Auteur/autrice : ParoisseNDB

  • Édito du 5ème dimanche de Pâques, 2 mai 2021

    Où demeures-tu ?

    « Où demeurez-vous ? ». « Où habites-tu ? » Il nous arrive de poser la question à une personne que nous rencontrons. Mais la question au-delà de la localisation invite l’interlocuteur à se présenter plus avant. 

    Cette question « où demeures-tu ? » a été la première que pose les futurs apôtres à Jésus. « Venez et voyez » avait-il répondu.  

    « Ou demeures-tu ? » C’est peut-être aussi la question que, comme croyant, ou futur croyant, nous avons posé, en notre for intérieur, un jour ou l’autre, à Jésus. Chacun garde la mémoire spirituelle de l’histoire de sa relation avec le Seigneur. Une relation qui évolue, s’approfondit, est remise en question selon l’étape de la vie où l’on se trouve ou les événements qui surviennent.

    « Où demeures-tu ?» La question reste toujours actuelle.

    Ce verbe « demeurer » nous le retrouvons dans l’Évangile de ce dimanche qui à travers l’image de la vigne qui, après, celle dimanche dernier du Bon Pasteur, développe les liens que nous tissons dans la foi avec Jésus et son Père.

    « Demeurez en moi comme moi en vous ».

    L’image de la vigne, est en effet une image majeure pour exprimer la relation que les humains cherchent à nouer avec Jésus et son Père et que Jésus et son Père souhaitent nouer avec chacun de nous.

    Dans l’Évangile de Saint Jean dit un spécialiste, le père D.Mollat ,  « Demeurer » exprime un aspect capital de la réponse de l’homme à la démarche de l’amour de Dieu en Jésus-Christ. L’homme doit non seulement reconnaître, aimer, accueillir, voir, entendre, croire, connaître, aimer mais aussi « demeurer ». Ce verbe fait partie du vocabulaire caractéristique de la théologie et de la spiritualité johanniques. »

    C’est à chacun de découvrir où Jésus demeure. Mais plus encore, selon Saint Jean, Jésus souhaite demeurer en chacun de nous. « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » dit Jésus. Le disciple demeure en Jésus et Jésus en lui. Comme Jésus demeure dans le Père et le Père en lui.

    L’image de la vigne qui est présente dans de nombreuses civilisations et chez les prophètes, dans le judaïsme, symbolise la démarche multilatérale de l’invitation à « demeurer » qui est au cœur de l’enseignement de Jésus.

    « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruits ». 

    Père Édouard Bois

  • Edito du 4ème dimanche de Pâques, 25 avril 2021

    “Je suis le bon Pasteur…

    Je donne ma vie pour mes brebis. “

    Le quatrième dimanche de Pâques est, traditionnellement, celui où le Christ se présente à nous sous les traits du Bon Pasteur ; et c’est aussi celui où nous sommes tous invités à prier plus spécialement pour les vocations dans l’Eglise.

    C’est un lieu commun, depuis des années, que de parler de “la crise des vocations“, même si les Parisiens ont encore le sentiment d’être moins touchés, au moins pour un temps, que de l’autre côté du périphérique, ou que les diocèses de province. Et les récentes révélations scandaleuses concernant quelques membres du clergé risquent encore plus de décourager les futures vocations.

    Mon ancien supérieur de séminaire, Mgr Emile Marcus qui est devenu évêque par la suite, aimait souligner le lien entre ce que les communautés chrétiennes attendent des prêtres, et l’appel qui pourrait justifier le fait que des jeunes aient envie de consacrer toute leur vie, dans le célibat, au service de l’Eglise.

    Il écrivait : “Les jeunes n’iront pas vers le ministère de prêtre pour des raisons confuses ou des besoins secondaires. Je veux dire pour remplir des tâches auxquelles il semblerait que d’autres puissent suppléer sans grand dommage. Les jeunes ne viendront au sacerdoce ministériel que s’ils en voient la nécessité pour que l’Eglise soit le grand sacrement du Christ qui sauve le monde. “

    Et il poursuivait : “Mais vous, qu’attendez-vous des prêtres ? Je souhaite que vous vous interrogiez sur ce que vous demandez aux prêtres, dans la conviction que, pour une bonne part, ils sont façonnés comme prêtres par vos attentes et vos demandes.

    Demandez-leur de vous faire grandir dans la foi, et vous les aiderez eux-mêmes à être plus enracinés dans la confiance au Christ.

    Demandez-leur le pardon de notre Père du ciel et ils ne s’en livreront eux-mêmes que mieux à sa miséricorde.

    Demandez-leur la grâce de la sainteté, par le conseil spirituel, l’intercession, les sacrements, et ils se risqueront eux-mêmes plus avant sur le chemin de la sainteté.

    Demandez-leur de vous ouvrir aux horizons de la mission apostolique et ils entendront mieux l’ordre du Seigneur d’“aller dans le monde entier prêcher l’Évangile à toute la création“. (Mc 16,15).

    Prions donc ce dimanche pour que des jeunes acceptent, à l’image du Christ bon Pasteur, de consacrer leur vie au service de l’Église et de l’Évangile, mais en purifiant nos attentes pour qu’elles soient au niveau de cet engagement que nous leur demandons.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 3ème dimanche de Pâques, 18 avril 2021

    Contrôle d’identité  

    De nos jours, avec la covid19, les contrôles d’identité se multiplient pour faire respecter les règles nécessaires à l’éviction de cette pandémie.

    Dans les Évangiles aussi il est question de contrôle d’identité. Mais pas pour les mêmes raisons.

    Les récits d’apparitions témoignent en effet que les apôtres ont tout fait pour éviter un contrôle d’identité de la part de ceux qui avaient fait crucifier Jésus. Eux-mêmes, se sont livrés à un contrôle à l’égard de Jésus tant sa mort les avaient perturbés.

    « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous je ne croirai pas !» avait dit Thomas. Dans l’Évangile ce dimanche, c’est Jésus lui-même qui les invite à ce contrôle : « Voyez mes mains et mes pieds. C’est bien moi ! Touchez-moi. Regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. ».

    Mais dans leur joie et saisis d’étonnement, ils n’osaient pas encore y croire ! Et Jésus va devoir apporter d’autres preuves dont le fait de « manger » devant eux  qui devait évoquer bien des souvenirs et l’explication des Ecritures.

    Mais c’est finalement le don de l’Esprit Saint qui affermira leur foi et fera d’eux les témoins que Jésus leur demandait d’être.

    Sans doute notre statut de croyant n’est-il pas le même que celui des apôtres. Mais ce qui leur est arrivé nous concerne directement. Que disons-nous quand nous parlons du Corps du Christ ? Et lorsque dans le Credo nous affirmons que nous croyons à la résurrection de la chair ?

    Nous ne devons pas oublier la triple dimension du Corps du Christ : son corps historique et glorieux, son corps eucharistique, son corps ecclésial en croissance dans l’histoire. Ces trois présences réelles sont inséparables.

    Quant à nous, croire à la résurrection des corps c’est avoir l’assurance que nous retrouverons ce que notre corps nous permet aujourd’hui : la relation, la communication, l’amour, le travail, que sais-je encore. 

    Croire à la résurrection c’est « croire à l’amour de Dieu qui s’est manifesté dans le Fils. C’est s’ouvrir intérieurement à une réalité qui nous dépasse mais qui nous met en mouvement vers notre être authentique. » (Eloi Leclerc).   

    À nous d’en être, comme les premiers apôtres, les témoins.

    Père Édouard Bois

  • Édito du 2ème dimanche de Pâques, 11 avril 2021

    Avec Thomas, l’incrédule.

    “Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! “

    Combien de fois, n’avons-nous pas traversé les mêmes périodes d’incrédulité et de doutes que l’apôtre Thomas. Tout récemment encore des parents du catéchisme me rapportaient une remarque entendue de leur enfant : “Jésus je veux bien le prier, mais c’est difficile quand on ne le voit pas ? “ (sous-entendu, c’est aussi la même question que je me pose !).

    D’une certaine façon, nous sommes tous des jumeaux de Thomas, appelé Didyme (c.a.d. jumeau). Des hommes et des femmes qui ne se laissent pas convaincre par de belles paroles. Thomas a besoin de voir et toucher pour croire. Marie de Magdala, au tombeau, n’avait-elle pas voulu, elle aussi, toucher son Seigneur en le reconnaissant ?

    “Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. “

    C’est dans ce lieu confiné que se déroule, dans l’évangile de St Jean, la reconnaissance de Jésus ressuscité ; une reconnaissance qui ne sera jamais de l’ordre de l’évidence, d’après ce que nous disent tous les récits d’apparitions : c’est bien Lui, ce n’est pas un fantôme (il va manger et boire avec eux), mais c’est aussi quelqu’un de différent (il est là alors que les portes sont verrouillées).

    “Cesse d’être incrédule, sois croyant. “ La foi en la résurrection nous demande de dépasser le scepticisme et le doute par la confiance, car on ne peut pas tout enfermer dans la rationalité humaine et l’expérience sensible.

    Mais, dans le même temps, les évangiles nous disent que ces rencontres avec Jésus vivant n’ont pas été vécues comme des retrouvailles ordinaires. Ainsi, pour tous ceux qui ont été les témoins de sa résurrection, cela a été réellement fondateur, recréateur.

    C’est un peu comme une nouvelle naissance : les retrouvailles avec leur Seigneur ressuscité vont les faire passer des ténèbres à la lumière, de la peur à la foi, de l’angoisse à la paix et la joie.  Et ce souffle que Jésus répand sur eux a quelque similitude avec celui que le Créateur a insufflé dans le corps d’Adam au début de l’humanité.

    Même pour Thomas l’incrédule, c’est à une autre manière de voir et de percevoir qu’il accède. On ne sait pas, finalement s’il a touché le corps glorieux du Christ ressuscité, comme Celui-ci l’invite à le faire ; cela, en fait, est devenu totalement insignifiant. Par contre il accède à un autre type de reconnaissance de Jésus, différente de celle qu’il avait connu de son vivant. C’est le passage de l’incrédulité à la foi en Jésus Messie envoyé de Dieu : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »  Saint Thomas d’Aquin, le théologien, a une très belle formule à propos de son homonyme : “Il vit une chose, il en crut une autre. “

    Que ce dimanche de la miséricorde renouvelle notre foi avec l’apôtre Thomas, et tous ceux qui mettent leur espérance dans le Christ vivant.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito de la Résurrection du Seigneur, dimanche 4 avril 2021

    “Il faisait encore sombre “

    Ce matin de Pâques, il fait sombre sur notre monde touché depuis plus d’un an par ce sinistre virus…, dans notre Église éprouvée …, et sur l’homme qui s’inquiète pour son avenir…

    Ce matin de Pâques, il fait sombre dans nos cœurs, alors que nous ne savons toujours pas quand nous pourrons reprendre une vie normale, avec cette menace permanente qui peut à tout moment nous atteindre, ou frapper nos proches.

    Il faisait encore sombre en ce petit matin quand les saintes femmes se rendent au tombeau. Et pourtant le tombeau était ouvert et Jésus est déjà ressuscité !

    Et bien qu’ils aient entendu les femmes annoncer ce qu’elles avaient vu, il restait bien sombre le visage de ces deux disciples qui s’en retournaient vers Emmaüs. Pourtant Jésus cheminait avec eux, mais leurs yeux ne savaient pas le reconnaître.

    Ce petit matin de Pâques Pierre et Jean courent eux aussi au tombeau.

    L’évangéliste St Jean, dans un raccourci saisissant, résume à l’aide de deux verbes le passage brusque qui se produisit en lui ce jour-là :

    “Il vit“. Qu’a-t-il vu en fait ? Le tombeau ouvert et vide.

    “Il crut “. C’est comme si une révélation lumineuse était venue tout éclairer d’un jour nouveau : “Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, d’après l’Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. “

    Ainsi la foi ne nécessite plus de voir ou de toucher. Un simple signe suffit.

    Et petit à petit, tous ceux pour qui la vie du Christ a compté vont eux aussi passer de l’inquiétude à la joie, de l’incompréhension à l’évidence, des ténèbres à la lumière de la foi.

    C’est comme si la résurrection du Christ les touchait chacun dans leur être le plus profond : « Ressuscités avec le Christ » dira St Paul.

    Tout au cours de ce carême, nous avons médité sur ces différents passages qui sont au cœur de notre foi ; et notre croix est aujourd’hui fleurie de tous ces petits passages qui ont jalonné ces quarante jours de désert.

    Mais il faudra encore du temps, cinquante jours nous dit l’évangéliste Luc, et le souffle de l’Esprit saint, pour que tous les disciples effectuent eux aussi cette “Pâque intérieure“ et osent sortir de leur confinement pour proclamer avec Pierre : “ Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. “

    Le monde n’a pas brutalement changé au matin de Pâque, par quelque coup de baguette divine ! Mais avec Nicodème, Marthe et Marie, les apôtres, Marie Madeleine et les autres femmes, et tous les saints de tous les temps, nous poursuivons chacun notre chemin dans la foi. Le monde n’est pas bouleversé mais, dans nos nuits les plus ténébreuses vécues avec Jésus en sa Passion, une lumière s’est levée qui ne pourra jamais s’éteindre.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du dimanche des Rameaux, 28 mars 2021

    “Voici ton roi qui vient
    assis sur le petit d’une ânesse “

    Aujourd’hui, Jésus entre triomphalement à Jérusalem, assis sur un ânon.

    Aujourd’hui “beaucoup de gens étendent leurs manteaux sur le chemin, d’autres, des feuillages coupés dans les champs. “ Ceux qui marchent devant Jésus et ceux qui le suivent crient : “Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! “

    Mais demain, ces mêmes foules réclameront à Pilate que Barabbas, un bandit, soit libéré. Sur Jésus, elles crieront alors par deux fois : “Crucifie-le ! “.

    Nous arrivons au terme d’un carême éprouvant, qui nous permet quand même cette année de nous retrouver pour cette fête des Rameaux ; et nous pouvons faire un premier bilan de ces invitations, pendant ces quarante jours, à effectuer des passages, qui vont malheureusement durer… au-delà de Pâques.

    A travers les peurs et les fatigues provoquées par cette longue pandémie, les privations de nos libertés et de la maîtrise de nos projets d’avenir, les renoncements aux gestes d’affection et aux étreintes, surtout avec les grands parents ou les anciens qui vivent seuls, nous traversons une sorte de désert qui nous a peut-être permis de reprendre conscience des richesses que nous possédions avant, sans en mesurer vraiment l’importance.

    Un jour – il finira bien par arriver ! – nous serons à nouveau autorisés à reprendre notre vie normale et ce sera certainement une explosion de joie et de fêtes des retrouvailles. Mais, à la différence de ces foules versatiles de Jérusalem, saurons-nous alors toujours privilégier ces choses simples de la vie mais si essentielles, toutes ces personnes invisibles à notre service que nous aurons redécouvert pendant ce long et singulier carême.

    En méditant aujourd’hui la Passion de Jésus Christ dans l’évangile de St Marc, nous voyons que même l’apôtre Pierre fait la douloureuse expérience qu’il y a une distance entre son désir sincère de suivre le Christ dans la fidélité, et la réalité de ses forces en face de la première adversité. C’est toute l’ambiguïté de la fragilité humaine qui se retrouve au cœur de cette fête des Rameaux et qui est d’abord, pour nous, un appel à l’humilité.

    En entrant dans cette semaine sainte qui est le chemin vers la vie nouvelle, laissons-nous entraîner par le Christ Jésus dans sa fidélité à son message d’amour et de son obéissance en face de l’adversité : “Il s’est fait obéissant jusqu’à mourir et mourir sur une croix “ (Ph 2,8, 2ème lecture).

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 5ème dimanche de Carême, 21 mars 2021

    On n’est pas chrétien tout seul !      

    Le carême 2021 tire à sa fin. Même si l’attention de beaucoup est ailleurs dans le contexte de pandémie qui est le nôtre, dimanche prochain ce sera le traditionnel dimanche des Rameaux qui ouvre la Semaine sainte.

    Le Mercredi des Cendres, jour d’ouverture du Carême, nous avions entendu sur nos vies un appel : « Convertissez – vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

    Ce « vous » n’est pas simplement un « vous » de politesse. Plus que cela il signifie qu’il y a une dimension de communion dans cette démarche du Carême et la fête de Pâques. On ne nait pas chrétien tout seul et on n’est pas chrétien tout seul. Le carême n’est pas un exercice solitaire pour se regarder indéfiniment. Nous sommes fondamentalement des êtres de relation et de partage.

    L’évangile de ce dimanche nous rappelle que la vie divine qui nous est proposée par Jésus ne se superpose pas, comme de l’extérieur, à notre désir humain de vie qui nous fait redouter la mort avec angoisse.

    Dès à présent la vie éternelle nous est donnée. Pas plus tard. Déjà elle nous fait entrer dans l’extraordinaire mystère d’amour qu’est Dieu en lui-même. Notre baptême en est un signe privilégié.

    Jésus a fait don de sa vie pour cela jusque dans la tragédie qui s’annonce pour lui et qui, pour saint Jean, est un acte d’amour sans mesure. 

    Nous somme nous aussi, en ce temps de carême, invités, non à une introspection sans fin, mais à vérifier les liens de communion qui nous unissent aux autres, chrétiens ou non, et au Seigneur.  

    Philippe, nous dit saint Jean, est attentif aux questions de ces grecs venus d’ailleurs pour la Pâque juive et qui veulent voir Jésus. Philippe est aussi attentif à partager cette demande avec André et ensemble de décider d’en parler à Jésus. Un rappel pour nous d’être à l’écoute de tous et de partager entre chrétiens de bien des manières. Dans les groupes paroissiaux de carême par exemple. Mais pas seulement.

    Sans négliger la communion avec ceux proches ou lointains qui sont dans en grande difficulté et ont besoin d’aide. Comme par exemple, en ce dimanche du partage avec les écoles du Liban, à l’initiative du diocèse de Paris, et dont Marc Chécri nous a si bien parlé dimanche dernier.

    « Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, fin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 20-21).

    Père Edouard Bois

  • Édito du 4ème dimanche de carême, 14 mars 2021

    “Celui qui fait la vérité vient à la lumière.“

            Un passage des ténèbres à la lumière.

    Dans la rencontre de Jésus avec Nicodème, proposée en ce dimanche de carême, il y a trois mots qui reviennent en boucle : Jugement, vérité, lumière.

    Comment les articuler ensemble avec cette invitation, dans notre livret de carême, à effectuer un passage des ténèbres à la lumière ?

    Le mot français, “jugement“, a une connotation très juridique, – juger, c’est dire le droit – ; mais cela ne rend pas toute la saveur du mot grec krinein qui signifie séparer, distinguer, choisir, décider, trancher.

    Par jugement, on entend bien souvent une condamnation qui tombe d’en-haut de manière péremptoire et unilatérale : le verdict du juge. Et l’on a tendance à comprendre le jugement de Dieu comme cette sentence qu’il prononcera sur la qualité de ce que nous avons vécu, avec en arrière plan ces scènes du Jugement dernier qui ornent le fronton de nos basiliques ou cathédrales.

    Cette compréhension est pourtant démentie par toute la révélation biblique qui parle de Dieu comme un Dieu “riche en miséricorde“, comme le décrit St Paul dans la deuxième lecture.

    En fait, un “procès“ est ce processus qui prend du temps pour faire advenir une vérité la plus objective possible. Le jugement ne vient que sanctionner cette vérité qu’on a fait advenir. Le jugement c’est donc la capacité pour l’être humain à se mettre en vérité avec lui-même : “le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu.

    Le Jugement dernier sera donc le moment où se dévoilera la vérité de ce que nous sommes à la lumière de ce face à face avec Dieu. Et le Christ qui est “la lumière venue dans le monde“ nous permet déjà aujourd’hui de discerner ce qui est ténèbre en nous.

    En levant les yeux vers notre croix qui fleurit un peu plus chaque dimanche dans notre église, un signe d’espérance nous est donné. Comme les hébreux invités à lever les yeux vers le serpent de bronze dans le désert, ce signe nous rappelle qu’il “faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.“

    Pour cela il nous revient de “discerner“ en nous (en latin « scrutare » – scrutin) la lumière des ténèbres. C’est le sens de cette dernière étape qui va conduire ce dimanche Jacqueline, Hao Jing-Véronique et Eoghan à être baptisés prochainement en ce temps de Pâques.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du dimanche 7 mars, 3ème dimanche de Carême

    Mais lui parlait du sanctuaire de son Corps.

    Les lectures méditées en ces dimanches de carême nous redisent ce désir insensé de Dieu de chercher, envers et contre tout, à tisser un lien d’Alliance avec l’homme. Ainsi, le premier dimanche de carême commençait avec l’Alliance avec Noé, et dimanche dernier nous relisions l’Alliance avec Abraham.

    Aujourd’hui, à travers le don des dix commandements gravés par Moïse au Sinaï, Dieu propose son Alliance avec ce peuple qu’il s’est choisi et qu’il a libéré de l’esclavage de l’Egypte. Les deux tables de la Loi, celle qui régule les relations avec Lui, et celle qui administre les relations à l’intérieur du peuple, vont désormais être inséparables.

    Ces tables ont d’abord été transportées dans le désert, dans “l’arche d’Alliance“ ; puis les premiers rois sédentaires, David et son fils Salomon, vont bâtir un Temple à Jérusalem pour leur donner une demeure définitive. Et ce Temple, même s’il sera détruit et rebâti plusieurs fois, et malgré la disparition des tables de la Loi, va rester le lieu symbolique de l’Alliance.

    Le passage de l’évangile de St Jean proposé aujourd’hui nous relate ce moment surprenant où Jésus, dans ce Temple, va chasser les vendeurs qui y sont installés.

    Il serait anachronique de comparer leurs boutiques à celles qui fleurissent autour de nos lieux de pèlerinage. Non, ces animaux vendus étaient nécessaires pour les sacrifices rituels, et les pièces utilisées dans la vie quotidienne devaient être échangées avec de la monnaie purifiée pour les offrandes. Le geste de Jésus revêt d’abord une signification messianique, comme s’il voulait annoncer que les sacrifices de l’ancienne Alliance ne sont plus nécessaires.

    D’ailleurs ses interlocuteurs juifs ne s’y sont pas trompés : «Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? » – « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. » –  «Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais le Temple dont il parlait, c’était son corps. »

    Ainsi Jésus annonce que le lieu de l’Alliance nouvelle avec son Père ne sera plus désormais un Temple fait de main d’hommes, mais son Corps ressuscité. Et tous les sacrifices de l’ancienne Alliance qui sont régis par la Loi Mosaïque sont dépassés par le sacrifice de Celui qui va offrir sa vie par amour pour tous les hommes.

    Aujourd’hui notre Eglise, Corps du Christ et Temple de l’Esprit est devenue le lieu de la rencontre avec notre Dieu. Ainsi, cette église de ND de Bercy, faite de main d’hommes dans laquelle nous nous retrouvons, n’aurait pas de signification si elle n’était habitée par ceux qui se reconnaissent comme les membres du Corps du Christ, cette communauté chrétienne que nous formons sur notre quartier.

    Comme l’enseignait St Augustin aux nouveaux baptisés, qu’en partageant cette eucharistie qui nous rassemble chaque dimanche nous devenions un peu plus ce que nous recevons : le Corps du Christ.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Edito du 28 février 2021, 2ème dimanche de Carême

    La Transfiguration du Christ,

    passage de la peur à la foi.

    En nous remémorant ce que nous vivions il y a un an, juste avant le premier confinement, nous avons du mal à réaliser la légèreté avec laquelle nous menions alors nos existences :  déplacements, fêtes, et sorties festives sans contraintes, vacances qui nous faisaient parfois prendre l’avion sans se poser de questions, et bien sûr aucun masque, geste barrière, dérogations ou protocole sanitaire…

    Depuis lors c’est un climat d’anxiété et d’incertitude en face de l’avenir qui pèse sur notre monde : tout peut être bousculé du jour au lendemain par de nouvelles mesures sanitaires, un problème de santé, de chômage, des faillites, par la montée de la violence, ou des risques de crises internationales !

    Face à ces peurs et ces inquiétudes, comment arriver à redécouvrir cette sérénité que donne la foi ?

    La Transfiguration du Christ se situe, lui aussi, à un moment particulièrement anxiogène. Jésus a commencé à annoncer à ses disciples “qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. “ Une prédiction tragique qui a aussitôt été rejetée par Pierre et les autres disciples comme inimaginable.

    L’évangile de ce jour poursuit : “ Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux.

    Un moment de grâce et de paix offert à ces trois hommes, les plus proches de Jésus et qui seront là avec lui dans le dernier combat à Gethsémani. Une vision anticipée du Christ en gloire qui va leur permettre de le suivre dans sa montée à Jérusalem, fortifiés par ce souvenir qu’il leur est demandé de garder secret jusqu’à ce que “le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. “

    Saint Paul dans l’épitre aux hébreux nous dit : “La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. “ (He 11,1)

    Et un peu plus loin : Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses. “ (v. 17). C’est ce que nous décrit la première lecture de ce dimanche. Et ce jour-là, la main de l’ange va heureusement arrêter le geste sacrificiel d’Abraham.

     « Il n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? » C’est le cri de reconnaissance de l’apôtre Paul, dans l’épitre aux Romains, devant cette folie de l’amour infini de Dieu.

    Qu’en franchissant avec Pierre, Jacques et Jean ce nouveau passage vers Pâques, nous avancions avec le souvenir transfiguré de ce don d’amour que Dieu, notre Père, nous a fait, une fois pour toutes.

    Père Luc de Saint-Basile.