Catégorie : Édito

  • Édito du 12ème dimanche du temps ordinaire, 21 juin 2020

    Dans l’ombre ou au grand jour ?

    « Ce que je vous ai dit dans l’ombre, dites-le au grand jour. »

    « Ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. »

    Ces paroles de Jésus, dans l’évangile de ce dimanche, nous disent l’importance de l’écoute et du partage dans toute vie chrétienne. 

    Il faut que le message du Christ pénètre en nous, touche notre moi profond pour qu’il puisse ensuite apparaître au grand jour, qu’il n’entre pas par une oreille pour sortir par l’autre.

    La dispersion de l’été n’est pas loin. Ce moment peut être favorable pour vérifier comment, chacun, nous avons, au long de cette année si particulière, vécu cette double dimension de la foi : l’écoute et le partage.  

    La dimension d’intériorité, d’écoute, d’abord : quelle place a eu dans ma vie l’écoute de la Parole de Dieu, la prière, l’accueil des sacrements, les propositions paroissiales ?  

    La dimension de visibilité de notre foi : en famille, dans notre environnement et notre travail, en paroisse. Comment ai-je été attentif aux préoccupations des autres, et comment ont-ils pu pressentir la source de ma présence, de mon écoute, de ma parole, de mon attention aux événements qui ont marqué leur vie au plan humain ou religieux.

    Le pape François, à ce sujet, a écrit de belles paroles :

    « Être disciple, dit-il, c’est avoir la disposition permanente de porter aux autres l’amour de Jésus, de partager l’amour du Christ. Ceci se manifeste spontanément en tout lieu : sur la route, sur les places, au travail, en chemin. Là où l’autre personne peut exprimer, partager ses joies, ses espérances, ses préoccupations et beaucoup de choses qu’elle porte sur son cœur. Là où je peux, raconter ma rencontre de l’amour personnel de Dieu qui s’est fait homme, s’est livré pour nous. »

    Oui, la vie divine est, pour les chrétiens, bien autre chose qu’un morceau de ciel tombé sur terre. Elle passe par les hommes, par leurs soifs, leurs tâtonnements, leurs erreurs, leurs projets, leur recherche d’un hypothétique sens à leur vie.
    Voilà le lieu où Jésus nous demande de nous déclarer, de partager son amitié avec les autres, de demeurer,  

    J’aime cette parole d’un jésuite, le père Etienne Grieu : « Lorsque je prends, dit-il, au sérieux la vie de mon quartier, de ma ville, de mon entreprise je peux y déceler un rendez-vous avec celui qui cherche à se frayer un passage dans le cœur des hommes. » 

    La paroisse, malgré des circonstances bien spéciales cette année, par diverses propositions a, je l’espère, aidé chacun à vivre cette double dimension de sa foi.

    « Ce que je vous ai dit dans l’ombre dites-le au grand jour.

    Ce que vous entendez dans le creux de l’oreille proclamez-le sur les toits. »

    Père Édouard Bois

  • Édito de la fête du Corps et du Sang du Christ, 14 juin 2020

    « Ceci est mon corps… »

    Les anciens se souviennent de la “Fête Dieu“ avec ses processions dans les rues et les Saluts du Saint Sacrement accompagnés du “Tantum ergo sacramentum“.

    Le renouveau conciliaire issu de Vatican II, en donnant à cette fête le nom de “Fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ“ a voulu recentrer cette fête sur le sacrement de l’eucharistie et la place qu’il tient dans nos vies de chrétiens.

    Rappelons-nous, le jour de l’Ascension nous entendions ces derniers mots du Christ ressuscité qui concluent l’évangile de St Matthieu : “Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. “

    Et le jour de la Pentecôte nous célébrions cette présence de Jésus au cœur de chacun de nous par son Esprit Saint ; mais il nous a aussi donné des signes de sa présence, et l’un des signes privilégiés c’est ce repas célébré en mémoire de lui.

    Le discours de Jésus sur le Pain de Vie dans l’évangile de St Jean lu pour cette fête peut nous heurter par le réalisme des expressions employées : “Celui qui mange ma chair et boit mon sang…“

    Il est évident qu’il s’agit de toute autre chose qu’une cérémonie d’anthropophagie. A travers le réalisme des mots, Jésus veut souligner la réalité de sa présence qui n’est pas que dans le souvenir. Le souvenir est dans notre tête ou dans notre cœur quand nous pensons à quelqu’un que nous avons perdu. La présence de Jésus dans l’eucharistie reste mystérieuse et extérieure à nous, mais bien réelle. En communiant à la messe, nous avons une relation réelle avec le Seigneur ressuscité et pas seulement une évocation de sa présence au milieu de ses apôtres il y a vingt siècles.

    Dans le même temps il faut résister à la tentation de chosifier ce sacrement. Nous avons en effet toujours tendance à identifier le réel avec ce que nous pouvons toucher et voir – ne chantons-nous pas parfois “je veux voir Dieu“. Or le Christ ressuscité que nous rencontrons à la messe reste en dehors de nos catégories humaines. Simplement il se manifeste à nous sous le signe du pain et du vin, sous le signe d’une nourriture pour nous dire qu’il veut nourrir notre vie de sa vie. Cela signifie que l’amour qui a glorifié Jésus pour l’établir comme Fils bien aimé du Père peut aussi nous pénétrer, nous saisir, nous transformer. La Pâque que le Christ a vécue en passant de la mort à la vie nous est ainsi offerte dans le rite eucharistique.

    Saint Augustin l’exprimait déjà : “Soyez donc ce que vous voyez et recevez ce que vous êtes“.

    Qu’en cette année particulière où nous avons dû nous contenter pendant plusieurs semaines d’eucharisties virtuelles imposées par le Covid 19, nous redécouvrions de manière nouvelle cette présence vivifiante du Christ qui vient transformer nos vies.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du dimanche de la Trinité, 7 juin 2020

    Qui est Dieu pour moi ?

    C’est, en ce dimanche, pour tous, la traditionnelle fête des mères et pour les chrétiens aussi la fête de la Sainte Trinité.

    Même s’il ne s’agit là que d’une coïncidence, ces deux fêtes sont inter-actives. Comment en effet, particulièrement en cette période où elles ont été encore plus mises à contribution, séparer celles qui donnent la vie et ce Dieu qui est, selon ce que Jésus nous en a dit, source de toute vie et de tout amour.

    « Le Père ne cesse de communiquer à son Fils unique la plénitude de sa divinité, écrit Eloi Leclerc, auteur franciscain de renom, Et de leur amour mutuel jaillit l’Esprit. Aucune des trois personnes divines ne se garde pour elle-même. Aucune ne retient pour soi la divinité. Chacune n’existe que dans sa relation à l’autre : dans son don à l’autre.

    Et tous les trois ne font qu’un seul Dieu, en une seule communion. Ainsi la joie du Père est d’engendrer son Fils éternellement dans l’Esprit. »   

    Mieux que tout autre les mamans sont susceptibles de comprendre ces paroles et de partager à leurs enfants la réalité de ce Dieu « Trinité » en écho aux questions que les événements qui jalonnent la vie de la planète, font surgir en chacun tôt ou tard : Mais qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-ce que vivre pour moi ?

    Car nous nous faisons des idées bien diverses sur Dieu. Il peut être un surveillant qui punit, un général d’armée devant qui on est au garde-à vous, un grand horloger qui manipule le monde, etc. Autant d’images que rejette notre moderne aspiration à la liberté et à la vie et nous provoque à nous demander : qui est Dieu pour moi ?

    La fête de la Sainte Trinité nous invite à chercher Dieu du côté de ce qu’il y a de plus profond en l’homme : Dieu est liberté et relation d’amour. Notre Dieu est un Dieu qui laisse aller le monde mais qui est touché par ce qui arrive à chacun. Mieux ce Dieu nous libère de tous nos confinements. Il ouvre la planète et nos vies à sa propre vie. Pas seulement plus tard. Déjà. Maintenant.    

    Et Eloi Leclerc d’ajouter : « Dans un excès d’amour Dieu Trinité a voulu communiquer sa joie divine, hors de lui, librement et gratuitement, en appelant des créatures à partager sa propre vie dans l’amour. Et ce dessein il a projeté de le réaliser en s’unissant lui-même à notre humanité en la personne de son Fils éternel. »   

    Bonne fête des mères et de la Sainte Trinité !

    Père Edouard Bois

  • Édito du dimanche de Pentecôte, 31 mai 2020

    Esprit de Dieu, viens en nous.

    Esprit de Dieu, rassemble-nous.

    Il est très difficile de parler de l’Esprit Saint.

    Aussi insaisissable que les différentes représentations qui le décrivent dans la Bible, le vent, le souffle, l’eau, le feu, la colombe…, peut-être vaut-il mieux chercher sa présence dans son action, dans ce qu’il fait bouger et transforme, comme le frémissement des feuilles d’un arbre sous l’effet du vent.

    A travers les lectures proposées ce dimanche de Pentecôte, un mot semble pourtant embrasser toute son action : Communion, dans le sens où l’on parlait au premier siècle du mystère de communion (« koinonia » en grec) qui unissait les premiers chrétiens ; un mot qui a repris de sa force ces dernières semaines, justement parce que cela nous a manqué.

    « Il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur« . C’est Jésus ressuscité qui refait tout d’abord la communion avec ses apôtres, à travers cette paix qu’il leur adresse tout en leur montrant ses plaies ; une paix retrouvée qui va leur permettre de dépasser leur peur et leur culpabilité pour être envoyés en mission.

    « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez les péchés, ils lui seront remis… ». Confirmés dans l’Esprit, les apôtres peuvent alors dire et manifester ce qui fait la communion ou la séparation de l’homme avec Dieu et entre eux ; le Christ leur confère même son autorité pour restaurer cette communion par le pardon des péchés.

    « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit« . Dans la deuxième lecture, St Paul nous rappelle que, dès le début, l’œuvre de l’Esprit se manifeste aussi dans la communion à l’intérieur de l’Eglise qui est riche de ses diversités.

    « Nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu« . Depuis les origines, comme le rappelle le récit de la tour de Babel, les hommes s’interrogent sur leurs difficultés à communiquer entre eux et à se comprendre. L’événement de la Pentecôte semble rétablir la communication, la communion entre des peuples différents de langue et de culture. N’est-ce pas d’ailleurs une des taches primordiales de l’Eglise catholique (c.a.d. universelle) d’être un signe de communion entre les peuples.

    Cette communion avec notre Seigneur Jésus Christ et entre nous qui se tisse tout au cours de l’année liturgique dans nos rassemblements eucharistiques nous a manqué cruellement ces dernières semaines ; et jusqu’aux enfants du catéchisme qui n’ont pas pu faire encore leur première communion.

    Et nous avons sans doute fait l’expérience que même les rencontres virtuelles par Zoom, Skype, Teams, WhatsApp, YouTube, ou autres, ne pouvaient combler totalement ce manque. Que cette nouvelle prise de conscience nous aide, en cette fête de Pentecôte, à rendre grâce pour ce don de l’Esprit qui nous est fait dans chacune de nos eucharisties paroissiales.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 7ème dimanche de Pâques, 24 mai 2020.

    Dans l’attente de l’Esprit de Pentecôte

    Ce temps qui suit immédiatement l’Ascension est tout à fait particulier. Nous sommes en effet dans l’attente, gardant au cœur le souvenir du départ du Christ dont nous faisions mémoire jeudi dernier, et tendus vers le renouvellement de toutes choses par le don de son Esprit, que nous célébrerons à la Pentecôte.

    C’est un temps consacré à la prière ; la première lecture nous décrit les apôtres enfermés au Cénacle qui « d’un seul cœur, participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. ».

    Le noyau de l’Église à venir : les onze apôtres, Marie, quelques femmes et les proches de Jésus. Apparemment un bien pauvre groupe !

    Mais ce groupe, avant de partir aux quatre coins du monde fait sa « veillée d’armes » dans la prière. Il en sera ainsi à chaque étape importante pour la petite communauté primitive : le choix de Mathias pour remplacer Judas (Act. 1,24), l’institution des diacres (Act. 6,6), la conversion des Samaritains (Act. 8,15), etc…

    L’évangile nous plonge également dans cette même attitude de prière, en nous rapportant celle que le Jésus a adressée à son Père au cours du dernier repas, juste avant d’achever l’œuvre qui lui a été confiée : celle d’offrir sa vie par amour sur la croix.

    Prière des apôtres qui précède le départ en mission, prière “sacerdotale“ du Christ avant le sacrifice ultime. Loin d’être une parenthèse, ce dimanche nous rappelle l’urgence d’enraciner toutes nos actions et décisions dans la prière.

    Car on pense trop souvent que prier, c’est demander à Dieu de nous sortir d’une situation difficile, un peu comme la dernière planche de salut ! On prie après que tout le reste a échoué ! La vraie prière chrétienne, elle, vient avant. Avant la parole et avant l’action, comme on respire avant de chanter ou de faire un effort. La vraie prière chrétienne est tournée vers l’avenir : « Que ton règne vienne »…

    Dans la prière de Jésus, il y a un mot qui revient en permanence, c’est la “gloire“ : Jésus prie son Père de lui donner sa gloire. Mais ce n’est pas pour demander la célébrité des héros, des guerriers ou des grands hommes. La gloire, dans l’Ecriture sainte, c’est ce qui fait la valeur d’une personne, tout son poids d’être. Si bien que lorsque Jésus demande à son Père de manifester en Lui sa gloire, ce qu’il attend c’est que les hommes reconnaissent que son être profond n’est qu’amour, à l’image du Père ; un amour qui se donne totalement, pour nous ouvrir le chemin de la vie éternelle. Ainsi les disciples et ceux qui accueilleront leurs témoignages sont présents au cœur de cette prière.

    Trop souvent nous opposons “action“ et “contemplation“. Ce dimanche nous invite au contraire à replacer toutes nos actions dans ce mouvement de prière du Christ : reconnaître avec Lui que tout ce que nous faisons, même les sacrifices les plus héroïques, n’ont de sens que s’ils sont vécus dans un amour qui trouve son origine dans le don d’amour du Père, à qui seul revient la gloire ; ainsi toutes nos actions, loin de nous attacher ceux que nous essayons d’aider, seront chemin de liberté et de vie, dans l’Esprit du ressuscité.

    Que cette semaine, dans l’attente de l’Esprit de Pentecôte, nous aide à approfondir le chemin et le goût de la prière.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito de la Solennité de l’Ascension, jeudi 21 mai.

    “Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?

    St Matthieu achève son évangile en Galilée, là où tout a commencé, avec le récit du départ de Jésus : c’est le mystère de l’Ascension.

    Une disparition qui ouvre au temps de l’absence, mais qui est aussi assorti de la promesse d’un autre type de présence : “Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. “

    Ainsi, dans le mystère de l’Ascension, nous sommes invités à entrer dans ce paradoxe : Jésus, le Seigneur, est à la fois présent et absent. N’est-ce pas d’ailleurs la parole même de Jésus rapportée dans l’évangile de St Jean la veille de son arrestation ? “Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. Vous l’avez entendu, je vous ai dit : je m’en vais et viens à vous “ (Jn 14, 27-28).

    Dans notre foi, il faut donc accepter que cette absence qui constitue notre relation au Christ vivant échappe à toute manifestation sensible. Nous ne pouvons plus ni le voir, ni le toucher, ni l’entendre.

    Mais notre relation peut pourtant continuer à être vraie à travers les médiations de sa présence réelle en nous et dans le monde : sa Parole méditée, la prière et les sacrements qu’il nous a laissés, le service du frère.

    Ainsi, comme croyants, nous reconnaissons qu’il y a deux types de présence, toutes deux bien réelles. La première présence est simple, c’est la présence de toute personne en chair et en os comme on dit, c’est la présence de Jésus dans sa condition mortelle telle que ses parents, les gens du village de Nazareth, les apôtres et disciples ont pu le connaître. Comme le dit saint Jean dans sa première lettre : “Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie“ (1 Jn 1,1).

    L’autre présence est tout aussi réelle, mais elle ne se laisse “voir“ qu’aux yeux de la foi. Ce n’est plus une présence sensible que nous pouvons reconnaître avec nos yeux, nos oreilles, nos mains, mais une présence invisible, spirituelle, comme une présence d’amour qui réconforte, guide et soutient.

    Pendant cette période difficile du confinement qui s’est déroulé providentiellement pendant le temps pascal, alors que nous avons tous été privés de signes sacramentels autrement que par écrans interposés pour reconnaître le Christ vivant à nos côtés, sommes-nous restés les yeux tournés vers le ciel (ou les écrans) à attendre que cela nous soit à nouveau redonné, ou avons-nous expérimenté la force de cette deuxième présence qui ne se révèle qu’avec les yeux de la foi ?

    Avons-nous vraiment vécu ce temps (particulièrement éprouvant pour certains), à la manière des apôtres, comme une absence qui ouvre à la découverte d’une nouvelle présence, ou nous sommes-nous contenté d’attendre impatiemment que tout revienne comme avant ?

    Ce temps de l’Ascension est donc un temps privilégié, avant que la promesse de l’Esprit saint nous soit confirmée le jour de la Pentecôte, pour faire un petit bilan de ces 40 jours du temps pascal, à la lumière de ce confinement dont nous commençons à sortir :

    • Qu’est-ce que cette crise m’a appris sur moi (peur, solitude, redécouverte des choses simples, des ressources qui alimentent la vie intérieure) ?
    • Qu’est-ce qu’elle m’a appris sur mes proches (un conjoint, des enfants, les amis) ?
    • Quelles sont mes raisons d’espérer (changements ou reprise comme avant) ?
    • En quoi ma foi m’a aidée à surmonter cette crise et à être attentif aux plus vulnérables ?

    A travers ce premier bilan peut-être reprendrons-nous conscience de cette présence invisible du Christ qui a été à nos côté pendant cette période difficile, même et surtout à travers les vulnérabilités que nous avons pu expérimenter.

    Car comme le dit Corine Pelluchon : “Seule l’expérience de nos limites, de notre vulnérabilité et de notre interdépendance peut nous conduire à nous sentir concernés par ce qui arrive à autrui, et donc responsables du monde dans lequel nous vivons. “

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 6ème dimanche de Pâques, 17 mai 2020

    “Je ne vous laisserai pas orphelins…“

    Au cours de son dernier repas, Jésus avait préparé ses disciples à son départ : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. »

    Un message en forme de testament qui donnera aux disciples les clés pour discerner la nouvelle manière pour Lui d’être présent avec eux, après son ascension.

    « Moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité. »

    Cet Esprit de vérité va approfondir leur foi, en leur faisant comprendre de l’intérieur le sens de la vie de Jésus et de son message. Ainsi se trouveront éclairées les situations nouvelles qu’ils auront à affronter.

    Un Défenseur qui sera aussi leur avocat, leur intercesseur ; il les aidera et les assistera dans le vaste procès que “le monde“ poursuit contre Jésus à travers ses disciples.

    Mais cette promesse de l’Esprit Saint est précédée d’une condition fondamentale : “Si vous m’aimez…“. C’est ce que Jésus a demandé à Pierre après sa résurrection, avant de lui confier une responsabilité auprès de ses frères : “Pierre m’aimes-tu ?

    C’est donc la qualité de notre relation avec le Christ qui précède et commande tout : notre compréhension de sa parole, de son message comme aussi la force pour agir selon cette parole.

    Avec Jésus nous ne sommes plus dans l’ordre de la Loi, où les choses sont pesées à l’aune des obligations, nous sommes dans l’ordre de l’amour gratuit qui ouvre un champ d’action bien plus exigeant.

    “Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.“. Jésus nous dit qu’aimer ce n’est pas simplement répéter “Seigneur je t’aime“, mais c’est d’être fidèle à sa parole, à ses commandements. Et nous savons que les commandements de Jésus se résument en un seul : aimer en acte et vérité Dieu et notre prochain.

    Dans ce temps si particulier que nous traversons, alors que nous sommes encore privés de la présence réelle du Christ dans le sacrement de l’eucharistie, que nous puissions prier de manière toute spéciale pour que l’Esprit saint nous éclaire. Qu’il nous recentre sur ce signe premier de cette présence réelle de Jésus au milieu de nous : ces petits gestes d’amour et de service prodigués gratuitement au quotidien à nos proches – à bonne distance !

    Père Luc de Saint-Basile

  • Edito du 5ème dimanche de Pâques, 10 mai 2020

    « Vous aussi, soyez les pierres vivantes… »

    Des parents du catéchisme me confient souvent qu’ils sont très embarrassés quand leurs enfants leur demandent : comment croire en Dieu et lui parler alors qu’on ne le voit pas ?

    L’apôtre Philippe a osé lui aussi faire cette même demande à Jésus : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »

    Dans l’évangile d’aujourd’hui Jésus lui répond par une affirmation que l’on ne retrouve que chez St Jean : « Celui qui m’a vu a vu le Père. »

    Une affirmation qu’il justifiera en disant que, puisqu’il est dans le Père et que le Père est en Lui, il est le seul qui puisse le donner à voir. Il poursuivra même en affirmant que c’est le Père qui agit en lui, d’où cette invitation à croire dans ses œuvres.

    Ainsi, pour tout chrétien, Jésus est le chemin par excellence vers le Père ; et toute prière chrétienne qui s’adresse à Dieu le Père passe nécessairement par Jésus le Christ : “Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. “

    Mais l’affirmation de Jésus ne s’arrête pas là : “Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père “.

    Ainsi Jésus ressuscité continue à agir dans ses disciples qui pourront faire, grâce à Lui, des œuvres encore plus grandes !

    Nous en voyons les effets dès le début de l’Eglise : le livre des Actes nous raconte comment les apôtres ne se sont pas contentés de répéter ce qu’ils avaient vu faire par Jésus, mais ils ont été inventifs avec la force du St Esprit. Ainsi, au moment où un conflit a éclaté entre les chrétiens de Palestine et ceux qui sont de la diaspora juive de langue grecque, ils vont mettre en place un nouveau ministère pour le service des pauvres, particulièrement des veuves, et pouvoir rester eux-mêmes fidèles à leur mission : “En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. “ Et c’est l’institution des sept premiers diacres.

    Parfois Il nous arrive nous aussi d’envier les apôtres qui ont pu voir le Seigneur Jésus de leurs yeux ; nous nous disons que cela a été plus facile pour eux de croire.

    Mais c’est oublier que nous, nous avons une aide supplémentaire pour soutenir notre foi qu’ils n’ont pas pu connaître : c’est le travail extraordinaire que le Père a opéré par son Esprit Saint à travers les apôtres et cette multitude de témoins qui ont été des évangiles vivants à chaque période de l’histoire. Cette Eglise de témoins, ces « pierres vivantes » dont parle l’épitre de St Pierre qui ont porté la foi jusqu’à nous.

    Soyons à notre tour ces “pierres vivantes“ pour notre monde qui vit tant de bouleversements en ce moment, confiant dans le Christ qui peut faire en nous des œuvres bien au-delà de ce que nous pouvons faire tout seul, si nous nous laissons conduire par son Esprit.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Edito du 4ème dimanche de Pâques, 3 mai 2020

    Les paroles de la vocation

    (Message du pape François pour la 57ème journée mondiale de prière pour les vocations.)

    Chers frères et sœurs !

    Le 4 août de l’année dernière, lors du 160ème anniversaire de la mort du saint Curé d’Ars, j’ai voulu offrir une lettre aux prêtres qui, chaque jour consacrent leur vie à l’appel que le Seigneur leur a adressé, au service du peuple de Dieu.

    A cette occasion, j’avais choisi quatre paroles-clés – souffrance – gratitude – courage et louange – pour remercier les prêtres et soutenir leur ministère. J’estime qu’aujourd’hui, en cette 57ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, ces paroles peuvent être reprises et adressées à tout le Peuple de Dieu, sur le fond d’un passage évangélique qui nous raconte la singulière expérience survenue à Jésus et Pierre, durant une nuit de tempête sur le lac de Tibériade (cf. Mt 14, 22-33).

    Après la multiplication des pains, qui avait enthousiasmé la foule, Jésus ordonna à ses disciples de monter dans la barque et de le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. L’image de cette traversée sur le lac évoque, en quelque manière, le voyage de notre existence. La barque de notre vie, en effet, avance lentement, toujours agitée parce qu’à la recherche d’un lieu d’accostage favorable, prête à affronter les risques et les opportunités de la mer, mais aussi désireuse de recevoir du timonier un virage qui conduise finalement vers la bonne direction. Mais parfois, il peut arriver qu’elle s’égare, qu’elle se laisse aveugler par les illusions, au lieu de suivre le phare lumineux qui la conduit à bon port, ou d’être défiée par les vents contraires des difficultés, des doutes et des peurs.

    Il en est de même aussi dans le cœur des disciples, lesquels, appelés à suivre le Maître de Nazareth, doivent se décider à passer sur l’autre rive, en choisissant avec courage d’abandonner leurs sécurités et de se mettre à la suite du Seigneur. Cette aventure n’est pas tranquille : la nuit arrive, le vent contraire souffle, la barque est ballotée par les vagues, et la peur de ne pas y arriver et de pas être à la hauteur de l’appel risque de les dominer.

    L’Evangile nous dit, cependant, que dans l’aventure de ce voyage difficile, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur, presqu’en forçant l’aurore au cœur de la nuit, marche sur les eaux agitées et rejoint les disciples, il invite Pierre à venir à sa rencontre sur les vagues, il le sauve quand il le voit s’enfoncer, et enfin, il monte dans la barque et fait cesser le vent.

    La première parole de la vocation, alors, est gratitude. Naviguer vers le juste cap n’est pas une tâche qui relève de nos seuls efforts, et ne dépend pas seulement des parcours que nous choisissons de faire. La réalisation de nous-mêmes et de nos projets de vie n’est pas le résultat mathématique de ce que nous décidons dans un « moi » isolé ; au contraire, elle est avant tout la réponse à un appel qui vient d’En-Haut. C’est le Seigneur qui nous indique le rivage vers lequel aller et qui, bien avant, nous donne le courage de monter sur la barque ; alors qu’il nous appelle, c’est lui qui se fait aussi notre timonier pour nous accompagner, nous montrer la direction, nous empêcher de nous échouer dans les écueils de l’indécision et nous rendre même capables de marcher sur les eaux agitées.

    Toute vocation naît de ce regard aimant par lequel le Seigneur est venu à notre rencontre, peut-être alors même que notre barque était en proie à la tempête. « Plus qu’un choix de notre part, la vocation est la réponse à un appel gratuit du Seigneur ; c’est pourquoi, nous réussirons à la découvrir et à l’embrasser, quand notre cœur s’ouvrira à la gratitude et saura saisir le passage de Dieu dans notre vie.

    Quand les disciples voient Jésus s’approcher en marchant sur les eaux, ils pensent d’abord qu’il s’agit d’un fantôme et ils ont peur. Mais aussitôt Jésus les rassure par une parole qui doit toujours accompagner notre vie et notre chemin vocationnel : « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (v.27). Justement c’est la seconde parole que je voudrais vous confier : courage.

    Ce qui souvent nous empêche de marcher, de grandir, de choisir la voie que le Seigneur trace pour nous, ce sont les fantômes qui s’agitent dans notre cœur. Quand nous sommes appelés à laisser notre rivage de sûreté et à embrasser un état de vie – comme le mariage, le sacerdoce ordonné, la vie consacrée –, la première réaction est souvent représentée par le « fantôme de l’incrédulité » : ce n’est pas possible que cette vocation soit pour moi ; s’agit-il vraiment du juste chemin ? le Seigneur me demande-t-il vraiment cela ?

    Et, peu à peu, croissent en nous toutes ces considérations, ces justifications et ces calculs qui nous font perdre l’élan, qui nous troublent et nous paralysent sur le rivage de départ : nous pensons avoir fait fausse route, ne pas être à la hauteur, avoir simplement vu un fantôme à chasser.

    Le Seigneur sait qu’un choix fondamental de vie – comme celui de se marier ou de se consacrer de façon spéciale à son service – nécessite du courage. Il connaît les interrogations, les doutes et les difficultés qui agitent la barque de notre cœur, et c’est pourquoi il nous rassure : « N’aie pas peur, je suis avec toi ! ». La foi en sa présence, qui vient à notre rencontre et nous accompagne, même quand la mer est en tempête, nous libère de cette acédie que j’ai déjà eu l’occasion de définir comme une « douce tristesse », c’est-à-dire ce découragement intérieur qui nous bloque et ne nous permet pas de goûter la beauté de la vocation.

    Dans la lettre aux prêtres, j’ai parlé aussi de la souffrance, mais ici je voudrais traduire autrement ce mot et me référer à la fatigue. Toute vocation comporte un engagement. Le Seigneur nous appelle parce qu’il veut nous rendre comme Pierre, capables de « marcher sur les eaux », c’est-à-dire de prendre en main notre vie pour la mettre au service de l’Evangile, dans les modes concrets et quotidiens qu’il nous indique, et spécialement dans les diverses formes de vocation laïque, presbytérale et de vie consacrée. Mais nous ressemblons à l’Apôtre : nous avons le désir et l’élan, cependant, au même moment, nous sommes marqués par des faiblesses et des craintes.

    Si nous nous laissons emporter par la pensée des responsabilités qui nous attendent – dans la vie matrimoniale ou dans le ministère sacerdotal – ou par les épreuves qui se présenteront, alors nous détournerons vite notre regard de Jésus et, comme Pierre, nous risquerons de couler. Au contraire, même dans nos fragilités et nos pauvretés, la foi nous permet de marcher à la rencontre du Seigneur Ressuscité et de vaincre même les tempêtes. En effet, il nous tend la main quand, par fatigue ou par peur, nous risquons de couler, et il nous donne l’élan nécessaire pour vivre notre vocation avec joie et enthousiasme.

    Enfin, quand Jésus monte sur la barque, le vent cesse et les vagues s’apaisent. C’est une belle image de ce que le Seigneur opère dans notre vie et dans les tumultes de l’histoire, spécialement quand nous sommes dans la tempête : Il commande aux vents contraires de se calmer, et les forces du mal, de la peur, de la résignation n’ont plus pouvoir sur nous.

    Dans la vocation spécifique que nous sommes appelés à vivre, ces vents peuvent nous épuiser. Je pense à ceux qui assument d’importantes charges dans la société civile, aux époux que, non pas par hasard, j’aime définir comme « les courageux », et spécialement à ceux qui embrassent la vie consacrée et le sacerdoce. Je connais votre fatigue, les solitudes qui parfois alourdissent le cœur, le risque de l’habitude qui petit à petit éteint le feu ardent de l’appel, le fardeau de l’incertitude et de la précarité de notre temps, la peur de l’avenir. Courage, n’ayez pas peur ! Jésus est à côté de nous et, si nous le reconnaissons comme l’unique Seigneur de notre vie, il nous tend la main et nous saisit pour nous sauver.

    Et alors, même au milieu des vagues, notre vie s’ouvre à la louange. C’est elle la dernière parole de la vocation, et elle veut être aussi l’invitation à cultiver le comportement intérieur de la sainte Vierge Marie : reconnaissante pour le regard de Dieu qui s’est posé sur elle, confiant dans la foi ses peurs et ses troubles, embrassant avec courage l’appel, elle a fait de sa vie un éternel chant de louange au Seigneur.

    Chers frères et sœurs, spécialement en cette Journée, mais aussi dans l’action pastorale ordinaire de nos communautés, je désire que l’Eglise parcoure ce chemin au service des vocations, en ouvrant des brèches dans le cœur de chaque fidèle, pour que chacun puisse découvrir avec gratitude l’appel que Dieu lui adresse, trouver le courage de dire « oui », vaincre la fatigue dans la foi au Christ et, enfin, offrir sa vie comme un cantique de louange pour Dieu, pour les frères et pour le monde entier. Que la Vierge Marie nous accompagne et intercède pour nous.François

  • Edito du 3ème dimanche de Pâques, 26 avril 2020

    « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ;

    nous tous, nous en sommes témoins. »

    En relisant toutes les apparitions de Jésus à ses disciples tout au long de ces dimanches du temps pascal, il nous est certainement arrivé de nous dire qu’ils avaient vraiment plus de chance que nous : Pourquoi ces apparitions seulement à ces quelques témoins privilégiés ? Et finalement pour eux c’était facile de croire, mais pour nous aujourd’hui ?

    Pourtant, en reprenant chacun des récits d’apparitions tels que ces témoins nous les ont transmis nous sommes obligés de constater que, pour eux aussi, la présence du ressuscité n’a pas été si évidente : c’est Thomas, dimanche dernier, à qui était adressé cette dernière Béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Ce sont les deux disciples d’Emmaüs, aujourd’hui qui sont incapables de reconnaître Jésus quand il marche à leur côté, et qui ne peuvent plus le voir quand leurs yeux se sont ouverts.

    Ce chemin d’Emmaüs qu’il nous est proposé de faire avec eux ce dimanche nous éclaire sur les signes qui sont donnés pour le reconnaître à notre tour.

    “Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. “ Ces signes, ils ne sont pas à rechercher dans le ciel ou dans autre monde hypothétique, ou encore dans un super-homme providentiel ! Ils se découvrent en étant attentifs à ces compagnons que Dieu a mis sur la route de notre vie, quelqu’un qui, comme pour les disciples, vient partager nos peines, un échange entre amis qui vient réveiller dans les cœurs blessés l’espérance d’un amour plus fort que la mort.

    “Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. “ L’Ecriture est là aussi, sur notre route, pour éclairer les événements de notre vie à la lumière de la Parole de Dieu. Elle nous permet d’entrer dans le mystère du dessein de Dieu, sur nous et sur le monde, et de prendre conscience que notre vie à un sens, même quand l’épreuve nous touche comme en ce moment ; car même là nous pouvons y entendre un appel à aimer mieux.

    “Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. “ Sur notre route ces signes vitaux que Jésus a voulu nous laisser qu’on appelle les “sacrements“. Ces sacrements qui nous manquent tant en ce moment ! Peut-être pour en retrouver toute la saveur après ? Car, à travers ce geste symbolique de la fraction du pain, les yeux des disciples s’ouvrent et ils prennent pleinement conscience qu’ils ne sont pas seuls, que le ressuscité accompagne leur vie ; et cette certitude de foi les remplit d’une profonde joie spirituelle. Une joie qu’ils ne peuvent garder pour eux seuls et qui va les pousser à reprendre la route, autrement, pour l’annoncer aux autres.

    A un moment où nous éprouvons tous le manque de ne pouvoir toucher ou étreindre ceux que nous aimons, nous comprenons sans doute mieux ce qu’ont ressenti les disciples alors qu’ils découvrent qu’ils ne peuvent plus reconnaître leur Seigneur qu’à travers les signes qu’il met dans nos vies. Seule la foi peut nous faire dépasser l’obscurité de l’absence divine pour nous établir dans cette présence mystérieuse qui est notre force. Demandons à l’Esprit saint que, comme pour les disciples d’Emmaüs, notre foi ouvre nos yeux aux signes de sa présence.

    Père Luc de Saint-Basile