Catégorie : Édito

  • Édito du 25ème dimanche du temps ordinaire, 19 septembre 2021

    Proposez le caté !

                                                            Animez le caté !

    En ce temps de rentrée, je lance un appel vigoureux pour que partout dans notre quartier la catéchèse soit proposée aux enfants et aux adolescents. Pour être fidèle au cri d’appel de Jésus: « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28, 19-20), la proposition de la catéchèse doit pouvoir être faite à tous. Pourquoi ?

    D’abord, c’est un encouragement aux familles : les parents qui transmettent la vie sont les premiers éducateurs de la foi de leurs enfants, comme ne cesse de le rappeler l’Église. C’est dans les familles que peut se vivre un premier éveil à la connaissance de Jésus, les premiers pas dans la prière et une première expérience de vie chrétienne. Que les parents n’hésitent pas à demander conseil à d’autres familles ou au curé pour parler de Jésus aux tout petits et se lancer dans la prière familiale.

    Ensuite, c’est un soutien à tous les catéchistes : quelle belle mission d’être aîné(e) dans la foi pour des plus jeunes ! Si vous avez répondu oui à l’appel de Jésus pour aider les enfants, merci ! Ne cherchez le moteur de cette action que dans cet appel personnel de Jésus Christ, qui fait grandir aussi votre foi à mesure que vous la partagez aux enfants et aux jeunes. Que du bonheur !

    Enfin, c’est toute la communauté chrétienne qui est concernée par cette proposition de la catéchèse. La présence des enfants lors de nos célébrations dominicales est un cadeau dont il faut prendre soin, par des propositions de liturgie de la Parole adaptée à leur âge. Soyons toujours heureux d’accueillir les enfants ou les collégiens à la paroisse, notre maison commune.

     En ce début d’année, je souhaite que nous soyons tous invitants pour les enfants et les adolescents pour des temps de catéchèse ou d’aumônerie alors que tant d’autres priorités risquent de faire passer à la trappe ce temps essentiel d’éveil et de formation chrétienne des jeunes générations. Le catéchisme, ce n’est pas comme les autres activités : piano, danse, opéra, le sport ou le foot… C’est juste différent.

    Inscrire un enfant au catéchisme, c’est lui permettre de rencontrer Jésus et de découvrir qu’on est aimé de Dieu. Le catéchisme cherche à faire grandir l’enfant dans une vraie relation avec Dieu, en lui présentant qui est Jésus, pourquoi l’Église et pourquoi le monde, en lui apprenant à prier, à vivre des sacrements et à se comporter en chrétien en progressant dans l’amour de Dieu et des autres.

    Il n’y a pas besoin d’être baptisé pour venir au catéchisme. Si le baptême n’a pas encore été reçu, cela permet à l’enfant de se poser la question de sa réception et de préparer avec les autres la première communion et le sacrement du pardon. Le catéchisme se poursuit par des activités proposées à l’aumônerie.

    Venez avec nous, il y a de la place ; il y a de la joie !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 24ème dimanche du temps ordinaire, 12 septembre 2021

    La cérémonie de prise de fonction

    Par décision de notre Archevêque, monseigneur Michel AUPETIT, uni à son conseil épiscopal, me voici désigné et nommé curé à la tête de cette église du 12è arrondissement de Paris : Notre-Dame de la Nativité de Bercy, bientôt bicentenaire.

    Au mot « curé » le glossaire du site de l’Église de France nous dit ceci : « Prêtre catholique placé à la tête d’une paroisse« . Sur Internet, Wikipédia précise davantage : « un prêtre catholique qui est chargé de la cure, c’est-à-dire qu’il a « charge d’âmes » (en latin, cura animarum), ce qui veut dire qu’il a la responsabilité spirituelle de tous les habitants du territoire paroissial. Il est nommé par l’évêque diocésain, dont il est le représentant et le délégué dans la paroisse. » Enfin, le Code du droit de l’Eglise met au clair les trois fonctions importantes du curé et prescrit la cérémonie de prise de fonction par l’évêque ou son délégué : 

    Le canon 519 du Code de droit canonique prescrit que : « le curé est le pasteur propre de la paroisse qui lui est remise en exerçant, sous l’autorité de l’évêque diocésain dont il a été appelé à partager le ministère du Christ, la charge pastorale de la communauté qui lui est confiée, afin d’accomplir pour cette communauté les fonctions d’enseigner, de sanctifier et de gouverner avec la collaboration éventuelle d’autres prêtres ou de diacres, et avec l’aide apportée par des laïcs, selon le droit » . Il y a là la référence explicite des activités légitimes que doit exécuter le curé et veiller avec attention à leur exécution pour le bien de la communauté paroissiale, avec la coopération de prêtres ou de diacres ainsi que de groupes de laïcs selon les prescriptions du droit.

    Le canon 527 § 1  du même Code précise que celui qui est promu à cette charge de curé « la reçoit et est tenu de l’exercer dès le moment de sa prise de possession » ; c’est la célébration qui est désignée sous le terme « installation du curé » que nous vivons aujourd’hui sur notre paroisse.  Le nouveau curé professe la foi catholique, renouvelle ses promesses sacerdotales et la liturgie prévoit des gestes qui symbolisent les trois fonctions.

    Dans cette mission de curé, je me confie à votre prière. Je vous demande de prier aussi, pour le père Edouard Bois qui reste un bras secourable important, malgré son grand âge, pour le curé et pour notre communauté paroissiale. Portez également dans votre prière le diacre François LALAU et sa famille ainsi que tous les responsables à divers niveaux de la vie paroissiale ; c’est avec eux que la communauté témoigne du Christ et accomplit sa mission. Qu’à ce nouveau départ pour la paroisse, chacun, chacune, puisse, avec moi, renouveler son appel à faire une communauté de frères et de sœurs, vivante et missionnaire au sein de ce beau quartier de Bercy à Paris.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 25ème dimanche du temps ordinaire, 5 septembre 2021

    « Ouvre-toi »

    C’est le temps de la rentrée. Un moment où chacun fait des projets, prend des décisions. Un moment aussi de reprise des contacts aussi bien pour les jeunes que pour les adultes. Avec au cœur des souvenirs d’été je l’espère heureux.

    La paroisse va aussi peu à peu retrouver son rythme de vie habituelle avec la joie de revoir des visages familiers et de reprendre la vie des groupes et les célébrations qui jalonnent la vie chrétienne. Avec la perspective aussi d’accueillir fraternellement un nouveau curé, le père Anatole. 

    Mais ce dimanche nous pouvons déjà nous demander comment les textes que nous propose la liturgie de la messe peuvent éclairer cette rentrée pour la vivre chrétiennement.

    Dans la première lecture le prophète Isaïe nous dit que c’est la vengeance qui vient. Dieu se venge !  Il y a de quoi être surpris en entendant cela. On se venge quand on nous a causé du tort, quand on nous a fait perdre la face. Alors on rend : je te le rendrai, je te le vaudrais…tu ne l’emporteras pas au paradis…

    Mais Dieu quand même… et le nôtre ! Il se vengerait ?

    C’est vrai, il a peut-être des choses à reprocher à l’humanité dans la manière dont nous gérons sa création ou son Eglise. On lui fait, à notre Dieu, par moment, perdre la face. C’est probable…mais de là à se venger…de là à rendre… Alors comment Dieu se venge-t-il ? Dieu ne se venge pas en répondant au mal par le mal. C’est tout le contraire nous dit le prophète : les muets parlent, les aveugles voient. Dieu ne se contente pas de promettre.  Il réalise. Il tient sa promesse. Dieu sauve. Dieu libère. Ce qui est annoncé, par Isaïe, Jésus l’accomplit.

    D’où cet appel que Jésus adresse à ce sourd-muet et par lui à nous aussi :« Effata ». C’est à dire « Ouvre toi ! » Il ne s’agit pas là seulement de déficience physique mais de tout l’être…Ce sourd muet représente l’état de l’humanité qui bégaye sa vie. On ne le voit que trop aujourd’hui. Jésus vient la sauver et la libérer.

    De même, dans la deuxième lecture, Saint-Jacques invite sa communauté, et la nôtre, à faire le lien entre sa foi et son agir. Et chacun de nous aussi.  Dans notre vie terrestre mais aussi quand nous nous rassemblons en disciples du Christ.

    Bonne rentrée à tous et à toutes.

    Père Édouard Bois

  • Édito du dimanche 29 août 2021

    Ne cherchons pas ailleurs

    Nous avons tout en lui !

    Il offre le meilleur

    Son nom est Jésus-Christ !

    N’est-il pas le chemin,

    La vérité la vie ?

    Ne craignons pas demain

    Nous avons Jésus-Christ !

    Qui sera contre nous ?

    La Parole nous le dit

    Et elle affirme surtout :

    Nous avons Jésus-Christ !

    Même si l’épreuve est là

    Avec tous ses soucis

    Ne désespérons pas

    Nous avons Jésus-Christ !

    Regardez l’avenir

    Les yeux fixés sur lui

    Car il veut vous bénir

    Son nom est Jésus-Christ !

    Anonyme, proposé par Marie-Aude

  • Édito de l’été 2021

    Vivre autrement, un autre rythme

    Accueillir des parents, des amis

    Contempler les beautés de la nature

    Admirer des réalisations humaines

    Nouer des amitiés nouvelles

    Conjuguer repos et découvertes, détente et culture

    Ecouter les autres…le Tout-Autre

    S‘arrêter, seul, en couple, en famille.

    Bon été à tous!

    Et pour tous ceux qui s’y préparent:

    Que ce temps de vacances puisse rimer avec

    temps de grâces.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 13ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 27 juin 2021

    “Talitha koum, lève-toi“

    En cette fin d’année, avec tous ceux qui ont, ou vont déménager, nous voulons ce dimanche rendre grâce à Celui qui nous a rassemblés et permis de vivre, malgré les confinements successifs, de belles choses ensemble.

    Pour ma part je veux remercier tout spécialement ceux qui ont accepté de prendre leur part de responsabilité dans la vie de la paroisse tout au cours de ces années.

    Arrivé il y a six ans dans des circonstances difficiles, après le départ des prêtres et de la communauté de l’Emmanuel et le passage rapide du P. Norbert Hennique, je me souviens encore des inquiétudes entendues les premiers mois : “Vous êtes là pour combien de temps ? “, “Seul, vous ne pourrez pas y arriver ! “.

    En acceptant ce poste je connaissais les difficultés et je savais pertinemment que je ne pourrai pas y arriver seul ; mais je faisais le pari que la paroisse recelait assez de ressources pour relever avec moi le défi de vivre avec moins de prêtres et plus de responsables laïcs ; une évolution qui a été le fait de la plupart des paroisses ces dernières années, surtout en province.

    Je veux pourtant remercier le P. Edouard Bois et notre diacre François Lalau, ainsi que les prêtres étudiants le P. Christophe et le P. Donatien, de leur présence fraternelle et du soutien apporté tout au cours de ces années.

    Merci à vous qui, avec des charges familiales et une vie professionnelle souvent chargée, avez accepté de prendre avec moi une part de la mission de témoigner de l’évangile sur notre quartier. Que ce soit au Conseil Pastoral ou économique, au service des jeunes dans la catéchèse, le scoutisme ou l’aumônerie, à travers la prière, la beauté de nos liturgies et la préparation aux sacrements du baptême, de la confirmation et du mariage, dans le service des personnes âgées, macadam café et le soutien scolaire au Bastion de Bercy, sans oublier les services du quotidien qui vont de la décoration florale, au suivi des travaux et de l’entretien de nos locaux.

    Je peux témoigner aussi que je n’ai jamais eu le sentiment d’être seul et que le soutien de l’Esprit du Christ vivant a toujours été présent par de petits signes, surtout aux moments les plus difficiles.

    Aussi je pars confiant dans le fait que le P. Anatole trouvera une paroisse vivante et qui saura le soutenir dans l’avenir.

    Aujourd’hui l’évangile de St Marc nous parle d’un double relèvement : la guérison d’une vieille femme victime d’hémorragie et le retour à la vie de la fille de Jaïre – cette dernière scène étant magnifiquement illustrée par le tableau de Charles de la Fosse situé dans le bas-côté gauche de notre église. A chaque étape de notre vie Il continue à nous prendre par la main en nous disant : “Talitha koum, relève-toi“. Avant d’ajouter : “Puis il leur dit de la faire manger“.

    Avec ces enfants qui communient ce dimanche pour la première fois, que cette eucharistie nous permette de tenir debout à son service, malgré la séparation, et de continuer chacun notre route dans l’action de grâce.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du dimanche 20 juin, 12ème dimanche du temps ordinaire

    Lui dormait, sur le coussin, à l’arrière…

    Harassés d’avoir suivi Jésus toute la journée au milieu d’une foule qui ne se lassait pas de l’écouter, et alors que la nuit allait tomber, qu’ont  pensé les apôtres quand celui-ci leur a demandé de reprendre leur barque pour “passer sur l’autre rive“ ?

    Et par quels sentiments sont-ils passés quand le vent s’est levé et que la tempête s’est déchaînée ; sans doute aurait-il été plus sage de rester sur la terre ferme…

    Et à l’arrière du bateau, sur le coussin, Jésus dort !

    Cette impression de solitude dans la tempête, beaucoup l’ont sans doute ressenti pendant ce long confinement…. Sans compter ces flambées de violence dont nous savons malheureusement l’homme capable, et qui endeuillent chaque jour notre actualité.

    Ainsi est-il fréquent de sentir, même chez des chrétiens convaincus, cette peur qui pousse à se demander si Dieu n’est pas en train de dormir dans son ciel dans ces moments difficiles ?

    Ce silence de Dieu, alors que souffle la tempête, reste un mystère que l’on trouve souvent évoqué tout au long de la Bible :

    – C’est Jonas qui dormait profondément sur un coussin au fond de la cale, alors que le navire dans lequel il fuyait faisait eau de toute part ; ce jour-là, pour calmer la tempête, les marins ont décidé de le jeter par-dessus bord.

    – C’est Job, dans la première lecture d’aujourd’hui, qui affronte l’épreuve et qui ne comprend pas ce silence de son Seigneur. La réponse apportée ici, et qui de fait n’en est pas une, est une invitation à s’en remettre à la toute-puissance de Dieu.

    Cette peur des apôtres au milieu des éléments déchainés préfigure déjà cette épreuve ultime qu’ils auront à traverser quand Jésus, sacrifié par les siens et cloué en croix, se sera endormi du sommeil de la mort. Mystère infini du silence de Dieu en réponse au cri de Jésus vers son Père : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

    « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? “ demandera Jésus après avoir calmé la tempête. Etrange question ! La foi nous aiderait-elle à surmonter cette peur ?

    Oui, si nous croyons que Jésus a été définitivement « réveillé d‘entre les morts » par son Père, et que dans cet événement il y a une invitation pour tout homme à croire, même au cœur des tempêtes qui secouent nos vies, à la toute-puissance de l’amour de Dieu.

    «  Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux. » (2ème lecture)

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 11ème dimanche du temps ordinaire, 13 juin 2021

    Nous attendons ta venue dans la gloire

    L’été approche à grands pas et, avec lui, la coupure traditionnelle des vacances. Pour le bien du plus grand nombre, espérons-le.

    Le mois de juin qui précède, est l’occasion pour chacun et les divers groupes sociaux ou paroissiaux auxquels nous appartenons de faire un bilan de l’année écoulée et d’élaborer des projets, fixer des orientations pour la rentrée de septembre.

    Les deux petites paraboles de l’évangile de ce dimanche, que nous connaissons bien, celle du semeur et celle du minuscule grain de sénevé qui devient un grand arbre, peuvent être une aide en cela.

    Elles ne sont pas qu’un outil pédagogique pour l’éveil à la foi des tout- petits à qui les catéchistes font planter de petites graines et en observer la croissance. Leur message s’adresse à chacun dans la situation où il se trouve. 

    Ces paraboles parlent d’abord de diverses réalités de notre vie planétaire autres que celles des  les humains. Ne pas les respecter, mal s’en servir, c’est à nos risques et périls et au mépris des générations futures.

    La semence peut aussi évoquer le mystère de la mort et la résurrection de Notre Seigneur pour notre libération. Quelle place lui faisons-nous dans notre vie ?

    La présence des oiseaux nombreux dans l’arbre qui grandit peut évoquer le rassemblement de l’humanité à la fin des temps mais un rassemblement déjà amorcé. Nous le disons à chaque messe :« nous attendons ta venue dans la gloire ». Saint Paul reprochait aux chrétiens de son temps de se croiser les bras et de ne rien faire en attendant. Et nous ?  Quelle place prenons-nous dans la vie de la famille de Dieu, déjà là, qu’est l’Eglise ?

    Sans doute y a-t-il encore bien d’autres questions que nous posent ces deux petites paraboles pour un bilan d’année. La croissance mystérieuse du Règne de Dieu, ainsi évoquée, était une réponse à ceux qui prenait pour insignifiante l’action de Jésus et de la bande des douze avec lui. Mais Dieu est à l’œuvre dans la vie du monde.

    Sachons cet été trouver le temps de nous souvenir de ces paraboles si riches de sens et soyons attentifs aussi à ce que dit le prophète Ezéchiel dans la Ière lecture avec l’image plus traditionnelle d’un magnifique cèdre. Et si hélas, nous ne pouvons partir cet été, allons méditer ces beaux textes au pied du grand cèdre du Jardin des Plantes. Il m’arrive de le faire.

    Père Édouard Bois

  • Édito de la Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, 6 juin 2021

    « Le premier jour de la fête des pains sans levain

    où on immolait l’agneau pascal… »

    C’est la « Fête Dieu », que l’on nomme depuis le concile Vatican II la « Fête du Corps et du Sang du Christ ». Les anciens se souviennent peut-être de ces belles processions dans les rues pavoisées, avec le Saint Sacrement sous un dais, en tête de cortège.

    Fêter le Corps et le Sang du Christ juste après celle du Dieu Trinité nous rappelle que l’eucharistie est bien le centre de la vie chrétienne, le lieu par excellence de la rencontre du Dieu des chrétiens.

    On parlait autrefois du “sacrifice de la messe“, une expression que l’on a du mal à comprendre aujourd’hui. Il est vrai que le mot “sacrifice“ qui signifie “offrande“ s’est teinté au XIXème siècle d’une connotation doloriste qui n’est absolument pas biblique. En effet, dans l’Ancien Testament, les sacrifices d’animaux étaient l’offrande que l’on faisait à Dieu pour obtenir ses bienfaits, comme ces taureaux immolés par Moïse dans la première lecture de ce jour, mais en aucun cas il n’était question de la souffrance des animaux, comme si elle avait une quelconque valeur aux yeux de Dieu.

    Dans le “sacrifice de la messe“, c’est Dieu lui-même qui s’offre tout entier à l’homme en son Fils Jésus, ce dernier offrant en retour sa vie en sacrifice, par amour pour tous les hommes : “le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut. (cf épitre aux Hébreux – 2ème lecture).

    Cela se passe donc entre Dieu et Dieu, entre le Père et le Fils ; et c’est l’Esprit Saint qui nous invite à entrer à notre tour dans cette communion d’amour trinitaire, pour faire de notre vie “une éternelle offrande à la gloire de Dieu le Père. “

    Ainsi, si nous acceptons de nous laisser entrainer dans ce mouvement d’offrande que nous célébrons, notre vie est transformée, et nous ne ressortons pas de la messe comme nous y sommes entrés.

    Souhaitons à tous ces enfants qui font leur première communion ce dimanche de découvrir petit à petit ce qui se déploie dans le “sacrifice de la messe“, et qu’ils gardent en eux ce désir de rester fidèles à ces rendez-vous avec le Christ qui nous invite à faire de toute notre vie une “eucharistie“.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito de la solennité de la Trinité, 30 mai 2021

    Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ?

    C’est traditionnel, le dimanche qui suit la Pentecôte est celui de la fête de la Sainte Trinité. Mais sans doute attachons-nous à cette fête moins d’importance qu’à l’Ascension ou à la Pentecôte qui nous valent, chrétiens ou pas, des ponts toujours bien appréciés et encore plus en ces temps de pandémie. 

    Pour la Trinité la concurrence est rude avec, le même jour, la fête des Mères. Cette fête retient plus notre attention pour exprimer aux mamans, de bien des manières, ce que nous leur devons.

    La Trinité fête-t-elle aussi la fête des mères ? Est-il  incongru de se poser la question ? Marie recevra-t-elle, en ce jour, un beau bouquet de roses divines de la part de la Trinité Sainte ? Elle le mériterait bien. Et n’oublions pas qu’elle est aussi la nôtre.

    Adrienne von Speyr, une grande spirituelle polonaise, disait que prier c’est entrer dans la conversation de Dieu avec Dieu.

    Le Dieu des chrétiens n’est pas solitude mais communion de personnes « Trinité ». S’il en est ainsi, et nous avons de bonnes raisons de le croire, il doit y avoir, avec tout ce qui arrive en notre monde, de la conversation en Dieu en ce moment. 

    Quant à notre prière elle a diverses facettes. Mais à son degré le plus élevé elle est, ce que dit d’elle Adrienne von Speyr : entrer dans la conversation de Dieu avec Dieu. Jésus nous a appris à le faire. Il nous a donné le Notre Père. 

    Le pain quotidien à demander, c’est le pain de l’amour divin, le pain de la communion, de la présence de l’autre et à l’autre. 

    Oui, le Dieu Trinité que nous prions est déjà conversation en lui-même. Il est communion de personnes. Cela doit façonner les rapports que les chrétiens et les humains établissent aussi entre eux. 

    S’il faut prier Dieu pour la fin de la pandémie, comme il nous est parfois demandé de le faire, pourquoi pas ! Le faire – c’est moins pour qu’il fasse les choses à notre place pour gagner ce combat -mais que l’humanité fasse tout ce qui est en son pouvoir et sa responsabilité, pour vivre elle-même dans une solidarité responsable. 

    « Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur. Mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils,»  nous dit encore Paul dans la lettre aux romains.

    Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ?                                                                                   

    Père Édouard Bois