Auteur/autrice : ParoisseNDB

  • Édito du 1er dimanche de Carême, 21 février 2021

    Aussitôt l’Esprit le pousse au désert…

    Nous voici entrés en carême et invités dès le premier dimanche à suivre Jésus au désert.

    St Marc situe cet épisode juste après le baptême de Jésus, avec ce mot “aussitôt“ qui semble souligner encore plus fortement le lien entre le baptême et la tentation. Comme si le baptême induisait naturellement ce combat avec nous même qui est une lutte permanente contre les tentations. (cf livret de carême)

    Nous savons aussi que ces 40 jours au désert, qui inaugurent le ministère public de Jésus, est lourd de signification pour celui ou celle qui est bercé par la Bible : il renvoie aux 40 années qu’il a fallu aux hébreux pour traverser le désert, avant d’arriver en Terre promise.

    Mais la première lecture nous rappelle aussi que, pendant quarante jours et quarante nuits, l’eau du déluge a submergé la terre. Et c’est l’Alliance avec Noé, après la chute d’Adam, qui marque le début d’une nouvelle création, alors que le mal semblait vouloir tout dominer. Ainsi l’arc en ciel dans la nuée rappelle cette Alliance entre Dieu et l’humanité qui a été tissée de toute éternité et qui est à l’épreuve du temps : quoique fasse l’homme, il n’y aura plus jamais de déluge, de nouveaux recommencements.

    Cette description de Jésus, vivant pendant 40 jours au désert, au milieu des bêtes sauvages et servi par les anges, nous laisse percevoir qu’il inaugure une Alliance nouvelle, des temps nouveaux : “Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. “

    Mais le désert, diamétralement opposé au jardin d’Eden, signifie bien l’enjeu de ce temps qui n’est pas un recommencement, comme pour Noé après le déluge, mais un salut apporté au cœur d’un monde marqué par la mort, la sécheresse et le péché.

    Et, comme pour Jésus, c’est par le baptême que nous entrons dans ce combat contre les tentations, ainsi que nous le rappelle l’épitre de St Pierre : “Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu…“

    C’est notre baptême qu’il va falloir revivifier au désert pendant ces 40 jours du carême, les yeux fixés vers ce monde réconcilié qui est l’espérance de notre foi, et avec cet appel à la conversion qui nous fait renoncer au mal et choisir de manière renouvelée de mettre le Christ au centre de nos vies.

    Que nous puissions le faire avec cet élan des catéchumènes, appelés ce samedi par notre archevêque, et qui seront baptisés dans ce temps de Pâques.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du dimanche 14 février, 6ème dimanche du temps ordinaire

    “Saisi de compassion, Jésus étendit la main et le toucha”

    L’évangile de ce dimanche nous rapporte la rencontre de Jésus et d’un lépreux. Sans doute sur une route entre deux bourgades. D’après la loi donnée à Moise en effet une sorte de cordon sanitaire est établi à l’égard des lépreux pour se protéger de la terrible maladie et éviter toute contamination. Le lépreux doit vivre à l’écart et être reconnaissable. Toute pandémie induit ainsi des règles de sécurité. Celle que nous vivons aujourd’hui aussi. Mais Jésus se montre néanmoins attentif à celui dont il croise la route.

    Même si nous n’avons pas les pouvoirs de guérison de Jésus c’est une longue tradition chrétienne d’être attentif aux malades qui nous entourent. Que cela soit en les visitant à l’hôpital ou à proximité de chez soi. 

    Dans les deux situations le témoignage de Cécile Grandjean qui a été bénévole en hôpital peut nous aider à vivre cette dimension de notre vie chrétienne.

    « Le milieu hospitalier est une école pour vivre la Compassion. Ce lieu permet de  rencontrer et de respecter lautre dans son humanité. La radicalité de la maladie dénude l’âme et le cœur, centre le malade sur lessentiel et le déstabilise. On peut vivre une relation authentique avec lui, le rejoindre en vérité.

    Chez les malades beaucoup dinquiétudes sont liées à la question du sens. Pourquoi moi ? Notre rôle est principalement d’écoute, de présence, de respect de la personne souffrante. Pas de prosélytisme, mais simplement partager avec elle sans distinction de race et de culture.

    La souffrance laisse sans voix. Elle peut sidérer, faire voler en éclats nos repères. Certains traversent un chemin de détresse, une pauvreté, même une déstructuration. Devant un tel mystère, poser sur lui un « regard intérieur “ qui ne fixe ni ne juge, mais accueille, écoute, peut laider à garder sa dignité personnelle. Notre présence na de sens que si nous savons écouter la souffrance. Devant tant de détresses, la mission demande délicatesse, tact, amour, humilité, simplicité, respect. Il me semble important de demander à Jésus de passer le premier afin d’être avec Lui à l’écoute de lEsprit Saint qui guidera gestes et paroles.

    Sil est chrétien, nous pouvons aider le malade à accepter dentrer dans un autre mode de vie, plus secret, plus mystérieux où loffrande silencieuse de ses souffrances aura une grande valeur. Laider à ne pas considérer sa vie comme désormais sans importance pour lEglise. L’aider à faire des petits actes dAmour. Cest le mystère de la Visitation, mystère de la rencontre.

    Dans cette mission, je me sens témoin de la mission d’écoute, de compassion de lEglise, de sa mission de révéler lamour et la miséricorde de Dieu. »

    Puisse la célébration du sacrement des malades, ce dimanche dans notre communauté paroissiale, rendre chacun attentif de bien des manières, à la suite du Christ, à ceux et celles qui traversent l’épreuve de la maladie ou de la vieillesse. 

    Père Édouard Bois

  • Édito du dimanche 7 février, 5ème dimanche du temps ordinaire

    « Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée,

              il fait des journées de manœuvre… »

    Le livre de Job décrit, de façon radicale et sans concession, la dure réalité de la vie. Oui, il y a des moments où la vie est vraiment trop pesante, avec des journées seuls devant les écrans, les cours en ligne enfermé chez soi, la course folle pour respecter le couvre-feu à 18h00. Pour d’autres au contraire, confinés pour éviter la propagation du virus ou cloués par la maladie dans leur lit d’hôpital, les jours et les nuits sont interminables et désœuvrés.

    Dès le début de sa mission, Jésus est submergé par cette détresse humaine : c’est d’abord la belle-mère de Simon qui est “au lit avec de la fièvre“ et qui ne peut pas les accueillir dans sa maison ; or, à peine a-t-elle été “relevée“ par Jésus (c’est le même mot en grec que “ressuscitée“), qu’“on lui amène tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons »


    L’Evangile de Saint Marc, dès le premier chapitre, nous décrit ainsi l’activité débordante de Jésus pour guérir, soulager la misère, libérer ceux qui sont emprisonnés par des esprits mauvais. Il n’est pas d’abord venu faire de beaux discours mais sauver des corps, apporter une libération concrète à ceux qui sont enfermés dans leurs souffrances ; et il invitera ses disciples à faire de même : au chapitre 6, les douze apôtres sont envoyés en mission et “ ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.“

    Pourtant, le lendemain, après s’être retiré dans un endroit désert pour prier son Père, Jésus va donner un nouveau sens à sa mission : “Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c’est pour cela que je suis sorti. “

    Partons ailleurs“, c’est une invitation à ne pas nous enfermer dans la petite sphère de ceux avec qui nous nous sentons le mieux, ceux qui partagent notre foi, nos idées, et avec qui nous nous soutenons les uns les autres. Notre pape dans son encyclique “Fratelli tutti“ nous invitait lui aussi à élargir sans cesse le cercle de notre fraternité.

    Partons ailleurs“, c’est aussi accepter des remises en question qui nous font progresser dans la connaissance et l’amour de Dieu et des autres. C’est tout le sens de cette marche à la suite du Christ qui nous porte de vie nouvelle en vie nouvelle, et qui nous conduira un jour à la plénitude de notre résurrection.

    Quand la vie est trop dure, saurons-nous, nous aussi, résister à cette tentation d’isolement et de repli sur nous même, ou avec nos proches, pour rester toujours accueillants à cette vie nouvelle que le Christ vient nous proposer ?

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 4ème dimanche du temps ordinaire, 31 janvier 2021

    Je ne suis pas seul

    Jésus dans l’évangile de saint Marc qui nous est proposé ce dimanche est à Capharnaüm le jour du sabbat. Il se rend donc à la synagogue où, nous est-il dit, il enseigne mais aussi libère un pauvre homme malade, tourmenté par un esprit impur. 

    Les premiers chrétiens, à sa suite, furent attentifs aux éprouvés de la communauté, tout particulièrement aux malades et aux plus démunis. En témoignent les paroles de Saint Jacques : « Si l’un de vous est malade, qu’il appelle les anciens de l’Eglise ; ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. »

    Dans cette même perspective l’Eglise, encore aujourd’hui, outre beaucoup d’engagements de solidarité à l’égard de personnes en difficultés, propose un sacrement à ceux de ses membres qui sont marqués par la maladie, un handicap ou le « grand âge ». C’est le sacrement de l’Onction des Malades autrefois appelé de manière réductrice l’ Extrême Onction.

    Tout ne se passe pas toujours comme la spectaculaire guérison du possédé. L’action de Dieu en chacun est un mystère mais recevoir ce sacrement de l’Onction des Malades n’est pas sans fruits. Le premier en est sans doute la paix et la confiance qui nous habite au cœur de l’épreuve que nous traversons. Mais aussi c’est le moment où se fait le passage à un certain abandon pour s’en remettre entre les mains du Seigneur et vivre en lui le temps qu’il nous reste à passer sur cette terre. 

    La réception de ce sacrement, qui donne force pour vivre les épreuves que la vie nous fait affronter jusqu’à la mort, peut se faire chez soi mais il peut aussi être célébré en communauté. Au cours d’une messe éventuellement comme nous le ferons le 14 février. 

    La communauté entoure donc de bien des manières ceux qui traversent une épreuve. Les chrétiens, qui vont rendre visite aux personnes malades ou diminués, reçoivent aussi, disent-elles, beaucoup de leurs rencontres. La foi qui habite les plus éprouvés, les malades, les personnes âgées est un témoignage vivifiant pour toute la communauté.

    Au cours des épreuves qu’il endure lui-même, Jésus-Christ nous l’a dit : «  Je ne suis pas seul. Le Père est toujours avec moi. » Avant de partir, il dit à ses Apôtres : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. »

    Cela vaut pour tout chrétien et pour les chrétiens entre eux.

    Père Edouard Bois

  • Édito du 3ème dimanche du temps ordinaire, 24 janvier 2021

    “ Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. “

    Ce dimanche marque un nouveau commencement.

    C’est d’abord, dans l’évangile de St Marc, le commencement de la prédication de Jésus en Galilée après l’arrestation de Jean Baptiste : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

    Jésus inaugure ainsi le temps de l’accomplissement de la promesse, celui de la venue du Règne de Dieu ; le commencement de la fin des temps.

    Mais c’est aussi le commencement d’une aventure pour ceux que Jésus appelle à le suivre : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. “

    Depuis 2000 ans des hommes et des femmes vivent ces commencements en acceptant à leur tour de répondre à cet appel de Jésus à le suivre. Certains, en choisissant de tout quitter, en faisant les vœux de pauvreté, d’obéissance et de chasteté ; ils témoignent par ces choix radicaux que le règne de Dieu est tout proche et que nous pouvons le vivre, en petite communauté chrétienne, dès ce monde-ci.

    Mais ces commencements concernent aussi les catéchumènes qui vivent souvent leur préparation au baptême comme un changement assez radical de vie avec un regard différent sur le monde, les événements, et les gens qui les entourent.

    Pour la plupart d’entre nous, nous vivons plus notre foi sur le mode de l’habitude que du commencement, ou même du recommencement.

    Alors comment nous laisserons-nous interpeller par cet appel de Jésus à la conversion, comme l’ont fait les habitants de Ninive dans le livre de Jonas ? En fait ces appels peuvent retentir d’une manière nouvelle tout au cours de notre vie.

    En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous sommes invités à nous souvenir qu’au-delà des incompréhensions et divisions qui ont marqué l’histoire de notre Eglise, et des différentes manières de vivre notre foi chrétienne, l’essentiel est bien dans l’appel que nous avons reçu de Dieu le jour de notre baptême ainsi que de la manière dont nous y avons répondu dans une réelle démarche de conversion. C’est cela qui a poussé les chrétiens des différentes Eglises, depuis le concile Vatican II, à dialoguer sans concession pour se recentrer sur l’essentiel qui nous unit, notre foi au Christ Jésus.

    Que cet appel nouveau du Seigneur en cette semaine nous pousse de manière toujours renouvelée à retenter un dialogue avec tous ceux qui croient différemment de nous, avec ce souci de nous recentrer toujours plus sur ce qui fait le cœur de notre foi.

    « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

    Père Luc de Saint-Basile.

  • Édito du 2ème dimanche du temps ordinaire, 17 janvier 2021.

    Que cherchez-vous ?

    « Que cherchez-vous ? ». Si l’on posait la question aujourd’hui à une personne, elle répondrait, sans doute et à juste titre : « Je voudrais la fin de la pandémie et de ses conséquences désastreuses » tant cela préoccupe chacun.

    Dans l’évangile de ce dimanche, dans un autre contexte, Jésus pose la même question aux deux disciples venus vers lui sur la recommandation de Jean-Baptiste qui l’avait désigné comme l’Agneau de Dieu.

    « Que cherchez-vous ? » leur est-il demandé par Jésus et non pas « Qui cherchez-vous ? » comme on s’y attendrait  attachés que nous sommes à la personne du Christ. 

    « Que cherchez-vous ? ». On peut comprendre cette question initiale de Jésus comme une invitation aux disciples à exprimer d’abord le sens de leur recherche. Jésus, les rencontrant, se met d’abord à leur écoute comme il le fait souvent dans sa mission. Comme ceux qui accompagnent des catéchumènes le font aussi. 

    Ces deux disciples disent ensuite leur désir de le connaitre :« Où demeures-tu ? » 

    « Venez et vous verrez » leur dit alors Jésus. 

    « Où demeures-tu ? » sera le fil rouge de tout l’évangile de Jean pour qui « demeurer est une des réalités spirituelles des plus importantes : « Si quelqu’un m’aime Mon Père l’aimera et nous viendrons chez lui et nous ferons notre demeure chez lui » (14/23). « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ». 

    Saint Paul dira la même chose, à sa manière, aux chrétiens de Corinthe qui avaient une compréhension déformée de leur corps à l’image de celle de leur temps : « Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint…   Rendez-gloire à Dieu dans votre corps. »   

    Aujourd’hui, outre le covid19 bien des questions préoccupent l’humanité. Les chrétiens se doivent de les partager avec tous s’ils veulent aussi partager leur foi.   

    Le pape François le dira, à sa manière, dans « la Joie de l’Evangile » : « Maintenant que l’Eglise veut vivre un profond renouveau missionnaire, il y a une forme de prédication qui nous revient à tous comme tâche quotidienne. Dans cette prédication toujours respectueuse et aimable, le premier moment consiste en un dialogue personnel où l’autre personne s’exprime et partage ses joies, ses espérances, ses préoccupations pour les personnes qui lui sont chères et beaucoup de choses qu’elle porte dans son cœur. »

    Père Édouard Bois.

  • Édito du dimanche 10 janvier, Baptême du Seigneur.

    « Tu es mon Fils bien-aimé »

    Nous venons de célébrer la naissance dans notre humanité de Jésus de Nazareth. Et chacune des annonces de l’Ange à Marie, ou à Joseph, ont été ponctuées par cette invitation : « Tu lui donneras le nom de Jésus ».

    Aujourd’hui, dans les eaux du Jourdain, ce même Jésus reçoit la révélation d’une nouvelle identité qui lui est donné : « Tu es mon Fils bien-aimé« .

    Désormais il faudra que se réalise sa mission en accomplissant ensemble ces deux filiations : « Jésus de Nazareth, fils de Joseph et de Marie » et « Fils bien-aimé du Père« .

    St Marc est le seul à raconter qu’il n’y a que Jésus qui voit et entend cette manifestation de Dieu. Pourtant, Jean Baptiste a le pressentiment que son baptême n’est que le prélude à un autre baptême : “Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

    Ainsi ce baptême dans l’eau qui ne ponctuait qu’un appel à la conversion, va devenir avec le Christ un baptême dans l’Esprit Saint, c’est-à-dire une plongée dans la mort avec Lui pour renaître avec Lui d’une vie nouvelle. Comme le dit l’épitre de St Jean dans la deuxième lecture : “C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité. “

    De par notre baptême, nous sommes nous aussi nés d’eau et d’Esprit, et nous portons aussi ce double nom : celui donné par nos parents à notre naissance et celui donné par notre Père qui est aux cieux, « Fils bien-aimé« . Même si nous sommes déjà potentiellement enfants de Dieu dès le premier instant de notre vie, dans le rite du baptême chrétien Dieu nous redit la même parole que celle adressée à Jésus sur les bords du Jourdain. Ce que nous croyons que Jésus est par nature, nous le sommes réellement par grâce.

    En célébrant le baptême de Jésus, reconnaissons en même temps notre éminente dignité, comme aussi celle de toute personne humaine. La Parole de Dieu vient nous dire qu’il y a en nous comme une trace divine parce que nous sommes réellement des fils et des filles de Dieu. C’est cette trace qui nous fait reconnaître que toute personne humaine est capable de Dieu, ayant en elle comme un gène divin qui l’apparente à l’éternité de Dieu.

    Comment ne pas changer notre regard sur tous ces frères et sœurs à travers le monde que Dieu nous donne à aimer, et comment ne pas travailler de toutes nos forces à construire une véritable fraternité humaine, comme nous y invite notre pape François dans son encyclique “Fratelli tutti “ ?  Que cela soit au cœur de notre prière en ce jour, en communion avec Jésus, le Fils bien-aimé.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du dimanche de l’Épiphanie, 3 janvier 2021

    « Comme les rois mages… »

    Ces mages venus d’Orient, guidés par une étoile, ont été une source d’inspiration inépuisable pour les poètes, chanteurs ou romanciers. N’est-ce pas un récit féérique propre à enthousiasmer l’enfant qui sommeille en nous ? Et malgré tous les protocoles toujours en vigueur, moult galettes vont encore se partager ce mois-ci en leur honneur !

    En écoutant cette histoire, peut-être nous laisserons-nous à nouveau emporter par les images féériques : L’or, l’encens, la Myrrhe… ? Mais, pour nous chrétiens, il s’agit d’abord de l’entendre comme « Épiphanie » de Dieu ; une « manifestation » de Dieu qui ne peut être de l’ordre de l’imaginaire et du rêve mais bien comme une Bonne nouvelle dans la foi !

    Pour entrer dans le sens caché de ce texte il est nécessaire de l’entendre comme dans un opéra où, avant le lever du rideau, l’orchestre joue les thèmes principaux qui seront chantés par la suite ; ainsi il nous faut lire ce récit à la lumière de toute la vie de Jésus.

    Tous les personnages de cette histoire sont dans l’attente d’un signe : celui de la naissance d’un roi ou d’un messie. Les mages, venant du monde païen, le cherchent dans les étoiles, les grands prêtres et les scribes, habitant Jérusalem et héritiers de la Première Alliance, dans les livres saints qui sont en leur possession. Entre les deux, le pouvoir romain, représenté par Hérode, qui ne peut supporter la concurrence d’un autre roi.

    Tous les évangiles nous racontent les questions, oppositions et conflits qui vont accompagner la vie de Jésus, tout au cours de sa montée vers Jérusalem ; les scribes et les docteurs de la Loi refusant de le reconnaître, alors que les pauvres et les pécheurs lui font bon accueil ; et l’évangéliste St Matthieu n’emploiera plus l’expression « roi  » attribué à Jésus, qu’au moment du procès devant Pilate : “Es-tu le roi des juifs ? “ (Mt 27,11)

    Comme l’annonçait Isaïe dans la première lecture, repris par St Paul dans son épitre aux Ephésiens, ce sont finalement des païens venus d’au-delà du Jourdain, préfiguration de l’Église naissante, qui rencontreront ce Roi annoncé par les prophètes, alors que les autorités juives, enfermées dans Jérusalem, resteront aveugles devant cet événement.

    On pourrait continuer ainsi longtemps le parallèle entre ce récit de l’Épiphanie et tout ce qui suivra dans l’Évangile ; c’est une source inépuisable d’émerveillement.

    Mais ce récit nous concerne toujours aujourd’hui. Il nous rappelle que, même si nous avons une foi limpide et bien enracinée, nous n’aurons jamais fini de chercher Dieu. Resterons-nous comme les scribes et les grands prêtres, à scruter les Ecritures en oubliant qu’ils recèlent une Bonne “Nouvelle“. Où nous laisserons-nous entraîner par tous les chercheurs de Dieu, même s’ils viennent de très loin, pour partager avec eux l’aventure de la foi.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito de Noël

    « Voici que je vous annonce une Bonne nouvelle :

    Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur. “

    Un dessin humoristique – il y en a beaucoup qui circulent sur internet depuis le début du confinement – montrait les mages apportant à la crèche leurs trésors devenus …des vaccins ! (La sainte vierge murmurant timidement : “Et si on commençait par l’âne ! “)

    Dans chaque dessin humoristique il y a toujours une part de vérité et celui-ci nous interroge sur la “Bonne nouvelle“ que nous attendons en ce temps de Noël, et sur le visage de ce “Sauveur“ annoncé par les anges.

    Que l’arrivée de ces vaccins tant attendus soient une bonne nouvelle, en cette fin d’année difficile, c’est une évidence. Mais, malheureusement, ce n’est pas la première ni la dernière épidémie que traverse notre humanité ; et, de même que nous avons oublié celles qui ont décimé parfois des populations entières dans les siècles passés, il est fort probable qu’on aura oublié les souffrances de celle-ci dans quelques dizaines d’années.

    Quand au Sauveur attendu, on ne peut pas le confondre avec tel ou tel chercheur ou laboratoire pharmaceutique, aussi performants soient-ils. Quand nous parlons avec les enfants du catéchisme du Dieu qui sauve, il arrive souvent qu’ils emploient le mot “sauveteur“ au lieu de “sauveur“. Il faut alors leur expliquer la différence entre les gestes qui “sauvent“, comme ceux des pompiers, des médecins, des ONG humanitaires, et ce salut apporté par Jésus Christ.

    “Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous » “

    Il y a un mal qui s’est exacerbé encore plus avec l’arrivée de ce virus, celui qui a touché nos liens relationnels : masques, gestes barrières, confinement, couvre-feu, isolement des aînés, nous souffrons tous, de manière plus ou moins profonde, de ce manque de relations conviviales et chaleureuses qu’aucun Zoom, Skype, Team, Meet, ou toutes autres applications, aussi performantes soient elles, ne pourra remplacer. Un manque qui nous touche encore plus en ce temps de Noël traditionnellement marqué par les rassemblements familiaux.

    De grands témoins ont guidé notre marche tout au long de cet Avent : Isaïe, Jean-Baptiste, Paul, Marie. Chacun, à sa manière nous a redit que l’homme n’est pas seul dans les joies et les souffrances de sa vie, que rien de ce qui arrive à l’homme ne peut être étranger à Dieu.

    Il est venu partager nos routes humaines pour nous montrer le chemin vers son Père, un chemin qui nous fait passer par la mort avec Lui, pour renaître avec Lui à une Vie nouvelle.

    Oui Noël est encore aujourd’hui une Bonne Nouvelle : Dieu est là, à nos côtés, nous ne sommes pas seuls. C’est l’Emmanuel, Dieu-avec-nous.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 4ème dimanche de l’Avent, dimanche 20 décembre

    Si proche et si loin.

    Ces temps-ci, beaucoup de choses bouleversent nos vies et la vie du monde mais la fête de Noël sera bien célébrée le 25 décembre quoi qu’il arrive.

    Certains y reporteront peut-être les fêtes du nouvel an réduites à la portion congrue. Mais les chrétiens, à Noël, recueilleront les fruits de leur préparation spirituelle du temps de l’Avent où la paroisse, en ce qui concerne Notre-Dame de la Nativité a fait de son mieux pour les y aider.

    Cependant nul ne sait comment le Seigneur fera signe à chacun ce jour-là et lui donnera, peut-être au cœur d’épreuves difficiles à surmonter, de connaitre la joie et l’espérance liées à la naissance du Sauveur. Une joie proche sans doute de l’affection familiale qui s’exprime à cette occasion aussi. Mais une joie, ceux ou celles qui en ont eu la grâce le savent, loin de l’attitude qui consiste à vivre uniquement pour se faire plaisir et à ignorer la solitude de ceux pour qui Noël n’est pas du tout ce que cette fête devrait être.

    Jean-Baptiste nous avait entrainé en ces derniers dimanches sur la piste de la venue du Sauveur. Il est bien que ce soit Marie qui soit mise en valeur, en ce 4ème et dernier dimanche de l’Avent, avec le récit de sa réponse à l’ange qui exprime sa grande disponibilité à faire la volonté de Dieu malgré des questions dont nul ne pourra contester la légitimité.

    Marie devient la demeure du Très Haut sur la terre. Dieu notre Père a tenu la promesse mainte fois relayée par les prophètes au fil des siècles.   

    Selon un scénario que nous n’aurions pas imaginé, Marie a permis que cette promesse se réalise, grâce à son écoute, à son consentement, sa disponibilité, sa foi mais aussi ses talents de mère de famille.

    Désormais chaque être humain, est appelé, à son tour, à devenir Temple de l’Esprit, demeure de Dieu sur la terre. A Noël, Dieu vient habiter non seulement parmi nous mais en nous. Chacun est invité à se recevoir de lui. Mais aussi à le recevoir en lui. 

    « Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un écoute ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; Je dinerai avec lui et lui avec moi ».

    Marie l’a fait. A nous de le faire aussi. Bon réveillon !

    Père Édouard Bois