Catégorie : Édito

  • Édito du 2ème dimanche de l’Avent, 5 décembre 2021

    Déclaration de Mgr Aupetit,

    2 décembre 2021

                                       « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris.
                                             Que le Nom du Seigneur soit béni ! »


    Cette phrase de Job m’habite, au moment où je reçois cette acceptation de la remise de ma charge de la part du Saint Père. Les événements douloureux de la semaine passée, sur lesquels je me suis déjà exprimé, m’avaient amené à remettre ma mission dans les mains du Pape François pour préserver le diocèse de la division que provoquent toujours la suspicion et la perte de confiance.
    J’ai reçu cette lourde charge du diocèse de Paris en essayant de m’en acquitter avec ferveur et dévouement. Je rends grâce à Dieu, qui m’a fait depuis toujours le don d’un regard bienveillant sur mes semblables et d’amour des personnes, qui  m’avait conduit dans un premier temps à l’exercice de la médecine. Prendre soin est quelque chose de profondément ancré en moi et les difficultés relationnelles entre les hommes ne l’entament pas.
    Je suis heureux d’avoir servi ce diocèse avec des équipes magnifiques, clercs, laïcs, consacrés, totalement dévoués au service du Christ, de l’Église et de leurs frères.
    Il y a trop de personnes à remercier pour que j’en fasse une liste exhaustive.
    Le jour de mon entrée au séminaire, j’ignorais totalement où cela allait m’entraîner, mais la confiance en Jésus-Christ qui m’habitait alors, continue de me rendre totalement disponible, pour le suivre où il voudra.
    J’ai, bien sûr, été fortement troublé par les attaques dont j’ai été l’objet.
    Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu d’avoir le cœur profondément en paix. Je remercie les très nombreuses personnes qui m’ont manifesté leur confiance et  leur affection depuis ces huit jours. Je prie pour ceux qui, peut-être, m’ont  souhaité du mal comme le Christ nous a appris à le faire, lui qui nous aide bien au-delà de nos pauvres forces. Je demande pardon à ceux que j’aurais pu blesser et vous assure tous de mon amitié profonde et de ma prière, qui vous seront  toujours acquises.
    Le diocèse de Paris est habité d’un profond dynamisme. Il est en route pour une nouvelle façon de vivre la fraternité à partir de notre baptême commun, dans une synodalité sans posture entre les différents états de vie. J’ai une totale confiance dans ce qui a été initié avec les vicaires généraux et les différents conseils qui m’entourent. Cet élan ne retombera pas et je demande à tous d’œuvrer pour que  s’accomplisse, dans le souffle du Saint Esprit, ce qui a été commencé.
    Je vous reste totalement uni et marche avec vous vers l’accomplissement du Salut.
    Je ne peux que redire le message de ma toute première homélie : « Ne regardez pas l’archevêque, regardez le Christ ! »

    Mgr Aupetit, 2 décembre 2021

  • Édito du 1er dimanche de l’Avent, 28 novembre 2021

    Vers un Noël d’Espérance !

    Il y avait récemment beaucoup de monde sur les Champs-Elysées pour l’ouverture des illuminations de la grande avenue.

    À divers signes, comme celui-ci, la fête de Noël s’annonce pour bientôt : décoration des centres commerciaux, des rues, achat du sapin et des cadeaux, etc.

    La maitrise relative de la Covid invite à faire à nouveau des projets de réunion familiale même si l’inquiétude est toujours là et la prudence nécessaire. 

    Sans oublier avec tout cela qu’à Noël les chrétiens vont surtout, outre les coutumes sociétales, célébrer une naissance hors du commun. Celle de Jésus le Christ.

    La première lecture de ce dimanche, nous rappelle que longtemps avant cet événement, le prophète Jérémie invitait déjà le Peuple de l’Alliance à la confiance alors qu’il traversait une période bien difficile marquée par l’occupation du pays, la mort du roi, la déportation à Babylone et où Dieu semblait bien absent.

    En ces circonstances, Dieu n’abandonna pas son peuple malgré ses nombreuses infidélités. Il lui est promis, dit Jérémie, un Germe de justice.

    Ce Germe est, pour les chrétiens, celui dont nous fêterons, une fois encore, avec ferveur espérons-le, la naissance à Noël et attendrons le retour à la fin des temps.

    Alors restez éveillés, nous dit Jésus, car vous ne savez ni le jour ni l’heure de ce moment-là qui n’est pas à confondre avec les catastrophes interstellaires ou intramondaines qui nous menacent toujours.

    Dans chaque famille, dans l’Église famille de Dieu plus que simple institution religieuse, nous sommes invités nous aussi à faire de l’Avent et de Noël, un temps de conversion et de confiance.

    La paroisse Notre-Dame de la Nativité y aidera de son mieux. A chacun aussi d’être attentif aux autres pour cela.  

    N’oublions pas ce que dit Charles Péguy dans le poème des trois vertus.

    « La foi est un grand arbre, c’est un chêne enraciné au cœur de la France. Et sous les ailes de cet arbre la charité, ma fille la charité, abrite toutes les détresses du monde. L’espérance est une petite fille de rien du tout, qui est venue au monde le jour de Noël. C’est une petite fille pourtant qui traversera les mondes. »

    Puissions-nous en ce temps de l’Avent et ce Noël 2021, en ces temps incertains, être attentifs aux signes d’espérance qui traversent la vie de notre monde et la nôtre.

    Nous ne sommes pas dispensés de discerner les signes de cette réelle germination qui continue à s’accomplir parmi nous avec la grâce de Dieu. C’est la mission des chrétiens. Cela s’appelle évangéliser.

    Bonne préparation à la fête de Noël.

    Père Édouard Bois

  • Édito du dimanche 21 novembre, solennité du Christ-Roi de l’Univers

    Accueillons le Christ et adorons Dieu

    Le thème sur les fins dernières nous est proposé ce dernier dimanche de l’année liturgique et nous accompagne toute cette semaine jusqu’à l’entrée dans l’Avent  dimanche prochain.

    Jésus nous rappelle aujourd’hui que si nous l’avons accueilli par Marie dans le mystère de l’Incarnation, nous devons aussi nous préparer à accueillir son retour comme nous le professons dans le Credo : « Il reviendra… ». Et il nous invite à la vigilance en faisant attention aux signes des temps et en restant prudent puisque « ce jour et cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père ». Notre attente, loin d’être passive, doit être active ; c’est un acte d’espérance qui se manifeste par la conversion dans l’amour, dans la louange, l’émerveillement et l’adoration. C’est pourquoi nous nous sommes proposés aujourd’hui, après la célébration eucharistique dominicale, de nous retrouver pendant une petite heure dans l’après-midi de ce dimanche pour un temps d’adoration communautaire devant le Saint -Sacrement.

    En venant prier dans le silence devant l’hostie consacrée et exposée, nous nous mettons à l’école de Jésus et sous son regard bienveillant et miséricordieux. Votre présence est la réponse à la présence du Seigneur qui, le premier, nous a aimé. Et qui n’est pas touché en passant du temps devant Jésus-Hostie ? Le silence, la beauté de l’autel, le recueillement des autres adorateurs, tout participe à vivre un moment paisible près du cœur de Jésus. C’est un temps donné, une pause, pour se laisser aimer par le Dieu d’amour infini, et recevoir ses grâces.
    Adorer, c’est prendre le temps de l’écoute, près du Seigneur, comme Marie, la sœur de Lazare, au sujet de laquelle Jésus déclare qu’elle a choisi la meilleure part. C’est par-dessus tout un moment favorable pour recentrer nos vies sur Lui. Venons, accueillons le Christ et adorons Dieu !

    As-tu quelque chose à demander pour quelqu’un ? Viens ! Dis-lui son nom et ce que tu voudrais qu’Il fasse maintenant pour lui…

    Et toi-même, te demande le Seigneur, n’as-tu pas besoin de quelque chose ? As-tu actuellement un projet ? Viens ! Expose-moi ton projet. Qu’est-ce qui te préoccupe ? Que penses-tu ? Que désires-tu ? Que puis-je faire pour toi, pour ton frère, ta sœur, tes amis, ta famille, tes supérieurs, que voudrais-tu demander pour eux ? Si un projet échoue, dis-le-moi : je te donnerai les raisons de l’échec. Ne voudrais-tu pas me gagner à ta cause ?

    Dis-le-moi franchement et demande-moi de te venir en aide.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 33ème dimanche du temps ordinaire, 14 novembre 2021

    Journée mondiale des pauvres

    C’est, ce dimanche, la Journée mondiale des pauvres dont le pape François a choisi le fil conducteur : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous. » (Mc 14,7)

    Mais à quoi peut bien servir une telle journée tant ce mot « pauvre » recouvre une immensité de tragiques réalités que l’actuelle pandémie n’a fait qu’amplifier.

    Et si tout simplement, une fois encore, et avant tout, cette journée avait pour but de réaffirmer le droit, trop oublié, de tout humain au développement ?

    La question multiforme de la pauvreté de beaucoup ne peut donc laisser personne indifférent et concerne chacun de bien des manières. La paroisse Notre-Dame de la Nativité par la conférence saint Vincent de Paul, la visite des malades et bien d’autres engagements encore de chacun y apporte modestement mais bien réellement des éléments de réponse. Sans parler à cet égard des nombreuses initiatives diocésaines dont Hiver Solidaire et l’ouverture récente de la maison Bakhita n’en sont pas les moindres.

    La pauvreté a bien sûr une dimension politique car plus que jamais les humains vivent en interdépendance et le monde devient une réalité complexe et fragile.

    Mais l’attention de chacun à ses proches est loin d’être négligeable sans oublier que les pauvres se prennent eux-mêmes aussi en charge à leur manière. Le mouvement « ATD 1/4 monde » en est un bel exemple.

    La question de la pauvreté concerne donc tout le monde. Chacun doit s’interroger sur son sens du partage et les limites qu’il met à l’accumulation des biens et la recherche de son plaisir.

    « Des pauvres vous en aurez toujours avec vous. » Jésus a prononcé ces paroles dans le cadre d’un repas où une femme lui versa un parfum précieux, sans prix, sur la tête. En acceptant ce geste, qui surprend les convives, Jésus fait comprendre que c’est lui le pauvre et que c’est au nom des pauvres qu’il accepte le geste de cette femme.

    Et ajoute le Pape « Notre engagement ne doit pas consister seulement en des actions ou des programmes de promotion ou d’assistance ; Ce que l’Esprit suscite n’est pas un débordement d’activisme mais avant tout une attention à l’autre qu’il considère comme un ami. Cette préoccupation amicale est le début d’une véritable préoccupation pour sa personne à partir de laquelle je désire effectivement chercher son bien »

    A bon entendeur salut !                                                             

    Père Edouard Bois

  • Édito du 32ème dimanche du temps ordinaire, 7 novembre 2021

    Elle a tout donné

    Les textes de ce dimanche nous parlent du don généreux de ceux qui n’ont pas grand-chose. Le geste d’une païenne et une fille d’Israël, deux pauvres femmes, est mis en exergue. Elles ont donné tout ce qu’elles avaient pour vivre. Voilà deux magnifiques témoignages en un jour comme dimanche, consacré à celui qui a donné sa propre vie pour notre salut.

    La première lecture nous parle de la veuve païenne. Elle n’a rien à manger et son enfant va mourir. Et quand le prophète lui demande “un petit morceau de pain”, l’épreuve est rude. Son petit pain ne sera pas pour son enfant, elle le donne au prophète.

    L’Évangile nous présente aussi une veuve pauvre mais particulièrement généreuse. Cela se passe sur le parvis du temple de Jérusalem. Jésus s’est assis en face de la salle du trésor et il observe les gens qui déposent leurs offrandes. Il voit des riches qui donnent beaucoup, et c’est très bien. Mais voilà qu’arrive une veuve très pauvre. Elle n’a rien mais elle donne tout. Elle se moque de ce que pèsent ses deux petites pièces. Le plus important est ailleurs : elle aime Dieu ; elle aime le temple où il vit depuis des siècles ; elle respecte les prêtres et les scribes qui parlent de lui. C’est tout son cœur, tout son amour qu’elle met dans le tronc. Alors Jésus affirme qu’elle a donné plus que tous les autres. Son amour pour Dieu pèse bien plus que tout l’or du monde.

    En écoutant ces deux récits, comment ne pas penser à cette autre veuve, Marie debout au pied de la croix de son fils ! L’admiration de Jésus pour ces femmes vient de ce qu’il est justement celui qui livre sa vie. Il a été dépouillé de ses vêtements. Il vient de donner sa mère à son disciple et, à travers lui, à chacun de nous. “Lui qui était de condition divine, n’a pas jugé bon d’être traité à l’égal de Dieu. Mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur”. (Philippiens 2, 6-7)

    Pour bien comprendre toute la portée de l’Evangile de ce dimanche, nous nous tournons vers la croix du Christ. Nous comprenons alors qu’il a tout donné jusqu’au bout. Et il continue à se donner pour chacun de nous. La lettre aux Hébreux nous rappelle que la Passion du Christ a changé l’histoire. En lui, tous les hommes sont sauvés. Cet évangile nous appelle donc à apprendre à vivre sous le regard de Dieu et non celui des hommes. Il nous provoque surtout à réviser le critère de notre générosité : Ce qui prime ce n’est pas la quantité de ce que nous donnons mais le dépouillement effectif de ce à quoi nous tenons le plus. En donnant, on a parfois l’impression de perdre, de se perdre. Or, donner c’est gagner mieux en retour.

    Restons unis aux autres et au Seigneur et demandons à Dieu le don d’un cœur pauvre, mais riche d’une générosité joyeuse et gratuite.

    Père Anatole Dédégbé.

  • Edito du 30ème dimanche du temps ordinaire, 24 octobre 2021

    « Il nous est impossible de nous taire sur ce que nous
    avons vu et entendu »

    Telle est la phrase des Ecritures Saintes (Ac 4, 20) choisie cette année par le Saint
    Père pour la Semaine Missionnaire Mondiale et sur laquelle nous sommes
    invités à méditer en ce dimanche qui la clôture.
    Si en effet l’Evangile est vraiment Bonne Nouvelle pour nous, si nous
    croyons que le salut du monde passe par le Christ, nous ne pouvons rester
    muets et devons aller vers celles et ceux qui ne connaissent pas notre
    Seigneur. Inviter quelqu’un hors de son cercle habituel à connaître Jésus
    d’une manière ou d’une autre, voilà notre mission : peut-être que cette
    personne entrera dans une relation d’amitié avec Jésus. Nous n’en verrons
    sans doute pas les fruits mais au moins, nous lui aurons permis de choisir
    de répondre ou non à l’appel du Christ. Malgré la foule qui cherche à faire
    taire Bartimée, c’est ce que les disciples et l’assemblée de celles et ceux
    qui suivent déjà le Messie ont fait en lui disant dans l’Evangile de ce jour :
    « Confiance, lève-toi ; Il t’appelle ! » (Marc 10, 49). En effet, le mendiant
    aveugle a besoin d’être encouragé même si de son côté, il a déjà l’intime
    conviction que Jésus de Nazareth peut accomplir quelque chose pour lui
    puisqu’il L’implore à deux reprises.
    Nous aussi, puissions-nous relayer l’appel lancé par le Seigneur afin que
    tout homme sur la Terre puisse reconnaître son amour et répondre en
    liberté à Son désir d’entrer en relation avec Lui.


    PRIERE proposée par les Œuvres pontificales missionnaires pour
    cette année :
    Dieu notre Père,
    Tu as donné à Pierre et aux autres apôtres
    Le courage de témoigner de Ton Fils,
    Mort et ressuscité pour révéler ton Amour.
    Ils ne pouvaient pas taire ce qu’ils avaient vu et entendu.
    Nous Te prions d’envoyer de nombreux missionnaires
    Afin que Jésus soit connu et servi dans le monde entier.
    Répands sur nous Ton Esprit,
    Qu’il fasse de nous des témoins de ta Parole,
    Joyeux et audacieux.

    François Lalau, diacre

  • Édito du 29ème dimanche du temps ordinaire, 17 octobre 2021

    Qui sera le plus grand ?

    Qui sera le plus grand ? Cette question est, parmi bien d’autres, au cœur de l’actualité avec l’élection présidentielle qui approche et les sondages qui s’en font le reflet.

    Qui sera le plus grand ? C’est aussi une question qui préoccupait les disciples surtout après l’annonce, une nouvelle fois par Jésus de son départ.

    On discute ferme parmi les disciples pour savoir qui va avoir les premières places auprès de Jésus. Jacques et Jean les fils de Madame Zébédée jouent des coudes pour cela ?  Mais que veut dire être le plus grand ?  

    La grandeur est-ce de dominer ?  Est-ce d’être au-dessus des autres ?

    La grandeur est-ce d’avoir des sujets, une foule à ses pieds, du pouvoir ?

    « L’humain n’a jamais pu comprendre autrement la grandeur que sous la forme de la domination » dit Maurice Zundel

    C’est cette grandeur-là qui est la tentation de Jésus au désert. « Saute du haut du temple et tu auras les foules à tes pieds » lui dit Satan. 

    Jésus laisse donc Jacques et Jean et les autres parler entre eux de la place de chacun dans l’avenir. Le ton monte. Les apôtres sont quand même bien gênés quand Jésus se mêle à leur conversation. Jésus ne leur reproche pas d’avoir parlé de cela et à ce moment-là où l’avenir s’assombrit pour lui. 

    Simplement le plus grand doit se faire le serviteur de tous. Il se doit de respecter les autres, ne pas se croire supérieur. Le lavement des pieds des apôtres par Jésus dans l’évangile de Jean dira avec force la même chose. 

    Jésus leur montre, et nous montre où est la véritable grandeur. Il ne dit pas qu’il ne faut pas avoir d’ambition, qu’il ne faut pas faire fructifier ses talents, prendre des responsabilités. Les vocations sont diverses. Mais dans le Royaume de Dieu si quelqu’un veut être le premier qu’il se fasse le serviteur de tous. 

    Evidemment, avec les événements qu’elle traverse, on ne peut pas ici ne pas penser à l’Eglise et à l’attitude de ses responsables quels qu’ils soient et particulièrement ceux qui ont reçu mission de manifester qu’être chrétien cela se reçoit du Christ qui déjà nous rassemble et invite à se faire serviteur les uns des autres. (Rm1/1-7).

    « Que ton amour Seigneur soit sur nous comme notre espoir est en toi ! » (Ps.32)

    Père Édouard Bois

  • Édito du 28ème dimanche du temps ordinaire, 10 octobre 2021

    « Jésus posa son regard sur lui et il l’aima… »

    Les Évangiles font plusieurs fois mention des regards du Christ. André présente son frère Simon à Jésus : Celui-ci « le regarda » (Jn 1, 42). Pierre vient de renier son Maître : Celui-ci, « s’étant retourné, fixa son regard sur Pierre », et Pierre pleura amèrement (Lc 22, 61). Un jeune homme vertueux demande au Christ le chemin de la Vie éternelle : « Jésus le regarda et l’aima », nous dit l’évangile de Marc aujourd’hui.

    Jésus, à l’instar de ce jeune homme de l’Évangile, nous regarde avec amour. Son regard n’est pas un regard « conditionné » par ce qu’il faut faire ou être. C’est un regard d’amour désintéressé, sans limite avec, aussi bien nos qualités que nos défauts, nos péchés… Un amour qui nous saisit tel que nous sommes, au plus profond de nous-mêmes, envers et contre tout. C’est une qualité de regard et d’amour qui n’existe qu’en Dieu. Et qui s’appelle : amour inconditionnel toujours offert même s’il peut parfois nous arriver d’éprouver le sentiment de devoir produire quelque chose ou d’être digne de cet amour.

    Pécheurs et imparfaits, Dieu, le Parfait, le Juste, le Saint nous aime de manière inconditionnelle et nous invite à une vie plus belle, plus convertie, plus pure, plus joyeuse et plus utile.  C’est pourquoi je veux continuer de bénir ce Dieu, de le glorifier et de lui rendre son amour, si imparfait soit-il.

    C’est ce Dieu d’amour qui nous demande de toujours trouver des raisons d’aimer, d’accepter les autres malgré le fait qu’ils nous chicanent, car nous sommes tous compagnons de route vers la perfection.

    « Et le monde verra l’amour que nous nous portons les uns aux autres »

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 27ème dimanche du temps ordinaire, 3 octobre 2021

    « C’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! »

    En ce dimanche, nous célébrons la fin du temps de la Création pour cette année 2021. La saison se terminera plus exactement demain le 4 octobre, jour de la fête de St François d’Assise.

    Comme le dit la Parole de Dieu dans la Genèse, Dieu est à l’origine de tout et il se manifeste en toute chose. En créant le monde c’est un acte d’amour que fait Dieu. 

    Après la création du ciel et de la terre, Dieu crée l’homme et la femme à son image. Dieu l’a établi dans son amitié.

    L’homme et la femme sont voulus par Dieu l’un pour l’autre. Le texte d’aujourd’hui nous le fait entendre : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que Je lui fasse une aide qui lui soit assortie ».  (Gn 2,18) La femme que Dieu façonne de la côte tirée de l’homme et qu’Il amène à l’homme, provoque de la part de l’homme un cri d’admiration, d’émerveillement, une exclamation d’amour et de communion : « C’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! ».(Gn 2,23).

    Aujourd’hui donc l’Eglise nous invite à réfléchir sur la Création.

    Le Pape François s’inscrit dans cette réflexion avec l’encyclique « Laudato Si » en nous invitant à convertir notre regard comme celui de l’homme qui s’émerveille en voyant la femme.

    Au Conseil pastoral, nous avons commencé à entamer une réflexion sur la création : Quelle est la place de la création dans notre quotidien mais plus largement, quelle est la place de la création dans la liturgie et dans notre vie de prière ?

    La saison de la création est un temps très favorable pour redécouvrir la joie de célébrer la création mais pas le seul ! À nous de nous en saisir, personnellement, et mieux encore en communauté !

    François Lalau, diacre

  • Edito du 26ème dimanche du temps ordinaire, 26 septembre 2021

    Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de
    prophètes !

    Les mots de Moïse en ce dimanche de notre rentrée paroissiale résonnent
    comme un défi à relever : « Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple
    un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! »
    Voilà ce qu’il nous incombe de restaurer dans la vie de notre paroisse : que
    nous vivions pleinement notre mission d’être au cœur de ce quartier-village
    de Bercy des prophètes, c’est-à-dire des baptisés qui proclament, qui
    annoncent la Bonne Nouvelle qu’est la vie chrétienne par leur vie, leurs
    paroles et leurs actions.


    L’extrait du livre des Nombres, proposé en première lecture, privilégie un des
    aspects de l’Evangile de ce dimanche. Comme Moïse, Jésus se réjouit de voir
    que les dons de Dieu ne peuvent se restreindre à quelques privilégiés, ils sont
    étendus à tous, et donc nous aussi. C’est pourquoi, dès notre baptême, nous
    sommes marqués de l’huile sainte, le chrême (Chrême-Christ, c’est la même
    racine). Et ce geste liturgique est accompagné de cette parole : « Vous qui
    faites maintenant partie de son peuple, Dieu vous marque de l’huile sainte
    pour que vous demeuriez éternellement les membres de Jésus-Christ, prêtre,
    prophète et roi ». Quelle belle vocation !


    Les résistances pour accomplir sa vocation de prophète ne manquent pas et
    les critiques non plus. Sans compter les contre-témoignages qui blessent la
    communauté ecclésiale, perpétrés par des ministres ordonnés et des baptisés
    qui ont rompu, voire trahi, la cohérence et la beauté de la vie chrétienne. En
    dépit de cela, le Seigneur continue de nous regarder avec miséricorde et nous
    invite à accueillir son Esprit et orienter nos regards vers l’avenir. Il nous tend la
    main pour nous pardonner, nous relever, nous restaurer et faire briller sur
    nous l’éclat que nous confère le titre de fils et filles de Dieu.


    Dans cette aventure avec le Christ, le conseil pastoral a encore reconduit pour
    cette année deux axes qui avaient retenu notre attention l’année dernière : la
    fraternité et l’écologie. La récente lettre pastorale de monseigneur Michel
    AUPETIT, « La fraternité au service de la mission » nous donne quelques pistes
    que nous prendrons le temps d’explorer pour trouver les moyens de vivre une
    fraternité missionnaire dans notre communauté et une célébration dimanche
    prochain sur la création nous permettra de réveiller et de maintenir en nous
    notre désir de nous émerveiller devant la création, de ce qu’elle nous offre à
    entretenir dans la durée.


    Que nos paroles, nos gestes et toute notre vie, imprégnés de la force de
    l’Esprit Saint, nous permettent de réaliser au mieux notre vocation de
    prophète pour ce monde qui nous est donné.

    Père Anatole Dédégbé