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Catégorie : Édito

  • Édito du 25ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 22 septembre

    Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête… !

    Voici sans doute l’une des paraboles de Jésus la plus provocante : celle de ce maître qui va faire l’éloge de son gérant malhonnête qui a trafiqué ses comptes “car il avait agi avec habileté“.

    Dans ses paraboles, Jésus part toujours d’une réalité qu’il a observée. Or, en Galilée, à cette époque, les intendants étaient nombreux. Ils géraient de grands domaines au profit des propriétaires qui habitaient dans les grandes villes. Et il arrivait que l’un d’entre eux se fasse prendre la main dans le sac, ou dans le livre de comptes, lors d’un contrôle.

    Jésus décrit l’un de ces filous qui réagit très rapidement, une fois renvoyé. Après avoir écarté plusieurs reconversions dont il se sent incapable (travailler la terre, mendier), il sait comment se faire des amis avant qu’il ne soit trop tard : chaque débiteur de son maître est invité à falsifier sa dette sous le regard du gérant pour la diminuer d’une centaine de journée de travail ; c’est beaucoup !

    Ainsi les débiteurs et l’intendant sont liés par un même secret : les premiers sont trop heureux d’une telle aubaine en échange de leur silence ; le second est assuré de trouver “des gens pour l’accueillir, une fois renvoyé de sa gérance.

    Jésus ferait-il l’éloge d’un magouilleur débrouillard qui trafique les comptes ? Ce serait surprenant.

    De fait Jésus ne loue pas son attitude : il dit bien que ce gérant est malhonnête. Mais il souligne un aspect positif de son comportement : il est habile et manifeste une rapidité exemplaire, en face d’une situation critique, pour assurer malgré tout son avenir. Et en direction de ses disciples, Jésus conclut : Et vous, les fils de lumière, êtes-vous aussi habiles pour le Royaume de Dieu ? Savez-vous faire preuve de la même rapidité de décision et de la même habileté, car le temps presse, il n’y a pas un instant à perdre.

    A sa manière, cette parabole est aussi une formidable désacralisation de l’argent. L’argent n’est pas bon ou mauvais en soi, ce n’est qu’un outil, sans plus : on peut s’en faire des amis comme s’en faire un maître en le pervertissant ; on peut s’en servir ou le servir. Autrement dit, si l’on en fait une fin en oubliant qu’il n’est qu’un moyen d’échange, un outil de relation, il devient alors une idole, ce que Jésus désignera sous le nom de “Mammon“.

     “Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’Argent“, conclura Jésus. Entre le service de Dieu et celui de l’Argent il n’y a pas de compromissions possibles.

    A nous qui sommes souvent très créatifs pour trouver des astuces pour gagner un peu plus d’argent, saurons-nous avoir la même inventivité et la même énergie au service de ce Royaume d’amour et de paix auquel Dieu nous invite et qu’il nous confie ?

    Père Luc de Saint-Basile

  • Edito du 24ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 15 septembre

     

     

    Trouver sa route !

    Nous pouvons encore avoir des souvenirs de vacances et, par exemple, d’avoir parcouru des sentiers de grande randonnée et d’avoir perdu notre chemin pour ne pas avoir tenu compte des signaux qui le balisent, ou ne pas les avoir découvert.

    L’évangile de ce dimanche nous propose, lui, trois paraboles où nous voyons des personnages en recherche, comme si quelque chose ou quelqu’un avait été perdu et demandait à être retrouvé.

    Ainsi de la parabole de la brebis perdue, de celle de la femme qui cherche une pièce dans sa maison et de la célèbre parabole de l’enfant prodigue.

    La plupart du temps, dans la méditation, on s’arrête au dénouement. On se réjouit à juste titre de ces retrouvailles.

    Peut-être est-il bon aussi de s’arrêter à la démarche des chercheurs.

    La recherche est une attitude humaine profondément ancrée dans notre culture : recherche scientifique, technologique, médicale, astrale, etc.

    Et tout simplement au niveau de nos vies ordinaires chacun, d’une manière ou d’une autre, revêt l’habit du chercheur. 

    On cherche ce qui a été perdu mais aussi ce qui n’a pas encore été découvert.

    Chercher fondamentalement pour nous a rapport au sens, c’est-à-dire à la direction et à la signification. On cherche sa route, ou à la retrouver si on l’a perdu. On cherche le sens de sa vie.

    Particulièrement en ce temps de rentrée, nous pouvons nous identifier ainsi à l’un ou l’autre de ces chercheurs de l’Evangile pour donner sens à nos vies et rencontrer Dieu.

    Mais bien sûr dans ces personnages que sont le berger, la femme dans sa maison et le père de l’enfant prodigue, nous y reconnaissons surtout l’image de Dieu, Père de Jésus et notre Père, qui n’a de cesse de chercher et de rencontrer chacun de nous de manière unique et personnelle.

    Pour notre plus grande joie et la sienne quand cela arrive.

    Puisse cette année, pour tous, être riche de découvertes sur les chemins plus ou moins balisées que notre vie en société, et en Eglise, nous propose.   

    Soyons donc cette année, ensemble, des chercheurs de vie et des chercheurs de Dieu.

    « Mon âme n’est pas en paix tant qu’elle ne demeure en toi » (saint Augustin)

                                                                                                      Père Edouard Bois

  • Edito du 23ème dimanche du temps ordinaire,08 septembre 2019

     

     

    Notre Dame de la Nativité de Bercy

    Les hasards du calendrier ont placé cette année la fête de la nativité de la Vierge Marie un dimanche. C’est donc une joie de se retrouver ensemble, en ce début d’année scolaire, pour célébrer notre fête patronale.

    Nous ne savons pas grand-chose de la naissance et de l’enfance de Marie puisque ni les évangiles, ni les lettres de St Paul n’en parlent. Ce ne sont que les évangiles apocryphes, notamment le Protévangile de Jacques, qui nous révèlent le nom de ses parents, Joachim et Anne. Tout ce qu’on peut dire avec certitude c’est qu’elle fut une villageoise de Nazareth, connue comme l’épouse du charpentier Joseph (Mt 13,55), dont Jésus continua le métier (Mc 6,3). Une femme pauvre (Lc 1,48) et “servante“, le seul titre qu’elle se donne par deux fois (Lc 1,38 et 48).

    La petite Thérèse de Lisieux, dans une de ses dernières lettres, avoue que tous les sermons entendus sur Marie l’ont laissée jusqu’ici insensible. Juste avant de mourir, le 23 août 1897, elle écrit :

    « Que j’aurais donc bien voulu être prêtre pour prêcher sur la sainte Vierge. Une seule fois m’aurait suffi pour dire tout ce que je pense à son sujet.

    J’aurais d’abord fait comprendre à quel point on connait peu sa vie. Il ne faudrait pas dire des choses invraisemblables ou qu’on ne sait pas ; par exemple que, toute petite, à trois ans, la Sainte Vierge est allée au Temple s’offrir à Dieu, avec des sentiments brûlants d’amour et tout à fait extraordinaires ; tandis qu’elle y est peut-être allée tout simplement pour obéir à ses parents. […]

    Pour qu’un sermon sur la Sainte Vierge me plaise et me fasse du bien, il faut que je voie sa vie réelle, pas sa vie supposée ; et je suis sûre que sa vie réelle devait être toute simple. On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu’elle vivait de foi, comme nous, en donner des preuves par l’Evangile où nous lisons : “Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.“ Et cette autre, non moins mystérieuse : “Ses parents étaient dans l’admiration de ce qu’on disait de lui.“ Cette admiration suppose un certain étonnement, ne trouvez-vous pas, ma petite Mère ? […]

    C’est bien de parler de ses prérogatives, mais il ne faut pas dire que cela, et si, dans un sermon, on est obligé du commencement à la fin de s’exclamer et de faire Ah ! Ah ! on en a assez. Qui sait si quelque âme n’irait pas même jusqu’à sentir un certain éloignement pour une créature tellement supérieure et ne se dirait pas : “Si c’est cela, autant aller briller comme on pourra dans un petit coin ! “ »

    Alors que nous reprenons le cours de notre vie ordinaire après cette parenthèse de l’été, que la fête de la nativité de Marie nous aide à reconnaître, avec la petite Thérèse, la puissance de Dieu qui agit à travers l’humble service quotidien.

    Père Luc de Saint-Basile

     

  • Edito du 13ème dimanche du temps ordinaire, 30 juin 2019

     

     

    « Suis-moi! »

    En cette fin d’année scolaire, les textes de la liturgie nous décrivent différents appels.

    C’est d’abord Elisée que le prophète Elie vient chercher sur son lieu de travail, alors qu’il laboure son champ. Un appel signifié par un beau geste symbolique : « Elie passa près de lui et jeta vers lui son manteau ».

    Après un court temps d’hésitation en suppliant Elie de l’autoriser à embrasser les siens, Elisée va répondre positivement à cet appel par un autre geste tout aussi symbolique : « il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l’attelage, et les donna à manger aux gens ». Une rupture radicale avec le passé, avec le sacrifice de tout ce qui faisait sa vie jusque-là, scellé par un repas d’adieu comme le fera plus tard l’apôtre Matthieu.

    L’évangile nous décrit Jésus au moment où il fait le choix difficile de monter à Jérusalem, conscient de tout ce qui l’attend (littéralement « il durcit son visage pour aller vers Jérusalem ») ; et il demande à ceux qui veulent le suivre de savoir faire des choix tout aussi définitifs : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume de Dieu ».

    Trop souvent nous vivons les événements du monde en spectateurs critiques, bien calés dans des canapés, comme pour les matchs de foot féminin : « celle-là a bien joué » ou même parfois « elles sont nulles ! ».

    Jésus, lui qui “n’avait pas de pierre pour reposer sa tête“, n’est pas resté spectateur de son temps : il a engagé sa vie, son corps qui est devenu pour nous signe, sacrement de son amour pour tous les hommes.

    Et même si certains aujourd’hui refusent tout engagement sous prétexte qu’il est synonyme d’aliénation de la liberté, il est important de rappeler que la liberté n’existe de fait que le jour où on la met en œuvre dans des choix concrets, sinon elle ne demeure que virtuelle. “C’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés“ (2ème lecture de St Paul aux Galates).

    En priant pour ceux qui sont ordonnés prêtres ce week-end, et pour tous ces couples qui s’engagent en ce moment dans le sacrement du mariage, que chacun puisse profiter de ce recul de l’été, dégagé de la course effrénée de l’année, pour faire un point sur ses engagements personnels concrets à cause de l’évangile.

    Suis-moi ! “ Sachons profiter pleinement de ces vacances pour nous rendre accueillants, à la rentrée, aux nouveaux appels du Seigneur.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Edito du dimanche 23 juin :
    Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ.

     

     

     

     

     

    « Devenez ce que vous recevez »

     

     

    « Si vous êtes le Corps du Christ et ses membres, c’est le sacrement de ce que vous êtes qui est disposé sur la table du Seigneur ; c’est le sacrement de ce que vous êtes que vous recevez. C’est à ce que vous êtes que vous répondez « Amen » et cette réponse est votre signature. Sois un membre du Corps du Christ, pour que cet Amen soit vrai. » (St Augustin, Sermon 27,2)

    Il est bon de célébrer ce dimanche la fête du Saint Sacrement en remerciant le même jour celles qui ont consacré plusieurs années de leur vie au service de notre communauté chrétienne. Un rappel que tout service dans l’Eglise trouve sa source dans ce don que le Christ a fait de sa vie par amour pour tous les hommes, ce que nous célébrons dans chacune de nos eucharisties.

    Car être membre du Corps du Christ ce n’est pas simplement recevoir la communion chaque dimanche, c’est véritablement se donner à la suite du Christ Jésus, en se rendant acteur et responsable de son Corps qui est l’Eglise, signe de sa présence au cœur du monde.

    L’évangile de la multiplication des pains, dans l’évangile de St Luc, nous rappelle à cette responsabilité. Alors que les foules ont faim, Jésus déclare à ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

    Bien sûr, comme les apôtres, nous avons tous conscience de la faiblesse de nos moyens : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons… ». Qu’est-ce effectivement pour cinq mille hommes ! A vue humaine on est toujours tenté de baisser les bras devant la disproportion entre les besoins et les moyens.

    Pourtant, ce peu de choses est indispensable pour que Jésus puisse nourrir la foule. Il nous invite à ne pas céder au découragement mais à commencer quelque chose, petitement, à notre mesure. Et on est toujours surpris de la fécondité que peut produire un geste de partage qui nous dépasse souvent et nous fait, nous-mêmes, grandir. “Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. “

    En cette fin d’année scolaire nous sommes tous invités à nous interroger sur la manière dont chacun, chacune, nous allons pouvoir donner de notre temps, de nos forces au service de notre communauté chrétienne, à la suite de ceux et celles qui passent le témoin.

    Que ce don de Dieu dans nos eucharisties dominicales qui nous fait communier à sa présence nous aide à faire aussi de notre vie un don pour être signes du Christ vivant au sein de notre quartier.

    Père Luc de Saint-Basile.

  • Edito du dimanche 16 juin
    Solennité de la Sainte Trinité

     

     

     

    La Sainte Trinité

    La Sainte Trinité, que nous fêtons ce dimanche, est une réalité souvent difficile à comprendre pour les chrétiens. Pour autant, que notre Dieu soit qualifié de « Trinité » n’est pas une option facultative de notre foi.

    Pour Maurice Zundel, un grand spirituel du siècle dernier, la Trinité divine c’est le grand joyau de l’Evangile, c’est le grand secret d’amour, c’est la découverte la plus merveilleuse.

    En effet, écrit-il, comme Dieu est unique, nous étions tentés de penser qu’Il était solitaire, qu’Il passait son éternité, si l’on peut dire, à se regarder Lui-même, à se louer, à s’admirer et à exiger de ses créatures qu’elles le louent et L’admirent.

    Dieu devenait dans cette perspective, un cauchemar, Il devenait le Narcisse à l’échelle infinie. Il devenait un égoïsme qui s’idolâtre Lui-même ; et voilà que la Révélation de la Trinité dissipe à jamais ce cauchemar en nous apprenant que la Vie de Dieu, c’est une communion d’amour, que Dieu n’a de prise sur son être qu’en le communiquant, que Dieu ne se regarde jamais, parce que Son regard, c’est une personne, c’est le Père qui regarde le Fils, c’est le Fils qui regarde le Père ; et comme son amour ne se replie jamais sur soi, c’est cette aspiration du Père et du Fils vers le Saint Esprit qui respire à son tour de tout son Être vers le Père et le Fils, en sorte que notre Dieu, le vrai, vivant et éternel, est un Dieu qui se désapproprie de Lui-même, un Dieu qui ne possède pas, un Dieu qui ne se contemple pas, un Dieu pauvre comme saint François l’a si profondément deviné et exprimé.

    C’est ce Dieu-là qui est notre Dieu, non pas un Dieu qui nous surplombe, qui nous domine, qui nous écrase et qui nous punit, mais un Dieu qui se donne, qui est Dieu parce qu’Il se donne éternellement et dont le mystère créateur réside précisément dans ce don. C’est parce que l’Amour déborde en Dieu qu’il suscite les créatures, qu’il nous fait naître à l’existence pour nous communiquer ce qu’Il est, pour que nous devenions comme Lui, transparents à sa Lumière, pour que nous devenions comme Lui une pure respiration d’amour… »

    A méditer longuement et à mettre entre toutes les mains !

    Bonne fête de la Sainte Trinité.

    P. Edouard Bois

  • Edito du 9 juin 2019, Solennité de la Pentecôte

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    Moi, je prierai le Père,

    et il vous donnera un autre Défenseur

    qui sera pour toujours avec vous.

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    L’Esprit Saint dont nous célébrons la venue en ce jour de Pentecôte est appelé aussi par Jésus “ le Défenseur “ (le “Paraclet“). Une expression difficile à comprendre ?

    Il ne faut pas prendre le mot défenseur au sens littéral de celui qui vient nous défendre devant un tribunal. Dans la bouche de Jésus, il y a d’abord un lien très fort entre le Défenseur et l’Esprit de vérité (Jn 14,16-17).

    Le Malin dans la Bible est toujours désigné comme le menteur, celui qui trompe, le père du mensonge (Jn 8, 44). Mais ce Malin n’est pas une créature extérieure à nous, nous savons que c’est d’abord en nous-mêmes que demeure cette obscurité. Celle-ci fait que nous nous trompons, soit volontairement par un mensonge qui nous arrange, soit involontairement par un manque de compréhension, d’interprétation des événements ou d’arrangement avec la Parole de Dieu.

    Jésus a été un défenseur comme le bon Berger qui prend soin de ses brebis jusqu’à donner sa vie pour elles, celui qui laisse tout pour aller chercher la brebis perdue. L’Esprit Saint continue à nous défendre en nous indiquant un chemin de vérité et en nous donnant la force de le suivre.

    Il nous donne la force de regarder la vérité en face, même si cette vérité est parfois difficile à accepter. Ce combat spirituel est un combat pour notre libération intérieure afin de retrouver notre véritable identité de filles et de fils de Dieu appelés à la vie, la vie pleine et éternelle en Dieu.

    Il nous aide aussi à surmonter nos peurs : peur d’être jugé, peur de s’exposer dans nos paroles ou dans nos actes, peur d’être marginalisé dans une société où la norme est souvent bien loin des exigences de l’évangile. L’Esprit Saint nous introduit dans la confiance plus forte que la peur (Mc 6,50).

    C’est l’Esprit Saint, notre défenseur, qui nous donne la force d’affronter les difficultés et les épreuves en gardant cette paix intérieure que rien ne peut ébranler.

    Que ce Défenseur accompagne les 450 adultes de notre diocèse qui sont confirmés en cette fête de la Pentecôte, comme les 12 000 collégiens rassemblés ces trois jours pour le FRAT à Jambville.

    P. Luc de Saint Basile

  • Edito du 2 juin 2019, 7ème dimanche de Pâques

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    Viens Seigneur Jésus !

    L’évangile de ce dimanche nous propose la conclusion du discours de Jésus après la Cène au chapitre 17 de saint Jean.

    Des paroles à retenir par cœur ou plutôt en notre cœur car elles vont à l’essentiel de ce que Jésus a à nous dire avant l’ultime et tragique étape de sa mission terrestre qui en manifestera l’accomplissement. Ce pourquoi il est là. Ce qui l’habite qui prend ici la forme d’une prière. Son testament spirituel en quelque sorte :

    « Que tous soient un comme toi Père tu es en moi et moi en toi.

    Qu’ils soient un en nous eux aussi pour que le monde croie que tu m’as envoyé…

    Père ceux que tu m’as donné je veux que là où je suis ils soient avec moi…

    Je leur ai fait connaître ton nom et je leur ferai connaître encore, pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé et que moi aussi je sois en eux. »

    Ici mieux que partout ailleurs Jésus nous fait entrer dans l’intimité de sa relation à  son Père.

    Il nous redit une dernière fois ce qui leur tient le plus à cœur.

    Leurs liens entre eux. Leurs liens avec nous.

    C’est ainsi sûrement que l’a compris le diacre Etienne dont la première lecture évoque le drame qui marque la fin violente de sa vie à la manière du Christ jusqu’au pardon.

    Sans aller jusque – là, même s’il est donné à certains d’y aller, prendre au sérieux ces paroles de Jésus c’est à tout le moins être habité par le désir priant de la présence  et de la rencontre du Seigneur tel que Jean l’exprime si bien en conclusion de l’ Apocalypse : « Marana tha » « Viens Seigneur Jésus ».

    Présence promise à la fin des temps. 

    Mais aussi présence de proximité et d’intériorité promise pour aujourd’hui par le don de l’Esprit.

    « L’Esprit et l’Epouse disent « Viens ! »

    « Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! »   

    Viens Seigneur Jésus. Viens renouveler notre Eglise, sacrement, de ta présence en notre monde !

    « Oui, je viens sans tarder. »

    P. Edouard Bois

  • Edito du dimanche 26 mai 2019

    6ème dimanche de Pâques

    Je m’en vais et je reviens vers vous

    En ce dernier dimanche avant l’Ascension, voici une curieuse déclaration de Jésus : comment peut-il s’en aller tout en revenant vers nous ? Un départ qui inaugure sans doute une autre forme de présence.

    Cette nouvelle présence, Jésus nous la décrit : “ Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. “

    Un Esprit saint dont on voit déjà les effets dans l’Eglise naissante qui est confrontée au premier conflit entre Paul et Barnabé et les juifs qui veulent imposer la circoncision aux nouveaux baptisés venant du paganisme (cf. 1ère lecture).

    Les apôtres réunis en Concile à Jérusalem vont trancher : “ L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent…“

    Un Esprit Saint qui fait se souvenir de la manière dont Jésus accueillait tous les hommes, sans distinctions ou barrières. Un Esprit d’ouverture et de paix.

    Mais cette nouvelle présence va encore plus loin :    “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. “

    La présence de Jésus dans nos vies n’est pas une présence épisodique, quand nous sommes en prière ou dans des moments exceptionnels. Quand Jésus dit à chacun de nous : “Nous irons demeurer chez toi“, il s’agit d’une demeure permanente, dans les bons et les mauvais moments, dans les joies comme dans les peines, que nous soyons attentifs ou non. Il s’agit d’un compagnonnage comme avec un ami de tous les jours.

    Prions pour les enfants qui font leur première communion ce dimanche. Qu’elle fasse grandir en eux cette confiance que nous apporte cette présence mystérieuse, mais bien réelle, qui peut éclairer et transformer notre vie.

  • Edito du dimanche 20 mai 2019

    Gloire et louange à toi !

    Bien que situé peu avant la mort de Jésus, le passage de l’évangile de Saint Jean de ce dimanche, nous est proposé par la liturgie dans le Temps Pascal à quelques jours de la fête de l’Ascension : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui » déclare Jésus.

    Qu’est-ce que la gloire de Dieu et celle de son Fils dont la Bible se fait souvent l’écho ?

    La gloire, couramment, veut dire quelqu’un qui a du succès, qui a de la renommée.

    Dans la Bible, « gloire » évoque le rayonnement de Dieu qui manifeste sa présence aux hommes à certains moments de leur histoire.

    La gloire de Dieu se manifeste à Moise au moment du don de la loi. La gloire de Dieu dans la traversée du désert réside dans l’arche puis, quand le temple est construit, dans le Saint des Saints. Au moment de l’exil la gloire quitte le Temple, nous dit Ezéchiel, et se manifeste à lui et au peuple dans la dispersion pour redonner espoir.

    La gloire de Dieu trouve son sommet paradoxal dans la mort de son Fils exprimant la profondeur abyssale de son amour pour l’humanité.

    Dans le domaine des beaux-arts, la gloire désigne l’auréole enveloppant le Corps du Christ. On parle du Christ en gloire.

    L’Apocalypse, dans la belle deuxième lecture, nous dit qu’au terme de la vie de la terre, la première création, souvent défigurée par les négligences et l’irresponsabilité des hommes, aura disparu et dans la nouvelle, Dieu demeurera avec les hommes. Ils seront son peuple. Dieu sera avec eux. Il essuiera toutes larmes de leurs yeux et la mort n’existera plus. Il n’y aura plus de pleurs, de cris, de tristesse.

    La mer symbole du mal, lieu des puissances maléfiques, aura disparu.

    La gloire de Dieu habitera la terre.

    Dieu a le projet de créer un ciel nouveau et une terre nouvelle étroitement uni à lui.

    C’est l’œuvre de son Fils mais aussi de chacun faisant de sa vie une œuvre originale, unique.

    Toute la terre chantera alors le Gloire à Dieu et la rayonnera.

    L’Ascension ne doit pas susciter la nostalgie. Déjà la gloire de Dieu demeure en ce monde. « Comme je vous ai aimé, vous aussi aimez-vous les uns les autres. »  

    P. Edouard Bois