Mois : mai 2026

  • Magnifica Humanitas : la première encyclique de Léon XIV sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle

              Un an après son élection, le pape Léon XIV publie sa première encyclique Magnifica Humanitas « Magnifique humanité ». Dans ce texte fondateur rendu public le 25 mai 2026, l’Eglise catholique s’empare des bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle et appelle le monde à ne pas sacrifier la dignité humaine sur l’autel de la performance algorithmique.

     

    Le Vatican a rendu public ce document attendu depuis l’élection du pape Léon XIV. L’encyclique Magnifica Humanitas est signée le 15 mai, dix jours avant sa publication ; il est le premier grand texte du pape Léon XIV. Pour l’Église catholique, une encyclique, c’est une lettre adressée à l’ensemble des fidèles et, au-delà, au monde entier, destinée à faire référence pour des décennies.

     

    Le sujet choisi est sans détours : comment vivre et travailler dans un monde façonné par les algorithmes ? L’intelligence artificielle transforme aujourd’hui le travail, la médecine, l’éducation, la création artistique et même nos relations. Face à cette révolution silencieuse, mais radicale, l’Église ne choisit ni le rejet ni l’enthousiasme naïf. Elle propose un chemin entre les deux : celui du discernement : construire une « nouvelle tour de Babel » et oublier Dieu avec orgueil ou bâtir une véritable « Cité de Dieu ». Aujourd’hui, l’humanité est confrontée à ce choix crucial.

    Dans ce document composé de cinq chapitres, le pape aborde les défis rencontrés par la société actuelle, plus principalement la question de la dignité humaine à l’ère de l’intelligence artificielle (IA). Le Saint Père explique que la grandeur de l’humanité se construit avec des hommes et des femmes, créées par Dieu et coopérant à son œuvre.

                                    

    P. Anatole DEDEGBE

     

  • Pentecôte hier et aujourd’hui ! Pentecôte toujours…

    Nous sommes heureux d’accueillir la fête de la Pentecôte qui arrive 50 jours après Pâques. Elle inaugure la venue de l’Esprit Saint sur l’Eglise. Cette solennité manifeste entre autres la beauté de l’Eglise : une unité vivante dans la diversité. Alors que notre monde globalisé tend à tout uniformiser, l’Esprit Saint révèle une Eglise riche de ses membres, de leurs langues et de leurs cultures. Pourtant, elle forme une seule famille, sur la terre et au ciel : la famille de Dieu animée par l’Esprit de Dieu.

    Les questions que les chrétiens se posent : comment le Seigneur Jésus est-il présent dans son Eglise ? Qui le représente aujourd’hui ? trouvent leur réponse à cette lumière : c’est l’Esprit Saint. C’est lui qui continue  et développe l’initiative prise par Jésus de faire avancer l’histoire, jusqu’à ce qu’adviennent les cieux nouveaux et la terre nouvelle.  Chaque jour est donc Pentecôte dans l’Eglise.

    Au temps de Jésus terrestre s’est substitué le temps du Jésus vivant au milieu des siens dans la puissance de l’Esprit. Depuis que Jésus a quitté ce monde, son Esprit habite sans interruption au milieu de nous. On fait l’expérience de sa présence et de sa force au sein de ce peuple qui est sans cesse convoqué par la parole et les sacrements de Jésus, c’est-à-dire au sein de l’Eglise. Sans doute, l’action de l’Esprit Saint est-elle le plus souvent  silencieuse, imperceptible. Il lui arrive pourtant de se laisser percevoir de manière tangible, par exemple dans le courage extraordinaire des martyrs, dans la sainteté héroïque de si nombreux témoins de l’Evangile, dans la capacité de renouvellement de l’Eglise, qui réussit à affronter et à surmonter toutes les crises traversées au cours de son histoire.

                                                                                                         P. Anatole DEDEGBE

  • Viens, Esprit Saint !

    Viens en nous, Esprit Saint. 
    Envoie-nous du ciel un rayon de ta lumière. 
    Viens en nous, père des pauvres. 
    Viens en nous, source de tous les dons. 
    Viens lumière de nos cœurs.

    Souffle qui réconforte, 
    Tu habites en nous, douceur et fraîcheur. 
    Dans le travail, tu nous reposes. 
    Dans la fièvre, tu nous rafraîchis. 
    Quand nous pleurons, tu nous consoles.

    Lumière, source du bonheur, 
    Viens et remplis jusqu’au fond le cœur de tes amis. 
    Sans toi, souffle de Dieu, 
    Sans toi, dans nos vies, rien n’est bon.

    Lave ce qui est souillé. 
    Baigne ce qui est aride. 
    Guéris ce qui est blessé. 
    Assouplis ce qui est raide. 
    Réchauffe ce qui est froid. 
    Redresse ce qui est faussé.

    A tous tes amis qui se confient en toi, 
    Donne la plénitude de tes dons. 
    Donne la force. Donne le salut ; Donne la joie. 

  • Soyons toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui nous habite

               Jésus nous a promis l’Esprit qui sera avec nous pour toujours. Cet Esprit est la source de l’espérance que Pierre mentionne dans la 2e lecture de ce dimanche. Les disciples de Jésus se trouvent alors dans une situation difficile. On se moque d’eux, on les chasse des synagogues, on les persécute. Les gens voulaient savoir ce qui leur donnait le courage de faire face aux accusations qu’on portait contre eux. Pierre suggère simplement : «Soyez toujours prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous. Mais faites-le avec douceur et respect.» C’est ainsi que nous resterons des témoins.

    Douceur et respect… c’est un bel idéal ! Cependant, malgré les progrès de la technologie, l’humain est resté humain. La haine demeure entre beaucoup de peuples, la barbarie ressurgit ici ou là. L’une des réalités qui reviennent le plus souvent dans l’actualité, c’est la violence : violence de la guerre et du terrorisme, de massacres d’innocents, d’enfants ou victimes d’abus de tous genres, violence conjugale, violence vis-à-vis les jeunes et les moins jeunes, violence gratuite qui font mal, violence économique au nom de la rentabilité. Nous n’en finissons plus de dresser le bilan des victimes de la violence… et cela dans un monde qui se dit civilisé, qui s’est donné des chartes des droits de la personne, des droits des enfants, des droits des handicapés, des droits de la femme, etc. Le cœur humain ne contient pas seulement des bons sentiments. Il cache aussi des orages et des tonnerres terribles.   Pourtant, l’Esprit de Dieu est parmi nous.

    Les disciples, un moment, croyaient avoir tout perdu à la mort de Jésus; ils se croyaient orphelins, sans guide vers le Père et sans lumière sur la route. Mais l’Esprit  leur ouvrira les yeux. Avec Jésus, c’est toujours la vie qui est victorieuse. Ce qui nous fait vivre, ce qui nous fera vivre au cœur même des incertitudes, c’est de voir Jésus vivant, de le voir vivre près du Père et vivre en nous. Même s’il y a des moments difficiles, Jésus est notre paix,  une paix de pécheurs pardonnés qui fait  de nous des artisans de pardon, de réconciliation.

    Pâques nous conduit à croire que par-delà toutes les morales, par-delà tous les échecs, par-delà tous les motifs de repentance, l’Esprit en nous permet de reconnaître que non seulement nous sommes aimés, mais que nous aussi sommes capables d’aimer inconditionnellement. C’est par notre façon d’agir que nous provoquons chez les autres les questions sur l’espérance qui nous motive.

    P. Anatole DEDEGBE