Auteur/autrice : ParoisseNDB

  • Édito du dimanche 29 août 2021

    Ne cherchons pas ailleurs

    Nous avons tout en lui !

    Il offre le meilleur

    Son nom est Jésus-Christ !

    N’est-il pas le chemin,

    La vérité la vie ?

    Ne craignons pas demain

    Nous avons Jésus-Christ !

    Qui sera contre nous ?

    La Parole nous le dit

    Et elle affirme surtout :

    Nous avons Jésus-Christ !

    Même si l’épreuve est là

    Avec tous ses soucis

    Ne désespérons pas

    Nous avons Jésus-Christ !

    Regardez l’avenir

    Les yeux fixés sur lui

    Car il veut vous bénir

    Son nom est Jésus-Christ !

    Anonyme, proposé par Marie-Aude

  • Édito de l’été 2021

    Vivre autrement, un autre rythme

    Accueillir des parents, des amis

    Contempler les beautés de la nature

    Admirer des réalisations humaines

    Nouer des amitiés nouvelles

    Conjuguer repos et découvertes, détente et culture

    Ecouter les autres…le Tout-Autre

    S‘arrêter, seul, en couple, en famille.

    Bon été à tous!

    Et pour tous ceux qui s’y préparent:

    Que ce temps de vacances puisse rimer avec

    temps de grâces.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 13ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 27 juin 2021

    “Talitha koum, lève-toi“

    En cette fin d’année, avec tous ceux qui ont, ou vont déménager, nous voulons ce dimanche rendre grâce à Celui qui nous a rassemblés et permis de vivre, malgré les confinements successifs, de belles choses ensemble.

    Pour ma part je veux remercier tout spécialement ceux qui ont accepté de prendre leur part de responsabilité dans la vie de la paroisse tout au cours de ces années.

    Arrivé il y a six ans dans des circonstances difficiles, après le départ des prêtres et de la communauté de l’Emmanuel et le passage rapide du P. Norbert Hennique, je me souviens encore des inquiétudes entendues les premiers mois : “Vous êtes là pour combien de temps ? “, “Seul, vous ne pourrez pas y arriver ! “.

    En acceptant ce poste je connaissais les difficultés et je savais pertinemment que je ne pourrai pas y arriver seul ; mais je faisais le pari que la paroisse recelait assez de ressources pour relever avec moi le défi de vivre avec moins de prêtres et plus de responsables laïcs ; une évolution qui a été le fait de la plupart des paroisses ces dernières années, surtout en province.

    Je veux pourtant remercier le P. Edouard Bois et notre diacre François Lalau, ainsi que les prêtres étudiants le P. Christophe et le P. Donatien, de leur présence fraternelle et du soutien apporté tout au cours de ces années.

    Merci à vous qui, avec des charges familiales et une vie professionnelle souvent chargée, avez accepté de prendre avec moi une part de la mission de témoigner de l’évangile sur notre quartier. Que ce soit au Conseil Pastoral ou économique, au service des jeunes dans la catéchèse, le scoutisme ou l’aumônerie, à travers la prière, la beauté de nos liturgies et la préparation aux sacrements du baptême, de la confirmation et du mariage, dans le service des personnes âgées, macadam café et le soutien scolaire au Bastion de Bercy, sans oublier les services du quotidien qui vont de la décoration florale, au suivi des travaux et de l’entretien de nos locaux.

    Je peux témoigner aussi que je n’ai jamais eu le sentiment d’être seul et que le soutien de l’Esprit du Christ vivant a toujours été présent par de petits signes, surtout aux moments les plus difficiles.

    Aussi je pars confiant dans le fait que le P. Anatole trouvera une paroisse vivante et qui saura le soutenir dans l’avenir.

    Aujourd’hui l’évangile de St Marc nous parle d’un double relèvement : la guérison d’une vieille femme victime d’hémorragie et le retour à la vie de la fille de Jaïre – cette dernière scène étant magnifiquement illustrée par le tableau de Charles de la Fosse situé dans le bas-côté gauche de notre église. A chaque étape de notre vie Il continue à nous prendre par la main en nous disant : “Talitha koum, relève-toi“. Avant d’ajouter : “Puis il leur dit de la faire manger“.

    Avec ces enfants qui communient ce dimanche pour la première fois, que cette eucharistie nous permette de tenir debout à son service, malgré la séparation, et de continuer chacun notre route dans l’action de grâce.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du dimanche 20 juin, 12ème dimanche du temps ordinaire

    Lui dormait, sur le coussin, à l’arrière…

    Harassés d’avoir suivi Jésus toute la journée au milieu d’une foule qui ne se lassait pas de l’écouter, et alors que la nuit allait tomber, qu’ont  pensé les apôtres quand celui-ci leur a demandé de reprendre leur barque pour “passer sur l’autre rive“ ?

    Et par quels sentiments sont-ils passés quand le vent s’est levé et que la tempête s’est déchaînée ; sans doute aurait-il été plus sage de rester sur la terre ferme…

    Et à l’arrière du bateau, sur le coussin, Jésus dort !

    Cette impression de solitude dans la tempête, beaucoup l’ont sans doute ressenti pendant ce long confinement…. Sans compter ces flambées de violence dont nous savons malheureusement l’homme capable, et qui endeuillent chaque jour notre actualité.

    Ainsi est-il fréquent de sentir, même chez des chrétiens convaincus, cette peur qui pousse à se demander si Dieu n’est pas en train de dormir dans son ciel dans ces moments difficiles ?

    Ce silence de Dieu, alors que souffle la tempête, reste un mystère que l’on trouve souvent évoqué tout au long de la Bible :

    – C’est Jonas qui dormait profondément sur un coussin au fond de la cale, alors que le navire dans lequel il fuyait faisait eau de toute part ; ce jour-là, pour calmer la tempête, les marins ont décidé de le jeter par-dessus bord.

    – C’est Job, dans la première lecture d’aujourd’hui, qui affronte l’épreuve et qui ne comprend pas ce silence de son Seigneur. La réponse apportée ici, et qui de fait n’en est pas une, est une invitation à s’en remettre à la toute-puissance de Dieu.

    Cette peur des apôtres au milieu des éléments déchainés préfigure déjà cette épreuve ultime qu’ils auront à traverser quand Jésus, sacrifié par les siens et cloué en croix, se sera endormi du sommeil de la mort. Mystère infini du silence de Dieu en réponse au cri de Jésus vers son Père : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

    « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? “ demandera Jésus après avoir calmé la tempête. Etrange question ! La foi nous aiderait-elle à surmonter cette peur ?

    Oui, si nous croyons que Jésus a été définitivement « réveillé d‘entre les morts » par son Père, et que dans cet événement il y a une invitation pour tout homme à croire, même au cœur des tempêtes qui secouent nos vies, à la toute-puissance de l’amour de Dieu.

    «  Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux. » (2ème lecture)

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 11ème dimanche du temps ordinaire, 13 juin 2021

    Nous attendons ta venue dans la gloire

    L’été approche à grands pas et, avec lui, la coupure traditionnelle des vacances. Pour le bien du plus grand nombre, espérons-le.

    Le mois de juin qui précède, est l’occasion pour chacun et les divers groupes sociaux ou paroissiaux auxquels nous appartenons de faire un bilan de l’année écoulée et d’élaborer des projets, fixer des orientations pour la rentrée de septembre.

    Les deux petites paraboles de l’évangile de ce dimanche, que nous connaissons bien, celle du semeur et celle du minuscule grain de sénevé qui devient un grand arbre, peuvent être une aide en cela.

    Elles ne sont pas qu’un outil pédagogique pour l’éveil à la foi des tout- petits à qui les catéchistes font planter de petites graines et en observer la croissance. Leur message s’adresse à chacun dans la situation où il se trouve. 

    Ces paraboles parlent d’abord de diverses réalités de notre vie planétaire autres que celles des  les humains. Ne pas les respecter, mal s’en servir, c’est à nos risques et périls et au mépris des générations futures.

    La semence peut aussi évoquer le mystère de la mort et la résurrection de Notre Seigneur pour notre libération. Quelle place lui faisons-nous dans notre vie ?

    La présence des oiseaux nombreux dans l’arbre qui grandit peut évoquer le rassemblement de l’humanité à la fin des temps mais un rassemblement déjà amorcé. Nous le disons à chaque messe :« nous attendons ta venue dans la gloire ». Saint Paul reprochait aux chrétiens de son temps de se croiser les bras et de ne rien faire en attendant. Et nous ?  Quelle place prenons-nous dans la vie de la famille de Dieu, déjà là, qu’est l’Eglise ?

    Sans doute y a-t-il encore bien d’autres questions que nous posent ces deux petites paraboles pour un bilan d’année. La croissance mystérieuse du Règne de Dieu, ainsi évoquée, était une réponse à ceux qui prenait pour insignifiante l’action de Jésus et de la bande des douze avec lui. Mais Dieu est à l’œuvre dans la vie du monde.

    Sachons cet été trouver le temps de nous souvenir de ces paraboles si riches de sens et soyons attentifs aussi à ce que dit le prophète Ezéchiel dans la Ière lecture avec l’image plus traditionnelle d’un magnifique cèdre. Et si hélas, nous ne pouvons partir cet été, allons méditer ces beaux textes au pied du grand cèdre du Jardin des Plantes. Il m’arrive de le faire.

    Père Édouard Bois

  • Édito de la Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, 6 juin 2021

    « Le premier jour de la fête des pains sans levain

    où on immolait l’agneau pascal… »

    C’est la « Fête Dieu », que l’on nomme depuis le concile Vatican II la « Fête du Corps et du Sang du Christ ». Les anciens se souviennent peut-être de ces belles processions dans les rues pavoisées, avec le Saint Sacrement sous un dais, en tête de cortège.

    Fêter le Corps et le Sang du Christ juste après celle du Dieu Trinité nous rappelle que l’eucharistie est bien le centre de la vie chrétienne, le lieu par excellence de la rencontre du Dieu des chrétiens.

    On parlait autrefois du “sacrifice de la messe“, une expression que l’on a du mal à comprendre aujourd’hui. Il est vrai que le mot “sacrifice“ qui signifie “offrande“ s’est teinté au XIXème siècle d’une connotation doloriste qui n’est absolument pas biblique. En effet, dans l’Ancien Testament, les sacrifices d’animaux étaient l’offrande que l’on faisait à Dieu pour obtenir ses bienfaits, comme ces taureaux immolés par Moïse dans la première lecture de ce jour, mais en aucun cas il n’était question de la souffrance des animaux, comme si elle avait une quelconque valeur aux yeux de Dieu.

    Dans le “sacrifice de la messe“, c’est Dieu lui-même qui s’offre tout entier à l’homme en son Fils Jésus, ce dernier offrant en retour sa vie en sacrifice, par amour pour tous les hommes : “le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut. (cf épitre aux Hébreux – 2ème lecture).

    Cela se passe donc entre Dieu et Dieu, entre le Père et le Fils ; et c’est l’Esprit Saint qui nous invite à entrer à notre tour dans cette communion d’amour trinitaire, pour faire de notre vie “une éternelle offrande à la gloire de Dieu le Père. “

    Ainsi, si nous acceptons de nous laisser entrainer dans ce mouvement d’offrande que nous célébrons, notre vie est transformée, et nous ne ressortons pas de la messe comme nous y sommes entrés.

    Souhaitons à tous ces enfants qui font leur première communion ce dimanche de découvrir petit à petit ce qui se déploie dans le “sacrifice de la messe“, et qu’ils gardent en eux ce désir de rester fidèles à ces rendez-vous avec le Christ qui nous invite à faire de toute notre vie une “eucharistie“.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito de la solennité de la Trinité, 30 mai 2021

    Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ?

    C’est traditionnel, le dimanche qui suit la Pentecôte est celui de la fête de la Sainte Trinité. Mais sans doute attachons-nous à cette fête moins d’importance qu’à l’Ascension ou à la Pentecôte qui nous valent, chrétiens ou pas, des ponts toujours bien appréciés et encore plus en ces temps de pandémie. 

    Pour la Trinité la concurrence est rude avec, le même jour, la fête des Mères. Cette fête retient plus notre attention pour exprimer aux mamans, de bien des manières, ce que nous leur devons.

    La Trinité fête-t-elle aussi la fête des mères ? Est-il  incongru de se poser la question ? Marie recevra-t-elle, en ce jour, un beau bouquet de roses divines de la part de la Trinité Sainte ? Elle le mériterait bien. Et n’oublions pas qu’elle est aussi la nôtre.

    Adrienne von Speyr, une grande spirituelle polonaise, disait que prier c’est entrer dans la conversation de Dieu avec Dieu.

    Le Dieu des chrétiens n’est pas solitude mais communion de personnes « Trinité ». S’il en est ainsi, et nous avons de bonnes raisons de le croire, il doit y avoir, avec tout ce qui arrive en notre monde, de la conversation en Dieu en ce moment. 

    Quant à notre prière elle a diverses facettes. Mais à son degré le plus élevé elle est, ce que dit d’elle Adrienne von Speyr : entrer dans la conversation de Dieu avec Dieu. Jésus nous a appris à le faire. Il nous a donné le Notre Père. 

    Le pain quotidien à demander, c’est le pain de l’amour divin, le pain de la communion, de la présence de l’autre et à l’autre. 

    Oui, le Dieu Trinité que nous prions est déjà conversation en lui-même. Il est communion de personnes. Cela doit façonner les rapports que les chrétiens et les humains établissent aussi entre eux. 

    S’il faut prier Dieu pour la fin de la pandémie, comme il nous est parfois demandé de le faire, pourquoi pas ! Le faire – c’est moins pour qu’il fasse les choses à notre place pour gagner ce combat -mais que l’humanité fasse tout ce qui est en son pouvoir et sa responsabilité, pour vivre elle-même dans une solidarité responsable. 

    « Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur. Mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils,»  nous dit encore Paul dans la lettre aux romains.

    Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ?                                                                                   

    Père Édouard Bois

  • Édito de la Solennité de la Pentecôte, 23 mai 2021

    Viens Esprit Saint !

    Les catéchistes le savent bien. Il est très difficile de parler de l’Esprit Saint de manière simple et compréhensible par les enfants.

    Aussi insaisissable que les différentes représentations qui le décrivent dans la Bible, le souffle, l’eau, le feu, la colombe…, il est comme “le vent dont on ne sait d’où il vient et où il va(Jn 3,8) ; il faut donc chercher sa présence invisible dans ce qu’il fait bouger et qu’il transforme.

    St Paul lui-même, dans son épitre aux Galates, plutôt que de chercher à le définir, préfère parler des “fruits de l’Esprit “ : “Amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. “

    Le dominicain Yves Congar, un grand théologien du Concile, dans son très beau petit livre intitulé “La Parole et le Souffle“ rappelait que l’œuvre de Dieu se réalise conjointement par sa Parole, le Verbe fait chair en Jésus Christ, et par son Esprit Saint. Dès le début de la création Dieu dit et il fait.

    Dans l’Évangile de ce jour, Jésus reconnaît que les paroles qu’il a cherché à transmettre à ses apôtres ne suffisent pas, il faudra que l’Esprit agisse à travers ceux qui seront les témoins de sa mort et de sa résurrection : “ J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. “

    Ainsi, quand nous lisons les paroles de la Bible, nous disons qu’elle est “inspirée“, c’est-à-dire que l’Esprit Saint habitait le cœur et l’esprit des auteurs en sorte que, à travers leurs mots et leurs récits quelque chose de la relation entre Dieu et les hommes nous soit révélé.

    Si l’Esprit Saint est à l’origine de la Bible, Parole de Dieu, il doit être aussi à l’origine de notre lecture de la Bible et de notre compréhension de celle-ci.

    C’est donc l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus, qui nous permet de lire la Parole de Dieu non pas comme une parole d’hier, intéressante certes, mais lointaine sinon dépassée, mais tout au contraire comme une parole d’aujourd’hui, touchant notre cœur et nous invitant à convertir nos façons de vivre.

    Nous avons besoin que l’Esprit nous éclaire sur la Parole du Christ. En effet, les circonstances changent, la vie évolue, nous sommes confrontés à des situations nouvelles pour lesquelles la parole de Jésus n’apporte que des orientations de fond, sans donner de réponses concrètes qu’il nous faut sans cesse inventer.

    Si la Parole de Dieu nous semble aride, n’hésitons donc pas à prier l’Esprit Saint pour qu’il “nous conduise dans la vérité tout entière.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 7ème dimanche de Pâques, 16 mai 2021

    Dernières paroles

    Tout le monde connait par cœur la fable de La Fontaine « Le laboureur et ses enfants »

    « Un riche laboureur sentant sa mort prochaine fit venir ses enfants, leur parla sans témoins… ».

    Lorsqu’on peut les recueillir, les paroles dernières d’un proche, sur la fin de sa vie, sont en effet très importantes et sont reçues le plus souvent comme un ultime message d’amour.     

    Avec l’Évangile de ce dimanche nous sommes là, comme dimanche dernier, dans une situation analogue. 

    Les paroles de Jésus que nous rapporte l’évangéliste Jean, connu sous le nom de prière sacerdotale, se situent entre le moment de la Cène et les tragiques événements qui marqueront la fin de sa vie  dont il pressent l’imminence et l’impact sur ses disciples et proches. 

    Il est bon que la liturgie nous les rappelle alors que nous venons de fêter le départ de Jésus à l’Ascension et que la fête de la Pentecôte approche.

    « Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés » dit Jésus.

    Il ne faut pas bien sûr confondre cette joie avec différentes formes de joie plus ou moins superficielles ou profondes dont nous faisons l’expérience dans notre vie terrestre :  le plaisir, le confort, la joie artistique ou intellectuelle, la joie du travail bien fait ou de l’entreprise réussie et, particulièrement, dans nos relations humaines. 

    C’est à la racine de notre être que nous sommes habités par cette joie qui nait de notre relation au Christ et qui est le fruit de l’Esprit Saint que nous célébrerons bientôt.

    Ne perdons pas de vue que c’est sa joie que Jésus nous partage. Joie de son retour auprès du Père et de son lien avec lui. Joie de la mission accomplie sur terre. Joie de savoir l’humanité et la création restaurée et entrée déjà dans la vie de Dieu. 

    Une joie qui déborde la vie de ce monde mais qui ne nous en écarte pas cependant mais, bien au contraire, approfondit notre présence et notre responsabilité.

    « Bien aimé, ajoute encore saint Jean dans sa lettre (cf.2ème lecture),  puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons nous aussi nous aimer les uns les autres. Dieu personne ne l’a jamais vu, mais si nous nous aimons les-uns les-autres, Dieu demeure en nous et en nous son amour atteint sa perfection. »

    Père Édouard Bois

  • Édito du 6ème dimanche de Pâques, 9 mai 2021

    Aimer

     Avant de célébrer la disparition de Jésus du regard de ses disciples le jour de l’Ascension, la liturgie nous replonge dans le discours d’adieu de Jésus au cours de son dernier repas dans l’Évangile de St Jean. Il définit les relations que les disciples doivent avoir entre eux après sa mort : « Mon commandement le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

    Ce commandement de Jésus nous rappelle qu’il y a plusieurs façons d’aimer. C’est ce que développait notre pape émérite, Benoit XVI dans son encyclique “Deus caritas est“ en 2005 :

    “Rappelons en premier lieu le vaste champ sémantique du mot “amour“ : on parle d’amour de la patrie, d’amour pour son métier, d’amour entre amis, d’amour du travail, d’amour entre parents et enfants, entre frères et entre proches, d’amour pour le prochain et d’amour pour Dieu. Cependant, dans toute cette diversité de sens, l’amour entre homme et femme, dans lequel le corps et l’âme concourent inséparablement et dans lequel s’épanouit pour l’être humain une promesse de bonheur qui semble irrésistible, apparaît comme l’archétype de l’amour par excellence, devant lequel s’estompent, à première vue, toutes les autres formes d’amour. […]

    À l’amour entre homme et femme, qui ne naît pas de la pensée ou de la volonté mais qui, pour ainsi dire, s’impose à l’être humain, la Grèce antique avait donné le nom d’“eros“. Disons déjà par avance que l’Ancien Testament grec utilise deux fois seulement le mot “eros“, tandis que le Nouveau Testament ne l’utilise jamais : des trois mots grecs relatifs à l’amour – “eros“, “philia“ (amour d’amitié) et “agapè“ – les écrits néotestamentaires privilégient le dernier, qui dans la langue grecque était plutôt marginal. En ce qui concerne l’amour d’amitié (philia), il est repris et approfondi dans l’Évangile de Jean pour exprimer le rapport entre Jésus et ses disciples. La mise de côté du mot “eros“, ainsi que la nouvelle vision de l’amour qui s’exprime à travers le mot “agapè“, dénotent sans aucun doute quelque chose d’essentiel dans la nouveauté du christianisme concernant précisément la compréhension de l’amour. “

    Et notre ancien pape poursuit en définissant plus précisément l’“agapè“ biblique : “En opposition à l’amour indéterminé et encore en recherche, ce terme exprime l’expérience de l’amour, qui devient alors une véritable découverte de l’autre, dépassant donc le caractère égoïste qui dominait clairement auparavant. L’amour devient maintenant soin de l’autre et pour l’autre. Il ne se cherche plus lui-même – l’immersion dans l’ivresse du bonheur – il cherche au contraire le bien de l’être aimé : il devient renoncement, il est prêt au sacrifice, il le recherche même. “

    Qu’en célébrant l’eucharistie, mémorial du sacrifice du Christ par amour pour tous les hommes, nous puissions être entrainés dans ce même amour pour les autres.

    Père Luc de Saint-Basile