Mois : juin 2018

  • Edito du 13ème dimanche du temps ordinaire, 1er juillet 2018

    Au service de la vie

     

    Ce dimanche l’évangéliste saint Marc nous conte, avec talent, l’histoire d’une double guérison. Celle d’une jeune fille dont le père est chef de la synagogue locale et celle d’une femme atteinte de pertes de sang et que les médecins de l’époque semblent impuissants à guérir.

     

    Et l’évangéliste de préciser que trois apôtres accompagnent Jésus dans la maison où il se rend à la demande pressante du père de la jeune fille en grand danger de mort.

    Pierre, Jacques et Jean sont ces trois-là.

    Ce n’est pas la première fois qu’on les retrouve ainsi aux côtés de Jésus.

    Ils l’accompagnent sur la montagne de la Transfiguration.

    lls ne seront pas loin au moment de la Passion.

    Jésus associe de près à sa mission ceux qui, un peu plus tard, seront la cheville ouvrière de la diffusion de son message et de la fondation de l’Eglise où ils joueront un rôle décisif.

     

    Jésus, aujourd’hui, continue à associer des disciples à sa mission sous diverses formes et particulièrement par le ministère des prêtres à la suite des apôtres.

    7 jeunes hommes ont été ordonnés prêtres ce samedi à Notre-Dame de Paris par le nouvel archevêque, Mgr Aupetit.

    Souhaitons-leur d’être prêtres à la manière des apôtres que Jésus invite à être profondément attentifs à l’humain comme il l’a été lui-même.

    Nous le voyons ici en effet bouleversé par le drame de cette famille et touché par la maladie de cette femme.

     

    Mais Jésus n’est pas un simple thérapeute terrestre. Dans la rencontre de ce père de famille et de cette femme en grande détresse, Jésus se révèle comme celui qui vient sauver et qui vient nous apprendre ce que cela veut dire être sauvé.

    « Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive » dit Jaïre le chef de la Synagogue locale. Il ne dit pas seulement « Viens pour qu’elle soit guérie ! »

    Jésus n’est pas seulement un médecin, un thaumaturge, voir un magicien tel que les foules l’imaginent. Il n’est pas non plus seulement un maître à ne pas déranger avec nos petits et grands problèmes de santé.

    Il ne vient pas seulement guérir mais sauver. Réveiller, faire se lever, cela veut dire en langage biblique ressusciter, donner vie.

    Le salut qu’apporte Jésus nécessite de la confiance. Il en faut à Jaïre, personnalité en vue, chef de la synagogue, pour venir, dans sa situation, s’agenouiller devant Jésus. Il en faut aussi à cette femme pour venir le toucher au milieu de la foule.

     

    Ce salut s’inscrit aussi dans une relation profonde : Jésus regarde, dévisage la femme, demande qui l’a touché et prend la main de la fillette.

    Ce salut est enfin invitation à vivre pour les autres et à être attentif à notre vie ordinaire. « Donnez-lui à manger ! » dit Jésus en conclusion.

    Etre des sauvés nous confère une responsabilité. Pas seulement à Pierre, Jacques et Jean et à leurs descendants mais à tous les baptisés.

    Chacun à sa manière.

     

    P. Edouard Bois

  • Edito de la Solennité de la nativité de saint Jean-Baptiste , 24 juin 2018

    « J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé… « ( Isaïe 49)

     

    Tout au cours de l’histoire, des hommes et des femmes se sont levés, répondant à un appel mystérieux, pour être parole-de-Dieu vivante, bousculer la routine du quotidien, ouvrir l’avenir en redonnant goût aux désirs, rappeler le projet de Dieu sur notre humanité. Ce sont ceux qu’on appelle dans la Bible les prophètes : Isaïe dont nous lisons aujourd’hui la vocation, Jean Baptiste dont nous célébrons la nativité ce dimanche.

     

    Le prophète n’est pas un devin ni un utopiste ; bien au contraire, enraciné dans son époque, et nourri par la méditation de la promesse de Dieu dans l’Ecriture, il réconcilie présent et avenir. Il donne des mains à notre imagination, forge les outils de nos espérances, il nous invite à affronter jour après jour ce qui fait obstacle au projet de Dieu sur chacun, ce vieil homme qui sommeille en nous et qui nous fait sans cesse nous recroqueviller sur le passé.

     

    Comme le sculpteur imagine déjà la statue qu’il va faire (ce qui ne l’empêche pas pour autant de prendre le burin), comme le navigateur imagine déjà la côte invisible (ce qui ne l’empêche pas de tenir bon la barre), le prophète nous invite à nous projeter en avant. Surgiront des vents contraires, apparaîtront des nœuds dans le bois de la statue, viendront des chamboulements dans la vie, la voix du prophète, à la différence des décisions inflexibles et intransigeantes, n’en sera que fortifiée.

    Bien sûr, leur vie n’est pas facile : « Et moi, je me disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. »

    Et pourtant une certitude les fait continuer et tenir bon : « Oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. »

     

    Chacun de nous porte en lui un appel, une vocation particulière.

    Avec tous ceux qui ont reconnu et tenté de répondre à cet appel dans leur vie nous rendons grâce en cette fin d’année scolaire :

    Ces enfants, jeunes, ou adultes qui ont décidé de se lancer dans la grande aventure de la foi en demandant le baptême.

    Ceux de notre communauté paroissiale qui ont accepté de répondre à tel ou tel appel pour donner de leur temps, de leur force pour se mettre ensemble à l’écoute de la parole de Dieu et au service de leurs frères.

    Ces sept hommes qui vont être ordonnés prêtres à Notre Dame ce samedi, ainsi que tous ceux qui le seront dans les diocèses du monde entier.

    Et bien d’autres qui ont été prophètes pour chacun nous…

     

    Saurons-nous, au cours de cet été, faire un peu de place dans nos vies si encombrées, pour laisser à nouveau l’Esprit Saint nous rappeler que, par notre baptême, nous avons, nous aussi, été institués « prophète » comme Jean Baptiste ?

     

    P. Luc de Saint Basile

     

  • Edito du 11ème dimanche du temps ordinaire, 17 juin 2018

    « Fais ce que tu aimerais avoir fait

    le jour de ta mort »

     

    Chers frère et sœur dans le Christ, avec cette phrase extraite d’un engagement des aînés scouts, je vous invite ce dimanche à méditer. En effet, je m’imagine à la porte du Ciel et rendre compte au Seigneur de mon parcours terrestre : me retournant pour distinguer ceux que j’aurai entraînés à la suite du Christ durant ma vie, mon bilan ne sera peut-être pas glorieux !

    Et pourtant c’est ce qu’attend notre Seigneur et nous le savons.

    Nous avons reçu une richesse inestimable le jour de notre baptême : le don de l’esprit Saint, c’est un feu intérieur très fort qui ne demande qu’à rayonner dans tout notre être et même au-delà, à l’image simple de cette graine de moutarde insignifiante capable de grandir tel un arbre où même les oiseaux viennent se reposer. Oui, durant notre vie, essayons à notre mesure de faire rayonner le Christ. Ayons confiance, comme les apôtres ont eu confiance, ils sont partis sur les chemins pour répandre la Bonne Nouvelle, sans trop se poser de questions.

    Nous aussi, partons à la suite du Christ, tendons la main vers les autres, soyons à l’écoute et rayonnons du Christ.

    L’avenir est devant nous, chacun dans notre communauté doit avoir sa place et doit pouvoir grandir dans sa Foi suivant ses qualités et sa sensibilité. Durant la période estivale qui arrive, prenons le temps de réfléchir comment nous pourrions aider notre communauté à grandir à l’image de cette petite semence.

    François Lalau, diacre

     

  • Edito du 10ème dimanche du temps ordinaire, 10 juin 2018

    Une affaire de confiance

     

    Curieuse dissension dans la page d’Evangile de ce jour, entre Jésus et ceux qui sont présentés comme « des gens de chez lui » ! Certains de ceux-ci vont jusqu’à affirmer : « Il a perdu la tête ! » Cette scène se situe au chapitre 3 de l’Evangile de Marc. Déjà le Christ a choisi ses apôtres et déjà il a acquis de la notoriété. Une foule nombreuse se presse autour de lui. Il a montré des signes éclatants et provocants : guérison un jour de sabbat, purification d’un lépreux qu’il est allé jusqu’à toucher, pardon des pêchés d’un paralytique, ce qui a été considéré comme un blasphème par ses ennemis qui ont alors protesté : « Dieu seul peut pardonner les pêchés ! » Bref, il a provoqué de nombreuses remises en cause des observances de la loi juive et certains pensent qu’il s’égare…

     

    Mais voici que l’affaire se complique ; ce ne sont pas seulement ces « gens de chez lui » qui montrent leur opposition à Jésus. Des scribes, grands connaisseurs de la loi, passent aussi à l’attaque et affirment : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons ! » Le Christ réagit en deux temps. Premièrement l’ironie : « Si c’est par le chef des démons que j’expulse les démons, alors Satan est divisé contre lui-même et ne peut tenir ! » Deuxième temps, une condamnation très rude : « Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon » Que signifie cette phrase radicale ? Elle souligne que si l’on refuse de reconnaître que c’est bien la puissance de Dieu qui agit par le Christ, en attribuant au démon les œuvres qu’il accomplit, alors il n’y a plus de place pour recevoir le don de Dieu. Le salut passe par Jésus et uniquement par lui ; prétendre que Jésus est une puissance de mal, c’est se boucher toute issue pour trouver le salut !

     

    Les scribes refusent de reconnaître la grandeur du Christ, alors que d’autres personnes moins compétentes en matière de loi le font. Et cela s’éclaire dans une deuxième partie de l’Evangile de ce jour. Toujours une foule nombreuse se presse autour de Jésus. On le fait appeler de l’extérieur de la maison où il se trouve : « Ta mère et tes frères te cherchent ! » Autrement dit tu ferais bien de leur prêter un peu attention…Jésus, regardant ceux qui sont en cercle autour de lui et qui ne sont pas de sa famille, affirme : « celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère »

     

    Quels sont ceux qui sont sur le chemin du salut ? Non pas ceux qui doutent de Jésus ou pire qui le suspectent d’agir pour une puissance de mal…Mais bien plutôt ceux qui sont au plus proche du Christ Sauveur, par le cœur, par l’adhésion, par le désir de le suivre, quels qu’ils  soient.

     

    Chacun de nous, nous sommes frères, sœurs, parents du Christ. Voici la confiance inouïe que le Christ met en chacun de nous ! Et nous, quelle confiance mettons-nous en lui ?

     

    Père Alexis Bacquet

     

  • Edito de la Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, dimanche 3 juin

    « Faites cela en mémoire de moi. »

     

    C’est la « Fête Dieu », celle que l’on nomme depuis le concile la « Fête du Corps et du Sang du Christ ». Et les anciens se souviennent de ces processions dans les rues pavoisées, avec le Saint Sacrement sous un dais, en tête de cortège.

    Fêter le Corps et le Sang du Christ juste après celle du Dieu Trinité nous rappelle que l’eucharistie est bien le centre de la vie chrétienne, le lieu par excellence de la rencontre du Dieu des chrétiens.

     

    Il est vrai qu’on entend souvent des chrétiens dire : « Je suis croyant mais pas pratiquant« .

    En disant cela, certains veulent s’excuser avec le sentiment de pas en faire assez : « c’est vrai, nous sommes mal organisés et trop souvent débordés pour venir à la messe chaque dimanche. »

    D’autres le disent avec la certitude tranquille qu’il suffit d’être croyant et que c’est cela l’essentiel. Pourquoi pratiquer ? Est-ce si important d’aller à la messe le dimanche ? Ne vaut-il pas mieux vivre en chrétien toute la semaine ?

    Mais que mettons-nous chacun sous ces mots CROYANT…PRATIQUANT ?

     

    A des jeunes couples présentant leur enfant au baptême un ami prêtre essayait d’expliquer : « Croyants non-pratiquants ? En êtes-vous si sûrs ? Vous êtes sans doute beaucoup plus pratiquants que vous le dites, mais vous êtes probablement moins croyants que vous le pensez. Vous êtes plus pratiquants quand vous mettez au cœur de vos vies tant de valeurs essentielles : fidélité dans votre couple, à vos amis, résolus dans vos engagements, prêts à tout sacrifier pour vos enfants, pratiquant la tolérance, et même souvent le pardon, quand vous êtes prêts à vous battre pour la justice et à partager avec les plus démunis…

    Mais vous êtes moins croyant que vous ne le pensez quand vous ne croyez pas que la Bible lue en Eglise, proclamée, commentée chaque dimanche est une Parole vivante de Dieu.

    Vous ne croyez pas assez quand vous pensez que vous pourrez vous en tirer tout seul et que vous oubliez que Jésus ressuscité, lui qui nous invite chaque dimanche, peut nous communiquer sa vie, son Esprit d’amour dans l’eucharistie.

    Vous ne croyez pas assez que le dimanche est pour les chrétiens le jour où ils font mémoire du Christ, de sa vie, de sa mort et sa Résurrection. Si vous ne venez jamais avec d’autres faire mémoire du Christ, vous finirez par en perdre la mémoire. “

     

    Souhaitons à tous ces enfants qui font leur première communion ce dimanche qu’ils pratiquent les valeurs essentielles du christianisme dans leur vie, mais qu’ils aient aussi en eux ce désir de devenir toujours plus chrétiens en restant fidèles à ces rencontres régulières avec le Christ qui se donne à nous dans chaque eucharistie.

     

    P. Luc de Saint Basile