Catégorie : Édito

  • Edito du 25ème dimanche du temps ordinaire, 23 septembre 2018

    “Ils discutaient entre eux

    pour savoir qui était le plus grand « .

     

    Toute personne a besoin d’être reconnue ; c’est cette reconnaissance par les autres qui nous permet tout simplement d’exister.

    Mais autant ce désir est légitime, autant vouloir être au-dessus des autres est anti évangélique. Or la soif du pouvoir est un instinct bien ancré au cœur de l’homme.

    Et cela ne concerne pas seulement les grands responsables. Malheureusement, chacun à sa place, si petite soit-elle, entend souvent exprimer son pouvoir, que ce soit le modeste employé qui manifeste qu’il possède le pouvoir d’accéder ou non à une demande, que ce soit celui qui a la chance d’avoir quelques connaissances et qui écrase les autres de sa science ou  monopolise la parole dans une réunion, et même au sein d’une famille, entre conjoints ou vis-à-vis des enfants. Vouloir dominer est, hélas, un instinct naturel qu’il nous faut combattre pour suivre le Christ et devenir plus humains.

     

    L’évangile de ce dimanche commence par une nouvelle annonce de la passion et de la mort de Jésus et Marc souligne que les disciples ne comprenaient pas ces paroles.

    Bien plus il nous avoue qu’ils ont discuté sur la route pour savoir qui était le plus grand.

     

    Jésus va remettre les choses à leur place :  » Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. «  Par cette parole, Jésus ne dénie pas la nécessité d’une autorité ni la nécessité de prendre des responsabilités avec le pouvoir qu’exige l’exercice d’une responsabilité. Ce qu’il demande, c’est d’exercer une autorité, une responsabilité dans un certain esprit. Celui-ci se définit par deux mots : l’humilité et le service. Et pour illustrer cela, il prend un enfant comme exemple. Qu’est ce que cette comparaison évoque pour nous ?

     

    La première raison, et peut-être la plus importante, c’est que l’enfant est appelé à grandir : on ne nait pas grand, on devient grand, mais pour cela il nous faut accepter de recevoir. Celui qui se croit le plus grand, celui qui croit tout savoir, s’enferme et ne grandira jamais. Par contre, celui dont le cœur et l’esprit sont ouverts, celui qui sait qu’il ne sait rien ou pas grand-chose, celui qui accepte de recevoir des autres, alors celui-là pourra grandir comme l’enfant.

    Mais recevoir suppose la confiance. Si l’enfant reçoit de ses parents, c’est aussi parce qu’il a une totale confiance en eux. De même, nous grandirons dans l’intériorité, nous grandirons dans notre foi dans la mesure où, avec une totale confiance comme l’enfant, nous accepterons de recevoir des autres et particulièrement du Christ et de son évangile.

     

     » Le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir  » (Mt 20, 28). Laissons-nous entrainer sur le chemin de Celui qui s’est agenouillé aux pieds de ses apôtres au cours de la dernière Cène pour leur laver les pieds.

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du 24ème dimanche du temps ordinaire, 16 septembre 2018

    Pour vous qui suis-je ?

     

    Croire c’est quoi quand on est chrétien ? Il peut arriver qu’un interlocuteur, sachant que nous sommes chrétien, nous pose la question.

     

    Il nous arrive aussi de nous la poser à nous-même.

     

    L’évangile de ce dimanche est une aide précieuse pour répondre à cette question.

    Nous sommes en effet à un tournant de la vie et la mission de Jésus.

    Jésus pressent maintenant la forme tragique que va prendre son avenir. Il l’assume, Lui donne sens librement. Il marche vers Jérusalem, c’est-à-dire vers son terrible destin.

     

    Oui mais encore faut-il que derrière les troupes suivent !

    Aussi Jésus pose-t-il la question à Pierre et aux autres disciples. « Que dîtes-vous, pour vous qui suis-je ? ».

    La réponse de Pierre ne sort pas d’un manuel de catéchisme, de théologie où il aurait été chercher la bonne réponse comme nous serions tentés de le faire.

    Il n’avait pas le Catéchisme de l’Eglise Catholique dans sa poche.

     

    La question de Jésus n’est pas une question d’école, de savoir, de vérification de connaissance.

    Pour toi…en ton for intérieur tu dis quoi de moi, tu engages quoi de ta vie avec moi ?

     

    « Tu es le Messie ! ».

    La réponse de Pierre vient du plus profond de lui-même.

    Croire c’est dire « je », engager toute sa vie.

    Pierre ainsi reconnaît que Jésus est plus que Jean Baptiste, Elie ou d’autres prophètes.

    Il est celui que les prophètes ont annoncé, le Messie : l’envoyé attendu par le peuple depuis des années, voir des siècles, pour la libération, pour rassembler, relier à Dieu.

    Alors cela vaut la peine de le suivre, de jouer sa vie sur lui.

     

    Mais voilà. Dans l’euphorie de la bonne réponse c’est la douche écossaise.

    Pierre tombe de haut.

    Jésus précise quelque chose d’inattendu : le messie devra subir la passion, être mis à mort avant de ressusciter.

    Pierre a encore du chemin à faire pour croire vraiment à cela et accepter un Messie, non comme il l’imagine, mais tel que lui se donne, se présente.

     

    Le chemin de Pierre est aussi le nôtre pour entrer peu à peu dans le mystère du Christ et en vivre

    Ce n’est jamais achevé car le Messie est toujours plus grand que ce que nous avons découvert de lui et nous changeons nous aussi. Il y a notre histoire qui évolue, notre âge à assumer, des événements nouveaux parfois douloureux qui se présentent.

    Comme celui de Pierre notre «Je» au Christ est en perpétuel mouvement.

    Marc, en ce temps de rentrée, nous invite à explorer un peu plus le mystère du Christ.

    Il est grand le mystère de la foi.

     

    P. Edouard Bois

     

  • Edito du 23ème dimanche du temps ordinaire, 7 septembre 2018

    “ Effata “

     

    Même si un certain nombre d’entre nous reviennent de vacances reposés, pleins d’énergie pour recommencer l’année, nous portons tous au cœur des soucis de santé, de travail, de relations, pour nous-mêmes, dans nos familles, nos proches, sans parler des graves épreuves de tant d’hommes et de femmes dans le monde. Et la Parole de Dieu continue à agir aujourd’hui pour nous redonner espérance.

     

    Par l’intermédiaire du prophète Isaïe, Dieu nous dit : “ Dites aux gens qui s’affolent : prenez courage, ne craignez pas, voici votre Dieu ” (Is 35, 4).

    Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que fait ce Dieu pour nous ? En quoi va-t-il nous soutenir ? Est-ce que, miraculeusement, il va aplanir nos difficultés, supprimer nos épreuves ? Non, ce n’est pas son rôle. Alors, quels sont les signes de sa présence aimante, partageante, réconfortante ?

     

    L’Évangile nous le dit à travers la guérison par Jésus de ce sourd-muet. Ne pas entendre, ne pas parler, c’est être enfermé en soi-même. Pour certains, cet enfermement est une terrible maladie qu’on appelle l’autisme. Mais il y a bien des manières d’être enfermé en soi-même : ne sommes-nous pas souvent ces sourds et muets qui tournons nos problèmes en nous-mêmes sans oser sortir par peur, par manque de confiance, par manque d’espérance ?

     

    Et voilà que Jésus s’approche de nous, mieux, il est au cœur de chacun de nous. Et si nous acceptons, dans la foi, de nous mettre en sa présence, alors nous entendons cette parole qui libère : Ephata, ouvre-toi. Ouvre-toi, ouvre tes mains et ton cœur vers la peine et la joie des autres et tu verras que ta propre peine s’adoucit.

    Ouvre tes mains et ton cœur, c’est-à-dire lâche prise. Lâcher prise, c’est abandonner ses idées toutes faites, renoncer à ses idéologies qu’elles soient de type politique, économique ou religieux. Lâche prise dans tes prétentions à tout maîtriser, lâche prise de tes rêves qui t’empêchent de t’investir dans le réel de ta vie.

     

    Ouvre tes mains et ton cœur, c’est-à-dire accueille l’autre différent dans ses manières de penser et de vivre. Ne t’enferme pas dans ta vision de l’homme, du religieux, de la société, mais accepte le dialogue qui éclaire, nuance, rectifie, conforte aussi.

     

    Redécouvrons la pauvreté spirituelle qui accepte de ne pas savoir, de ne pas entendre, de ne pas parler afin que Jésus nous touche comme il a touché le sourd-muet de l’Évangile et nous donne ses paroles de vie. Nous aurons alors l’audace et la joie de communiquer cet amour qu’il a semé en nous et qui ne demande qu’à guérir ceux qui nous entourent.

     

    P. Luc de Saint Basile

     

     

  • Edito du 2 septembre 2018, 22ème dimanche du temps ordinaire

    “Hypocrites “

     

    C’est avec ce mot particulièrement dur dans la bouche de Jésus à l’adresse des scribes et des pharisiens que nous commençons une nouvelle année scolaire.

     

    Ce terme d’“hypocrite“ a pris une connotation très péjorative aujourd’hui, en désignant quelqu’un qui cache volontairement des desseins malveillants derrière un visage avenant.

    En fait, l’étymologie du mot grec “ upokritaï “, désignait dans l’antiquité des gens qui portaient un masque, comme les comédiens de théâtre. L’important n’est pas tant ce qu’ils sont en réalité, mais ce qu’ils vont laisser paraitre, la façon dont ils seront perçus par les autres. C’est pour cela que Jésus, en reprenant ensuite cette discussion avec la foule, va faire cette distinction entre l’intérieur, le cœur, là où se situe la vraie personnalité de chacun, le lieu véritable de la rencontre avec Dieu, et l’extérieur qui n’est qu’apparence.

     

    St Jacques dont nous débutons la lecture aujourd’hui nous dira, dans l’esprit de Jésus, que la manière “pure et irréprochable“ de pratiquer la religion c’est de mettre la parole de Dieu en application dans le plus quotidien de la vie : « Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Devant Dieu notre Père, un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et de se garder sans tache au milieu du monde. »

    Ainsi, nous ne pouvons pas prétendre honorer Dieu en respectant les préceptes de la religion chrétienne, si nous ne sommes pas sensibles à la détresse de notre prochain.

     

    A une époque où le “paraître“, ce personnage fictif que nous nous construisons parfois, prime sur la personnalité cachée de chacun, entendons ces paroles sévères de Jésus comme une invitation à ne pas céder à cette tentation, même s’il faut parfois en payer le prix dans des milieux ou le “faire savoir“ prime sur le “savoir être“.

     

    Et que surtout, dans notre manière de vivre notre foi chrétienne, nous ne soyons jamais « ce peuple qui m’honore des lèvres, mais dont le cœur est loin de moi » (Is 29,13).

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito des vacances, juillet et août 2018

    REPOSE-NOUS

     

    Notre Dieu, nous te demandons de laisser le repos venir à notre cœur, à notre pensée et à notre corps afin que nous puissions faire halte et nous démettre de ce qui tourbillonne, se bouscule et s’encrasse en nous. Tu le sais : malgré les apparences que nous nous donnons d’être calmes et organisés, détachés et concentrés, en réalité, nous ne faisons pas trêve avec nous-mêmes. Nous remplissons notre temps comme une armoire comble. Nous entassons nos années comme un amoncellement de tâches et de retards. Nous bourrons nos vies, sans nous laisser d’espace pour les vivre. Nous allons de travaux en divertissements, et nous ignorons le repos.

     

    O Dieu, repose-nous, toi qui as pris le septième jour pour regarder, apprécier et chômer de ta propre fatigue. Repose-nous, toi qui commandes de faire relâche en mémoire de notre liberté, toujours réelle, en présence de notre communion, toujours possible, en attente de l’achèvement de ton royaume, toujours annoncé.

     

    Fais que nos repos ne nous effraient pas, nous qui savons mal user de la liberté du temps. Fais que nos repos ne nous dissolvent pas, nous qui savons mal vivre le silence et le calme, le retrait et la retraite. Car nous voudrions que le repos cesse d’être pour nous une hygiène et un devoir, une obligation et une résignation, pour advenir en nous tel le soleil qui s’attarde au soir, telle la nuit qui ensevelit les insuffisances, tel le sommeil qui éveille les songes, telle l’aurore aussi, qui nous retrouve dispos.

     

    Repose nos cœurs, ces chevaux, que tirent à hue et à dia nos passions.

    Repose nos esprits, ces antichambres, où se pressent les solliciteurs.

    Repose nos corps, ces maisons, où la poussière se dépose.

    Repose-nous, toi qui as disposé les rythmes du monde, le jour et la nuit, l’hiver et l’été, l’allant et le silence, la parole et le sacrement, la bouche et la douceur de la main, l’oreille et l’effleurement du geste, l’animation et l’apaisement de l’amen.

    Nous te demandons le repos de nos vies, à toi qui es le Dieu de la Parole vivante, mais aussi de la paix accomplie. Amen.

     

    Pasteur André DUMAS

  • Edito du 13ème dimanche du temps ordinaire, 1er juillet 2018

    Au service de la vie

     

    Ce dimanche l’évangéliste saint Marc nous conte, avec talent, l’histoire d’une double guérison. Celle d’une jeune fille dont le père est chef de la synagogue locale et celle d’une femme atteinte de pertes de sang et que les médecins de l’époque semblent impuissants à guérir.

     

    Et l’évangéliste de préciser que trois apôtres accompagnent Jésus dans la maison où il se rend à la demande pressante du père de la jeune fille en grand danger de mort.

    Pierre, Jacques et Jean sont ces trois-là.

    Ce n’est pas la première fois qu’on les retrouve ainsi aux côtés de Jésus.

    Ils l’accompagnent sur la montagne de la Transfiguration.

    lls ne seront pas loin au moment de la Passion.

    Jésus associe de près à sa mission ceux qui, un peu plus tard, seront la cheville ouvrière de la diffusion de son message et de la fondation de l’Eglise où ils joueront un rôle décisif.

     

    Jésus, aujourd’hui, continue à associer des disciples à sa mission sous diverses formes et particulièrement par le ministère des prêtres à la suite des apôtres.

    7 jeunes hommes ont été ordonnés prêtres ce samedi à Notre-Dame de Paris par le nouvel archevêque, Mgr Aupetit.

    Souhaitons-leur d’être prêtres à la manière des apôtres que Jésus invite à être profondément attentifs à l’humain comme il l’a été lui-même.

    Nous le voyons ici en effet bouleversé par le drame de cette famille et touché par la maladie de cette femme.

     

    Mais Jésus n’est pas un simple thérapeute terrestre. Dans la rencontre de ce père de famille et de cette femme en grande détresse, Jésus se révèle comme celui qui vient sauver et qui vient nous apprendre ce que cela veut dire être sauvé.

    « Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive » dit Jaïre le chef de la Synagogue locale. Il ne dit pas seulement « Viens pour qu’elle soit guérie ! »

    Jésus n’est pas seulement un médecin, un thaumaturge, voir un magicien tel que les foules l’imaginent. Il n’est pas non plus seulement un maître à ne pas déranger avec nos petits et grands problèmes de santé.

    Il ne vient pas seulement guérir mais sauver. Réveiller, faire se lever, cela veut dire en langage biblique ressusciter, donner vie.

    Le salut qu’apporte Jésus nécessite de la confiance. Il en faut à Jaïre, personnalité en vue, chef de la synagogue, pour venir, dans sa situation, s’agenouiller devant Jésus. Il en faut aussi à cette femme pour venir le toucher au milieu de la foule.

     

    Ce salut s’inscrit aussi dans une relation profonde : Jésus regarde, dévisage la femme, demande qui l’a touché et prend la main de la fillette.

    Ce salut est enfin invitation à vivre pour les autres et à être attentif à notre vie ordinaire. « Donnez-lui à manger ! » dit Jésus en conclusion.

    Etre des sauvés nous confère une responsabilité. Pas seulement à Pierre, Jacques et Jean et à leurs descendants mais à tous les baptisés.

    Chacun à sa manière.

     

    P. Edouard Bois

  • Edito de la Solennité de la nativité de saint Jean-Baptiste , 24 juin 2018

    « J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé… « ( Isaïe 49)

     

    Tout au cours de l’histoire, des hommes et des femmes se sont levés, répondant à un appel mystérieux, pour être parole-de-Dieu vivante, bousculer la routine du quotidien, ouvrir l’avenir en redonnant goût aux désirs, rappeler le projet de Dieu sur notre humanité. Ce sont ceux qu’on appelle dans la Bible les prophètes : Isaïe dont nous lisons aujourd’hui la vocation, Jean Baptiste dont nous célébrons la nativité ce dimanche.

     

    Le prophète n’est pas un devin ni un utopiste ; bien au contraire, enraciné dans son époque, et nourri par la méditation de la promesse de Dieu dans l’Ecriture, il réconcilie présent et avenir. Il donne des mains à notre imagination, forge les outils de nos espérances, il nous invite à affronter jour après jour ce qui fait obstacle au projet de Dieu sur chacun, ce vieil homme qui sommeille en nous et qui nous fait sans cesse nous recroqueviller sur le passé.

     

    Comme le sculpteur imagine déjà la statue qu’il va faire (ce qui ne l’empêche pas pour autant de prendre le burin), comme le navigateur imagine déjà la côte invisible (ce qui ne l’empêche pas de tenir bon la barre), le prophète nous invite à nous projeter en avant. Surgiront des vents contraires, apparaîtront des nœuds dans le bois de la statue, viendront des chamboulements dans la vie, la voix du prophète, à la différence des décisions inflexibles et intransigeantes, n’en sera que fortifiée.

    Bien sûr, leur vie n’est pas facile : « Et moi, je me disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. »

    Et pourtant une certitude les fait continuer et tenir bon : « Oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. »

     

    Chacun de nous porte en lui un appel, une vocation particulière.

    Avec tous ceux qui ont reconnu et tenté de répondre à cet appel dans leur vie nous rendons grâce en cette fin d’année scolaire :

    Ces enfants, jeunes, ou adultes qui ont décidé de se lancer dans la grande aventure de la foi en demandant le baptême.

    Ceux de notre communauté paroissiale qui ont accepté de répondre à tel ou tel appel pour donner de leur temps, de leur force pour se mettre ensemble à l’écoute de la parole de Dieu et au service de leurs frères.

    Ces sept hommes qui vont être ordonnés prêtres à Notre Dame ce samedi, ainsi que tous ceux qui le seront dans les diocèses du monde entier.

    Et bien d’autres qui ont été prophètes pour chacun nous…

     

    Saurons-nous, au cours de cet été, faire un peu de place dans nos vies si encombrées, pour laisser à nouveau l’Esprit Saint nous rappeler que, par notre baptême, nous avons, nous aussi, été institués « prophète » comme Jean Baptiste ?

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du 11ème dimanche du temps ordinaire, 17 juin 2018

    « Fais ce que tu aimerais avoir fait

    le jour de ta mort »

     

    Chers frère et sœur dans le Christ, avec cette phrase extraite d’un engagement des aînés scouts, je vous invite ce dimanche à méditer. En effet, je m’imagine à la porte du Ciel et rendre compte au Seigneur de mon parcours terrestre : me retournant pour distinguer ceux que j’aurai entraînés à la suite du Christ durant ma vie, mon bilan ne sera peut-être pas glorieux !

    Et pourtant c’est ce qu’attend notre Seigneur et nous le savons.

    Nous avons reçu une richesse inestimable le jour de notre baptême : le don de l’esprit Saint, c’est un feu intérieur très fort qui ne demande qu’à rayonner dans tout notre être et même au-delà, à l’image simple de cette graine de moutarde insignifiante capable de grandir tel un arbre où même les oiseaux viennent se reposer. Oui, durant notre vie, essayons à notre mesure de faire rayonner le Christ. Ayons confiance, comme les apôtres ont eu confiance, ils sont partis sur les chemins pour répandre la Bonne Nouvelle, sans trop se poser de questions.

    Nous aussi, partons à la suite du Christ, tendons la main vers les autres, soyons à l’écoute et rayonnons du Christ.

    L’avenir est devant nous, chacun dans notre communauté doit avoir sa place et doit pouvoir grandir dans sa Foi suivant ses qualités et sa sensibilité. Durant la période estivale qui arrive, prenons le temps de réfléchir comment nous pourrions aider notre communauté à grandir à l’image de cette petite semence.

    François Lalau, diacre

     

  • Edito du 10ème dimanche du temps ordinaire, 10 juin 2018

    Une affaire de confiance

     

    Curieuse dissension dans la page d’Evangile de ce jour, entre Jésus et ceux qui sont présentés comme « des gens de chez lui » ! Certains de ceux-ci vont jusqu’à affirmer : « Il a perdu la tête ! » Cette scène se situe au chapitre 3 de l’Evangile de Marc. Déjà le Christ a choisi ses apôtres et déjà il a acquis de la notoriété. Une foule nombreuse se presse autour de lui. Il a montré des signes éclatants et provocants : guérison un jour de sabbat, purification d’un lépreux qu’il est allé jusqu’à toucher, pardon des pêchés d’un paralytique, ce qui a été considéré comme un blasphème par ses ennemis qui ont alors protesté : « Dieu seul peut pardonner les pêchés ! » Bref, il a provoqué de nombreuses remises en cause des observances de la loi juive et certains pensent qu’il s’égare…

     

    Mais voici que l’affaire se complique ; ce ne sont pas seulement ces « gens de chez lui » qui montrent leur opposition à Jésus. Des scribes, grands connaisseurs de la loi, passent aussi à l’attaque et affirment : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons ! » Le Christ réagit en deux temps. Premièrement l’ironie : « Si c’est par le chef des démons que j’expulse les démons, alors Satan est divisé contre lui-même et ne peut tenir ! » Deuxième temps, une condamnation très rude : « Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon » Que signifie cette phrase radicale ? Elle souligne que si l’on refuse de reconnaître que c’est bien la puissance de Dieu qui agit par le Christ, en attribuant au démon les œuvres qu’il accomplit, alors il n’y a plus de place pour recevoir le don de Dieu. Le salut passe par Jésus et uniquement par lui ; prétendre que Jésus est une puissance de mal, c’est se boucher toute issue pour trouver le salut !

     

    Les scribes refusent de reconnaître la grandeur du Christ, alors que d’autres personnes moins compétentes en matière de loi le font. Et cela s’éclaire dans une deuxième partie de l’Evangile de ce jour. Toujours une foule nombreuse se presse autour de Jésus. On le fait appeler de l’extérieur de la maison où il se trouve : « Ta mère et tes frères te cherchent ! » Autrement dit tu ferais bien de leur prêter un peu attention…Jésus, regardant ceux qui sont en cercle autour de lui et qui ne sont pas de sa famille, affirme : « celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère »

     

    Quels sont ceux qui sont sur le chemin du salut ? Non pas ceux qui doutent de Jésus ou pire qui le suspectent d’agir pour une puissance de mal…Mais bien plutôt ceux qui sont au plus proche du Christ Sauveur, par le cœur, par l’adhésion, par le désir de le suivre, quels qu’ils  soient.

     

    Chacun de nous, nous sommes frères, sœurs, parents du Christ. Voici la confiance inouïe que le Christ met en chacun de nous ! Et nous, quelle confiance mettons-nous en lui ?

     

    Père Alexis Bacquet

     

  • Edito de la Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, dimanche 3 juin

    « Faites cela en mémoire de moi. »

     

    C’est la « Fête Dieu », celle que l’on nomme depuis le concile la « Fête du Corps et du Sang du Christ ». Et les anciens se souviennent de ces processions dans les rues pavoisées, avec le Saint Sacrement sous un dais, en tête de cortège.

    Fêter le Corps et le Sang du Christ juste après celle du Dieu Trinité nous rappelle que l’eucharistie est bien le centre de la vie chrétienne, le lieu par excellence de la rencontre du Dieu des chrétiens.

     

    Il est vrai qu’on entend souvent des chrétiens dire : « Je suis croyant mais pas pratiquant« .

    En disant cela, certains veulent s’excuser avec le sentiment de pas en faire assez : « c’est vrai, nous sommes mal organisés et trop souvent débordés pour venir à la messe chaque dimanche. »

    D’autres le disent avec la certitude tranquille qu’il suffit d’être croyant et que c’est cela l’essentiel. Pourquoi pratiquer ? Est-ce si important d’aller à la messe le dimanche ? Ne vaut-il pas mieux vivre en chrétien toute la semaine ?

    Mais que mettons-nous chacun sous ces mots CROYANT…PRATIQUANT ?

     

    A des jeunes couples présentant leur enfant au baptême un ami prêtre essayait d’expliquer : « Croyants non-pratiquants ? En êtes-vous si sûrs ? Vous êtes sans doute beaucoup plus pratiquants que vous le dites, mais vous êtes probablement moins croyants que vous le pensez. Vous êtes plus pratiquants quand vous mettez au cœur de vos vies tant de valeurs essentielles : fidélité dans votre couple, à vos amis, résolus dans vos engagements, prêts à tout sacrifier pour vos enfants, pratiquant la tolérance, et même souvent le pardon, quand vous êtes prêts à vous battre pour la justice et à partager avec les plus démunis…

    Mais vous êtes moins croyant que vous ne le pensez quand vous ne croyez pas que la Bible lue en Eglise, proclamée, commentée chaque dimanche est une Parole vivante de Dieu.

    Vous ne croyez pas assez quand vous pensez que vous pourrez vous en tirer tout seul et que vous oubliez que Jésus ressuscité, lui qui nous invite chaque dimanche, peut nous communiquer sa vie, son Esprit d’amour dans l’eucharistie.

    Vous ne croyez pas assez que le dimanche est pour les chrétiens le jour où ils font mémoire du Christ, de sa vie, de sa mort et sa Résurrection. Si vous ne venez jamais avec d’autres faire mémoire du Christ, vous finirez par en perdre la mémoire.

     

    Souhaitons à tous ces enfants qui font leur première communion ce dimanche qu’ils pratiquent les valeurs essentielles du christianisme dans leur vie, mais qu’ils aient aussi en eux ce désir de devenir toujours plus chrétiens en restant fidèles à ces rencontres régulières avec le Christ qui se donne à nous dans chaque eucharistie.

     

    P. Luc de Saint Basile