Catégorie : Édito

  • Édito du dimanche 9 janvier, baptême du Seigneur

    Jubiler pour Jésus

    Les Évangiles ne s’attardent pas beaucoup sur l’enfance de Jésus et d’ailleurs ils n’en parlent pas tous. Nous un peu plus puisque les crèches sont toujours là dans la plupart des églises et chez soi. Mais les fêtes à peine terminées la liturgie dominicale nous entraine quelque trente ans après, là où commence la vie publique de Jésus avec son baptême par Jean-Baptiste et la belle parole qui clôt cette rencontre : « Celui-ci est mon Fils bien aimé ».

    Mais pourquoi Jésus vient-il recevoir ce baptême ?  Un baptême de conversion où le prophète du désert invitait les gens à changer de vie. 

    Au moment où il va commencer sa mission, Jésus signifie par là son lien profond à son peuple et, qui plus est, en un lieu qui marque l’entrée du peuple de l’Alliance en Terre Promise.

    Notre baptême n’est pas celui de Jean-Baptiste, même s’il nous invite à une incessante conversion. Le nôtre est celui de Jésus qui nous donne part à sa vie et à l’Esprit Saint.

    Encore faudrait-il ne pas oublier que nous l’avons été. 

    Le baptême, dit le pape François, immerge l’homme dans cette inépuisable source de vie qu’est la mort de Jésus, le plus grand acte d’amour de toute l’histoire.  C’est un acte qui touche l’existence en profondeur.  Ce n’est donc pas une formalité ! 

    Connaître la date de notre baptême, c’est connaître une date heureuse. Si on ne le sait pas, on risque de perdre la conscience de ce que le Seigneur a fait en nous, du don que nous avons reçu. Nous finissons alors par le considérer seulement comme un événement du passé – et même pas par notre volonté mais par celle de nos parents – et qui n’a donc plus aucune incidence sur le présent. Nous devons réveiller la mémoire de notre baptême. Nous sommes appelés à vivre notre baptême tous les jours, comme une réalité actuelle de notre existence. 

    Jubiler veut dire joie, exaltation, action de grâce. Un Jubilé nous invite à faire mémoire de la naissance de Jésus Christ mais aussi de notre histoire chrétienne personnelle : baptême et autres sacrements reçus, rencontres importantes et décisives, etc.

    Aujourd’hui, alors que nous fêtons ce dimanche un prêtre jubilaire, jubilons surtout pour Jésus qui se donne à nous. Par ce jubilaire peut-être ? Au moins un peu l’espère-t-il !

    Père Édouard Bois

  • Édito de l’octave de Noël

    Dieu avec nous, c’est Noël !

    Nous y voilà, Noël est bien là ! Et nous entrons de plain pied dans le cycle de la Nativité-Épiphanie, deux mots qu’on aime à ne pas trop séparer : « Nativité », c’est à dire « advenue », par la grâce de la naissance et « Épiphanie » veut dire « manifestation » car l’enfant qui vient au monde va se donner à connaître à ceux et celles qui vont le suivre ; à ses disciples qui le connaîtront par la foi. Au-delà de lui-même, il va aussi donner à connaître le mystère de Dieu dans un langage inédit : en prenant corps et visage d’homme, en habitant une humanité singulière pour aller à la rencontre de l’humanité entière et de chacun. C’est là tout ce que nous avons à célébrer et à partager en ces jours de fin d’année.

    La nuit de Noël raconte une histoire que tous peuvent entendre : l’histoire d’une naissance. L’évangéliste, à la messe de la nuit, se fait conteur : « En ces jours-là, parut un décret de l’empereur César-Auguste ordonnant de recenser toute la terre… ». Dans le tableau il met les non-gradés aux premières loges : ce sont les bergers, premiers avertis, par les anges, de ce qui arrive. Il donne aussi le texte du chant des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! ». Enfin il conduit son auditeur à l’humble crèche où l’on trouve le cœur de l’histoire, ramené à l’essentiel : l’enfant nouveau-né, sa mère Marie et son père, Joseph…

    L’enfant ! on peut y voir une image de la fragilité ; c’est la première évidence. Mais il ne faut pas manquer d’y voir aussi l’extraordinaire capital de virtualités, de possibles, qui ne sont pas encore révélés mais qui sont bel et bien là. L’enfant – l’Enfant de Bethléem singulièrement – est tout entier avenir. Il n’ignorera personne et ne fera que le bien.

    Jésus entraîne ceux et celles qui croisent son chemin dans un mouvement vers Dieu, vers les autres et vers soi-même, dans une confiance sans cesse renouvelée. A ceux et celles qu’il rencontre, il lance toujours l’invitation : « suis-moi ! ». Chacun en fait ce qu’il peut ou ce qu’il veut.

    Nous entrons donc dans les fêtes :  Noël 2021 et Nouvel An 2022 ! Puissent ces célébrations être pour tous une oasis de paix et, peut-être de réflexion pour retrouver le goût de reconstruire une fraternité, un vivre-ensemble heureux.

     Noël, c’est une brèche dans la nuit, une lumière douce dans les obscurités de l’histoire troublée des hommes. Un moment où terre et ciel se rencontrent et où se donne à voir le Dieu à visage humain. « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant », disait St-Irénée (IIème siècle). Tous les hommes de bonne volonté peuvent le chanter : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! et Paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! »

                      Joyeux et paisible Noël et Belle Année 2022 à tous !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 4ème dimanche de l’Avent, 19 décembre 2021

    Accueillir la Vie

    Quelle belle rencontre que celle de la « Visitation » de Marie à Elisabeth que nous propose, à quelques jours de Noël, ce quatrième dimanche de l’Avent.

    Une rencontre entre deux futures mamans. Une rencontre profondément humaine et divine.

    Que peuvent se dire deux futures mamans qui attendent une naissance et celles-là particulièrement ?

    L’évangéliste Luc nous laisse pressentir qu’elles parlent ici plus que de layettes et il  s’attarde surtout à ce qui touche à un bien grand mystère.

    La rencontre de Dieu et des hommes est en route grâce à la disponibilité de ces deux femmes et , il est vrai , un petit coup de main de l’Esprit Saint.

    La plus grande et la plus mystérieuse aventure de l’humanité est en route : l’humanisation de Dieu et la divinisation de l’homme.

    Comme Elisabeth et Marie, qui se retrouvent pour partager le mystère qui les habite, un immense étonnement et une grande joie nous saisissent à cette annonce.

    Mais aussi une certaine solitude, pour elles comme pour nous, car l’événement, qui est leur secret, passera et passe toujours, à beaucoup , inaperçu. 

    Comme le dit si bien Madeleine Delbrel qui a vécu elle-même cette solitude en milieu incroyant à Ivry : Nous nous sentions devenir étrangers aux autres par la foi qui précisément nous les fait aimer de plus en plus.

    Quoi qu’il en soit, comme ces deux femmes, il nous reste quelques jours pour nous préparer à célébrer encore une fois l’anniversaire de ces naissances, à vivre Noël.

    Cette fête nous ouvre ainsi un chemin en étant l’occasion pour chacun de mettre un peu plus d’amour, de solidarité dans notre monde par ces gestes d’attention à l’autre que sont les cadeaux, un repas de fête et bien d’autres initiatives.

    Mais, comme Marie et Elisabeth, puissions-nous, pour les quelques jours qui nous séparent de cette grande fête de la naissance de Jésus, vivre dans le silence de l’attente, dans la communion de la prière, notre lien à ce surprenant mystère qui nous dépasse mais qui nous est destiné.

    Alors toutes nos paroles et tous nos actes seront nativité en nous et en l’autre. 

    Noël est le temps de la rencontre.

    La rencontre de Dieu et des hommes et la rencontre fraternelle des hommes entre eux.

    Merci à Elisabeth et Marie de nous l’avoir rappelé aujourd’hui.

    Noël, c’est bientôt.

    Père Édouard Bois

  • Édito du 3ème dimanche de l’Avent, 12 décembre 2021

    Déclaration de Mgr Pontier, 2 décembre 2021

    Chers Frères et Sœurs, baptisés du diocèse de Paris,

    La renonciation à sa charge que Mgr Michel Aupetit a remise entre les mains du Pape dans le souci du bien du diocèse et la décision de celui-ci de l’en relever est une épreuve pour votre diocèse, pour Mgr Aupetit tout d’abord et pour vous tous. Prions pour lui et les uns pour les autres. Qu’aucune division, aucun propos inutile n’ajoutent encore à l’épreuve qui est assez lourde ainsi. Que chacun entre en lui-même et redise sa confiance à Celui qui est Maître du temps et des cœurs. Que chacun poursuive sa propre conversion et sa marche à la suite du Seigneur.

    Le Pape François m’a demandé de vous rejoindre pour quelques mois comme Administrateur Apostolique du diocèse. Cela m’impressionne, mais je n’ai pas cru devoir m’y dérober. Je m’efforcerai de servir et de donner le meilleur de moi-même avec l’équipe épiscopale. Je sais que l’Église qui est à Paris est vivante, riche de ressources, de dynamismes de tous ordres. Je sais qu’ensemble à l’écoute du Seigneur, soutenus par le souffle de son Esprit nous allons poursuivre notre route, marqués par cette épreuve, mais conduits à plus d’humilité, de charité et d’espérance.

    Le temps de l’Avent dans lequel nous venons d’entrer est un temps liturgique qui nourrit notre espérance en Celui qui ne cesse de venir, en Celui qui est Maître du temps et de l’Histoire. Il invite à l’intériorité, à la contemplation et appelle à la conversion. La figure de Jean Baptiste nous accompagnera, lui le précurseur. Le 8 décembre nous célébrerons l’Immaculée Conception de Marie et, quelques jours avant la fête de Noël, nous la retrouverons dans son accueil et sa confiance à Celui qui lui demande de mettre au monde le Sauveur, « Le Fils du Très Haut ».

    Hier, 1er décembre, nous avons pensé à Charles de Foucauld. Le 15 mai nous nous réjouirons de sa canonisation. À l’église Saint-Augustin, il a rencontré l’Abbé Huvelin et sa prière, « Seigneur, si tu existes, fais que je te connaisse » a été exaucée dans l’abandon à la miséricorde du Père. Il fut au long du XXe siècle un inspirateur pour beaucoup. Dans son encyclique « Fratelli tutti », le Pape François rappelle son témoignage de fraternité universelle durant toute sa vie et jusqu’à sa mort. Les moines de Tibhirine s’en sont inspirés.

    Enfin, à la demande du Pape François, toutes les Églises du monde sont entrées dans une démarche synodale : « Pour une Église synodale : Communion, participation, mission. » Poursuivons ensemble sur ce chemin déjà ouvert et si important pour que notre Église offre un visage toujours plus fraternel où chacun a sa place, se sente accueilli et écouté.

    J’espère pouvoir vous rejoindre physiquement dès la semaine qui vient. J’ai quelques obligations à honorer.

    Confions-nous à la prière des nombreux Saints qu’a donnés l’Église de Paris depuis son origine, à celle de Marie l’Immaculée, dans l’émerveillement de l’Amour qui jaillit du Sacré Cœur de Jésus.

    À bientôt, prions les uns pour les autres.

    + Mgr Georges Pontier
    Administrateur apostolique

  • Édito du 2ème dimanche de l’Avent, 5 décembre 2021

    Déclaration de Mgr Aupetit,

    2 décembre 2021

                                       « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris.
                                             Que le Nom du Seigneur soit béni ! »


    Cette phrase de Job m’habite, au moment où je reçois cette acceptation de la remise de ma charge de la part du Saint Père. Les événements douloureux de la semaine passée, sur lesquels je me suis déjà exprimé, m’avaient amené à remettre ma mission dans les mains du Pape François pour préserver le diocèse de la division que provoquent toujours la suspicion et la perte de confiance.
    J’ai reçu cette lourde charge du diocèse de Paris en essayant de m’en acquitter avec ferveur et dévouement. Je rends grâce à Dieu, qui m’a fait depuis toujours le don d’un regard bienveillant sur mes semblables et d’amour des personnes, qui  m’avait conduit dans un premier temps à l’exercice de la médecine. Prendre soin est quelque chose de profondément ancré en moi et les difficultés relationnelles entre les hommes ne l’entament pas.
    Je suis heureux d’avoir servi ce diocèse avec des équipes magnifiques, clercs, laïcs, consacrés, totalement dévoués au service du Christ, de l’Église et de leurs frères.
    Il y a trop de personnes à remercier pour que j’en fasse une liste exhaustive.
    Le jour de mon entrée au séminaire, j’ignorais totalement où cela allait m’entraîner, mais la confiance en Jésus-Christ qui m’habitait alors, continue de me rendre totalement disponible, pour le suivre où il voudra.
    J’ai, bien sûr, été fortement troublé par les attaques dont j’ai été l’objet.
    Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu d’avoir le cœur profondément en paix. Je remercie les très nombreuses personnes qui m’ont manifesté leur confiance et  leur affection depuis ces huit jours. Je prie pour ceux qui, peut-être, m’ont  souhaité du mal comme le Christ nous a appris à le faire, lui qui nous aide bien au-delà de nos pauvres forces. Je demande pardon à ceux que j’aurais pu blesser et vous assure tous de mon amitié profonde et de ma prière, qui vous seront  toujours acquises.
    Le diocèse de Paris est habité d’un profond dynamisme. Il est en route pour une nouvelle façon de vivre la fraternité à partir de notre baptême commun, dans une synodalité sans posture entre les différents états de vie. J’ai une totale confiance dans ce qui a été initié avec les vicaires généraux et les différents conseils qui m’entourent. Cet élan ne retombera pas et je demande à tous d’œuvrer pour que  s’accomplisse, dans le souffle du Saint Esprit, ce qui a été commencé.
    Je vous reste totalement uni et marche avec vous vers l’accomplissement du Salut.
    Je ne peux que redire le message de ma toute première homélie : « Ne regardez pas l’archevêque, regardez le Christ ! »

    Mgr Aupetit, 2 décembre 2021

  • Édito du 1er dimanche de l’Avent, 28 novembre 2021

    Vers un Noël d’Espérance !

    Il y avait récemment beaucoup de monde sur les Champs-Elysées pour l’ouverture des illuminations de la grande avenue.

    À divers signes, comme celui-ci, la fête de Noël s’annonce pour bientôt : décoration des centres commerciaux, des rues, achat du sapin et des cadeaux, etc.

    La maitrise relative de la Covid invite à faire à nouveau des projets de réunion familiale même si l’inquiétude est toujours là et la prudence nécessaire. 

    Sans oublier avec tout cela qu’à Noël les chrétiens vont surtout, outre les coutumes sociétales, célébrer une naissance hors du commun. Celle de Jésus le Christ.

    La première lecture de ce dimanche, nous rappelle que longtemps avant cet événement, le prophète Jérémie invitait déjà le Peuple de l’Alliance à la confiance alors qu’il traversait une période bien difficile marquée par l’occupation du pays, la mort du roi, la déportation à Babylone et où Dieu semblait bien absent.

    En ces circonstances, Dieu n’abandonna pas son peuple malgré ses nombreuses infidélités. Il lui est promis, dit Jérémie, un Germe de justice.

    Ce Germe est, pour les chrétiens, celui dont nous fêterons, une fois encore, avec ferveur espérons-le, la naissance à Noël et attendrons le retour à la fin des temps.

    Alors restez éveillés, nous dit Jésus, car vous ne savez ni le jour ni l’heure de ce moment-là qui n’est pas à confondre avec les catastrophes interstellaires ou intramondaines qui nous menacent toujours.

    Dans chaque famille, dans l’Église famille de Dieu plus que simple institution religieuse, nous sommes invités nous aussi à faire de l’Avent et de Noël, un temps de conversion et de confiance.

    La paroisse Notre-Dame de la Nativité y aidera de son mieux. A chacun aussi d’être attentif aux autres pour cela.  

    N’oublions pas ce que dit Charles Péguy dans le poème des trois vertus.

    « La foi est un grand arbre, c’est un chêne enraciné au cœur de la France. Et sous les ailes de cet arbre la charité, ma fille la charité, abrite toutes les détresses du monde. L’espérance est une petite fille de rien du tout, qui est venue au monde le jour de Noël. C’est une petite fille pourtant qui traversera les mondes. »

    Puissions-nous en ce temps de l’Avent et ce Noël 2021, en ces temps incertains, être attentifs aux signes d’espérance qui traversent la vie de notre monde et la nôtre.

    Nous ne sommes pas dispensés de discerner les signes de cette réelle germination qui continue à s’accomplir parmi nous avec la grâce de Dieu. C’est la mission des chrétiens. Cela s’appelle évangéliser.

    Bonne préparation à la fête de Noël.

    Père Édouard Bois

  • Édito du dimanche 21 novembre, solennité du Christ-Roi de l’Univers

    Accueillons le Christ et adorons Dieu

    Le thème sur les fins dernières nous est proposé ce dernier dimanche de l’année liturgique et nous accompagne toute cette semaine jusqu’à l’entrée dans l’Avent  dimanche prochain.

    Jésus nous rappelle aujourd’hui que si nous l’avons accueilli par Marie dans le mystère de l’Incarnation, nous devons aussi nous préparer à accueillir son retour comme nous le professons dans le Credo : « Il reviendra… ». Et il nous invite à la vigilance en faisant attention aux signes des temps et en restant prudent puisque « ce jour et cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père ». Notre attente, loin d’être passive, doit être active ; c’est un acte d’espérance qui se manifeste par la conversion dans l’amour, dans la louange, l’émerveillement et l’adoration. C’est pourquoi nous nous sommes proposés aujourd’hui, après la célébration eucharistique dominicale, de nous retrouver pendant une petite heure dans l’après-midi de ce dimanche pour un temps d’adoration communautaire devant le Saint -Sacrement.

    En venant prier dans le silence devant l’hostie consacrée et exposée, nous nous mettons à l’école de Jésus et sous son regard bienveillant et miséricordieux. Votre présence est la réponse à la présence du Seigneur qui, le premier, nous a aimé. Et qui n’est pas touché en passant du temps devant Jésus-Hostie ? Le silence, la beauté de l’autel, le recueillement des autres adorateurs, tout participe à vivre un moment paisible près du cœur de Jésus. C’est un temps donné, une pause, pour se laisser aimer par le Dieu d’amour infini, et recevoir ses grâces.
    Adorer, c’est prendre le temps de l’écoute, près du Seigneur, comme Marie, la sœur de Lazare, au sujet de laquelle Jésus déclare qu’elle a choisi la meilleure part. C’est par-dessus tout un moment favorable pour recentrer nos vies sur Lui. Venons, accueillons le Christ et adorons Dieu !

    As-tu quelque chose à demander pour quelqu’un ? Viens ! Dis-lui son nom et ce que tu voudrais qu’Il fasse maintenant pour lui…

    Et toi-même, te demande le Seigneur, n’as-tu pas besoin de quelque chose ? As-tu actuellement un projet ? Viens ! Expose-moi ton projet. Qu’est-ce qui te préoccupe ? Que penses-tu ? Que désires-tu ? Que puis-je faire pour toi, pour ton frère, ta sœur, tes amis, ta famille, tes supérieurs, que voudrais-tu demander pour eux ? Si un projet échoue, dis-le-moi : je te donnerai les raisons de l’échec. Ne voudrais-tu pas me gagner à ta cause ?

    Dis-le-moi franchement et demande-moi de te venir en aide.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 33ème dimanche du temps ordinaire, 14 novembre 2021

    Journée mondiale des pauvres

    C’est, ce dimanche, la Journée mondiale des pauvres dont le pape François a choisi le fil conducteur : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous. » (Mc 14,7)

    Mais à quoi peut bien servir une telle journée tant ce mot « pauvre » recouvre une immensité de tragiques réalités que l’actuelle pandémie n’a fait qu’amplifier.

    Et si tout simplement, une fois encore, et avant tout, cette journée avait pour but de réaffirmer le droit, trop oublié, de tout humain au développement ?

    La question multiforme de la pauvreté de beaucoup ne peut donc laisser personne indifférent et concerne chacun de bien des manières. La paroisse Notre-Dame de la Nativité par la conférence saint Vincent de Paul, la visite des malades et bien d’autres engagements encore de chacun y apporte modestement mais bien réellement des éléments de réponse. Sans parler à cet égard des nombreuses initiatives diocésaines dont Hiver Solidaire et l’ouverture récente de la maison Bakhita n’en sont pas les moindres.

    La pauvreté a bien sûr une dimension politique car plus que jamais les humains vivent en interdépendance et le monde devient une réalité complexe et fragile.

    Mais l’attention de chacun à ses proches est loin d’être négligeable sans oublier que les pauvres se prennent eux-mêmes aussi en charge à leur manière. Le mouvement « ATD 1/4 monde » en est un bel exemple.

    La question de la pauvreté concerne donc tout le monde. Chacun doit s’interroger sur son sens du partage et les limites qu’il met à l’accumulation des biens et la recherche de son plaisir.

    « Des pauvres vous en aurez toujours avec vous. » Jésus a prononcé ces paroles dans le cadre d’un repas où une femme lui versa un parfum précieux, sans prix, sur la tête. En acceptant ce geste, qui surprend les convives, Jésus fait comprendre que c’est lui le pauvre et que c’est au nom des pauvres qu’il accepte le geste de cette femme.

    Et ajoute le Pape « Notre engagement ne doit pas consister seulement en des actions ou des programmes de promotion ou d’assistance ; Ce que l’Esprit suscite n’est pas un débordement d’activisme mais avant tout une attention à l’autre qu’il considère comme un ami. Cette préoccupation amicale est le début d’une véritable préoccupation pour sa personne à partir de laquelle je désire effectivement chercher son bien »

    A bon entendeur salut !                                                             

    Père Edouard Bois

  • Édito du 32ème dimanche du temps ordinaire, 7 novembre 2021

    Elle a tout donné

    Les textes de ce dimanche nous parlent du don généreux de ceux qui n’ont pas grand-chose. Le geste d’une païenne et une fille d’Israël, deux pauvres femmes, est mis en exergue. Elles ont donné tout ce qu’elles avaient pour vivre. Voilà deux magnifiques témoignages en un jour comme dimanche, consacré à celui qui a donné sa propre vie pour notre salut.

    La première lecture nous parle de la veuve païenne. Elle n’a rien à manger et son enfant va mourir. Et quand le prophète lui demande “un petit morceau de pain”, l’épreuve est rude. Son petit pain ne sera pas pour son enfant, elle le donne au prophète.

    L’Évangile nous présente aussi une veuve pauvre mais particulièrement généreuse. Cela se passe sur le parvis du temple de Jérusalem. Jésus s’est assis en face de la salle du trésor et il observe les gens qui déposent leurs offrandes. Il voit des riches qui donnent beaucoup, et c’est très bien. Mais voilà qu’arrive une veuve très pauvre. Elle n’a rien mais elle donne tout. Elle se moque de ce que pèsent ses deux petites pièces. Le plus important est ailleurs : elle aime Dieu ; elle aime le temple où il vit depuis des siècles ; elle respecte les prêtres et les scribes qui parlent de lui. C’est tout son cœur, tout son amour qu’elle met dans le tronc. Alors Jésus affirme qu’elle a donné plus que tous les autres. Son amour pour Dieu pèse bien plus que tout l’or du monde.

    En écoutant ces deux récits, comment ne pas penser à cette autre veuve, Marie debout au pied de la croix de son fils ! L’admiration de Jésus pour ces femmes vient de ce qu’il est justement celui qui livre sa vie. Il a été dépouillé de ses vêtements. Il vient de donner sa mère à son disciple et, à travers lui, à chacun de nous. “Lui qui était de condition divine, n’a pas jugé bon d’être traité à l’égal de Dieu. Mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur”. (Philippiens 2, 6-7)

    Pour bien comprendre toute la portée de l’Evangile de ce dimanche, nous nous tournons vers la croix du Christ. Nous comprenons alors qu’il a tout donné jusqu’au bout. Et il continue à se donner pour chacun de nous. La lettre aux Hébreux nous rappelle que la Passion du Christ a changé l’histoire. En lui, tous les hommes sont sauvés. Cet évangile nous appelle donc à apprendre à vivre sous le regard de Dieu et non celui des hommes. Il nous provoque surtout à réviser le critère de notre générosité : Ce qui prime ce n’est pas la quantité de ce que nous donnons mais le dépouillement effectif de ce à quoi nous tenons le plus. En donnant, on a parfois l’impression de perdre, de se perdre. Or, donner c’est gagner mieux en retour.

    Restons unis aux autres et au Seigneur et demandons à Dieu le don d’un cœur pauvre, mais riche d’une générosité joyeuse et gratuite.

    Père Anatole Dédégbé.

  • Edito du 30ème dimanche du temps ordinaire, 24 octobre 2021

    « Il nous est impossible de nous taire sur ce que nous
    avons vu et entendu »

    Telle est la phrase des Ecritures Saintes (Ac 4, 20) choisie cette année par le Saint
    Père pour la Semaine Missionnaire Mondiale et sur laquelle nous sommes
    invités à méditer en ce dimanche qui la clôture.
    Si en effet l’Evangile est vraiment Bonne Nouvelle pour nous, si nous
    croyons que le salut du monde passe par le Christ, nous ne pouvons rester
    muets et devons aller vers celles et ceux qui ne connaissent pas notre
    Seigneur. Inviter quelqu’un hors de son cercle habituel à connaître Jésus
    d’une manière ou d’une autre, voilà notre mission : peut-être que cette
    personne entrera dans une relation d’amitié avec Jésus. Nous n’en verrons
    sans doute pas les fruits mais au moins, nous lui aurons permis de choisir
    de répondre ou non à l’appel du Christ. Malgré la foule qui cherche à faire
    taire Bartimée, c’est ce que les disciples et l’assemblée de celles et ceux
    qui suivent déjà le Messie ont fait en lui disant dans l’Evangile de ce jour :
    « Confiance, lève-toi ; Il t’appelle ! » (Marc 10, 49). En effet, le mendiant
    aveugle a besoin d’être encouragé même si de son côté, il a déjà l’intime
    conviction que Jésus de Nazareth peut accomplir quelque chose pour lui
    puisqu’il L’implore à deux reprises.
    Nous aussi, puissions-nous relayer l’appel lancé par le Seigneur afin que
    tout homme sur la Terre puisse reconnaître son amour et répondre en
    liberté à Son désir d’entrer en relation avec Lui.


    PRIERE proposée par les Œuvres pontificales missionnaires pour
    cette année :
    Dieu notre Père,
    Tu as donné à Pierre et aux autres apôtres
    Le courage de témoigner de Ton Fils,
    Mort et ressuscité pour révéler ton Amour.
    Ils ne pouvaient pas taire ce qu’ils avaient vu et entendu.
    Nous Te prions d’envoyer de nombreux missionnaires
    Afin que Jésus soit connu et servi dans le monde entier.
    Répands sur nous Ton Esprit,
    Qu’il fasse de nous des témoins de ta Parole,
    Joyeux et audacieux.

    François Lalau, diacre