Catégorie : Édito

  • Edito du 30ème dimanche du temps ordinaire, 29 octobre 2017

     Tu aimeras… 

     

    L’amour serait-il de l’ordre des choses qui puissent se commander ?

    N’est-il pas un mouvement naturel, un sentiment spontané ?

    Et pourtant, quand un docteur de la Loi pose la question à Jésus “ dans la Loi quel est le grand commandement “, celui-ci répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… Tu aimeras ton prochain ».

    En français, le mot “aimer“ recouvre une grande diversité de sens, ce qui donne lieu, souvent, à des confusions et malentendus.

    Ainsi je peux dire avec le même mot “ j’aime le chocolat “, “j’aime le tennis “, “ j’aime la peinture de Rembrandt “, “ j’aime ma femme “, ou “ j’aime Dieu “. Mais bien sûr je n’y mets pas le même sens !

    Quel est le sens qui serait alors compatible avec l’idée d’un commandement ?

    C’est certainement un amour qui est au-delà du plaisir ou de la jouissance, au-delà même de l’émotion et du sentiment, car ces amours là ne nécessitent pas un commandement.

    C’est un amour qui se rapproche plus de celui du Bon Samaritain, celui qui sait poser les mêmes actes envers l’inconnu blessé qu’il croise sur le chemin que ceux qu’il aurait avec quelqu’un envers qui il éprouve des sentiments d’affection. Les sentiments ne se commandent pas, mais les actes, eux peuvent être commandés.

    Cet amour que commande la Bible est un amour actif, et pas seulement un amour passif, passion que l’on subit. Il a une dimension de liberté. Et la liberté, ici, ce sera la volonté. Il faut que la notion d’amour soit compatible avec celle de volonté. C’est ce qu’ont vécu et nous ont témoigné tous ces saints que nous fêtons cette semaine.

    Le philosophe Alain, disait : « aimer, c’est vouloir aimer« .

    « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? » nous demande Jésus ? (Mat 5,46).

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edit du 29ème dimanche du temps ordinaire, 22 octobre 2017

    « Rendez à César… »

    Certaines phrases de l’évangile sont entrées dans notre mémoire collective. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » fait partie de celles-là. Mais cela ne nous empêche pas pour autant de l’interpréter de manière très différente.

    Certains vont y trouver les fondations de la séparation entre le spirituel et le temporel, entre le sacré et le profane, entre l’Eglise et l’Etat, entre le domaine laïc et celui du religieux.

    En fait, cette opposition stricte est bien peu chrétienne : le Dieu de la Bible a toujours été reconnu à travers son action dans l’histoire des hommes. Dans la première lecture de ce dimanche, le prophète Isaïe nous dit même qu’Il est capable de se servir du roi perse Cyrus le Grand, pourtant étranger à la foi d’Israël, pour accomplir son projet, à son insu.

    Et en se liant totalement à cette histoire par l’Incarnation de son Fils, le Dieu des chrétiens a aboli de manière définitive cette séparation que nous essayons sans cesse de reconstruire.

    Cette opposition est aussi anachronique : à cette époque l’empereur César faisait l’objet d’un culte, comme celui d’une divinité, et la séparation des pouvoirs n’existait pas encore.

    Alors comment comprendre cette maxime dans la bouche de Jésus ?

    Dans l’évangile de St Matthieu, les ennemis traditionnels, hérodiens et pharisiens, se sont ligués pour tendre un piège à Jésus : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? »

    Refuser de payer ce tribut humiliant, au nom de la toute puissance de Dieu, et c’est la menace d’être dénoncé aux romains pour rébellion.

    Cautionner cet impôt, et c’est renier le Dieu d’Israël en se situant résolument comme collaborateur de l’occupant.

    Jésus ne se laisse pas enfermer dans ce piège en invitant à la fois à ne pas négliger son devoir de citoyen en respectant le pouvoir en place dont la pièce porte l’image, mais sans oublier que, étant aussi “image de Dieu“, chacun est appelé à devenir citoyen du ciel, avec une autre Loi qui régit ce Royaume.

    Combien de fois, au cours de son histoire, l’Eglise ne s’est-elle pas trouvée dans cette alternative “pour ou contre“ les pouvoirs en place avec ses lois parfois injustes ; obligée de se compromettre avec les puissants ou de choisir une parole et des actions prophétiques, avec le risque d’être souvent mal comprise.

    En ce dimanche des missions, nous sommes invités à nous interroger sur notre manière d’être présents comme chrétien au milieu de notre société. Rendre à César ce qui est à César, mais sans sacraliser ce pouvoir humain, et en n’oubliant pas non plus de rendre à Dieu ce qui est à Dieu ; nous savons combien, dans toutes les questions importantes qui agitent aujourd’hui nos sociétés, cela nous oblige à beaucoup de discernement.

     

    P. Luc de Saint Basile

  • Edito du 28ème dimanche du temps ordinaire, 15 octobre 2017

    « Heureux les invités au repas des noces »

    « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son Fils … »

    Tout est prêt, les invitations ont été lancées, mais rien ne marche comme prévu : « les invités n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce… »

    Cette parabole fait partie des controverses entre Jésus et « les grands prêtres et les pharisiens », dans l’enceinte même du Temple de Jérusalem ; l’opposition est particulièrement violente chez St. Matthieu en raison du refus opposé au message évangélique par l’Israël officiel, à l’époque où il rédige son évangile. Mais elle vient encore nous interroger aujourd’hui sur la manière dont, chacun, nous répondons à l’invitation toujours actuelle du Seigneur.

    « Tout est prêt : venez à la noce. »

    D’aucuns ne préfèreront-ils pas aujourd’hui, pour l’un son travail, pour l’autre son émission télévisée préférée ou sa messagerie sur internet, ou encore telle ou telle activité tellement importante qu’elle ne nous permet plus de répondre à une invitation imprévue. Chaque année, des parents nous expliquent très sérieusement que leur enfant a vraiment trop d’activités pour venir au catéchisme.

    D’autres, comme aujourd’hui, ont choisi de se retrouver pour cette belle journée de sortie paroissiale. Ils savent que des liens communautaires ne se construisent que si on choisit de prendre du temps pour mieux connaître l’autre, vivre un moment fraternel, élaborer des projets en commun …

    « ‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce. »

    La noce aura pourtant bien lieu et le roi finira par remplir la salle de fête, même avec ceux que, parfois, nous jugeons comme indignes ; et pour les premiers invités ce sera alors trop tard, car leurs places seront toutes occupées.  » Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

    Il est encore temps de remettre des priorités dans notre vie, pour ne pas nous réveiller un jour en réalisant qu’on est passé à côté de l’essentiel.

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du 27ème dimanche du temps ordinaire, 8 octobre 2017

    C’est l’histoire d’un maître parti en voyage….

    Depuis plusieurs dimanches Jésus se sert de la vigne pour illustrer ses paraboles. Mais aujourd’hui le contexte est beaucoup plus dramatique.

    Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.

    On devine ce qui va se passer : un bien qui semble vacant risque un jour d’être squatté par ceux qui y travaillent et ce ne seront pas les envoyés du maître, ni même son propre fils, qui pourront les faire revenir sur ce droit acquis : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !

    La parabole des vignerons homicides est donc une sorte de prophétie pascale. Jésus annonce ce qui va lui arriver et sa crucifixion sera la conclusion logique de ce qui s’est enclenché depuis le début de sa vie publique : l’appropriation de l’héritage de Moïse par les grands prêtres et les scribes qui iront jusqu’à l’élimination du gêneur.

    A nous qui relisons cette parabole aujourd’hui, ce texte nous concerne tout autant que ceux à qui elle était destinée. Elle nous parle de ce Dieu qui est comme ce propriétaire “parti en voyage“. Cette absence visible de Dieu qui nous laisse un peu démuni quand nous nous retrouvons face à nous-mêmes.

    La première leçon de cette parabole nous invite à ne pas oublier que nous ne sommes que les serviteurs d’une vigne qui nous est confiée. Nous n’en sommes pas propriétaire.

    Notre pape l’a rappelé avec force dans son encyclique “Laudato si “ en ce qui concerne les biens de la nature, mais il faudrait arriver à le reconnaître aussi dans ce qui fait le fruit de notre travail et les richesses que nous accumulons. Un jour, tout cela nous sera enlevé pour être remis dans les mains d’un autre.

    La parabole nous donne aussi quelques clés pour ne pas oublier que le maître n’est pas totalement absent, en nous parlant de ces envoyés de Dieu que nous devons accueillir et écouter : les prophètes, puis ce Fils unique.

    Enfin il nous révèle la manière tout à fait unique dont agit ce Maître tout puissant : loin de se venger et d’exterminer ceux qui ont tué son Fils, il va se servir de ce geste meurtrier pour bâtir son Royaume. Un Royaume construit sur l’amour et le pardon. Et en y associant ces ouvriers nouveaux, tous ceux qui n’ont pas eu la chance de le connaître et qui sont appelés à leur tour à travailler à sa vigne.

    P. Luc de Saint Basile

  • Edito du 26ème dimanche du temps ordinaire, dimanche 30 septembre 2018

    « Bonnet blanc ou blanc bonnet !

    A qui cela n’est-il jamais arrivé, enfant, de dire oui à ses parents et de n’en rien faire ?

    Cette parabole des deux fils au comportement opposé peut réveiller bien des souvenirs en nous.

    Elle est cependant plus qu’une gentille fable pour éveiller les enfants à la cohérence entre leurs paroles et leurs actes.

    Ne nous y trompons pas, c’est de tout autre chose qu’il s’agit ici.

    Pour le comprendre il faut resituer cette petite histoire dans son contexte au cœur de l’Evangile de Matthieu.

    Nous sommes au chapitre 21. La mission de Jésus est bien avancée.

    Jésus achève ici sa longue et dramatique marche vers Jérusalem, conscient de ce qui l’attend et que les apôtres ont bien du mal à admettre lorsqu’il le leur annonce et les met dans la confidence.

    Pensez donc : suivre un condamné à mort. On les comprend.

    Jésus est arrivé au bout de sa longue marche. Il se tient dans le Temple.

    Les dignitaires religieux lui demandent de se justifier encore une fois : au nom de qui   fais-tu tout cela,  dis-tu tout cela…jusqu’à venir dans le Temple dont nous sommes responsables.

    La question n’est pas illégitime mais Jésus y a déjà plusieurs fois répondu en particulier quand on l’accusait d’agir au nom de Belzébul et que sa famille inquiète voulait le ramener à la maison.

    Ici Jésus répond par le silence, refuse de se justifier une fois de plus et par là montre qu’il ne tient pas son autorité des hommes.

    Jésus sait qu’il met de l’huile sur le feu avec cette parabole et surtout avec la suivante, celle des vignerons homicides…que nous écouterons dimanche prochain.

    Mais la vérité l’exige.

    L’attitude de ces deux fils représente donc les deux attitudes que Jésus a rencontré tout au long de sa mission et de sa vie.

    Mais devant l’annonce du Royaume prêché par Jean Baptiste et Jésus, ceux qui se prétendent dépositaires de la Loi ne suivent pas l’appel à la conversion mais ceux qui en sont loin et sont rejetés par tous s’ouvrent finalement à l’annonce du Royaume et changent leur manière de vivre. Le petit Zachée en est un bon exemple.

    Alors pour nous quelles leçons tirer de cette parabole ?

    D’abord le Royaume est pour tous…Rendons grâce à Dieu de cette Bonne Nouvelle. Cela interroge mon regard sur les autres quels qu’ils soient.

    « Va travailler aujourd’hui à la vigne. »

    Chacun a un travail à faire sur lui-même pour entendre cette invitation : au plan de sa vie personnelle, familiale, sociale, professionnelle.

    Et puis, ce n’est pas négligeable, entendre aussi un appel à travailler à la vie de l’Eglise, la faire exister en prenant sa part de service plus ou moins important ou durable. Mais surtout bien sûr en suivant les conseils de Paul dans la manière d’être en lien les uns avec les autres. …. « Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même mais des autres. Ayez entre vous les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ. »

     

  • Edito du 26ème dimanche du temps ordinaire, 24 septembre 2017

    « Ainsi les derniers seront premiers,  et les premiers seront derniers. »

    Bien qu’entendues maintes fois, certaines pages de l’évangile arrivent encore à nous surprendre.

    Ainsi en est-il de la parabole des ouvriers de la cinquième heure que nous entendons ce dimanche : n’y-a-t-il pas lieu d’être choqué par cette injustice flagrante qui consiste à payer de la même manière ceux qui ont peiné toute la journée et ceux qui n’ont travaillé qu’une heure ? Travailler plus sans gagner plus ! N’importe quel chef d’entreprise qui agirait de la sorte déclencherait automatiquement une grève, et serait dénoncé à l’inspection du travail.

    Le prophète Isaïe avait déjà compris que le Dieu de l’Alliance n’agit pas forcément selon la logique humaine : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur » (1ère lecture).

    Ce qui importe pour le Maître c’est de sortir, encore et encore, pour inviter inlassablement des ouvriers à travailler à sa vigne ; il ne prendra jamais son parti qu’un seul soit laissé pour compte. Et il ne fait pas de différence entre ceux qui sont appelés dès leur naissance et ceux qui ne le rencontreront qu’au terme de leur existence. Comme dans la parabole de l’enfant prodigue, le Père ne peut traiter différemment le fils retrouvé de celui qui a toujours travaillé à ses côtés. Et le bon larron sera invité comme les premiers apôtres à partager la vie du Christ dans le Royaume.

    « C’est pas juste » disent les enfants quand ils se sentent lésés par rapport à leur frère ou sœur. « Allez, vous aussi, à ma vigne. Je vous donnerai ce qui est juste » dit le Maître qui remettra à chacun la même pièce d’argent promise

    « Dieu ne sait pas compter », écrivait le P. Jean Noël Besançon.

    Laissons-nous transformer par la Parole de Dieu. Alors nous découvrirons un Dieu Père qui ne calcule pas parce que lui-même a tout donné, jusqu’à son Fils bien aimé. L’amour véritable fait sortir de la logique du donnant-donnant, de ce regard calculateur qui nous fait sans cesse nous comparer aux autres, pour entrer dans ce monde, de plus en plus incompréhensible pour nos contemporains, de la grâce et de la gratuité par amour.

     

    P. Luc de Saint Basile

     

     

  • Edito du 24ème dimanche ordinaire, 17 septembre 2017

    La dette de l’Amour

     En ce dimanche, la parabole que Jésus raconte en réponse à la question de Pierre  (combien de fois faut-il pardonner ?) nous est très connue.

    Elle fait partie des souvenirs de famille que les chrétiens retiennent précieusement en lisant les Evangiles.


    Pour autant elle n’est peut-être pas la parabole qui soulève le plus d’enthousiasme. Non que sa compréhension soit difficile. Mais parce que nous savons bien que le pardon (comme une dette à remettre) dont il s’agit ici n’est pas chose facile et constitue une réalité complexe inséparable de la justice et de la vérité.

    Pardonner n’est pas un pur élan affectif de générosité.

    Chacun a pu en faire l’expérience dans sa propre vie et ses relations.

    Jésus, ici, nous met au pied du mur c’est-à-dire devant nos responsabilités et l’évaluation de notre manière d’être et d’agir.

     

    La parabole décrit le jugement dernier : la miséricorde nous est promise à condition qu’en retour, à notre échelle, nous même pardonnions et fassions justice.

    La fine pointe de la parabole c’est d’attirer notre attention sur le fait qu’il n’y a pas de proportion entre le pardon de Dieu qui est compassion et le nôtre.

    Celui de Dieu est sans mesure. Le nôtre est limité mais décisif.

    Ce qui vaut pour la fin des temps vaut déjà pour aujourd’hui : les temps derniers sont déjà là. Ce sont ceux que nous vivons.

    Les sacrements le signifient.

    C’est d’abord de Dieu que nous sommes débiteurs. Le pardon sans limite peut déjà être reçu.

    C’est notre manière d’être aujourd’hui au regard du pardon qu’interroge cette parabole.

    Un ami prêtre africain, le père André, me disait : « J’ai l’habitude d’inviter les fidèles rassemblés pour les funérailles, au moment de l’absoute, à accorder leur pardon au défunt qu’ils ont connu et aimé, et de demander au défunt aussi d’accorder son pardon à ceux qui sont rassemblés autour de son corps, avant d’implorer la miséricorde de Dieu pour tous. »

    La mesure sans mesure de cet amour c’est le Christ qui en est l’étalon en s’engageant totalement jusqu’à pardonner au moment du supplice comme il l’a fait tout au long de sa mission palestinienne.

    L’amour de Dieu dont nous sommes redevables nous rend responsable et débiteur les uns des autres. Comme le dit Saint François de Sales « au soir de notre vie nous serons juger sur l’amour. »

     

    Père Edouard Bois

     

  • Edito du 10 septembre 2017, 23ème dimanche du temps ordinaire

    Je fais de toi un guetteur… » (Ez. 33,7)

    C’est reparti….

    Et même si on a envie de les prolonger, ces deux mois d’été restent un temps un peu exceptionnel (mais essentiel !) par rapport au reste de l’année.

     

    Chaque rentrée est l’occasion de nouvelles résolutions, de déménagements pour certains, de nouveaux projets qui s’élaborent.

    Avec le conseil pastoral nous avons pris le temps ce samedi de réfléchir aux projets à mettre en œuvre cette année pour que notre communauté chrétienne cherche à vivre toujours plus en disciple du Christ. Nous aurons l’occasion d’en reparler.

     

    L’Evangile de ce jour est déjà plein de bons conseils de Jésus à son Eglise.

    Saint Matthieu, dans un long discours qui se poursuivra dimanche prochain, nous relate toute une série d’actions concrètes qui doivent réguler la vie de la future communauté chrétienne : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul… »

     

    Il ne faudrait pas minimiser ce passage par rapport à la belle profession de foi de Pierre qui précède ; de fait, c’est bien dans la pratique des relations quotidiennes que se vérifient les grands élans de foi.

     

    Mais aujourd’hui, dans notre société qui prône le respect de la liberté de chacun et la tolérance, la réception de ces conseils risque d’être mal perçue : au nom de quoi aurais-je le droit d’intervenir dans la vie de mon voisin ? “ Chacun son choix “ disons-nous couramment.

     

    La lecture d’Ezéchiel nous rappelle pourtant que nous portons tous une véritable responsabilité les uns par rapport aux autres ; comme le guetteur dans sa vigie autrefois devait rester éveillé pour prévenir les menaces, comme les forces de l’ordre aujourd’hui sont en éveil pour prévenir les attentats et permettre à chacun de vivre tranquillement sa vie, nous sommes tous dépendants les uns des autres ; mais comme nous le rappelle St. Paul dans la deuxième lecture, cela ne peut se concevoir que parce qu’on aime suffisamment pour vouloir d’abord le bonheur de l’autre.

     

    En ce début d’année scolaire où toutes nos activités redémarrent, entendons positivement cet appel à être des « guetteurs ». De qui, et avec qui, vais-je me sentir responsable cette année pour que ma foi ne soit pas qu’un bel élan du cœur, mais réellement une “foi en acte et vérité “ ?

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du 3 septembre, 22ème dimanche du temps ordinaire

    “Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit… “ (Jr 20,7)

    Chaque rentrée scolaire est accompagnée de nouveautés, y compris dans nos assemblées paroissiales.

    Cette année nous avons la joie d’accueillir le P. Edouard Bois, prêtre du diocèse de Paris en retraite, qui sera résident sur notre paroisse et logera au presbytère, rue de la Nativité.

    Nous aurons aussi la chance de profiter du dynamisme de Sr Geneviève, Fille de la Charité de St Vinent de Paul, rattachée à la maison d’accueil St Vincent de L’Hay les Roses, qui a accepté de reprendre la coordination de l’aumônerie des jeunes de notre paroisse.

    Et il y a tous les visages nouveaux de ceux qui ont déménagé sur notre quartier cet été ; nous prendrons le temps de les accueillir à la fin de la messe de dimanche prochain.

    Certaines activités ne pourront malheureusement pas reprendre cette année : le café Pan Am, le soutien scolaire… D’autres sont en projet ; le Conseil Pastoral qui se retrouve pour sa session de rentrée samedi prochain est en train d’y réfléchir, et vous pouvez bien sûr leur communiquer vos attentes.

    Ce qui est sûr en tout cas, c’est que beaucoup de nos services, ainsi que je l’annonçais dans ma lettre avant les vacances, auront besoin de renforts : animateurs de chants, catéchèse, aumônerie, équipes de préparation au baptême et au mariage, etc…

    « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera » dit Jésus à ses disciples dans l’évangile d’aujourd’hui. Pour suivre le Christ il y a toujours quelque chose à perdre, mais c’est aussi pour découvrir une vie nouvelle.

    Et tout cela n’a finalement de sens que si nous entendons tous ces appels, non pas comme une invitation à prendre un engagement de plus, comme nous pourrions le faire dans n’importe quelle association, mais bien avec ce constat que faisait le prophète Jérémie, même au milieu des pires difficultés de sa mission : « Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. »

     

  • Edito de l’été

    Quelques conseils pour les vacances que vous partiez ou non de Paris

     

    Prenez le temps de penser,

    C’est la source de la sagesse.

    Prenez le temps de jouer,

    C’est le secret de l’éternelle jeunesse.

    Prenez le temps de lire,

    C’est la source du savoir.

    Prenez le temps d’aimer et d’être aimé,

    C’est une grâce de Dieu.

    Prenez le temps de vous faire des amis,

    C’est la voie du bonheur.

    Prenez le temps de rire,

    C’est la musique de l’âme.

    Prenez le temps de donner,

    La vie est trop courte pour être égoïste.

    Prenez le temps de travailler,

    C’est le prix du succès.

    Prenez le temps de prier,

    C’est notre plus grande force sur la terre.

     

    (Lu sur une affiche à Ouagadougou)