Dame de la Nativité « se laisser bousculer par le Christ ». Déjà François d’Assise, en son temps, avait fait le voyage de Rome pour inviter le Pape de l’époque à corriger bien des choses dans la vie de l’Eglise. De nos jours c’est le Pape François lui-même qui invite toute l’Eglise à vivre des conversions à travers une démarche synodale où tous sont concernés et en tout. 

    A chacun de s’interroger et en particulier les couples qui n’oublieront pas ce conseil du père Sonet : « Quand c’est possible un dialogue chaque jour pour se redire son amour et les faits de la journée, un dialogue chaque mois pour faire le point de son amour, un dialogue chaque année au cours du voyage de noce annuel pour décider des grands choix du couple ».

    Bienvenue donc à Mg Gonon qui se réjouit dans le journal diocésain de se mettre au service des curés, des prêtres, des laïcs des différentes paroisses qui lui sont confiées : « C’est une mission, dit-il, de service, de confiance et d’encouragement, avec toujours ce souci de la communion, à l’image de cet amour incroyable du Christ Bon Pasteur qui se rend proche de tous ».

    Père Édouard Bois