Mois : janvier 2020

  • Édito du dimanche 2 février, Présentation du Seigneur.

    La Présentation de Jésus au Temple

    La fête de la Présentation du Seigneur au Temple a lieu cette année un dimanche. Marie et Joseph viennent au Temple présenter à Dieu leur enfant 40 jours après sa naissance et offrir un sacrifice.

    Les chrétiens appellent aussi cette fête la « Chandeleur » car Jésus y est présenté, dans le récit de Luc, comme la lumière du monde. Et selon la tradition on déguste des crêpes. Dieu sait pourquoi !

    Cette fête en tout cas, nous rappelle Noël, fête de la lumière. Mais elle fait aussi le pont avec Pâques qui est la grande fête de la lumière par la célébration de la résurrection du Seigneur.

    La Présentation de Jésus au Temple est riche de beaucoup significations par la présence de divers personnages.

    En premier lieu, en faisant cette démarche, Marie et Joseph expriment leur foi profonde.

    Mais il y a aussi Syméon. Par son grand âge, il représente la longue attente d’Israël et l’Esprit Saint lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie. Celui qu’Israël attendait, celui que Syméon espérait dans la foi, est là dans ses bras. 

    Anne, une femme attachée au Temple dans la prière, est le symbole de la vie consacrée. D’où ce jour dédiée aussi à la vie religieuse.

    A l’occasion de la présentation d’un enfant on offrait un agneau. Pas ici. Est-ce question de moyen ? C’est possible. Mais il y a plus. L’agneau, pour Luc, c’est Jésus lui-même. Il est aussi qualifié par Syméon de lumière qui se révèle aux nations.

    Même si tout reste à faire, tout le message chrétien est présent dans le récit de la Présentation du Seigneur Temple.

    Quant à nous, chaque fois que « nous montons au temple », c’est-à-dire quand nous nous rassemblons dans notre église, poussé par l’Esprit, nous venons à la rencontre de celui qui est la lumière pour éclairer le monde, celui qui est la lumière qui éclaire ce qu’il y a encore de païen en nous, celui qui a fait don de sa vie. Comme le dit le concile Vatican II « Le Christ est la lumière des nations. Le saint concile assemblé dans l’Esprit Saint, souhaite ardemment, en annonçant la Bonne Nouvelle à toute la création, illuminer tous les hommes de la lumière du Christ que reflète l’Eglise ». 

    Par des chemins qui peuvent être bien divers, selon notre vocation propre, nous sommes ensemble responsables de réfracter cette lumière.

    Puissions-nous alors comme le vieillard Syméon, comme Marie ou Anne être habités, en cette fête, par beaucoup de joie, de paix et d’étonnement à l’annonce de la présence du Sauveur. 

    Père Edouard Bois.

  • Édito du 3ème dimanche du temps ordinaire, 26 janvier 2020

    La Géographie du salut

    On parle souvent d’ »Histoire du Salut “ pour décrire le projet de Dieu sur notre monde à travers la première puis la nouvelle Alliance.

       Mais y a-t-il une “Géographie du Salut “ ? L’Evangile de ce dimanche nous la présente. Il nous montre ce choix délibéré de Jésus de commencer sa vie publique en Galilée, “Carrefour des Nation“ comme plaque tournante pour la diffusion de la Bonne Nouvelle. Etymologiquement, le carrefour s’ouvre sur quatre directions. Et symboliquement, Jésus commence par appeler ses quatre premiers disciples, Pierre et André, Jacques et Jean.

       L’évangéliste Matthieu nous précise en même temps la double raison de ce choix de la Galilée : tout d’abord un principe de précaution après l’arrestation de Jean Baptiste ; il est ainsi plus prudent, pour celui qui s’est lié à lui par son baptême, de s’éloigner quelque temps de la Judée et de Jérusalem, de faire un mouvement de retraite.

       Mais il y a aussi une raison de fond : elle est suggérée à travers la citation du prophète Isaïe, proposée en première lecture : “Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée, toi le carrefour des païens : le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée. “ (Is 8, 23b ; 9,1)

       L’évocation d’un souvenir douloureux pour le peuple juif : les années 734 – 732 avant JC qui avaient vu la défaite du Royaume du nord. Les pays des tribus de Zabulon et de Nephtali, les plus au nord du pays, avaient été les premiers envahis puis annexés par l’Assyrie, l’actuel Irak. Et en longs et pitoyables cortèges, les populations avaient été déportées vers Babylone, tandis que des colons étrangers étaient venus s’installer sur les terres désertées, faisant de cette région un “carrefour des païens“.

       Ainsi Jésus, en débutant sa prédication dans cette région, annonce que le temps de l’accomplissement de la promesse d’Isaïe est enfin arrivé. Ces régions traditionnellement méprisées par les bien-pensants de Jérusalem et de la Judée, accèdent enfin, et les premières, à la lumière. Et cette Galilée, région où Jésus va appeler ses premiers apôtres, sera aussi le lieu où il se manifestera à eux après sa résurrection, avant de les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle dans le monde entier.

    Ce carrefour, bien sûr, s’est déplacé.… Aujourd’hui, il est à portée de notre regard, de nos échanges, de nos solidarités. C’est notre paroisse, c’est notre quartier, c’est le palier de notre immeuble, c’est le lieu de notre travail… Autant de lieux où peut se partager la Bonne Nouvelle.

    Que Ste Geneviève, avec qui nous prions plus spécialement ce samedi, nous donne l’audace de nous aventurer dans nos Galilées d’aujourd’hui en étant une “Eglise en sortie“, comme nous y invite régulièrement notre pape François.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du 2ème dimanche du temps ordinaire, 19 janvier 2020

    “Moi j’ai vu, et je rends témoignage…“

    Après avoir fêté dimanche dernier le baptême du Christ dans le Jourdain, nous sommes entrés dans le temps liturgique qu’on appelle “ordinaire“.

    Pourtant, nous retrouvons à nouveau aujourd’hui le récit du baptême du Christ, mais tiré cette fois-ci de l’évangile de St Jean. A la différence des autres évangélistes, St Jean ne nous décrit pas directement la scène du baptême dans le Jourdain, mais nous la fait raconter par Jean Baptiste, après coup. La révélation est présentée au second degré, c’est à dire telle qu’elle a été intériorisée par le témoin : “Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. “

    Beaucoup ont besoin de voir pour croire. Jean Baptiste, lui, voit parce qu’il croit. Et en voyant Jésus venir à lui il le désigne avec cette expression complexe que le célébrant reprend à chaque messe en élevant l’hostie : “ Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde“.

    Jean voit déjà en Jésus cette figure messianique du serviteur souffrant, annoncée par le prophète Isaïe, qui prend sur lui la condition pécheresse du monde : “Comme un agneau traîné à l’abattoir, comme une brebis devant ceux qui la tondent…“ (Isaïe 53,7).

    En disant cela, Jean Baptiste récapitule en une phrase toute l’expérience et l’attente du Peuple d’Israël. En désignant Jésus comme l’Agneau de Dieu, il proclame que toutes les prophéties de l’Ancien Testament vont se réaliser en Lui. La grande espérance d’Israël n’est plus une simple promesse, elle devient, désormais, une réalité.

    Ayant ainsi témoigné, Jean Baptiste va s’effacer en laissant ses disciples suivre Celui qu’il vient de révéler : “L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. “

    Que nous puissions, à l’exemple de Jean Baptiste, être de ces témoins qui révèlent la présence de Jésus Christ à notre monde tout en sachant s’effacer devant Lui.

    Père Luc de Saint-Basile

  • Édito du dimanche 12 janvier 2020, Baptême du Seigneur.

    Jésus, le « Fils bien-aimé »

    En ce temps de Noël, nous venons de célébrer la naissance dans notre chair humaine de Jésus, le fils du charpentier de Nazareth. Et chacune des annonces de l’Ange à Marie ou à Joseph est ponctuée par cette invitation : « Tu lui donneras le nom de Jésus« .

    Aujourd’hui, en sortant des eaux du Jourdain, ce même Jésus reçoit la révélation d’un nouveau nom qui lui est donné :

     » Celui-ci est mon Fils bien-aimé « .

    Désormais, alors qu’il entre dans sa vie publique, il faudra que les hommes découvrent ce que signifie réellement la nouveauté de ces deux noms accolés : « Jésus » et « Fils bien-aimé« , ou « Jésus Christ« .

    Ecoutons ce merveilleux commentaire de Saint Cyrille, évêque de Jérusalem de 315 à 386 : “Nous ne pouvons pas penser au Christ sans penser au Père et au Saint Esprit. En effet, pour qu’il y ait un Christ – ce mot signifie l’Oint, celui qui est imprégné d’une onction – il faut qu’il y ait quelqu’un qui l’oigne, le Père, et quelqu’un qui soit l’onction, le Saint Esprit. “ Sans la Trinité, le mot “Christ“ n’aurait aucun sens.

    C’est pourquoi l’icône du baptême de Jésus le représente toujours debout, dans le Jourdain. Tout en haut une main, la main de Celui qui fait l’onction, le Père invisible, et la colombe qui représente l’Esprit. Jésus est l’une des trois personnes de la Trinité. Aujourd’hui, c’est la révélation de ce grand mystère de la communion d’amour qui est en Dieu, et toutes les Eglises d’Orient vénèrent le baptême de Jésus comme une des plus grandes fêtes de l’année.

    Si l’Epiphanie est la manifestation de Jésus au monde, son baptême est la manifestation de Dieu au monde. Au Jourdain, pour la première fois, le ciel s’est “ouvert“ et le secret caché de Dieu, la Trinité, est manifestée.

    Le jour de notre propre baptême, nous sommes, nous aussi, nés d’eau et d’Esprit, et nous portons depuis un double nom : celui donné par nos parents à notre naissance et celui donné par notre Père qui est aux cieux de « Fils bien-aimé ».

    C’est notre dignité à nous; qu’elle nous aide à affronter notre propre mission de baptisé aujourd’hui.

    Père Luc de Saint-Basile.