Auteur/autrice : ParoisseNDB

  • Edito du dimanche 20 mai 2019

    Gloire et louange à toi !

    Bien que situé peu avant la mort de Jésus, le passage de l’évangile de Saint Jean de ce dimanche, nous est proposé par la liturgie dans le Temps Pascal à quelques jours de la fête de l’Ascension : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui » déclare Jésus.

    Qu’est-ce que la gloire de Dieu et celle de son Fils dont la Bible se fait souvent l’écho ?

    La gloire, couramment, veut dire quelqu’un qui a du succès, qui a de la renommée.

    Dans la Bible, « gloire » évoque le rayonnement de Dieu qui manifeste sa présence aux hommes à certains moments de leur histoire.

    La gloire de Dieu se manifeste à Moise au moment du don de la loi. La gloire de Dieu dans la traversée du désert réside dans l’arche puis, quand le temple est construit, dans le Saint des Saints. Au moment de l’exil la gloire quitte le Temple, nous dit Ezéchiel, et se manifeste à lui et au peuple dans la dispersion pour redonner espoir.

    La gloire de Dieu trouve son sommet paradoxal dans la mort de son Fils exprimant la profondeur abyssale de son amour pour l’humanité.

    Dans le domaine des beaux-arts, la gloire désigne l’auréole enveloppant le Corps du Christ. On parle du Christ en gloire.

    L’Apocalypse, dans la belle deuxième lecture, nous dit qu’au terme de la vie de la terre, la première création, souvent défigurée par les négligences et l’irresponsabilité des hommes, aura disparu et dans la nouvelle, Dieu demeurera avec les hommes. Ils seront son peuple. Dieu sera avec eux. Il essuiera toutes larmes de leurs yeux et la mort n’existera plus. Il n’y aura plus de pleurs, de cris, de tristesse.

    La mer symbole du mal, lieu des puissances maléfiques, aura disparu.

    La gloire de Dieu habitera la terre.

    Dieu a le projet de créer un ciel nouveau et une terre nouvelle étroitement uni à lui.

    C’est l’œuvre de son Fils mais aussi de chacun faisant de sa vie une œuvre originale, unique.

    Toute la terre chantera alors le Gloire à Dieu et la rayonnera.

    L’Ascension ne doit pas susciter la nostalgie. Déjà la gloire de Dieu demeure en ce monde. « Comme je vous ai aimé, vous aussi aimez-vous les uns les autres. »  

    P. Edouard Bois

  • Edito du 3ème dimanche du temps ordinaire, 27 janvier 2019

    « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre »

     

    « Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous […]. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi… »

    C’est ainsi que St Luc débute son Evangile. Un récit qui va nous accompagner tout au cours des différents dimanches de cette année.

    En l’ouvrant aujourd’hui, c’est l’occasion de nous interroger sur l’importance, la place, que nous donnons à la Parole de Dieu dans notre vie chrétienne.

     

    La Parole de Dieu, une source toujours nouvelle qui rassemble : Le livre de Néhémie, dans la première lecture, raconte qu’au retour de leur exil à Babylone, les rescapés se sont trouvés en face d’un immense chantier. Tout est alors à reconstruire, non seulement le pays avec sa capitale et son Temple, mais aussi le peuple lui-même, dont l’unité était à refaire. Ce sera la tâche d’Esdras qui va convoquer tout le peuple dans sa diversité pour une grande lecture publique du livre de la Loi. Cet événement comptera parmi les heures décisives du renouveau d’Israël et constituera le berceau de la liturgie synagogale.

    Cette semaine encore c’est autour de la lecture de la Parole de Dieu que nous nous sommes retrouvés pour prier ensemble, catholiques, protestants, orthodoxes, pour essayer de retisser cette unité du Corps du Christ (cf. 2ème lecture) brisée par les aléas de l’histoire.

     

    La Parole de Dieu, une parole toujours actuelle qui fait vivre : C’est aussi au cours d’une liturgie dans la synagogue de Nazareth que nous voyons aujourd’hui Jésus prendre la parole en public pour la première fois. Après avoir lu le passage du prophète Isaïe retenu pour ce jour de sabbat « L’Esprit du Seigneur est sur moi… » – un de ces grands oracles où le peuple juif nourrissait son espérance – il inaugure ce jour là une homélie qui sera la plus pertinente, et la plus courte de tous les temps : « Cette Parole de l’Ecriture, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ».

    Ainsi la Parole lue dans la Bible n’est plus uniquement l’évocation d’un événement passé mais elle s’accomplit effectivement aujourd’hui pour celui qui sait la recevoir en lui.

     

    C’est ce qu’exprime cette petite histoire qui circule en Afrique de l’Est :

    Une pauvre femme avait l’habitude de se déplacer toujours avec une grosse Bible. Elle ne s’en séparait jamais. Les gens se moquaient d’elle : « Pourquoi toujours la Bible ? Il y a tant d’autres livres que tu peux lire ! » La femme, imperturbable, continuait son chemin, indifférente aux quolibets. Un jour elle se trouva entourée de moqueurs ; élevant bien haut sa Bible au dessus de sa tête, elle déclara avec un large sourire : « C’est vrai, il existe beaucoup d’autres livres que je pourrais lire ; mais celui-ci est le seul qui me lise ! » (Roland MEYNET -Lire la Bible).

     

    P. Luc de Saint Basile

  • Edito du 2ème dimanche du temps ordinaire, 20 janvier 2019

    « Confiance ! »

    Jésus au cœur de nos vies avec l’aide de Marie.

    Dimanche dernier dans les eaux du Jourdain, Jésus était baptisé par Jean le Baptiste. Cette semaine, Jésus est invité à un repas de noces à Cana en Galilée au cours duquel a lieu le 1er miracle de la vie publique de Jésus. Nous sommes tous  invités à méditer et à garder confiance dans le Christ.

    A l’image de cette réponse de Marie dans l’Evangile : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » Oui, gardons confiance comme Marie a eu confiance ! C’est un banquet magnifique qui nous est promis comme le montre le magnifique tableau de Véronèse qui illustre l’évènement. Oui, nous pouvons nous représenter ce qui nous attend au Ciel en admirant ce tableau du musée du Louvre.

    Au-delà de cette promesse enthousiasmante, Cana montre le rôle essentiel de la Mère de notre Sauveur. En effet, c’est elle qui intervient d’une façon cruciale et par son intervention, elle va provoquer le commencement des signes publics de Jésus  en l’interpellant.

    Oui, Marie est l’intermédiaire indispensable qui va transmettre nos propres demandes à Jésus.

    Elle sait toujours exprimer nos faiblesses, nos besoins et notre indigence. A notre écoute, elle sera la meilleure des courroies de transmission.

    Dans cette période particulièrement éprouvante, où nous constatons au quotidien souffrances et difficultés, gardons l’espérance avec la certitude que nous sommes tous sauvés ! N’oublions pas Marie et trouvons le temps de la prière mariale. Oui, mettons aussi la Sainte Vierge Marie au cœur de nos vies .

    Nous sommes tous invités du 18  au 25  janvier, dans le cadre de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, à prier sur le thème « justice et paix s’embrassent : chemin d’unité ».

    Puisse le Seigneur nous entendre par l’intercession de Marie afin que nous soyons tous enfin réunis autour du Christ. Que nos différences deviennent des richesses à l’image de la multitude des personnages du tableau de Véronèse.

     

    François Lalau, diacre.

     

     

     

  • Edito de la Fête du Baptême du Seigneur, dimanche 13 janvier 2019

     

    « Jésus », le « Fils bien-aimé »

     

    En ce temps de Noël, nous venons de célébrer la naissance dans notre chair humaine de Jésus, le fils du charpentier de Nazareth. Et chacune des annonces de l’Ange à Marie ou à Joseph est ponctuée par cette requête : « Tu lui donneras le nom de Jésus ».

     

    Aujourd’hui, dans les eaux du Jourdain, ce même Jésus reçoit la révélation d’un nouveau nom qui lui est donné : « C’est toi mon « Fils bien-aimé« .

    Désormais il faudra que se réalise sa mission de faire tenir ensemble ces deux noms : « Jésus de Nazareth, fils de Joseph et de Marie » et « Fils bien-aimé du Père« , ce que l’on résume dans cette appellation « Jésus Christ ».

     

    De par notre baptême, nous sommes nous aussi nés d’eau et d’Esprit, et nous portons aussi ce double nom : celui donné par nos parents à notre naissance et celui donné par notre Père qui est aux cieux de « Fils bien-aimé« .

    Nous ne sommes pas comme des Fils pour Dieu, mais réellement fils adoptifs. Saint Jean le dit clairement dans sa lettre : “Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes “ (1 Jn 3, 1).

    Ce que nous croyons que Jésus est par nature, nous le sommes réellement par grâce. Même si nous sommes déjà potentiellement enfants de Dieu dès le premier instant de notre vie, dans le rite du baptême chrétien Dieu nous dit la même parole que celle adressée à Jésus sur les bords du Jourdain.

     

    Ainsi, en célébrant le baptême de Jésus, reconnaissons notre éminente dignité, comme aussi celle de toute personne humaine. La Parole de Dieu vient nous dire qu’il y a en nous comme une trace divine parce que nous sommes réellement des fils et des filles de Dieu. C’est cette trace qui nous fait dire que toute personne humaine est capable de Dieu, ayant en elle comme un gène divin qui l’apparente à l’éternité de Dieu.

     

    Comment ne pas changer notre regard sur tous ces frères et sœurs à travers le monde que Dieu nous donne à aimer, et comment ne pas travailler de toutes nos forces à construire une véritable fraternité humaine ?

    Que cela soit notre prière en ce jour, en communion avec Jésus, le Fils bien-aimé.

     

    P. Luc de Saint Basile

     

     

  • Edito de la solennité de l’Épiphanie, 6 janvier 2019

    Ils sont arrivés !

     

    C’est l’Epiphanie. Les enfants ont eu plaisir à avancer peu à peu les trois rois mages jusqu’à la crèche.

    Mais, s’ils ne sont pas une légende pour nous distraire dans un monde brutal et à la rationalité desséchante, qui sont-ils alors ?

     

    Matthieu, leur chroniqueur, est peu prolixe à leur sujet.

    Il nous laisse sur notre faim quant à leur origine, leur statut social, leur âge, leurs activités. Et d’ailleurs sont-ils rois? On s’interroge.

    Ils portent aussi la patine de deux mille ans d’histoire dans le domaine de la littérature, de la peinture, de la musique ou du cinéma.

    Qu’ont-ils donc dans le cœur pour se mettre en route ainsi, se lancer dans cette folle et périlleuse aventure ?

    Pourquoi aller vers cette autre vénérable tradition religieuse qui depuis Abraham porte la Promesse ?

    Leur cheminement n’est-il pas l’archétype, l’image de toute vie humaine ?

    Ils portent les questions que nous portons : pourquoi la vie ? avec qui ? vers où ?

    Ils portent les questions de ceux et celles clouées sur un lit d’hôpital, ou dans la tristesse d’un deuil, ou jetés sur les routes de l’exil ou de l’exclusion ou dans les décombres de la guerre ou de récentes catastrophes.

     

    La recherche des mages les conduit au pied d’un enfant nouveau-né.

    Jésus est son nom. Devant lui la caravane des siècles touche à son but.

    Dans le sourire de cet enfant, c’est Dieu lui-même qui se livre, qui se laisse approcher et qui s’approche au plus près des humains.

     

    Oui la vie est chemin, la vie est rencontre, la vie est accueil, la vie est reconnaissance fragile mais au-delà de toute mesure. Tout enfant en est le rappel.

    Dès maintenant la vie, la vraie, celle dont on ne s’empare pas mais que l’on reçoit comme un don, est là, pour qui sait voir, comme pour les mages, à portée de main, mieux de cœur.

    Chacun a sa place dans la caravane des chercheurs de vie, des chercheurs de Dieu. Sa rencontre est cadeau.

    Aujourd’hui encore, comme les mages, rendons grâce à Dieu de la joie de sa rencontre.

     

    Heureux sommes-nous d’être les invités au repas du Seigneur.

     

    Bonne nouvelle année.

     

    P. Edouard Bois

     

     

  • Edito du 4ème dimanche de l’Avent, 23 décembre 2018

    “Tu es bénie entre toutes les femmes…“

     

    L’ange de l’Annonciation a quitté Marie sur l’indication d’un signe : « Voici qu’Elisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait « la femme stérile ». »

    Et c’est en toute hâte que Marie se met en route pour aller aider sa vielle cousine. Ce n’est pas une visite protocolaire, ou la visite amicale d’une parente, Marie est venue chez sa cousine afin de se mettre à son service.

     

    Comment ne pas déjà penser à ce Dieu qui va “visiter son peuple“ en Jésus, son Fils, qui a pris notre condition humaine « non pas pour être servi mais pour servir » (Mt 20,28). Si l’on voulait pousser plus loin, on pourrait comprendre que la démarche de Marie vers sa cousine enceinte est l’image de la démarche de Dieu qui est venu servir l’humanité afin de l’aider à mettre au monde cet homme nouveau, créé à son image et invité à partager sa Vie.

     

    Une “Visitation“ tant de fois illustrée par des peintres ; car dans cette rencontre toute simple entre ces deux femmes se révèle à chacune leur propre mystère.

    La salutation de Marie provoque un changement dans le corps et l’Esprit d’Elisabeth : l’enfant qu’elle porte tressaille d’allégresse et elle est remplie de l’Esprit Saint qui met dans sa bouche des paroles prophétiques.

    Réciproquement, les paroles d’Elisabeth viennent confirmer Marie dans sa vocation d’être la mère du Sauveur, comme l’Ange le lui avait annoncé. Les paroles d’Elisabeth lui révèlent l’invisible mystère qui l’emplit toute entière et qui débordera sur ses lèvres à travers ce magnifique psaume du “Magnicat“ qui exprime son étonnement, sa foi, sa joie intérieure, son action de grâce.

     

    A travers ce récit nous comprenons que nous avons besoin les uns des autres pour découvrir qui nous sommes et nous confirmer dans notre vocation de fils et fille de Dieu, de frères et sœurs en Jésus Christ. Il s’agit de nous révéler les uns aux autres l’invisible mystère qui nous habite.

    N’est-ce pas un des rôles majeurs d’une communauté chrétienne que de permettre ces rencontres où chacun affirmera la foi des autres et sera affermi dans sa propre foi ?

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du 3ème dimanche de l’Avent, 16 décembre 2018

    Soyez dans la joie… !

     

    Le troisième dimanche de l’Avent est appelé aussi “Gaudete“ parce qu’il nous invite à la joie. Une invitation qui semblera peut-être déplacée pour ceux qui ne savent pas encore trop bien comment ils vont fêter Noël, comme pour tous ceux qui ont crié leur colère et désespoirs en revêtant un gilet jaune ces dernières semaines.

    Pourtant, quand St Paul écrit “Soyez dans la joie“ à ses chers Philippiens (Ph 1,29), c’est à une jeune Eglise qui souffre pour le Christ qu’il s’adresse ; et lui-même, à ce moment-là, est « dans les chaînes » (Ph 1,7).

    Quelle est donc cette joie mystérieuse dont il parle ?

     

    Sans doute n’a-t-elle pas grand-chose à voir avec celle qui nous est promise par tous les marchands de bonheur qui s’affichent sur nos murs, les spots publicitaires à la télévision ou dans nos magazines. Nous savons par expérience qu’il y a des joies qui ne sont que le fruit de rêves ou des mirages, et que certains lendemains de réveillons sont parfois difficiles.

     

    Elle ne s’apparente pas non plus à celle que l’on ressent après avoir reçu une prime financière ou gagné au jeu. On sait combien cette soif de gagner toujours plus peut nous habituer à désirer de nouveaux biens de consommation jusqu’au moment où la limite de l’appétit ou de l’argent va faire de nous des frustrés. On cherche à devenir des riches comblés et on se retrouve des pauvres déçus.

     

    Non cette joie est plus intérieure, elle s’apparente à la sérénité dont parle St Paul, à une paix profonde qui nous permet de traverser les épreuves sans qu’elle ne soit entamée.

     

    Cette joie, c’est celle de savoir que nous sommes aimés de Dieu, elle se fonde sur cette annonce dont nous parlent les textes d’aujourd’hui : « Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête. » (1ère lecture).

    C’est la joie de Jean Baptiste qui ne cherche pas son propre succès mais que la Parole de Jésus soit entendue, même si cela va à l’encontre de ses propres intérêts : « Il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales ».

    C’est cette joie qui envahira Marie quand l’Ange lui annoncera « Réjouis-toi Marie…le Seigneur est avec toi ».

     

    Alors, même si le traineau du père Noël risque d’être bloqué sur les ronds-points cette année, que ce dimanche soit un moment de joie sereine et profonde en ce temps de préparation à Noël, « et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus. »

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du 2ème dimanche de l’Avent, 9 décembre 2018

    19 martyrs d’Algérie béatifiés

     

    Suite au premier massacre de pères blancs à Tizi Auzou, le 27 décembre 1994, les supérieurs majeurs de toutes les congrégations religieuses présentes en Algérie s’étaient réunis à Rome pour interroger les évêques encore présents sur place sur la pertinence de rester ou non. Voici ce que Mgr Pierre Claverie, alors évêque d’Oran et l’un des 19 martyrs béatifiés ce samedi, avait dit ce jour-là, au nom de tous les évêques :

     

    « L’Eglise n’est pas une multinationale qui s’implante quelque part et qui retire son personnel quand cela ne va plus. L’Eglise est le lieu d’une Alliance qui a été passée entre le Dieu de Jésus Christ et une humanité particulière.

     

    Les chrétiens qui sont là sont présents pour un peuple ; quoiqu’il fasse ils sont là pour cette Alliance d’amour avec cette humanité particulière. En entrant dans cette Alliance, chaque personne sait qu’elle devra y rester fidèle, pour le meilleur et pour le pire.

     

    Et quand on nous dit que l’Algérie ne veut pas de nous, ce n’est pas vrai. Il y a certes des Algériens qui ne voulaient pas ; mais tous les autres, les 4 000 qui pleuraient à Tizi Ouzou les quatre pères blancs qui ont été tués, et puis tous ceux qui se sont réunis à l’aéroport d’Oran pour le départ de leurs religieuses, et tous les boiteux, les bossus, les aveugles, qui sont venus voir les pères blancs à Ghardaïa après qu’ils aient été attaqués. Oui Jésus s’est placé sur des lieux de fracture, là où c’était cassé, là où il y avait une tension, et il en est mort. Et si nous chrétiens ne sommes pas présents sur ces lieux de fractures et bien, on n’est plus chrétiens.

     

    L’Algérie d’aujourd’hui est brisée en deux, et nous nous allons partir avec nos quelques religieux qui ont été tués ?

    Non, nous allons rester avec ce peuple. On n’a peut-être plus rien à donner, mais on a encore nos vies. Après des dizaines de milliers de pères de familles, de jeunes, des garçons, des filles algériens qui sont morts, nous ne pouvons pas, nous, partir de notre côté. » (Vous pouvez retrouver cette intervention avec le témoignage du P. Raphaël DEILLON, père blanc qui a vécu ces événements en Algérie sur https://vimeo.com/302800852).

     

    En ce deuxième dimanche de l’Avent, Jean Baptiste nous invite à préparer la venue du Seigneur. A Noël il se manifestera sous la forme d’un petit enfant, l’Emmanuel, “Dieu-avec-nous“, celui qui a voulu partager nos joies et nos souffrances humaines jusqu’à en mourir. Que le témoignage de ces martyrs nous aide à tenir bon, au milieu des souffrances et des fractures qui divisent notre monde actuel, pour être des témoins fidèles de cette Alliance d’amour que Dieu a tissée de manière définitive avec notre humanité.

     

    P. Luc de Saint Basile