Auteur/autrice : ParoisseNDB

  • Édito du dimanche de Pâques, 17 avril 2022

    Le temps du renouveau

    Le temps pascal est le temps de notre renouvellement dans le Christ. « Dépouillez-vous du vieil homme ; revêtez l’homme nouveau » (Eph 4, 22) 

    La liturgie pascale est marquée par la nouveauté. La solennité de Pâques coïncide avec le réveil du printemps ; nouveaux sont le feu et l’eau et nouveaux sont les cœurs des chrétiens, renouvelés par le sacrement de pénitence et par les sacrements de l’initiation chrétienne pour les catéchumènes. Tous ces éléments et ces signes évoquent et transmettent la vie nouvelle inaugurée par le Christ dans sa résurrection.

    Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ; alléluia ! il est vivant !  C’est le cri de la foi en Jésus mort et ressuscité que les chrétiens célèbrent à Pâques avec tant de ferveur et d’espérance. Le monde d’aujourd’hui a besoin de cette belle annonce qui traverse les siècles depuis le matin de Pâques, où Jésus est sorti vainqueur du tombeau. Nous avons tant de raisons en nous et autour pour nous lamenter, à cause des forces de mort qui poursuivent leur œuvre dans le monde et à l’intérieur de l’Eglise. Mais depuis que Jésus est mort et ressuscité pour nous, ce n’est plus la mort qui a le dernier mot, car « la mort a été engloutie dans la Victoire » (1 Co 15,54), nous dit saint Paul, et il poursuit par ailleurs : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3, 1-3).

    Que cette fête de Pâques 2022 nous confirme dans l’Espérance que le Vivant continue de nous rejoindre dans notre existence. Saintes et joyeuses fêtes de Pâques à toutes et à tous !

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du dimanche des Rameaux, dimanche 10 avril 2022

    L’entrée dans la semaine sainte

    Avec le dimanche des Rameaux commence la « semaine sainte ». Elle est appelée ainsi car elle recouvre le triduum pascal : jeudi, vendredi et samedi ; trois jours où nous faisons mémoire du dernier repas (la cène) de Jésus, de sa passion et sa mort sur la croix, de sa mise au tombeau. Le triduum pascal précède la célébration de la résurrection.

     La mémoire de la Cène du Seigneur commence le jeudi à la tombée du jour. Tous les prêtres concélèbrent ce jour, en signe du moment où le Christ rassembla ses apôtres pour le repas de la première eucharistie. Dans l’Évangile de Jean, il est fait mention du lavement des pieds à la place du récit du dernier repas ; ce rite se trouve mêlé à celui rappelant l’institution de l’eucharistie pour exprimer déjà le don que fait le Seigneur de sa vie et qui se concrétise dans le sacrifice de la croix.

     Normalement le jeudi saint est aussi le jour du renouvellement des promesses sacerdotales et de la bénédiction des trois huiles : huile pour les catéchumènes, huile pour les malades, huile pour les sacrements du baptême, de la confirmation et pour les ordinations. Pour ne pas surcharger ce jeudi, la messe chrismale est célébrée entre le dimanche des Rameaux et le Jeudi Saint, à Paris le mercredi en fin d’après-midi.

    Le vendredi saint, nous vénérons la croix de Jésus, en écoutant les récits rappelant sa passion. Dans la célébration, une grande prière universelle trouve sa place, profondément remaniée dans l’esprit du Concile  Vatican II : on y entend une prière pour le peuple de la Première Alliance et pour les Musulmans. Le chemin de  croix est une pratique habituelle qui y trouve aussi sa place.

     Le samedi saint honore le repos du Christ dans son tombeau. C’est le grand silence ; il n’y a de célébration que les offices de prières habituelles du bréviaire. Les prières de ce jour nous orientent vers l’action du Christ descendant aux Enfers.

    Primitivement la vigile pascale commençait assez tard pour s’achever au petit matin, au moment du soleil levant, avec la messe au matin. L’habitude de prolonger la mémoire des événements de Pâques conduisit à célébrer une autre messe dans la matinée, malgré la fatigue de la nuit.

    Le dimanche de Pâques ouvre l’octave pascale, consacrée à une catéchèse sur les mystères de la nuit de Pâques (baptême, chrismation, eucharistie), particulièrement pour les nouveaux baptisés mais tout autant pour l’ensemble des chrétiens.

    Ce que nous vivons à Noël : nuit de Noël et messe du jour de Noël sont à l’exacte imitation de la vigile pascale et du matin de Pâques. Le mystère Pascal est au centre de notre foi et Noël nous y prépare. Par le baptême, le candidat entre dans la mort et la résurrection de Jésus Christ, reçoit l’Esprit qui l’animait et est rendu capable d’annoncer la nouvelle de la venue du Règne de Dieu.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 5ème dimanche de Carême, 3 avril 2022

    Se laisser bousculer

    Jésus, dans l’Évangile de ce dimanche, rencontre des pharisiens qui lui tendent un piège dont le prétexte est une femme accusée d’adultère. Si Jésus lui pardonne il se met en tort par rapport à la loi. S’il approuve sa lapidation c’est sa crédibilité qui sera mise en cause. « Que celui qui n’a pas péché, dit alors Jésus, lui jette la première pierre ». Et les pharisiens de partir les uns après les autres. La confrontation s’arrête là.

    L’attitude de Jésus à l’égard des religieux de son temps est aussi un avertissement pour l’Église qui naîtra du message de Jésus. Elle doit elle aussi vérifier sans cesse qu’elle ne suit pas l’exemple de ces pharisiens ou de cette femme par des attitudes loin de la vérité et exemptes de miséricorde. Elle doit, comme chacun, selon l’expression de Mgr François Gonon, en visite à Notre Dame de la Nativité « se laisser bousculer par le Christ ». Déjà François d’Assise, en son temps, avait fait le voyage de Rome pour inviter le Pape de l’époque à corriger bien des choses dans la vie de l’Eglise. De nos jours c’est le Pape François lui-même qui invite toute l’Eglise à vivre des conversions à travers une démarche synodale où tous sont concernés et en tout. 

    A chacun de s’interroger et en particulier les couples qui n’oublieront pas ce conseil du père Sonet : « Quand c’est possible un dialogue chaque jour pour se redire son amour et les faits de la journée, un dialogue chaque mois pour faire le point de son amour, un dialogue chaque année au cours du voyage de noce annuel pour décider des grands choix du couple ».

    Bienvenue donc à Mg Gonon qui se réjouit dans le journal diocésain de se mettre au service des curés, des prêtres, des laïcs des différentes paroisses qui lui sont confiées : « C’est une mission, dit-il, de service, de confiance et d’encouragement, avec toujours ce souci de la communion, à l’image de cet amour incroyable du Christ Bon Pasteur qui se rend proche de tous ».

    Père Édouard Bois

  • Édito du 4ème dimanche de Carême

      Il fait bon accueil aux pécheurs

    Jésus fait « bon accueil aux pécheurs, il mange avec eux ». Pourquoi le Christ agit-il ainsi ? Est-ce pour signifier que le péché n’a pas d’importance pour lui ? Est-ce pour montrer qu’il est indifférent à ses yeux d’être juste ou pécheur ? Non, évidemment. Et la longue préparation du peuple élu dans l’Ancien Testament permet de comprendre à quel point le Seigneur a en horreur le péché parce qu’il abîme son image en nous et contrarie le dessein de vraie joie qu’il a pour nous.

    Ce que le Christ nous apprend aujourd’hui, c’est à quel point notre conversion est précieuse à ses yeux et source de joie pour son cœur. « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ». (Lc 15,7) Cette joie de Dieu est manifestée dans l’Évangile de ce dimanche par l’attitude du père qui fait tuer le veau gras et festoie. Il faut bien se réjouir, car le fils « était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé ». En constatant notre conversion, Dieu ne voit plus en nous un ancien pécheur, mais un enfant qui revient à la maison.

    Le péché, non seulement nous éloigne de Dieu, mais de manière plus grave, nous fait croire que nous ne sommes plus dignes de l’amour de Dieu. C’est l’expérience de l’enfant prodigue. Il s’est éloigné de son père, et l’expérience de sa misère – quoi de plus misérable pour un juif que de garder des porcs, animal impur – l’amène au constat qu’il n’est plus digne d’être appelé fils. Mais si le fils pense ainsi, le père lui, n’a jamais cessé de voir dans cet enfant prodigue son fils bien aimé de toujours.

    La conversion, qui passe par l’acceptation de notre péché, nous permet d’expérimenter à nouveau frais l’amour sans condition de Dieu qui nous rétablit dans notre dignité filiale. Ce qui est abîmé par notre péché, Dieu en fait l’objet de sa miséricorde. Aller manger à la table des pécheurs, ce n’est pas pour le Christ les conforter dans leur péché, mais les appeler de manière pressante à la conversion. Car dans le pécheur, Jésus ne voit pas l’homme perdu, mais il voit le converti potentiel. Sous l’angle de la miséricorde, le péché peut nous remettre en route vers le Père.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 3ème dimanche de Carême, 20 mars 2022

    Si vous ne vous convertissez pas…

    Après le massacre des Galiléens par Pilate et l’effondrement d’une tour qui fit beaucoup de morts, on vient interroger Jésus sur ces drames gravés dans la mémoire collective. Ces victimes devaient être de grands pécheurs croit-on !  

    Ce raisonnement se retrouve tout au long de la Bible. Si Job a bien des ennuis c’est qu’il a dû faire du mal, pensent ses amis. Les proches de l’aveugle de naissance aussi, dans l’Évangile de saint Jean, s’interrogent. Est-ce lui ou ses parents qui ont péché ?  

    C’est Dieu qui t’a puni ! Entend-on dire parfois autour de nous.

    La réponse de Jésus mérite donc toute notre attention. Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres pour avoir subi un tel sort ? Pas du tout ! Et les personnes tuées par la tour de Siloé sont-elles plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Pas du tout ! Mais si vous vous ne vous convertissez pas, ajoute Jésus, vous périrez tous de même. Tout le monde est concerné par le péché et ses conséquences. Pas quelques-uns seulement. Pas seulement les autres !

    Et Jésus d’illustrer son propos avec la parabole du figuier stérile qui ne donne aucun fruit. Le maitre de la vigne, comprenons Dieu, est fort tenté de la couper. Le vigneron, en qui nous reconnaissons Jésus, obtient du Maitre de patienter. Il s’engage à tout faire pour qu’elle en donne. Jésus, de manière imagée, plaide ainsi la cause de l’humanité et s’engage corps et âme pour qu’elle vive. Il dit cette parabole alors qu’il est sur la route de son destin pascal à Jérusalem.

    Le silence de Dieu, bien mystérieux parfois devant les drames de ce monde ne veut pas dire, pour autant, qu’il soit aux abonnés absents et même s’il était tenté de couper le figuier, l’attitude de Jésus le dissuadera de le faire en travaillant à ce qu’il ait des racines plus profondes.

    « Oui j’ai vu la misère de mon peuple » dit Dieu à Moïse.   

    L’appel à se convertir étendu sur chacune de nos vies le Mercredi des Cendres nous est renouvelé ce dimanche. A tous. Cette démarche concerne aussi les futurs baptisés invités à une transformation profonde pour vivre dans la lumière du Christ. Déjà, pour cela, la communauté paroissiale, à la messe de 11h, ce dimanche, les entourera de sa prière fervente et fraternelle. 

    Père Édouard Bois

  • Édito du 2ème dimanche de Carême, 13 mars 2022

    « C’est ta face Seigneur que je cherche »

    Après les 40 jours dans le désert où Jésus fut tenté, nous voici avec le dimanche de la Transfiguration. Nous sommes invités à méditer sur nos peurs face à notre foi.

    C’est sur la montagne et dans la prière que nous trouvons l’intimité avec Dieu. C’est par une lumière intense que Dieu va se manifester. Cette lumière peut nous faire peur à l’image des apôtres et même parfois nous pouvons être découragés, particulièrement à la lecture de l’actualité.

     Cependant nous devons garder confiance.

    Sommes-nous prêts à entendre Dieu nous dire : « Celui-ci est mon Fils que j’ai choisi, écoutez-le » ?

    Oui chers frères et sœurs, le temps du Carême est un temps particulier pour accueillir Dieu. La transfiguration met à l’épreuve notre foi. Pour cette quête du mystère de Dieu, nous avons besoin d’aller à l’écart, nous avons besoin de silence pour nous retrouver et tenter d’entendre notre Seigneur : nous serons tous transfigurés dans la gloire de Dieu. Le Seigneur transformera notre propre corps pour la fin des temps mais aussi le corps de de toute l’Eglise.

    Le temps du Carême est ce temps offert par l’Eglise pour nous retrouver et préparer notre montée vers Pâques.

    Cette semaine, dans notre livret de Carême vendredi, nous avons médité à l’image de St François qui a écouté la voix de Dieu ; l’espérance est une audace qu’il faut entretenir.

    Demandons-nous qui est vraiment Dieu pour nous ?

    Si Jésus est pour nous Fils de Dieu, ressuscité et glorieux, notre existence change nécessairement. La joie nous envahit car nous sommes aimés et sauvés.

    A notre baptême, nous avons revêtu le Christ symbolisé par le vêtement blanc qui rappelle la transfiguration, nous avons reçu la foi. C’est à nous maintenant de la faire grandir et de l’approfondir.

    Les évènements que nous vivons actuellement peuvent favoriser notre assèchement spirituel ; alors écoutons la voix du Seigneur au fond de nos cœurs, plutôt que la simplicité de la tentation.

    Le Malin est à l’œuvre et nous devons lutter avec nos prières, garder espoir et chercher la face du Seigneur sans relâche.

    Dans cette période de Carême, profitons des difficultés que nous vivons pour observer, être plus attentifs et trouver dans nos vies ces petits signes d’espoir, ces petits signes de l’amour de Dieu qui signifient sa présence au milieu de nous.

    Oui chers frères et sœurs dans le Christ, profitons de ce temps qui nous est proposé pour être plus à l’écoute du Seigneur, être plus unis à Lui, prenons le temps d’accueillir ce don de Dieu par la prière et retrouvons ce lien qui nous unit avec Lui pour l’éternité.

    Avec les catéchumènes cheminant vers le baptême, profitons de ce temps pour redécouvrir le sens de notre foi.

    François Lalau, diacre

  • Édito du 1er dimanche de Carême, 6 mars 2022

                         LE CARÊME, TEMPS FAVORABLE DE RENOUVEAU

    Dans l’Église latine, le Carême va du Mercredi des Cendres au Jeudi Saint. “Quarante” est à l’origine de “Carême” : temps symbolique pour accueillir Dieu qui veut renouer son alliance avec nous.

    Le Carême est un temps de pénitence. Mais faire pénitence n’est pas d’abord s’imposer des épreuves, se faire souffrir, amputer ses forces vives : notre Dieu aime la vie et nous veut vivants. Il s’agit moins de se retourner vers soi que de regarder vers ce Dieu qui vient à nous, frappe à notre porte, propose son amour. Faire pénitence c’est peut-être “se frapper le cœur” pour l’ouvrir à l’amour qu’on a méconnu, pour demander pardon à Dieu et le laisser entrer, pour ainsi désensabler les sources de la prière – “tu étais là, et je ne le savais pas”. C’est donc aussi laisser entrer le prochain par qui concrètement Dieu vient à nous : le jeûne et le partage prennent ici leur sens. Il ne s’agit pas des olympiades de mortification, mais de distinguer l’essentiel de l’accessoire, de faire l’expérience d’une sobriété en vue d’une distribution plus équitable des biens ; d’accueillir la promesse réalisée : “voici que je fais toutes choses nouvelles”.

    C’est aussi un temps privilégié de marche pour les catéchumènes, un temps fort pour les adultes qui recevront Baptême, Confirmation et Eucharistie à Pâques. Au début du Carême ( c’était hier à Saint Sulpice), l’évêque accueille les catéchumènes et les appelle officiellement à se mettre en chemin ; des célébrations en marquent les différentes étapes. Le futur baptisé se détermine à faire le choix de Dieu que le Christ nous fait connaître. C’est ce que souligne la liturgie, et ce à quoi elle nous aide : le signe des Cendres ;  le jeûne et la prière, la rencontre “au secret” avec Dieu ; la méditation de la Parole ; le sacrement de son pardon offert, l’ouverture du cœur à nos frères humains.

    C’est ainsi que le Carême prépare les chrétiens à célébrer le “Triduum Pascal” (Jeudi et Vendredi Saints, Nuit de Pâques), où est célébrée notre libération. La Passion du Christ, sa descente aux enfers d’où il nous ramène tous jusqu’au dernier, sa Résurrection et son Esprit répandu sur toute chair nous disent que la mort est vaincue, que le mal n’a pas le dernier mot.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 7ème dimanche du temps ordinaire, 20 février 2022

    Des invitations percutantes

    Les textes liturgiques de ce dimanche, offrent à notre méditation des images qui disent de présenter l’autre joue ou de donner son manteau et d’aimer ses ennemis… Ce sont là des invitations, pour ma part, percutantes et dérangeantes. Cette série de recommandations semble cependant s’appuyer sur une règle d’or que Jésus reprend à son compte, qui se trouvait déjà dans l’Ancien Testament (Tobie 4, 15) et dans les cultures profanes comme celle des Grecs. Elle s’énonce comme ceci. « Tu ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent ».

    A cette formulation traditionnelle, Jésus ajoute quelque chose ; il conseille d’être proactif et d’agir en conséquence : « Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux ». Jésus propose ainsi une règle de vie dynamique et active. Il ne s’agit plus seulement de trouver la bonne attitude, mais il s’agit de la vivre concrètement et de la répandre autour de soi. Voilà une règle de vie qu’on a appelée à juste titre une règle d’or. Si tout le monde la mettait en pratique, les relations seraient complètement transformées entre les personnes.

    Mais malgré sa beauté, cette règle reste un idéal jamais atteint. Et Jésus va plus loin encore quand il présente les images du soufflet sur la joue ou de la tunique ainsi que l’amour des ennemis. Est-ce qu’on laisse tomber ces invitations comme des figures de style qui ne sont que des images ? Ou est-ce que ces invitations ont pour Jésus un sens lié à sa mission et, si oui, alors comment les mettre en pratique ?

     S’en remettre purement et simplement aux figures de styles serait, je pense, priver les invitations de Jésus de leur radicalité et de leur nouveauté. En effet, avec les invitations en cause, Jésus veut sortir ses disciples de la dynamique des relations communes et les inviter à se situer sur un autre registre dans leurs relations humaines comme il le fait lui-même lorsqu’il privilégie les pauvres, les personnes méprisées et les petits etc. Ainsi le disciple de Jésus n’abandonnera jamais personne. Il sera prêt à aller au-delà de ce qui est requis et même de ce qui est juste et normal, car il sait que Dieu est présent dans ceux et celles qu’il rencontre. Ainsi l’ennemi ne peut être mis de côté ni le persécuteur. Le disciple est invité à aller plus loin que la réponse habituelle: voilà l’idéal chrétien, le code du chrétien.

      Nous pouvons demander à Dieu de purifier notre regard et de le transformer par sa grâce. Nous avons besoin de cette action de Dieu car sans lui nous ne pouvons arriver à vivre l’idéal du Royaume de Dieu, ni même à nous en approcher car nous sommes toujours de pauvres pécheurs.

    Père Anatole Dédégbé

  • Édito du 6ème dimanche du temps ordinaire, 13 février 2022

    Confiance. N’ayez pas peur !

    Ce dimanche est traditionnellement, dans l’Église, le dimanche de la santé et des malades. C’est l’opportunité pour les chrétiens de prier pour eux et de se rappeler que penser à une visite et la faire ce n’est pas rien. Occasion aussi pour les malades de se souvenir qu’il existe un sacrement pour cette situation de la vie. Nous n’en sommes plus aujourd’hui à une compréhension de ce sacrement qui a pu prévaloir à une époque et qui faisait peur à tout le monde puisque on le recevait uniquement, une fois, à l’article de la mort. Le recevoir, soi-même ou un proche, n’était pas bon signe ! La fin n’était plus très loin. L’approfondissement théologique et spirituel de ce sacrement a permis d’en souligner l’importance et l’opportunité de le recevoir plusieurs fois dans bien d’autres situations de faiblesse que celle du dernier souffle mais bien sûr un peu plus qu’un rhume quand même !

    Ce sacrement nous invite à une juste compréhension de notre rapport à notre corps et à sa finitude, Il est aussi le rappel de la dignité de tout être que le débat sur les EPHAD vient opportunément de nous rappeler.  

    Sans oublier que ce sacrement renforce notre lien confiant au Christ comme d’autres sacrements comme le Baptême, l’Eucharistie ou la Pénitence. L’Onction des malades invite les chrétiens, mis au pied du mur de l’épreuve, à préciser ce qu’ils disent et croient lorsqu’ils affirment que nous sommes sauvés et que le salut vient de Dieu qui envoie son Fils nous donner la vie et nous libérer du péché.

    Ne perdons donc pas de vue que ceux ou celles qui reçoivent ce sacrement de l’onction des malades comme ce dimanche, sont pour la communauté qui les entoure un témoignage de foi et un appel à être attentif à ceux qui dans notre voisinage auraient besoin d’une visite. Déjà des paroissiens à Notre Dame de la Nativité le sont.  

    Les hasards du calendrier liturgique nous font vivre cette célébration du sacrement des malades avec l’évangile de saint Luc sur les Béatitudes. Heureux êtes-vous nous est-il dit !

    Heureux sommes-nous de prendre l’onction des malades au sérieux et d’entourer fraternellement celles qui vont la recevoir ce dimanche.

    Faisons nôtre cette belle et profonde parole de saint Augustin : « Tu nous as fait pour toi Seigneur, et notre cœur est inquiet tant qu’il ne se  repose en toi ».

    Père Édouard Bois

  • Édito du 5ème dimanche du temps ordinaire, 6 février 2022

    Un Synode pour notre « vivre ensemble » en Eglise

    Le pape François invite l’Église entière à s’interroger sur un thème décisif pour sa vie et sa mission, c’est l’objet du synode ouvert à Rome ce 10 octobre 2021 et qui, passant par différentes phases, prendra fin à la grande assemblée finale des évêques à Rome en octobre 2023.

    Vivre un synode en Église, c’est “marcher ensemble, discerner ensemble, prier ensemble”.

    Et l’objectif de ce synode ? Une Église plus synodale ! Une Église qui favorise communion, participation, mission en se mettant à l’écoute de l’Esprit de Dieu et en avançant ensemble sur les chemins :

    « Chacun à l’écoute des autres ; et tous à l’écoute de l’Esprit-Saint ».

    Le mot synode vient du grec synodos et désigne « assemblée, rencontre », chemin sur lequel le peuple de Dieu marche ensemble. Le synode, c’est un mode de consultation qui permet au Pape – ou à un évêque au niveau diocésain – de prendre des décisions, de donner des orientations. C’est un processus de discernement qui est fondé sur une écoute commune de l’Esprit Saint.

    Pour guider cette consultation, une interrogation fondamentale est formulée et nous est proposée ?

    Comment ce « cheminement ensemble »se passe-t-il aujourd’hui dans notre Eglise locale ?

    Quels pas l’Esprit nous invite-t-il à accomplir pour grandir dans notre cheminement commun ?

    Un questionnaire plus détaillé du pape accompagne cette interrogation fondamentale pour faciliter une plus libre circulation de la parole. 

    J’invite chaque groupe constitué sur la paroisse à consacrer leur réunion de ce mois de février à apporter quelques réponses pour une mise en commun paroissiale le samedi 12 mars à 16h. Je propose une rencontre à ceux et celles qui ne font pas partie d’un groupe constitué le samedi 19 février à 14h30 autour d’un thé dans notre salle paroissiale.

    Voici un synode qui donne la parole à tous les fidèles du Christ. C’est vraiment une opportunité à saisir. A tous, je souhaite une bonne « marche ensemble » en Église.

    Père Anatole Dédégbé