Catégorie : Édito

  • Et si nos plus belles déclarations d’intention ne valaient rien sans un cœur

               « Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu. » C’est la surprenante conclusion de Jésus dans l’évangile de ce dimanche. Mais à voir de près, Jésus relève l’écart entre l’attitude des grands prêtres et l’accomplissement de la volonté de Dieu. Par leur statut, leurs savoirs et leurs fonctions, les grands-prêtres sont en effet en apparence très proches de Dieu. Contrairement aux publicains et aux prostitués dont le mode de vie contraste avec la volonté de Dieu. Mais suffit-il d’avoir une apparence pieuse, sérieuse ou sainte ou encore de porter l’étiquette de « bons chrétiens » pour être proche du Seigneur ?

    La parabole indique bien que le fils qui accepta d’aller à la vigne de son père mais qui n’y alla pas, n’a pas fait la volonté de son père, contrairement au second qui refusa, mais dans un élan de contrition, se ravisa et y alla. Ainsi, un « oui » proclamé trop vite mais sans suite concrète n’a aucune valeur, contrairement à un cœur repentant qui se met en route.

    Dieu ne cherche pas en effet des façades irréprochables ni de superbes discours. Il attend de nous une conversion authentique, capable de transformer notre quotidien. Notre « oui » à Dieu demande à être incarné dans nos actes, dans notre accueil des autres, dans l’amour et dans le pardon. Faisons de l’amour du Christ la boussole véritable de nos vies, loin des faux-semblants et des jugements hâtifs.

     

    Père Romaric Teko AMOUZOUVI

     

  • Ouvriers de la dernière heure

               L’élément qui choque le plus dans la parabole dite des « ouvriers de la dernière heure », c’est que ses derniers ont travaillé une heure, et ils touchent le même salaire que ceux qui ont travaillé depuis la première heure, c’est-à-dire toute la journée, 12h à l’époque. Les premiers, qui ont travaillé beaucoup plus, sont choqués : d’ailleurs, ce n’est pas juste !

    Mais est-ce vraiment injuste ? D’abord les ouvriers de la première heure ont eu de la chance : ils ont été appelés dès le début, ils n’ont pas connu l’angoisse du chômage. Ensuite, à la fin, ils ne sont pas lésés, puisqu’ils touchent ce qui était convenu au départ ; le salaire des ouvriers de la dernière heure ne les pénalise pas, si ce n’est qu’ils deviennent jaloux. Ils ont reçu le salaire normal de l’époque. Ce salaire, enfin, est ce que gagne normalement un ouvrier en une journée, car cela correspond à ses besoins. Le critère du salaire versé par le propriétaire n’est pas la quantité ou la qualité de travail accompli, mais ce qui est nécessaire pour que chacun puisse vivre. C’est un vrai renversement de valeur par rapport à nos critères !

    Ainsi est la justice de Dieu : non pas une récompense pour nos mérites, mais une grâce faite pour chacun, et la grâce que Dieu donne à l’autre ne me lèse pas ; elle devrait même me réjouir. A moins que je ne sois jaloux, possessif, égoïste, que je n’ai pas encore compris que l’amour de Dieu pour les autres ne m’ôte rien, comme le propriétaire le dit d’ailleurs : « Mon ami – « mon ami », dit-il à celui qui est jaloux ! –, ne m’est-il pas permis de faire de mes biens ce que je veux, ou bien verrais-tu d’un mauvais œil que je sois bon ? ».

    La grâce de Dieu, ce n’est pas nous qui la mesurons, qui en sommes propriétaires. Un chrétien doit se réjouir pour chaque personne touchée par l’Evangile, que ce soit depuis plusieurs générations ou tout récemment, que ce soit exprimé dans un travail acharné depuis longtemps ou que ce soit tout neuf. Chacun bénéficie de l’amour de Dieu, donc de sa pleine place dans l’Eglise !

     

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • Histoire de notre Église

              L’église Notre-Dame de la Nativité de Bercy est la plus ancienne des églises paroissiales du 12ème arrondissement de Paris.

    Avant de devenir l’édifice que nous connaissons aujourd’hui, le site abrite une chapelle érigée en 1677 par les Pères de la Doctrine chrétienne au sein de leur couvent. Consacré deux ans plus tard sous le vocable de Notre-Dame du Bon Secours, ce lieu de culte reçoit en 1704 la visite de Louis XIV. C’est à la suite de la requête d’un marchand de vin ayant assisté à cette messe que le Roi-Soleil octroie un privilège royal exemptant de droits le commerce du vin. Ainsi débute la grande prospérité vinicole de Bercy.

    Le 19 octobre 1790, lors de la création de la commune de Bercy, la chapelle des Pères devient officiellement l’église paroissiale de l’Assomption.

    Menaçant de s’effondrer, la chapelle est démolie en 1821. Sa reconstruction est confiée à l’architecte Châtillon. La première pierre est posée le 8 juin 1823 sous le règne de Louis XVIII. Notre paroisse a célébré cet événement en 2023 notamment à travers un concours de prières, un grand quiz historique sur notre église et une rencontre fraternelle avec la communauté de Notre-Dame de la Nativité de Moret-sur-Loing.

    En octobre 1826, l’église est de nouveau ouverte au culte sous son nom actuel de Notre-Dame de la Nativité. C’est ce bicentenaire de la consécration que la communauté célèbre cette année.  A cette occasion, vous pourrez découvrir sur le site de la paroisse de précieux documents d’archives.

    Le 1er janvier 1860, le démantèlement des fortifications de Thiers entraîne le rattachement à Paris d’une partie de la commune de Bercy.

    En mai 1871, l’église subit les ravages de la Semaine sanglante et se retrouve incendiée par les Communards. Sa reconstruction, orchestrée en 1873 par l’architecte Hénard, s’appuie sur les murs restants. Ainsi l’édifice actuel conserve-t-il à peu près son apparence d’origine.

    Le XXème siècle apporte son lot d’épreuves historiques :

    • Janvier 1910 : La crue centennale de la Seine inonde complètement le quartier, submergeant totalement les marches du parvis.
    • Avril 1944 : Le clocher est détruit lors d’un bombardement des Alliés visant les voies ferrées stratégiques de la gare de Lyon toute proche.
    • Avril 1982 : Un incendie criminel, heureusement maîtrisé par les pompiers tout proches, détruit le banc d’œuvre, le calvaire et une partie du parquet. C’est grâce à ce sinistre que notre église bénéficie depuis d’une protection au titre des Monuments historiques.

    L’histoire récente de la paroisse se structure autour de plusieurs jalons importants :

    •  Décembre 1992 : Un nouveau presbytère, rue de la Nativité, est inauguré par le cardinal Jean-Marie Lustiger.
    •  Juin 1994 : Un autre incendie, très vite circonscrit, noircit la statue argentée de la Vierge à l’Enfant. En attendant sa restauration, cette dernière, habillée de blanc, est temporairement installée dans la chaire.
    •  Enfin, le 15 septembre 2024 a lieu la bénédiction solennelle et l’éveil de notre orgue. Construit en 1880 par les frères Stoltz, il a fait l’objet d’une restauration intégrale lancée en 2020.

    Jérôme Delhomme, paroissien et membre du conseil pastoral

     

  • Bicentenaire

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    Mobilisons-nous pour louer Dieu par Marie !

    • Mardi 8 septembre, 12h30 : solennité de la fête de Notre Dame de la Nativité : messe et bénédiction solennelle
    • Vendredi 11 septembre, 19h30 : veillée de préparation à la célébration du bicentenaire (témoignages, concert d’orgue…)
    • Dimanche, 10h30 : solennité des 200 ans de la consécration de l’église Notre-Dame-de-la-Nativité, suivie d’un déjeuner partagé dans la salle paroissiale

     

    Prière à Notre Dame de la Nativité

    Ô Vierge Marie enfant, vous dont le cœur est immaculé, rendez nos cœurs brûlants d’amour pour Dieu. Comme vous, nous sommes ses enfants.

    Aidez-nous à garder confiance en Lui et à grandir en sainteté à votre exemple.

    Vous qui avez toujours répondu oui à sa volonté, gardez nos cœurs assurés en sa divine Providence.

    Tel un enfant, accompagnez-nous dans cet abandon à Dieu le Père afin que fermes dans notre Foi, joyeux dans notre Espérance et constants dans notre Charité, nous soyons d’humbles disciples et missionnaires pour la plus grande gloire de Dieu dans le temps et l’éternité.

    Notre Dame de la Nativité, priez pour nous et rendez nos cœurs semblables au vôtre.

    Amen

    Marie-Madeleine LALAU, paroissienne de Bercy

     

  • Mon âme a soif de toi mon Dieu

              Voici une courte invocation que chacun pourra s’approprier en ce début d’une année scolaire, académique et pastorale nouvelle. Elle indique un état d’esprit, à la manière de David, l’assoiffé de Dieu, l’auteur des psaumes.

    La prière « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi. » a pu être celle du roi David qui était un homme de prière, c’est certain. Mais elle est également celle de toutes les générations de croyants, à toutes les époques, depuis l’aube des temps, depuis Abraham, et jusqu’à la fin des temps.

    Dans les périodes les plus dramatiques, (et Dieu sait qu’il y en a) la prière ne prenait que plus de force : pendant l’Exil à Babylone, par exemple, on a connu cette soif de l’âme ; « mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair » et on se remémorait les joies passées des célébrations au Temple de Jérusalem : « Je t’ai contemplé au sanctuaire, j’ai vu ta force et ta gloire. » Seul ce souvenir pouvait fortifier la foi et la volonté de rester fidèle dans ce monde, peu disposé à Dieu.

    A Bercy, la gloire de Dieu se manifeste sans interruption dans son Temple consacré depuis 200 ans et nous en sommes aujourd’hui les bénéficiaires et les témoins. Mobilisons-nous pour fêter ce Bicentenaire le week-end 11-13 septembre !

    A la suite de nombreux croyants avant nous, nous continuons de crier de toute notre âme : « Ton amour vaut mieux que la vie » : ce verset résonne particulièrement en ce dimanche où nous entendons Jésus dire à ses disciples : « Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » (Mt 16,25).

     

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • Été, vacances !

               Enfin du temps libre, du temps pour soi, sa famille, ses amis… pour faire ce qu’on n’a pas eu le loisir d’exécuter convenablement ; du temps pour se reposer et dormir, s’évader loin de son quotidien… Mais aussi peut-être un espace à investir, angoissant pour certains, des relations familiales pas toujours au beau fixe, de la solitude aussi, des contraintes liées à la maladie, au manque de moyens pour partir, ou d’imagination, une page à écrire… Alors comment choisissons-nous de nous reposer cette année ? « Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu » ; le conseil, l’injonction même, est du Christ pour ses apôtres (Marc 6, 31) Oui, le repos est salutaire pour nous !

    Voyons ce temps comme un cadeau ! Un temps à recevoir pour prendre la mesure du travail fait pendant l’année écoulée et rendre grâce pour la création qui continue à chaque instant et de notre participation à cette création par notre fécondité propre. Un temps aussi pour se ressourcer dans l’émerveillement de la beauté de ce qui nous entoure, la nature, les paysages, proches ou lointains, les êtres qui partagent notre vie, leurs talents, l’amour pour nous… L’Amour inconditionnel de notre Dieu qui nous a choisis et aimés dès le sein de notre mère. Un temps pour donner, donner du temps à l’essentiel : nos relations, car nous avons été créés par l’Amour et pour l’amour ! Relation avec notre famille et nos proches, autour d’un jeu, d’un bon repas, d’un moment de qualité avec chacun. Relation à notre Dieu, chacun peut être créatif… Une pensée,  un merci, s’il te plait, pardon, se plonger dans la Parole, avec un évangile ou un autre livre des Écritures Saintes  ou télécharger une appli comme AELF ou redécouvrir Dieu à sa manière… s’inscrire à une session, une retraite…

    Merci d’utiliser ce précieux temps de repos pour nous laisser transformer pour devenir et revenir meilleur !

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • Vacances

               En 1350, les statuts de l’Université de Paris fixaient les vacances d’été de la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul le 29 juin jusqu’à la fête de la Croix Glorieuse le 14 septembre. Ainsi, la saison estivale était placée sous le patronage des deux colonnes de l’Église, et orientée dans une progression constante vers la croix du Christ. 

    Si depuis des siècles les écoliers étudiants interrompent leur travail en juillet et en août, ce n’était pas à l’origine pour leur épargner la peine de se concentrer sur leur leçon pendant les fortes chaleurs. C’est plutôt qu’ils étaient réquisitionnés par leur famille pour participer aux travaux de la moisson. Aujourd’hui, même si ce besoin a disparu, il ne reste pas moins que l’été est spirituellement un temps de récolte : c’est le moment où le fruit de ce qui a été semé durant une année peut arriver à son mûrissement. 

    Les parents sont souvent surpris de voir à quel point leurs enfants ont grandi à le retour de camps scouts, pour ceux qui ont la chance d’y participer. Ce n’est pas uniquement les quelques centimètres qu’ils ont pris pendant les activités au grand air qui donnent cette impression, sans doute, mais aussi la maturité humaine et spirituelle qu’ils ont acquise pendant un temps de vie fraternelle et d’approfondissement de leur foi chrétienne. Si nous sommes tous appelés à grandir en direction de la Croix du Seigneur, puisse ce temps d’été être, sous le patronage des Apôtres, non pas une saison de relâchement, mais un vrai mûrissement pour tous !

     

    P. Charles A. Fogielman

     

  • Craignez, mais n’ayez pas peur !

               Souvent le mot « crainte » a dans nos esprits un sens d’abord négatif. Nous l’assimilons plus spontanément à la peur, c’est-à-dire à une réaction provoquée par un danger réel ou présumé qui menace notre vie. Il y a des peurs très localisée, liée à une situation précise (par exemple, la peur provoquée par la traversée inattendue de la route par un animal alors que je suis au volant d’une voiture). Ces peurs sont souvent très passagères. Mais nous pouvons aussi avoir des peurs que nous portons plus longtemps: la peur d’un échec, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur des foules, la peur de la souffrance, etc. Ces peurs sont mauvaises car elles sont paralysantes et nous empêchent de nous déployer dans notre humanité. Comment s’en libérer ?

    Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme. Jésus nous aide à nous en libérer en nous expliquant que ces peurs sont en fait relatives quand on sait qu’une partie de nous est inviolable: notre âme immortelle. Ainsi, celui qui s’appuie sur le Seigneur, même s’il traverse des tempêtes, est sûr d’être vainqueur. C’est ce que nous enseigne aussi le prophète Jérémie dans la première lecture : Le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable: mes ennemis trébucheront, ils ne réussiront pas (Jr 20, 11).

     

     

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • La première communion

               La première communion, comme son nom l’indique, consiste à recevoir pour la première fois le corps du Christ sous forme d’hostie consacrée par le prêtre : c’est le sacrement de l’eucharistie et on le reçoit en communiant, normalement au cours de la messe. La communion nous met en contact personnel avec le Christ en créant une relation forte et intime avec lui et nous unit à tous les membres de l’Eglise. Elle nous fait prendre conscience que le Christ est tout proche de nous, alors que souvent Dieu nous parait lointain. Elle nous invite au recueillement pour rencontrer le Christ. La communion touche notre cœur, nous apporte la paix, nous purifie de nos péchés et nous donne une force pour notre vie. C’est cette grande joie que nous partageons aujourd’hui dans notre paroisse avec Clémence, Eva, Joséphine, Lina, Rosemaria et Valère ainsi que leurs familles.

    Que faire si on n’a pas fait sa « première communion » ?

    Il faut suivre une préparation pour recevoir le sacrement de l’eucharistie. Les baptisés, qui n’ont pas fait leur première communion et qui souhaiteraient communier doivent en faire la demande à leur paroisse. La durée de la préparation dépend de l’itinéraire et des connaissances religieuses de chacun, elle est différente si l’on a été ou non au catéchisme.

    Chez l’enfant, la première communion s’inscrit dans un parcours catéchétique. Au catéchisme, dans la paroisse ou à l’école catholique, l’enfant découvre Jésus et commence à nouer d’amitié avec lui.

    Si un adulte désire faire sa première communion, il peut s’adresser à la paroisse de son domicile. Celle-ci lui indique la manière de se préparer au sacrement de l’eucharistie. On trouve dans chaque paroisse une équipe de paroissiens qui aident le curé à accueillir les demandes  et à préparer à la première communion, qui est une partie de ce qu’on appelle « le catéchuménat ». Le catéchuménat est un service qui prépare les adultes au baptême, à la confirmation et à la première communion. Il est destiné aussi bien aux personnes récemment baptisées, qu’à celles qui, baptisées enfants et même catéchisées, n’ont pas achevé leur initiation chrétienne.

     

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • Séquence pour la fête du Saint Sacrement

    Sion, célèbre ton Sauveur,
    chante ton chef et ton pasteur
    par des hymnes et des chants.

    Tant que tu peux, tu dois oser,
    car il dépasse tes louanges,
    tu ne peux trop le louer.

    Le Pain vivant, le Pain de vie,
    il est aujourd’hui proposé
    comme objet de tes louanges.

    Au repas sacré de la Cène,
    il est bien vrai qu’il fut donné
    au groupe des douze frères.

    Louons-le à voix pleine et forte,
    que soit joyeuse et rayonnante
    l’allégresse de nos cœurs !

    C’est en effet la journée solennelle
    où nous fêtons de ce banquet divin
    la première institution.

    À ce banquet du nouveau Roi,
    la Pâque de la Loi nouvelle
    met fin à la Pâque ancienne.

    L’ordre ancien le cède au nouveau,
    la réalité chasse l’ombre,
    et la lumière, la nuit.

    Ce que fit le Christ à la Cène,
    il ordonna qu’en sa mémoire
    nous le fassions après lui.

    Instruits par son précepte saint,
    nous consacrons le pain, le vin,
    en victime de salut.

    C’est un dogme pour les chrétiens
    que le pain se change en son corps,
    que le vin devient son sang.

    Ce qu’on ne peut comprendre et voir,
    notre foi ose l’affirmer,
    hors des lois de la nature.

    L’une et l’autre de ces espèces,
    qui ne sont que de purs signes,
    voilent un réel divin.

    Sa chair nourrit, son sang abreuve,
    mais le Christ tout entier demeure
    sous chacune des espèces.

    On le reçoit sans le briser,
    le rompre ni le diviser ;
    il est reçu tout entier.

    Qu’un seul ou mille communient,
    il se donne à l’un comme aux autres,
    il nourrit sans disparaître.

    Bons et mauvais le consomment,
    mais pour un sort bien différent,
    pour la vie ou pour la mort.

    Mort des pécheurs, vie pour les justes ;
    vois : ils prennent pareillement ;
    quel résultat différent !

    Si l’on divise les espèces,
    n’hésite pas, mais souviens-toi
    qu’il est présent dans un fragment
    aussi bien que dans le tout.

    Le signe seul est partagé,
    le Christ n’est en rien divisé,
    ni sa taille ni son état
    n’ont en rien diminué.

    * Le voici, le pain des anges,
    il est le pain de l’homme en route,
    le vrai pain des enfants de Dieu,
    qu’on ne peut jeter aux chiens.

    D’avance il fut annoncé
    par Isaac en sacrifice,
    par l’agneau pascal immolé,
    par la manne de nos pères.

    Ô bon Pasteur, notre vrai pain,
    ô Jésus, aie pitié de nous,
    nourris-nous et protège-nous,
    fais-nous voir les biens éternels
    dans la terre des vivants.

    Toi qui sais tout et qui peux tout,
    toi qui sur terre nous nourris,
    conduis-nous au banquet du ciel
    et donne-nous ton héritage,
    en compagnie de tes saints.
    Amen.