Auteur/autrice : ParoisseNDB

  • Edito du 2 septembre 2018, 22ème dimanche du temps ordinaire

    “Hypocrites “

     

    C’est avec ce mot particulièrement dur dans la bouche de Jésus à l’adresse des scribes et des pharisiens que nous commençons une nouvelle année scolaire.

     

    Ce terme d’“hypocrite“ a pris une connotation très péjorative aujourd’hui, en désignant quelqu’un qui cache volontairement des desseins malveillants derrière un visage avenant.

    En fait, l’étymologie du mot grec “ upokritaï “, désignait dans l’antiquité des gens qui portaient un masque, comme les comédiens de théâtre. L’important n’est pas tant ce qu’ils sont en réalité, mais ce qu’ils vont laisser paraitre, la façon dont ils seront perçus par les autres. C’est pour cela que Jésus, en reprenant ensuite cette discussion avec la foule, va faire cette distinction entre l’intérieur, le cœur, là où se situe la vraie personnalité de chacun, le lieu véritable de la rencontre avec Dieu, et l’extérieur qui n’est qu’apparence.

     

    St Jacques dont nous débutons la lecture aujourd’hui nous dira, dans l’esprit de Jésus, que la manière “pure et irréprochable“ de pratiquer la religion c’est de mettre la parole de Dieu en application dans le plus quotidien de la vie : « Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Devant Dieu notre Père, un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et de se garder sans tache au milieu du monde. »

    Ainsi, nous ne pouvons pas prétendre honorer Dieu en respectant les préceptes de la religion chrétienne, si nous ne sommes pas sensibles à la détresse de notre prochain.

     

    A une époque où le “paraître“, ce personnage fictif que nous nous construisons parfois, prime sur la personnalité cachée de chacun, entendons ces paroles sévères de Jésus comme une invitation à ne pas céder à cette tentation, même s’il faut parfois en payer le prix dans des milieux ou le “faire savoir“ prime sur le “savoir être“.

     

    Et que surtout, dans notre manière de vivre notre foi chrétienne, nous ne soyons jamais « ce peuple qui m’honore des lèvres, mais dont le cœur est loin de moi » (Is 29,13).

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito des vacances, juillet et août 2018

    REPOSE-NOUS

     

    Notre Dieu, nous te demandons de laisser le repos venir à notre cœur, à notre pensée et à notre corps afin que nous puissions faire halte et nous démettre de ce qui tourbillonne, se bouscule et s’encrasse en nous. Tu le sais : malgré les apparences que nous nous donnons d’être calmes et organisés, détachés et concentrés, en réalité, nous ne faisons pas trêve avec nous-mêmes. Nous remplissons notre temps comme une armoire comble. Nous entassons nos années comme un amoncellement de tâches et de retards. Nous bourrons nos vies, sans nous laisser d’espace pour les vivre. Nous allons de travaux en divertissements, et nous ignorons le repos.

     

    O Dieu, repose-nous, toi qui as pris le septième jour pour regarder, apprécier et chômer de ta propre fatigue. Repose-nous, toi qui commandes de faire relâche en mémoire de notre liberté, toujours réelle, en présence de notre communion, toujours possible, en attente de l’achèvement de ton royaume, toujours annoncé.

     

    Fais que nos repos ne nous effraient pas, nous qui savons mal user de la liberté du temps. Fais que nos repos ne nous dissolvent pas, nous qui savons mal vivre le silence et le calme, le retrait et la retraite. Car nous voudrions que le repos cesse d’être pour nous une hygiène et un devoir, une obligation et une résignation, pour advenir en nous tel le soleil qui s’attarde au soir, telle la nuit qui ensevelit les insuffisances, tel le sommeil qui éveille les songes, telle l’aurore aussi, qui nous retrouve dispos.

     

    Repose nos cœurs, ces chevaux, que tirent à hue et à dia nos passions.

    Repose nos esprits, ces antichambres, où se pressent les solliciteurs.

    Repose nos corps, ces maisons, où la poussière se dépose.

    Repose-nous, toi qui as disposé les rythmes du monde, le jour et la nuit, l’hiver et l’été, l’allant et le silence, la parole et le sacrement, la bouche et la douceur de la main, l’oreille et l’effleurement du geste, l’animation et l’apaisement de l’amen.

    Nous te demandons le repos de nos vies, à toi qui es le Dieu de la Parole vivante, mais aussi de la paix accomplie. Amen.

     

    Pasteur André DUMAS

  • Edito du 13ème dimanche du temps ordinaire, 1er juillet 2018

    Au service de la vie

     

    Ce dimanche l’évangéliste saint Marc nous conte, avec talent, l’histoire d’une double guérison. Celle d’une jeune fille dont le père est chef de la synagogue locale et celle d’une femme atteinte de pertes de sang et que les médecins de l’époque semblent impuissants à guérir.

     

    Et l’évangéliste de préciser que trois apôtres accompagnent Jésus dans la maison où il se rend à la demande pressante du père de la jeune fille en grand danger de mort.

    Pierre, Jacques et Jean sont ces trois-là.

    Ce n’est pas la première fois qu’on les retrouve ainsi aux côtés de Jésus.

    Ils l’accompagnent sur la montagne de la Transfiguration.

    lls ne seront pas loin au moment de la Passion.

    Jésus associe de près à sa mission ceux qui, un peu plus tard, seront la cheville ouvrière de la diffusion de son message et de la fondation de l’Eglise où ils joueront un rôle décisif.

     

    Jésus, aujourd’hui, continue à associer des disciples à sa mission sous diverses formes et particulièrement par le ministère des prêtres à la suite des apôtres.

    7 jeunes hommes ont été ordonnés prêtres ce samedi à Notre-Dame de Paris par le nouvel archevêque, Mgr Aupetit.

    Souhaitons-leur d’être prêtres à la manière des apôtres que Jésus invite à être profondément attentifs à l’humain comme il l’a été lui-même.

    Nous le voyons ici en effet bouleversé par le drame de cette famille et touché par la maladie de cette femme.

     

    Mais Jésus n’est pas un simple thérapeute terrestre. Dans la rencontre de ce père de famille et de cette femme en grande détresse, Jésus se révèle comme celui qui vient sauver et qui vient nous apprendre ce que cela veut dire être sauvé.

    « Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive » dit Jaïre le chef de la Synagogue locale. Il ne dit pas seulement « Viens pour qu’elle soit guérie ! »

    Jésus n’est pas seulement un médecin, un thaumaturge, voir un magicien tel que les foules l’imaginent. Il n’est pas non plus seulement un maître à ne pas déranger avec nos petits et grands problèmes de santé.

    Il ne vient pas seulement guérir mais sauver. Réveiller, faire se lever, cela veut dire en langage biblique ressusciter, donner vie.

    Le salut qu’apporte Jésus nécessite de la confiance. Il en faut à Jaïre, personnalité en vue, chef de la synagogue, pour venir, dans sa situation, s’agenouiller devant Jésus. Il en faut aussi à cette femme pour venir le toucher au milieu de la foule.

     

    Ce salut s’inscrit aussi dans une relation profonde : Jésus regarde, dévisage la femme, demande qui l’a touché et prend la main de la fillette.

    Ce salut est enfin invitation à vivre pour les autres et à être attentif à notre vie ordinaire. « Donnez-lui à manger ! » dit Jésus en conclusion.

    Etre des sauvés nous confère une responsabilité. Pas seulement à Pierre, Jacques et Jean et à leurs descendants mais à tous les baptisés.

    Chacun à sa manière.

     

    P. Edouard Bois

  • Edito de la Solennité de la nativité de saint Jean-Baptiste , 24 juin 2018

    « J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé… « ( Isaïe 49)

     

    Tout au cours de l’histoire, des hommes et des femmes se sont levés, répondant à un appel mystérieux, pour être parole-de-Dieu vivante, bousculer la routine du quotidien, ouvrir l’avenir en redonnant goût aux désirs, rappeler le projet de Dieu sur notre humanité. Ce sont ceux qu’on appelle dans la Bible les prophètes : Isaïe dont nous lisons aujourd’hui la vocation, Jean Baptiste dont nous célébrons la nativité ce dimanche.

     

    Le prophète n’est pas un devin ni un utopiste ; bien au contraire, enraciné dans son époque, et nourri par la méditation de la promesse de Dieu dans l’Ecriture, il réconcilie présent et avenir. Il donne des mains à notre imagination, forge les outils de nos espérances, il nous invite à affronter jour après jour ce qui fait obstacle au projet de Dieu sur chacun, ce vieil homme qui sommeille en nous et qui nous fait sans cesse nous recroqueviller sur le passé.

     

    Comme le sculpteur imagine déjà la statue qu’il va faire (ce qui ne l’empêche pas pour autant de prendre le burin), comme le navigateur imagine déjà la côte invisible (ce qui ne l’empêche pas de tenir bon la barre), le prophète nous invite à nous projeter en avant. Surgiront des vents contraires, apparaîtront des nœuds dans le bois de la statue, viendront des chamboulements dans la vie, la voix du prophète, à la différence des décisions inflexibles et intransigeantes, n’en sera que fortifiée.

    Bien sûr, leur vie n’est pas facile : « Et moi, je me disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. »

    Et pourtant une certitude les fait continuer et tenir bon : « Oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. »

     

    Chacun de nous porte en lui un appel, une vocation particulière.

    Avec tous ceux qui ont reconnu et tenté de répondre à cet appel dans leur vie nous rendons grâce en cette fin d’année scolaire :

    Ces enfants, jeunes, ou adultes qui ont décidé de se lancer dans la grande aventure de la foi en demandant le baptême.

    Ceux de notre communauté paroissiale qui ont accepté de répondre à tel ou tel appel pour donner de leur temps, de leur force pour se mettre ensemble à l’écoute de la parole de Dieu et au service de leurs frères.

    Ces sept hommes qui vont être ordonnés prêtres à Notre Dame ce samedi, ainsi que tous ceux qui le seront dans les diocèses du monde entier.

    Et bien d’autres qui ont été prophètes pour chacun nous…

     

    Saurons-nous, au cours de cet été, faire un peu de place dans nos vies si encombrées, pour laisser à nouveau l’Esprit Saint nous rappeler que, par notre baptême, nous avons, nous aussi, été institués « prophète » comme Jean Baptiste ?

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du 11ème dimanche du temps ordinaire, 17 juin 2018

    « Fais ce que tu aimerais avoir fait

    le jour de ta mort »

     

    Chers frère et sœur dans le Christ, avec cette phrase extraite d’un engagement des aînés scouts, je vous invite ce dimanche à méditer. En effet, je m’imagine à la porte du Ciel et rendre compte au Seigneur de mon parcours terrestre : me retournant pour distinguer ceux que j’aurai entraînés à la suite du Christ durant ma vie, mon bilan ne sera peut-être pas glorieux !

    Et pourtant c’est ce qu’attend notre Seigneur et nous le savons.

    Nous avons reçu une richesse inestimable le jour de notre baptême : le don de l’esprit Saint, c’est un feu intérieur très fort qui ne demande qu’à rayonner dans tout notre être et même au-delà, à l’image simple de cette graine de moutarde insignifiante capable de grandir tel un arbre où même les oiseaux viennent se reposer. Oui, durant notre vie, essayons à notre mesure de faire rayonner le Christ. Ayons confiance, comme les apôtres ont eu confiance, ils sont partis sur les chemins pour répandre la Bonne Nouvelle, sans trop se poser de questions.

    Nous aussi, partons à la suite du Christ, tendons la main vers les autres, soyons à l’écoute et rayonnons du Christ.

    L’avenir est devant nous, chacun dans notre communauté doit avoir sa place et doit pouvoir grandir dans sa Foi suivant ses qualités et sa sensibilité. Durant la période estivale qui arrive, prenons le temps de réfléchir comment nous pourrions aider notre communauté à grandir à l’image de cette petite semence.

    François Lalau, diacre

     

  • Edito du 10ème dimanche du temps ordinaire, 10 juin 2018

    Une affaire de confiance

     

    Curieuse dissension dans la page d’Evangile de ce jour, entre Jésus et ceux qui sont présentés comme « des gens de chez lui » ! Certains de ceux-ci vont jusqu’à affirmer : « Il a perdu la tête ! » Cette scène se situe au chapitre 3 de l’Evangile de Marc. Déjà le Christ a choisi ses apôtres et déjà il a acquis de la notoriété. Une foule nombreuse se presse autour de lui. Il a montré des signes éclatants et provocants : guérison un jour de sabbat, purification d’un lépreux qu’il est allé jusqu’à toucher, pardon des pêchés d’un paralytique, ce qui a été considéré comme un blasphème par ses ennemis qui ont alors protesté : « Dieu seul peut pardonner les pêchés ! » Bref, il a provoqué de nombreuses remises en cause des observances de la loi juive et certains pensent qu’il s’égare…

     

    Mais voici que l’affaire se complique ; ce ne sont pas seulement ces « gens de chez lui » qui montrent leur opposition à Jésus. Des scribes, grands connaisseurs de la loi, passent aussi à l’attaque et affirment : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons ! » Le Christ réagit en deux temps. Premièrement l’ironie : « Si c’est par le chef des démons que j’expulse les démons, alors Satan est divisé contre lui-même et ne peut tenir ! » Deuxième temps, une condamnation très rude : « Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon » Que signifie cette phrase radicale ? Elle souligne que si l’on refuse de reconnaître que c’est bien la puissance de Dieu qui agit par le Christ, en attribuant au démon les œuvres qu’il accomplit, alors il n’y a plus de place pour recevoir le don de Dieu. Le salut passe par Jésus et uniquement par lui ; prétendre que Jésus est une puissance de mal, c’est se boucher toute issue pour trouver le salut !

     

    Les scribes refusent de reconnaître la grandeur du Christ, alors que d’autres personnes moins compétentes en matière de loi le font. Et cela s’éclaire dans une deuxième partie de l’Evangile de ce jour. Toujours une foule nombreuse se presse autour de Jésus. On le fait appeler de l’extérieur de la maison où il se trouve : « Ta mère et tes frères te cherchent ! » Autrement dit tu ferais bien de leur prêter un peu attention…Jésus, regardant ceux qui sont en cercle autour de lui et qui ne sont pas de sa famille, affirme : « celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère »

     

    Quels sont ceux qui sont sur le chemin du salut ? Non pas ceux qui doutent de Jésus ou pire qui le suspectent d’agir pour une puissance de mal…Mais bien plutôt ceux qui sont au plus proche du Christ Sauveur, par le cœur, par l’adhésion, par le désir de le suivre, quels qu’ils  soient.

     

    Chacun de nous, nous sommes frères, sœurs, parents du Christ. Voici la confiance inouïe que le Christ met en chacun de nous ! Et nous, quelle confiance mettons-nous en lui ?

     

    Père Alexis Bacquet

     

  • Edito de la Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, dimanche 3 juin

    « Faites cela en mémoire de moi. »

     

    C’est la « Fête Dieu », celle que l’on nomme depuis le concile la « Fête du Corps et du Sang du Christ ». Et les anciens se souviennent de ces processions dans les rues pavoisées, avec le Saint Sacrement sous un dais, en tête de cortège.

    Fêter le Corps et le Sang du Christ juste après celle du Dieu Trinité nous rappelle que l’eucharistie est bien le centre de la vie chrétienne, le lieu par excellence de la rencontre du Dieu des chrétiens.

     

    Il est vrai qu’on entend souvent des chrétiens dire : « Je suis croyant mais pas pratiquant« .

    En disant cela, certains veulent s’excuser avec le sentiment de pas en faire assez : « c’est vrai, nous sommes mal organisés et trop souvent débordés pour venir à la messe chaque dimanche. »

    D’autres le disent avec la certitude tranquille qu’il suffit d’être croyant et que c’est cela l’essentiel. Pourquoi pratiquer ? Est-ce si important d’aller à la messe le dimanche ? Ne vaut-il pas mieux vivre en chrétien toute la semaine ?

    Mais que mettons-nous chacun sous ces mots CROYANT…PRATIQUANT ?

     

    A des jeunes couples présentant leur enfant au baptême un ami prêtre essayait d’expliquer : « Croyants non-pratiquants ? En êtes-vous si sûrs ? Vous êtes sans doute beaucoup plus pratiquants que vous le dites, mais vous êtes probablement moins croyants que vous le pensez. Vous êtes plus pratiquants quand vous mettez au cœur de vos vies tant de valeurs essentielles : fidélité dans votre couple, à vos amis, résolus dans vos engagements, prêts à tout sacrifier pour vos enfants, pratiquant la tolérance, et même souvent le pardon, quand vous êtes prêts à vous battre pour la justice et à partager avec les plus démunis…

    Mais vous êtes moins croyant que vous ne le pensez quand vous ne croyez pas que la Bible lue en Eglise, proclamée, commentée chaque dimanche est une Parole vivante de Dieu.

    Vous ne croyez pas assez quand vous pensez que vous pourrez vous en tirer tout seul et que vous oubliez que Jésus ressuscité, lui qui nous invite chaque dimanche, peut nous communiquer sa vie, son Esprit d’amour dans l’eucharistie.

    Vous ne croyez pas assez que le dimanche est pour les chrétiens le jour où ils font mémoire du Christ, de sa vie, de sa mort et sa Résurrection. Si vous ne venez jamais avec d’autres faire mémoire du Christ, vous finirez par en perdre la mémoire.

     

    Souhaitons à tous ces enfants qui font leur première communion ce dimanche qu’ils pratiquent les valeurs essentielles du christianisme dans leur vie, mais qu’ils aient aussi en eux ce désir de devenir toujours plus chrétiens en restant fidèles à ces rencontres régulières avec le Christ qui se donne à nous dans chaque eucharistie.

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du dimanche de la Sainte Trinité, 27 mai 2018

    C’est la Sainte Trinité, faisons la fête ?

     

    Ce dimanche est pour les chrétiens la fête de la Sainte Trinité et en même temps pour tout le monde, la fête des mères. Il y a gros à parier que la seconde mobilisera plus que la première. Même chez les chrétiens !

    Car la Trinité, c’est bien mystérieux.  Il n’y a pas de quoi à première vue faire la fête.

    Mais la Sainte Trinité n’est pas là pour le plaisir de compliquer les choses de la foi.

    Parler de Dieu comme de la Sainte Trinité c’est pour les chrétiens dire quelque chose d’essentiel de la vie, de notre vie et de la vie de Dieu.

    Ce mystère de Dieu, une seule nature trois personnes, a été formulé par les premiers conciles parce que dans les premiers siècles après JC les débats sur Dieu étaient dans l’air du temps et menaçaient l’unité des communautés. Il fallait préciser en quel Dieu croire pour être fidèle à celui à qui Jésus s’adressait.

    Ne l’oublions donc pas, c’est Jésus qui nous a mis la puce à l’oreille au sujet de la Trinité.

    Jésus parle sans cesse, et notamment dans le discours après la Cène dont nous avons achevé la lecture il y a peu, du Père, du Fils, de l’Esprit et de leurs relations.

    Saint Thomas d’Aquin intitulera plus tard l’un des chapitres de la Somme Théologique : Dieu est relation.

    Tout est dit. Tel est le fondement de l’être, de toute réalité. Dieu est relation d’amour.

    Eloi Leclerc, un franciscain, le dit aussi : « L’amour ne se possède pas, il ne se garde pas pour lui-même. Il se donne, il se répand. Sans mesure. Il s’épanouit dans le don.
    Aussi est-il toujours tourné vers l’autre, en mouvement vers lui, voulant son bien.

    Il y a en Dieu une communication essentielle, éternelle, d’où jaillit la Trinité des personnes.

    Le Père ne cesse de communiquer à son Fils unique la plénitude de sa divinité. Et de leur amour mutuel jaillit l’Esprit. Aucune des trois personnes divines ne se garde pour elle-même. Aucune ne retient pour soi la divinité. Chacune n’existe que dans sa relation à l’autre : dans son don à l’autre.

    Et toutes les trois ne font qu’un seul Dieu, en une seule communion. Ainsi la joie du Père est d’engendrer son Fils éternellement dans l’Esprit. »   

    Et Eloi Leclerc d’ajouter : « Dans un excès d’amour, Dieu Trinité a voulu communiquer sa joie divine, hors de lui, librement et gratuitement, en appelant des créatures à partager sa propre vie dans l’amour. Et ce dessein, il a projeté de le réaliser en s’unissant lui-même à notre humanité en la personne de son Fils éternel. »

    Si Dieu Trinité est relation d’amour, foyer d’amour, nous pouvons le fêter.

    Sans arrières pensées et sans oublier la fête des mères !

    Entre l’amour que déploient les mamans que nous fêtons aujourd’hui et l’amour qui se déploie dans les relations de la Sainte Trinité, qui ne voit le rapport profond ?

    Aujourd’hui, ensemble, rendons grâce pour tant d’amour.

     

    P. Edouard Bois

     

     

  • Edito du dimanche de la Pentecôte, 20 mai 2018

    Veni, Creator Spiritus !

     

    Il est très difficile de parler de l’Esprit Saint.

    Aussi insaisissable que les différentes représentations qui le décrivent dans la Bible, le vent, le souffle, l’eau, le feu, la colombe…, peut-être, à l’image du vent, faut-il d’abord chercher sa présence dans son action, dans ce qu’il fait bouger et transforme.

    Ainsi St Paul dans son épitre aux Galates préfère parler des “fruits de l’Esprit “ : « Amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. »

     

    Le P. Yves Congar, un grand théologien du Concile, dans un très beau petit livre “La Parole et le Souffle“ rappelait que l’œuvre de Dieu se réalise conjointement par son Verbe, son Verbe fait chair en Jésus Christ, et par son Esprit Saint. Dès le début de la création Dieu dit et il fait.

    Ainsi dans l’évangile de ce jour, Jésus reconnaît que les paroles qu’il a cherché à transmettre à ses apôtres ne suffisent pas, il faudra que l’Esprit agisse en ceux qui seront témoins de sa mort et de sa résurrection : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. »

     

    La Pentecôte ne se résume donc pas à la naissance d’une petite secte religieuse nouvelle qui va répéter les paroles de son Seigneur et Maître. Ce n’est pas une nouvelle religion qui naît ce jour-là, c’est le début d’une humanité nouvelle qui accepte de se laisser guider par le souffle de l’Esprit Saint pour témoigner que le chemin pascal ouvert par Jésus Christ est un chemin de Vie éternelle qui nous conduit à “la vérité toute entière“.

     

    En ce début du troisième millénaire, nous le croyons, l’Esprit Saint continue son action dans le cœur des hommes que nous sommes. Saurons-nous nous laisser guider par cette force qui nous pousse à dépasser toutes nos peurs et nos enfermements sur nous-mêmes ?

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du 7ème dimanche de Pâques, 13 mai 2018

    Entre Ascension et Pentecôte,

    un temps pour prier !

     

    Après le départ de Jésus en cette fête de l’Ascension, le livre des Actes des Apôtres décrit ce qui reste du groupe des disciples réunis dans ce qu’on appelle “le Cénacle“ : en plus des onze apôtres, environ cent vingt personnes. Apparemment un bien pauvre groupe !

     

    C’est pourtant ce petit noyau d’Eglise naissante à qui Jésus a demandé d’annoncer la Bonne Nouvelle jusqu‘aux extrémités du monde, un envoi qui sera effectif le jour de la Pentecôte ; mais ils commencent d’abord par ce temps de prière commune. Et il en sera ainsi à chaque étape importante qui marquera la petite communauté primitive : avant le choix de Matthias qui devra remplacer Judas (1ère lecture), avant l’institution des diacres (Act. 6,6), avant la conversion des Samaritains (Act. 8,15)…

     

    Prier, on le croit trop souvent, c’est demander à Dieu de nous sortir d’une situation désespérée : c’est en quelque sorte notre dernière planche de salut ! On prie après que tout le reste ait échoué ! La vraie prière chrétienne, elle, vient avant. Avant la parole et avant l’action, comme on respire avant de chanter ou de faire un effort. La vraie prière chrétienne est tournée vers l’avenir : « Que ton règne vienne. » (Mt 6,10)

     

    Ainsi le discours d’adieu de Jésus, que nous lisons dans l’évangile de St Jean aujourd’hui, se termine aussi par une prière : prière non pas centrée sur l’événement tragique qui se profile, mais tournée vers les disciples qui auront à poursuivre la mission de leur Seigneur, une prière qui manifeste déjà dans quel esprit Jésus aborde sa passion.

     

    Une communauté chrétienne ne vit que si elle respire. Et sa respiration, c’est la prière. Elle ne peut annoncer Dieu et agir au nom de Dieu que si elle respire Dieu.

     

    Laissons-nous porter par la prière du Christ, en ce dimanche de respiration, avant le grand souffle de Pentecôte qui nous fera nous tourner, nous aussi, vers les quatre coins de l’univers. Tourné vers l’avenir, Jésus confie cette petite communauté naissante, et notre Église d’aujourd’hui qui en est l’émanation, à l’amour fidèle et prévenant du Père.

     

    P. Luc de Saint Basile